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Accueil du site > Actualités > Europe > Ce que Washington, Tokyo et Londres disent de la zone euro

Ce que Washington, Tokyo et Londres disent de la zone euro

Bien sûr, le sujet du démontage de la tour de Babel monétaire européenne semble ne plus être à l’ordre du jour des débats publics. Pourtant, Joseph Stiglitz a carrément consacré un livre pour disséquer ce monstre de Frankenstein. Et le FMI vient de souligne à quel point une monnaie taille unique ne convient pas à des pays aussi différents. Enfin, Tokyo et Londres montrent l’intérêt d’avoir sa monnaie.

 
A chaque pays, sa monnaie
 
Bien sûr, les fédéralistes ne manqueront pas de sauter sur l’occasion pour dire que si la monnaie unique ne fonctionne pas, c’est parce que nous ne serions pas allés assez loin dans l’intégration. Mais cet argument tombe un peu à plat après les refus fermes de l’Allemagne d’aller plus loin dans bien des domaines, comme les euro-obligations (qui ne se feront pas du vivant d’Angela Merkel, selon ses propres termes) ou le départ à venir de la Grande-Bretagne qui montre que l’évolution que va suivre l’UE n’est pas forcément vers plus d’intégration, mais potentiellement la désintégration. D’ailleurs, Joseph Stiglitz dresse une liste si longue de conditions pour faire fonctionner la monnaie unique qu’il finit par reconnaître que l’improbabilité d’une telle évolution et finit par préconiser le démontage de l’euro.
 
D’ailleurs, le FMI a récemment publié une étude sur la valeur que devrait avoir l’euro, en concluant que cela varie, fortement, par pays. L’euro est sous-évalué de 15% pour l’Allemagne, et surévalué de 6% pour notre pays. Il faudrait rééquilibrer la parité France-Allemagne de la bagatelle de 20% ! Rien d’illogique au regard des balances commerciales, qui suggèrent cette conclusion. Mais, ce faisant, on peut voir dans la cherté de l’euro pour notre pays une des raisons qui pénalise notre économie. Une seule parité monétaire ne convient pas à des pays aussi différents que ceux qui forment la zone euro. En clair, la France devrait dévaluer, de même que la Grèce, l’Espagne ou l’Italie, une façon de faire monétaire qui, après tout, fonctionnait bien mieux que cette monnaie taille unique aujourd’hui.
 
En outre, qui dit monnaie nationale, dit possibilité de mener une politique monétaire indépendante, dans le sens des intérêts du pays. La Grande-Bretagne en a donné un exemple éclatant il y a deux mois, quand la Banque d’Angleterre n’a pas hésité à venir au secours de l’économie britannique, comme elle le fait depuis des années, apportant un petit stimulant monétaire pour effacer les conséquences des craintes des marchés du fait du Brexit. Malheureusement, ce que Londres peut faire, Athènes ne peut plus le faire, après avoir lié son sort monétaire à celui de la zone euro. En fait, avoir sa propre monnaie permet de réagir en temps réel, quand on voit bien que cela est totalement impossible à l’échelle d’une zone euro paralysée par ses différences et ses intérêts contradictoires, qui sont là pour durer.
 
Le Japon donne également un bon exemple de ce qu’un pays peut faire monétairement, notamment depuis l’élection de Shinzo Abe, qui démontre l’intérêt de garder le contrôle sur la banque centrale. Même si son bilan est souvent contesté, par des jugements à courte vue (sur une statistique trimestrielle, ou en oubliant qu’il faut mettre en rapport l’évolution du PIB du pays à celle de sa population), en fait, même The Economist reconnaît que son bilan est bon. Et le Japon relativise le discours austéritaire prédominant en Europe car le pays, malgré une dette publique à 250% du PIB et un déficit à 5% du PIB, mène plan de relance sur plan de relance car sa banque centrale rachète à rythme accéléré la dette publique, au point d’un détenir pas moins d’un tiers aujourd’hui, chiffre qui devrait atteindre 55% fin 2018  !
 

La monnaie unique européenne, c’est non seulement une taille unique imposée à des pays beaucoup trop différents pour cela. Mais c’est aussi une construction baroque qui met les pays en conflit, freinant donc les décisions et ne permettant pas aux pays européens d’utiliser pleinement l’arme monétaire, si ce n’est trop tardivement et de manière trop mesurée. Voilà pourquoi il faut la démonter.

 


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5 réactions à cet article    


  • JL JL 10 octobre 10:45

     Si j’ai un souhait à formuler, c’est que si l’on en revient au franc, on garde le format des billets euro. Les formats des grands billets en francs étaient une erreur, tant au plan des dimensions que de la diversité. C’est bête, hein ? Désolé.

     
     Ceci dit, il me parait bon de citer ici Sapir : « (Pour) Prétendre que le protectionnisme aurait été la cause de la seconde guerre mondiale, il faut une profonde méconnaissance du nazisme et du fascisme, ou une immense mauvaise foi ». 
     
     Et puisque je parle de fascisme, je citerai Chouard qui n’est pourtant pas ma référence : 
     
    « Pour moi le fascisme c’est Hollande et Sarkozy, c’est les banques et l’UE  » ’’Le fascisme c’est les possédants qui renoncent à la République et à la démocratie quand ils commencent à perdre les élections ’’

    • zygzornifle zygzornifle 10 octobre 14:49

      l’Europe est comme une merde de chien, quand vous marchez dedans tous le monde aux alentours le sent et vous regarde avec dégoût et en plus vous n’arrivez pas a vous en débarrasser facilement..... 


      • baldis30 11 octobre 13:03

        @zygzornifle
        bonjour,

        prière de ne pas insulter les chiens en les comparant à l’Europe.....


      • doctorix doctorix 10 octobre 20:56

        Qui est le seul à vouloir vraiment sortir de l’Euro, cette imbécillité européenne qui n’est favorable qu’à l’Allemagne ?

        François Asselineau.
        Ne parlons pas de MLP, pour qui il n’en est en fait pas question.
        20% de dévaluation par rapport au mark, cela voudrait dire qu’on n’achèterait plus de Mercedes, BMW et VW aux allemands, mais qu’ils achèteraient nos Renault, Peugeot et Citroën.
        Juste un exemple.
        Les exportations allemandes dans les pays européens, qui dévalueraient encore plus que nous, seraient dans la même spirale.
        Il y aurait donc un rééquilibrage salutaire, et une relance efficace de notre compétitivité.
        Et Merckel ne ferait plus la loi.
        Nous avons vaincu le troisième Reich.
        Il reste à vaincre le quatrième qu’est l’Europe.

        • baldis30 11 octobre 13:01

          bonjour,

          Stiglitz ? qui est-ce ... ? un universitaire ordinaire ( pour ne pas dire .... normal ... voire banal ...) dans une université moyenne d’une lointaine province, vaguement distingué par l’académie d’un petit pays oublié ... en somme pas grand-chose !

          Alors que les idées lentement élaborées dans le cuvelage en or massif de la technocratie enseignée dans les I.E.P. et à l’E.N.A. représentent l’avenir de l’humanité ... que dis-je de l’humanité... du système solaire ... que dis-je.... de la galaxie sinon de l’Univers !

          Lorsqu’on regarde le monde à travers le petit écran d’un ordinateur, dans un bureau sans fenêtre, prenant le café dans un service de Sèvres comment peut-on avoir une vision des réalités ....

          Serait-il possible qu’un universitaire moyen vaguement distingué, pas grand-chose en somme,... possédât cette vision humaine dont les politiciens prétendent  à chaque instant en être les dépositaires exclusifs...

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