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  Accueil du site > Actualités > Europe > Constitution de Lisbonne : c’est décidément non, et c’est tant (...)
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Constitution de Lisbonne : c’est décidément non, et c’est tant mieux !

Ainsi, donc le Traité de Lisbonne a été rejeté par le seul peuple dont le gouvernement était contraint par sa Constitution à le consulter. Etrange coïncidence qui voudrait que les gouvernements arrivent à s’entendre entre eux, mais lorsqu’on demande au vulgum pecus, ce dernier serait opposé à toute forme de compromis.

Certains voudraient y voir la tentation des gouvernements des pays de l’UE à s’entendre sur le dos des peuples, mais ce serait vraiment voir le mal partout.

Le résultat est pourtant sans appel : 53,4 %contre 46,6 %, qui plus est, avec un taux de participation supérieur à 50 % dans chacune des circonscriptions.

Je vois d’ici les réactions du camp béniouiouiste : "ingrats", "inconséquents", "assassins de l’UE", et j’en passe... L’Irlande a certes bénéficié d’importantes subventions par le passé, mais, à ce compte-là, pourquoi le Portugal, également bénéficiaire de subsides conséquents, n’a-t-il pas décollé économiquement ? Peut-être est-ce le réseau télécom qui n’a pas supporté un trop grand nombre de call centers ? Etonnant comme lorsqu’on est contre une proposition européenne on est nécessairement antieuropéen. Manque de bol, j’ai deux nationalités, inutile donc, de me ranger dans la case "franchouillard isolationniste".

Il y a cependant quelque chose que ne veulent pas admettre les tenants de ce texte, ainsi qu’une partie des nonistes : l’Europe ne pourra pas, de toute façon, se construire contre les peuples, tout simplement parce que l’UE, en tant que superstructure politique, se doit d’être au service des citoyens européens, sinon elle n’est tout simplement pas légitime et doit être renversée. Or, c’est loin d’être le cas jusqu’à présent : qu’ils fassent donc leur preuve en matière sociale et fiscale, nous verrons ensuite s’il convient de leur accorder plus de pouvoirs.

La principale erreur des tenants de cette constitution bis aura été de vouloir maquiller le même texte en l’éclatant en divers articles renvoyant à des renvois ! Autant cela pouvait passer auprès des peuples qui n’étaient pas appelés à voter ("l’Europe c’est compliqué : autant laisser ça aux professionnels de la politique"), autant lorsqu’on demande à un citoyen de signer un contrat qui est inintelligible, il y a peu de chance qu’il y adhère. Franchement, vous avez vraiment jeté plus qu’un œil au Traité de Lisbonne ? Vous trouvez ça lisible, alors qu’une présentation simple aurait été possible comme le démontre le projet de Constitution de 2005 ? Comment accorder la confiance à un vendeur qui vous loue un produit manifestement vicié ? Il est certain que l’excès de franchise du Premier ministre irlandais, qui affirmait il y a peu ne pas avoir lu le texte du Traité aura également eu des conséquences néfastes pour son camp.

L’Europe est morte, vive l’Europe !

Il serait grand temps que les "UMPS" d’Europe écoutent un peu ce que souhaitent les Européens. A commencer par des droits politiques qu’on leur dénie en refusant des référendums sur un texte de cette importance. Que l’objectif de l’UE ne soit pas la "concurrence libre et non faussée" comme avec Lisbonne, mais l’augmentation du bien-être matériel et intellectuel de ses habitants, une reprise en main de la BCE, etc. Pour les alternatives au modèle ultralibéral de l’UE, je vous laisse chercher sur le web il y en a plein... De ce point de vue, il va être assez amusant d’observer les contorsions de ceux qui, hier encore, nous disait qu’il n’y aurait pas de second vote (Encore ? Vous ne vous lassez pas depuis 2005 ?), et qui maintenant vont tenter de faire revoter les Irlandais d’ici un an ou deux (nul doute que ces grands démocrates réclameront un nouveau vote en cas de victoire du oui).

Et puis, avouez, le hasard faisait mal les choses : comment ne pas souligner la manipulation politique, lorsque "comme par hasard", trois parlements nationaux votaient le traité hier ? C’est un peu gros comme ficelle, non ?

A trop jouer avec le feu de "l’entente entre personnes du même monde", l’UE s’est brûlée, et c’est tant mieux pour la santé de notre démocratie !

par Francis (son site) mardi 17 juin 2008 - 14 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Traroth (xxx.xxx.xxx.81) 17 juin 2008 13:50
    Traroth

    Oui à une Europe par et pour le Peuple, à l’opposé de l’Europe actuelle !

  • Par wesson (xxx.xxx.xxx.183) 17 juin 2008 14:21
    wesson

    @julius

    Votre propos est une belle démonstration que l’Europe d’aujourd’hui n’est rien d’autre qu’un assemblage malaisé de pays dont les vues sont bien trop différentes pour être compatibles dans cette union forcée.

     

    Pour faire simple : C’est une union à la soviétique.

     

    Et pourquoi avons-nous intégrés tant de pays dont les valeurs sont tellement différentes des notres. Pourquoi dès que l’on parles de Social en Europe il faille toujours niveler par le bas, au moins disant....

    Comment cela peut-il se terminer autrement que très mal ?

  • Par Martin sur AgoraVox (xxx.xxx.xxx.107) 17 juin 2008 14:17
    Martin sur AgoraVox

     

    L’article résume bien l’antagonisme antre les aspirations démocratiques des Européens et le système que les politiques ont mis en place.

     

     

     

    « l’Europe ne pourra pas, de toute façon, se construire contre les peuples, tout simplement parce que l’UE, en tant que superstructure politique, se doit d’être au service des citoyens européens, sinon elle n’est tout simplement pas légitime et doit être renversée ».

     

     

    Le problème c’est que les cercles au pouvoir sont justement au pouvoir et ils arrangent les choses comme il leur plait. Ils peuvent très bien continuer à faire ce dans quoi ils excellent : prendre des décisions anti-démocratiques et construire l’UE qui ne défend pas les intérêts des Européens.

     

     

    « l’UE s’est brulée, et s’est tant mieux pour la santé de notre démocratie ! ».

     

     

    Quelle démocratie, où la voyez-vous ?

     

     

    Il se trouve que le système politique que les Européens veulent et n’obtiennent pas c’est justement la démocratie, qui n’existe dans aucun des États membres de l’Union européenne et n’a pas non plus été mise en place dans le fonctionnement des institutions de l’Union européenne.

     

     

    • DE QUELLE UNION EUROPÉENNE NE VEULENT PAS LES EUROPÉENS ?

     

     

    Le non irlandais ne met pas en évidence que la consultation populaire conduit à un rejet de l’Europe.

     

     

    Par contre je suis persuadé que la consultation populaire conduit à un rejet de l’Union européenne qui ne respecte pas la démocratie.

     

     

    Les orientations mondialistes, gravées dans le Traité de Lisbonne, la façon de décider anti-démocratique, qui est devenue la règle dans les institutions de l’Union européenne (exemple : la poursuite de l’intégration de la Turquie alors que la majorité des Européens ne veulent pas de Turquie dans l’Union européenne) sont les raisons du rejet qu’expriment les citoyens lorsque l’occasion leur est donnée de s’exprimer directement, sans intermédiaires politiques.

     

     

    • QU’EST-CE QUE LA DEMOCRATIE ?

     

     

    La démocratie est dans le contrôle du pouvoir par les citoyens, puisqu’en démocratie le pouvoir doit en permanence, dans ses actions, refléter la volonté de la majorité des citoyens.

     

     

    Il ne faut pas, comme c’est très souvent le cas, confondre la démocratie avec le fait de pouvoir élire les représentants. Être représentés par des députés, élus selon la règle de la majorité des citoyens s’exprimant dans le secret, ne signifie pas qu’on est en démocratie.

     

     

    Examinons cette question centrale du pouvoir politique d’un coté et de la volonté de la majorité des citoyens de l’autre coté.

     

     

    Tout d’abord revenons aux fondations de la démocratie.

     

     

    Rappelons la définition de la démocratie, définition qui est sans doute connue de presque tous les participants à AgoraVox. Cette définition fait partie de l’héritage culturel des Européens.

     

     

    La première mention écrite connue, une définition courte de ce qu’est la démocratie, a été donnée par l’historien Thucydide (470 à 395 avant JC).

     

     

    La définition qui répond exactement et entièrement à la question « qu’est-ce que la démocratie ? » a été donnée par Aristote (384 à 322 avant JC).

     

     

    Définition de la démocratie par Aristote (dans La Politique) :

     

     

    « Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté (c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage ; c’est à cela, en effet, que tend, dit-on, toute démocratie). Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable [...] De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine. [...] »

     

     

    Voici donc ce que disait cet Athénien il y a plus de 2000 ans, bien avant la Révolution française, laquelle quoi qu’on en dise n’a pas mis en place la démocratie véritable.

     

     

    Les deux conditions de la démocratie véritable ont été définies par Aristote et en des termes modernes ces conditions sont exprimées ainsi :

     

     

    •  La liberté d’opinion doit être garantie : cela signifie que les citoyens sont libres d’exprimer et de propager toutes les opinions quelles qu’elles soient, sans censure, sans interdit .
    •  Chaque décision politique doit être conforme aux désirs de la majorité des citoyens qui désirent prendre part à la décision. Cela signifie que lorsqu’il y a un doute toute décision politique doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer, donc le référendum d’initiative citoyenne doit être garanti sans restriction.

     

     

    Il est certain qu’aucune des deux conditions n’est respectée ni en France ni dans l’Union européenne.

     

     

    En France et dans l’Union européenne nous vivons dans un système oligarchique qui est au mieux une « pseudo-démocratie » de façade, qui utilise le vocabulaire de démocratie mais qui dans les faits est une oligarchie technocratique.

     

     

    Cependant, la démocratie véritable n’est à présent plus une théorie mais est depuis plus d’un siècle devenue une réalité. Certes pas en France, ni dans aucun des États membres de l’Union européenne. Mais il existe pourtant un État européen qui poursuit l’idéal de se rapprocher le plus possible de la démocratie véritable.

     

     

    Avec son système politique basé sur la démocratie directe et avec son organisation fédérale, la Confédération Helvétique pourrait être un modèle pour les États membres de l’Union européenne et pour les instances de l’Union européenne (Commission européenne, Conseil de l’Union européenne) qui ont pris l’habitude de prendre des décisions non conformes à la volonté de la majorité des Européens.

     

     

    Sur les questions fondamentales – la constitution etc. – les citoyens suisses ont la garantie que toute décision sera prise uniquement et obligatoirement après le vote direct des citoyens. Sur les questions qui ne sont pas fondamentales, les citoyens suisses ont la garantie que sur leur demande, donc suite à une initiative des simples citoyens, toute loi peut être soumise à la votation directe de tous les citoyens.

     

     

    La démocratie véritable, qui est donc dans la pratique basée sur la démocratie directe – avec la possibilité donnée aux citoyens de déclencher les référendums – n’élimine pas les éléments de « démocratie représentative » ni les éléments de « démocratie participative ». La démocratie directe laisse aux uns et aux autres la possibilité de faire des propositions et laisse aux politiques la responsabilité de gérer les affaires de la communauté au quotidien. Mais elle exerce sur les politiques et sur les lobbies (c’est à dire sur les groupes de pression) le contrôle permanent du respect de la règle démocratique : « pour toutes les questions qui touchent la communauté c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ».

     

     

    • DE QUELLE UNION EUROPEENNE ONT BESOIN LES EUROPEENS ?

     

     

    Les orientations mondialistes sont devenues le fondement de toutes les actions que lance l’Union européenne. Ces orientations mondialistes sont nuisibles aux Européens. Autrement dit : l’Union européenne n’a pas pour objectif principal la sauvegarde des intérêts des Européens.

     

     

    L’Union européenne doit changer si elle veut être soutenue par les citoyens : elle doit avoir pour objectif principal la sauvegarde des intérêts des Européens. Les peuples européens sont divers et en même temps ils ont beaucoup en commun, si on les compare globalement à d’autres branches de l’humanité.

     

     

    Le but de l’Union européenne doit être de réunir les Européens pour qu’ainsi unis les Européens deviennent plus forts afin de pouvoir résister face aux pressions mondiales. L’Union européenne devrait toujours agir en prenant en compte les désirs des citoyens dans les États membres et en veillant à assurer la préservation des spécificités locales. D’ailleurs pour mieux identifier les besoins et les désirs locaux, exprimées de bas en haut par les citoyens, il faudrait proposer d’organiser l’Union européenne en s’appuyant sur les Régions européennes qui ne seraient pas définies d’après le critère de taille géographique, démographique ou économique « nominale » mais d’après les critères de préservation des spécificités. Autrement dit : les Régions européennes pourraient être déterminées d’après les critères directement exprimées par des citoyens, donc de bas en haut, par des critères qui optimisent la gestion et la préservation de ce qui leur est spécifique, cela pourraient donc être des critères linguistiques, raciaux ou ethniques, fonctionnels (bassin d’infrastructures, de ressources ou de production etc.) ou autres.

     

     

    Une grande partie des États membres de l’actuelle Union européenne correspondent déjà à ce type de Régions européennes, les autres États membres pourraient être restructurés en plusieurs Régions européennes. L’union de ces Régions européennes autonomes dans un système fédéral pan-européen, permettrait de réunir la puissance nécessaire et suffisante pour s’opposer avec efficience aux forces uniformisantes du mondialisme afin de défendre les spécificités qui caractérisent les Européens.

     

     

    • QUE PEUT-ON FAIRE ?

     

     

    Concernant ce sujet comme concernant les autres questions qui relèvent des décisions politiques, les articles que l’on peut écrire, sur AgoraVox ou ailleurs, peuvent-ils amener les politiques qui sont au pouvoir à respecter les règles fondamentales de la démocratie véritable ? Cette question est analysée dans l’article « La France et l’Union européenne face aux citoyens : comment obtenir la démocratie ? » qui a été publié sur AgoraVox.

     

     

     

     

    Quelles actions faut-il entreprendre pour obliger enfin les politiques au pouvoir à mettre en application la démocratie véritable, la démocratie dans laquelle chaque décision politique répond aux souhaits de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ?

     

  • Par Francis (xxx.xxx.xxx.25) 17 juin 2008 16:05
    Francis

    Croire que l’on peu acheter 100 000 voix dans un pays comme l’Irlande relève du doux rêve. C’est vraiment mal connaître les irlandais...

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