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Accueil du site > Actualités > Europe > Construction de l’UE bloquée : la solution

Construction de l’UE bloquée : la solution

Convaincu que l’Union européenne ne peut pas se construire sans les peuples, je pense que la solution pour sortir de cette crise, qui est selon moi surtout une crise de représentation politique, cette solution c’est de réassocier les citoyens à la construction européenne et d’en dissocier les élites européennes.

D’abord parlons de l’écriture de ce Traité de Lisbonne... Mon sentiment c’est que je n’ai pas eu la possibilité de peser sur l’écriture de ce Traité, quelle élection m’aurait permis d’y envoyer quelqu’un pour aller y défendre mes idées ? ...

L’élection européenne ?
Ce n’est pas le Parlement européen qui a écrit ce Traité... Les parlementaires européens qui y ont participé, sur quels critères ont-ils été nommés ?
L’élection présidentielle ?
Quand sarkozy explique lors de sa campagne qu’il fera adopter un mini-Traité dont le contenu concernera uniquement les institutions tandis qu’au final on se retrouve avec le même texte pratiquement que celui que nous avions rejeté en 2005, les raisons du non contre le TCE s’appliquant toujours autant au Traité de Lisbonne, on se demande bien quel impact a eu Sarkozy ou le gouvernement sur le contenu de ce Traité...

Ensuite, sa ratification s’est faite par le Parlement je n’ai pas été consulté...
Seule l’Irlande était tenue de consulter ses citoyens par sa Constitution, ils ont choisi dans tous les autres pays de passer par la voie parlementaire...

Bref, en tant que citoyen, je me sens, à juste titre, écarté de la construction européenne.

De plus, j’ai le sentiment que l’UE produit des politiques qui n’apportent aucune solution face aux problèmes qui nous touchent au quotidien depuis des années.
Et peu importe pour qui je vote je n’ai pas le sentiment que ces politiques changent (pourtant les majorités changent en Europe). J’éprouve un sentiment d’impuissance politique comme jamais... Est-ce que mon vote sert réellement à quelque chose ?

Mon sentiment est que la crise actuelle est avant tout une crise de représentation politique...

Quand des peuples votent à 50-60 % "non" lorsqu’ils sont consultés et que leurs Parlements votent à 90 % "oui", je pense que ce problème de représentation est flagrant...

Je ne sais pas si ce problème existe dans tous les pays de l’UE, mais il existe au moins en France, aux Pays-Bas et en Irlande...

Pour résumer, je pense que la méthode choisie pour franchir cette nouvelle étape de la construction européenne me semble profondément en décalage :
1) avec les nouvelles aspirations démocratiques des différents peuples européens qui on l’a constaté en tout cas en France en 2005 et en 2007 par de très fortes participations, ou dans les sondages dans les autres pays, qui veulent beaucoup plus participer, veulent avoir leur mot à dire ;
2) avec les inquiétudes des différents citoyens pour leur souveraineté face au pouvoir grandissant de l’UE, ou à cause de ses multiples élargissements ;
3) avec le sentiment de doute vis-à-vis de l’évolution que prend l’Union européenne au niveau politique, avec ce sentiment d’impuissance à pouvoir influer sur les politiques menées par l’UE, et avec ce sentiment que rien n’est résolu depuis des années et que la situation empire, que l’Europe finalement ne semble pas capable de tenir ses promesses de protection pour les citoyens face aux déséquilibres mondiaux.

Malgré un constat aussi pessimiste, je pense qu’il est possible de sortir de cette crise et même d’en sortir vraiment renforcés...

D’abord je suis convaincu que l’Europe ne peut pas se construire sans les peuples... Je pense que pour toute nouvelle étape de la construction européenne il faut tenter de recueillir l’assentiment des citoyens européens...

Obtenir cet assentiment suppose :
1) que l’on fixe à l’avance les règles et qu’on s’y tienne ;

Il est en effet anormal que l’on fixe des règles puis ensuite qu’en fonction du résultat, si ce résultat ne plaît pas, on les change... C’est absolument hallucinant que ce genre de comportement ne fasse pas sursauter tout le monde...
Pour des questions de souveraineté, il est évident que les règles doivent respecter la souveraineté de chaque pays et que même si un pays rejette ce Traité, eh bien tant pis il faut revoir l’écriture de ce texte...

2) que les citoyens puissent par l’intermédiaire de représentants qu’ils auront élus directement participer à l’écriture du futur Traité ;

Il est anormal qu’aucun citoyen, peu importe la manière, n’ait la moindre emprise sur le contenu de ce Traité...

3) que tous les citoyens soient consultés pour ratifier ce futur Traité.

C’est la moindre des choses si on veut associer les citoyens à la construction européenne et c’est la manière la plus évidente d’obtenir leur assentiment...

Et enfin, dernière chose, je suis convaincu qu’il faut permettre une alternance politique réelle au niveau de l’Union européenne pour supprimer ce sentiment d’impuissance que l’on ressent en tant que citoyens...

Cette impuissance politique, autre aspect de cette crise de représentation, est due à mon avis à deux choses :
1) le déficit démocratique des institutions européennes et nationales évidemment ;
2) on l’a entendu lors de la campagne de 2005, en argument pour le non, certaines politiques cadres de l’UE sont gravées dans le marbre des traités, ce problème est clairement en cause dans l’absence d’alternance politique malgré les changements de majorités politiques...

Afin de résoudre une partie de ce problème et parce que de toute manière les plus grands clivages entre les citoyens ne concernent pas les aspects institutionnels ou démocratiques, mais bien les aspects politiques, ce Traité devra à mon avis concerner uniquement les aspects institutionnels.
Les politiques cadres devront faire l’objet d’un second Traité plus tard, modifiables plus facilement par les majorités politiques...

Ainsi le plan B serait :
1) une élection dans tous les pays membres de l’UE pour élire en fonction des populations de chaque pays un nombre proportionnel de représentants qui auront pour tâche réunis en assemblée d’écrire un nouveau Traité limité aux aspects institutionnels, institutions qu’il faudra rendre beaucoup plus démocratiques ;
2) une fois ce Traité terminé, celui-ci sera soumis à une ratification dans chaque pays.

Cette assemblée constituante ainsi que les ratifications par référendum devront être l’occasion d’aborder concrètement pour les différents peuples leurs inquiétudes, leurs doutes, vis-à-vis de la construction européenne, et donc enfin d’y apporter des solutions.

Si un pays refusait ce Traité, il faudrait alors entamer le dialogue avec des représentants de ce pays élus pour l’occasion pour comprendre les raisons de ce refus et les solutions pour y remédier.
(L’assemblée restant mobilisée tant que tous les pays n’auront pas ratifié ce Traité.)

Voilà comment, à mon avis, nous pouvons sortir de cette crise européenne, sortir par la grande porte, sortir complètement renforcés de l’impasse dans laquelle nos élites politiques par irresponsabilité et sans doute par eurobéatitude mal placée nous ont menés.


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16 réactions à cet article    


  • manusan 19 juin 2008 12:55

    ce n’est pas un plan B mais un plan C cette fois, il me semble. Pour les Euro-député et les politiques des pays ayant ratifiés le traité il est impensable de rouvrir la boite de Pandore (refaire un traité), finalement on demandera l’avis de la population que pour intégrer la Turquie, nos politiciens garderont les mains propres sur ce sujet,..... pratique le referundum des fois.

    voilà un article du "Irish independent" qui résume la situation :

    http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=86861

    Puisque chaque pays a un vote NON différent, voir qui s’oppose (fiscalité, avortement), il n’y a qu’une seule solution, créer un noyaux dur de pays pro-européen, je ne vois pas comment on peux se mettre d’accord à 27 (bientot 28).


    • Gzorg 19 juin 2008 15:06

       Merci Parkway

      Oui il y a bien eu un probléme originel, et ce probléme a été l’élargissement.

      Je suis sur que la fracture viens de là, en tout cas chez moi c’est bien là qu’elle se situe.

      tres honnetement je ne comprenais pas plus maastritch que je n’ai compris le TCE ; sauf que à l’époque je croyais encore à cette Europe qui m’avais fait révée quand j’etais plus jeune.

      Et puis d’un seul coup on est passé de 10 à 12 puis 15 puis 18 puis 20 puis...je ne sais plus et je veux même pas le savoir tellement cela m’enerve, tellement cela a signé l’arret de mort de L’europe.

      D’ailleurs ils savent tellement bien que la catastrophe viens de là que tout les Européanistes formatés a la pensée unique (façon science po chez nous) font absolument tout leur possibles pour ne jamais en parler ou du moins aborder le sujet.

      laissons les imaginer tout les platres sur gambes de bois qu’ils veulent, leur Europe fourre-tout elle est déjà morte, ils ne sauveront rien , ils ne feront que reculer un processus ineluctable...

      L’alignement sur l’OTAN de l’Europe est totalement lié a cette problématique...mais vu comment la géopolitique mondiale va changer dans les années à venir, il y a de grandes chances que l’Europe se reconstruise autour des pays fondateurs, malheureusement pour nous je pense que cela ne se fera pas sans certaines grosses tensions.


    • dom y loulou dom 20 juin 2008 23:54

      le propos de l’article vise le fonctionnement de l’UE et non sa taille géographique.


    • Internaute Internaute 19 juin 2008 14:34

      Il faut oublier l’Europe politique. Personne n’en veut à part les quelques milliers de politiciens qui en tirent profit. Payons une double retraite à Barrot, Cohen Bendit et Barroso. Cela nous coûtera moins cher que les dommages qu’ils nous causent tous les jours.

      On pourrait trés bien faire des contrats intra-européens liant les pays qui le veulent bien sur les sujets qui les intéressent. Ce sont d’ailleurs les seules associations qui ont du succès et qui sont acceptées par les populatins (ESA, EADS, Interpol etc). Pour l’instant ces contrats sont essentiellement économiques mais on pourrait aussi faire des contrats sociaux comme les accords de droit du travail d’un pays dans l’autre ou une lutte commune contre l’immigration.

      Cette histoire de vouloir imposer une volonté unique à tout le monde est ridicule. 

      Il faut supprimer la Cour Européenne de Justice qui devient un oeil de Soron incontrôlable sur les peuples européens. Maintenant on doit accepter l’adoption d’enfants par les homosexuels parceque cela lui plaît. De quel droit ? Reprenons notre liberté et vite.

       


      • beubeuh 19 juin 2008 18:53

        On doit accepter l’adoption pour les couples homosexuels parce que le leur refuser est profondément injuste, mais ce n’est certainement pas la CJCE qui a le pouvoir de l’imposer, Lisbonne ou pas.

        D’autre part si vous souhaitez des politiques intégrées dans le domaine du droit du travail ou de l’immigration, il fallait voter OUI au TCE, qui permettait justement ce genre de coopérations renforcées. Votre discours c’est un peu tout et son contraire...


      • Internaute Internaute 19 juin 2008 21:02

        Il me semble que c’est surtout injuste pour l’enfant auquel les fonctionnaires refusent le droit fondamental d’avoir une maman, fut-elle d’adoption. Les enfants ne sont pas des jouets avec lesquels les juges européens peuvent s’amuser.


      • beubeuh 20 juin 2008 10:24

        Vous êtes tétu, mais je vous le répète, les fonctionnaires Européens n’ont rien à voir là-dedans.


      • dup 19 juin 2008 14:56

        pourquoi voulez vous la débloquer ? qu’est ce qu’elle vous a apporté ? Un petit passage de la sulfureuse Oriana . Elle au moins elle en ’avait’  :

        Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’oeil sur le Club financier qu’on appelle Union européenne et dont on ne comprend pas à quoi il sert, sauf à voler le parmesan et le gorgonzola des Italiens, à rémunérer ses députés avec des salaires excessifs, à nous compliquer la vie avec la monnaie unique, à nous emmerder avec les bêtises populistes...

        Par exemple, la bêtise de supprimer soixante-dix races canines (tous-les-chiens-sont-égaux, comme l’anthropologue Ida Magli a bien commenté) et celle d’uniformiser les fauteuils des avions (tous-les-culs-sont-égaux). Cette Union européenne qui parle anglais et français, jamais italien ou norvégien ou flamand ou une autre langue, et qui est gérée par la sempiternelle troïka France-Angleterre-Allemagne. (Bon Dieu ! Elles se détestent depuis des siècles, la France et l’Angleterre et l’Allemagne, mais elles finissent toujours par commander ensemble à cette Union européenne moelleuse). Cette Europe clownesque et stupide qui fornique avec les pays arabes et qui, pour empocher leurs pétrodollars, parle d’« identité culturelle » avec le Moyen-Orient...


        • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 19 juin 2008 15:09

           

           

          Globalement je suis proche des convictions exprimées par l’auteur : 

           

          « l’UE produit des politiques qui n’apportent aucune solution face aux problèmes qui nous touchent au quotidien depuis des années, … des peuples votent à 50-60 % "non" lorsqu’ils sont consultés et que leurs Parlements votent à 90 % "oui",… respecter la souveraineté de chaque pays, etc. ».

           

           

          Il se trouve que le système politique que les Européens veulent et n’obtiennent pas n’est plus une utopie : il existe mais il n’a été mis en place dans aucun des États membres de l’Union européenne et n’a pas non plus été mis en place dans le fonctionnement des institutions de l’Union européenne.

           

          • DE QUELLE UNION EUROPÉENNE NE VEULENT PAS LES EUROPÉENS ?

           

           

          Le non irlandais ne met pas en évidence que la consultation populaire conduit à un rejet de l’Europe.

           

           

          Par contre je suis persuadé que la consultation populaire conduit à un rejet de l’Union européenne qui ne respecte pas la démocratie.

           

           

          Les orientations mondialistes, gravées dans le Traité de Lisbonne, la façon de décider anti-démocratique, qui est devenue la règle dans les institutions de l’Union européenne (exemple : la poursuite de l’intégration de la Turquie alors que la majorité des Européens ne veulent pas de Turquie dans l’Union européenne) sont les raisons du rejet qu’expriment les citoyens lorsque l’occasion leur est donnée de s’exprimer directement, sans intermédiaires politiques.

           

           

          • QU’EST-CE QUE LA DEMOCRATIE ?

           

           

          La démocratie est dans le contrôle du pouvoir par les citoyens, puisqu’en démocratie le pouvoir doit en permanence, dans ses actions, refléter la volonté de la majorité des citoyens.

           

           

          Il ne faut pas, comme c’est très souvent le cas, confondre la démocratie avec le fait de pouvoir élire les représentants. Être représentés par des députés, élus selon la règle de la majorité des citoyens s’exprimant dans le secret, ne signifie pas qu’on est en démocratie.

           

           

          Examinons cette question centrale du pouvoir politique d’un coté et de la volonté de la majorité des citoyens de l’autre coté.

           

           

          Tout d’abord revenons aux fondations de la démocratie.

           

           

           

          Rappelons la définition de la démocratie, définition qui est sans doute connue de presque tous les participants à AgoraVox. Cette définition fait partie de l’héritage culturel des Européens.

           

           

           

          La première mention écrite connue, une définition courte de ce qu’est la démocratie, a été donnée par l’historien Thucydide (470 à 395 avant JC).

           

           

          La définition qui répond exactement et entièrement à la question « qu’est-ce que la démocratie ? » a été donnée par Aristote (384 à 322 avant JC).

           

           

          Définition de la démocratie par Aristote (dans La Politique) :

           

           

           

          « Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté (c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage ; c’est à cela, en effet, que tend, dit-on, toute démocratie). Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable [...] De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine. [...] »

           

           

          Voici donc ce que disait cet Athénien il y a plus de 2000 ans, bien avant la Révolution française, laquelle quoi qu’on en dise n’a pas mis en place la démocratie véritable.

           

           

          Les deux conditions de la démocratie véritable ont été définies par Aristote et en des termes modernes ces conditions sont exprimées ainsi :

           

          •  La liberté d’opinion doit être garantie : cela signifie que les citoyens sont libres d’exprimer et de propager toutes les opinions quelles qu’elles soient, sans censure, sans interdit .
          •  Chaque décision politique doit être conforme aux désirs de la majorité des citoyens qui désirent prendre part à la décision. Cela signifie que lorsqu’il y a un doute toute décision politique doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer, donc le référendum d’initiative citoyenne doit être garanti sans restriction.

           

           

          Il est certain qu’aucune des deux conditions n’est respectée ni en France, ni dans les autres États membres de l’Union européenne, ni dans les institutions de l’Union européenne.

           

          En France et dans l’Union européenne nous vivons dans un système oligarchique qui est au mieux une « pseudo-démocratie » de façade, qui utilise le vocabulaire de démocratie mais qui dans les faits est une oligarchie technocratique.

           

           

          Cependant, la démocratie véritable n’est à présent plus une théorie mais est depuis plus d’un siècle devenue une réalité. Certes pas en France, ni dans aucun des États membres de l’Union européenne. Mais il existe pourtant un État européen qui poursuit l’idéal de se rapprocher le plus possible de la démocratie véritable.

           

           

          Avec son système politique basé sur la démocratie directe et avec son organisation fédérale, la Confédération Helvétique pourrait être un modèle pour les États membres de l’Union européenne et pour les instances de l’Union européenne (Commission européenne, Conseil de l’Union européenne) qui ont pris l’habitude de prendre des décisions non conformes à la volonté de la majorité des Européens.

           

           

          Sur les questions fondamentales – la constitution etc. – les citoyens suisses ont la garantie que toute décision sera prise uniquement et obligatoirement après le vote direct des citoyens. Sur les questions qui ne sont pas fondamentales, les citoyens suisses ont la garantie que sur leur demande, donc suite à une initiative des simples citoyens, toute loi peut être soumise à la votation directe de tous les citoyens.

           

           

          La démocratie véritable, qui est donc dans la pratique basée sur la démocratie directe – avec la possibilité donnée aux citoyens de déclencher les référendums – n’élimine pas les éléments de « démocratie représentative » ni les éléments de « démocratie participative ». La démocratie directe laisse aux uns et aux autres la possibilité de faire des propositions et laisse aux politiques la responsabilité de gérer les affaires de la communauté au quotidien. Mais elle exerce sur les politiques et sur les lobbies (c’est à dire sur les groupes de pression) le contrôle permanent du respect de la règle démocratique : « pour toutes les questions qui touchent la communauté c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ».

           

           

          • QUEL DOIT ÊTRE LE RÔLE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DES PARLEMENTS NATIONAUX ?

           

          Les Parlements nationaux comme le Parlement européen ne doivent pas avoir l’exclusivité de proposition des lois. Car comme c’est expliqué dans le chapitre précédent, les citoyens doivent avoir la possibilité d’intervenir directement dans le processus législatif.

           

          Un exemple qui confirme que la « démocratie représentative » qui est actuellement en place – celle ou la volonté du peuple est bafouée, celle où les parlements décident ce qui bon leur semble et celle où les lobbies dictent les décisions – ne respecte pas la volonté de la majorité de la population : le vote sur la Constitution de l’Union européenne, dans la version proposée aux citoyens européens en octobre 2004. En France, cette constitution avait été approuvée par le Président de la République française, puis avait été approuvée par 92 % des parlementaires de l’Assemblée nationale française, avant d’être rejetée par 55 % des électeurs français lors du référendum de mai 2005. Même en Espagne où le référendum à donné un « oui », c’était 77 % de oui alors que le Parlement avait approuvé à 94 %.

           

           

          Au niveau de l’Union européenne, en plus de référendums d’initiative citoyenne, le référendum doit être obligatoire pour un certain nombre de questions qui touchent aux fondements mêmes de l’UE et de son identité :

          • – La Constitution,
          • – Chaque élargissement à un nouvel État membre,
          • – La politique d’immigration en provenance d’autres continents,
          • – Les règles d’attribution de la citoyenneté,
          • – La politique sociale,
          • – La globalisation de l’économie,
          • – etc.

           

           

          Indépendamment de ces questions obligatoirement soumises au référendum, il est nécessaire de définir la possibilité que des référendums soient organisés sur l’initiative des citoyens européens au sujet de n’importe quelle question qui paraît importante à la population européenne. Il ne faut pas qu’il y ait la censure sur les questions soumises au vote, il ne faut pas que certains sujets soient d’office éliminés. C’est au citoyens de décider sur quelle question ils veulent se prononcer lors de référendums. La possibilité de prendre des décisions sur l’initiative des citoyens, à tout moment, sur n’importe quelle question, est la garantie de la démocratie, c’est la garantie que les politiques devront toujours suivre l’opinion de la majorité, au lieu de l’ignorer comme ils le font maintenant.

           

           

          Il ne faut pas que les politiques décident, selon leurs calculs, sur quelles questions particulières les citoyens peuvent exprimer leur volonté par référendum et sur quelles autres questions les citoyens n’ont pas le droit d’imposer leur volonté majoritaire.

           

           

          La garantie des référendums, obligatoires et sur l’initiative des citoyens, est la garantie de l’application de la démocratie et devra, si on veut vivre en démocratie, être présente dans la Constitution de l’Union européenne. La démocratie sera établie quand la volonté de la majorité de citoyens sera systématiquement et scrupuleusement respectée.

           

           

           

           


          • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 19 juin 2008 15:11

             

            • DE QUELLE UNION EUROPEENNE ONT BESOIN LES EUROPEENS ?

             

             

            Les orientations mondialistes sont devenues le fondement de toutes les actions que lance l’Union européenne. Ces orientations mondialistes sont nuisibles aux Européens. Autrement dit : l’Union européenne n’a pas pour objectif principal la sauvegarde des intérêts des Européens.

             

             

            L’Union européenne doit changer si elle veut être soutenue par les citoyens : elle doit avoir pour objectif principal la sauvegarde des intérêts des Européens. Les peuples européens sont divers et en même temps ils ont beaucoup en commun, si on les compare globalement à d’autres branches de l’humanité.

             

             

            Le but de l’Union européenne doit être de réunir les Européens pour qu’ainsi unis les Européens deviennent plus forts afin de pouvoir résister face aux pressions mondiales. L’Union européenne devrait toujours agir en prenant en compte les désirs des citoyens dans les États membres et en veillant à assurer la préservation des spécificités locales. D’ailleurs pour mieux identifier les besoins et les désirs locaux, exprimées de bas en haut par les citoyens, il faudrait proposer d’organiser l’Union européenne en s’appuyant sur les Régions européennes qui ne seraient pas définies d’après le critère de taille géographique, démographique ou économique « nominale » mais d’après les critères de préservation des spécificités. Autrement dit : les Régions européennes pourraient être déterminées d’après les critères directement exprimées par des citoyens, donc de bas en haut, par des critères qui optimisent la gestion et la préservation de ce qui leur est spécifique, cela pourraient donc être des critères linguistiques, raciaux ou ethniques, fonctionnels (bassin d’infrastructures, de ressources ou de production etc.) ou autres.

             

             

            Une grande partie des États membres de l’actuelle Union européenne correspondent déjà à ce type de Régions européennes, les autres États membres pourraient être restructurés en plusieurs Régions européennes. L’union de ces Régions européennes autonomes dans un système fédéral pan-européen, permettrait de réunir la puissance nécessaire et suffisante pour s’opposer avec efficience aux forces uniformisantes du mondialisme afin de défendre les spécificités qui caractérisent les Européens.

             

             

            • QUE PEUT-ON FAIRE ?

             

             

            Ce qu’il faudrait, si on veut éviter que l’UE anti-démocratique ne devienne définitivement, sans espoir de guérison, une dictature technocratique pro-mondialiste, ce qu’il faudrait c’est des mouvements de citoyens qui imposeraient la mise en application de la démocratie véritable.

             

             

            Concernant ce sujet comme concernant les autres questions qui relèvent des décisions politiques, les articles que l’on peut écrire, sur AgoraVox ou ailleurs, peuvent-ils amener les politiques qui sont au pouvoir à respecter les règles fondamentales de la démocratie véritable ? Cette question est analysée dans l’article « La France et l’Union européenne face aux citoyens : comment obtenir la démocratie ? » qui a été publié sur AgoraVox.

             

             

             

             

            Quelles actions faut-il entreprendre pour obliger enfin les politiques au pouvoir à mettre en application la démocratie véritable, la démocratie dans laquelle chaque décision politique répond aux souhaits de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ?


          • Céphale Céphale 19 juin 2008 20:08

            Globalement d’accord avec cet article. Un passage en force des "élites politiques" européennes ne résoudrait rien et même aggraverait la crise.

             

            Il serait très utile que des instituts de sondage posent aux Français cette question : "Si un référendum sur le traité de Lisbonne avait lieu maintenant, que voteriez-vous ?" Etrange que ça n’ait pas encore été fait.


            • Laurent Simon 25 juin 2008 20:32

              Le sondage semble être un art difficile...

              Lisez l’article : "Deux sondages en France contradictoires, après le NON irlandais..."

              http://europeagenda2010.free.fr/article.php3?id_article=179.

              Mon commentaire général, sur cet article, et sur une bonne partie des commentaires :

              1. Les traités sont des documents juridiques, ce n’est pas étonnant que personne n’y comprenne rien.

              2. Le référendum est un outil à manier avec précaution. L’expérience montre que souvent les peuples répondent à une autre question, ou au contexte. Voir par exemple "Non au référendum défouloir, oui au fondateur " http://europeagenda2010.free.fr/article.php3?id_article=175

              et : http://europeagenda2010.free.fr/article.php3?id_article=162&var_recherche=guillotine#forum1270

              Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Allemagne, qui a connu l’époque nazie, a banni le référendum, dans sa constitution. En ce qui concerne l’Europe, le référendum me semble justifié pour dire par ex. si on est d’accord avec l’euro (Maastricht, ce qui implique des aspects juridiques, mais on y est bien obligé), ou pour décider de faire entrer un pays important (par ex. la Turquie).

              3. Bien sûr il faudrait que l’Europe soit plus démocratique, ainsi que la construction européenne. Mais ce n’est pas avec des référendums qu’on y arrivera. Le traité de Lisbonne, comme le TCE donne plus de pouvoir au Parlement Européen, c’est une étape, intéressante.

              Le problème principal, c’est que les hommes politiques nationaux se font élire sur des programmes de qq années, alors que la construction européenne c’est sur des décennies. Et qu’ils ont tendance à dire "qd c’est bien, c’est grâce à moi ; qd ce n’est pas bien, c’est à cause de l’Europe".. et que personne ne parle d’Europe. Ni eux, ni les médias (qui trouvent cela trop abstrait, alors que c’est très concret).

              Un des symptomes du malaise : la France a mis des années, et qqfois des décennies, à transposer dans ses lois les directives européennes... Alors que les hommes politiques français ont joué un rôle pour décider de ces directives...

              4. Un autre problème est qu’il n’y avait plus depuis quelques années de dirigeant de grand pays qui soit très moteur sur l’Europe.

              5. Au point que le budget de l’Europe est ridicule (1% du PIB seulement), et que 40% sont déjà réservés à la Politique Agricile Commune. Chaque dirigeant des pays essaie de limiter ces budgets, alors que le Parlement Européen est tout à fait moteur pour lancer des projets mobilisateurs, pour les citoyens.

              Il a fallu faire des pieds et des mains pour trouver un financement au programme GALILEO, qui est pourtant essentiel à l’indépendance de l’Europe... Du coup on a perdu 5 ans, et les retombées positives vont nous échapper en partie...

              6. Quand on voit ce qu’on a réussi à faire avec si peu de moyens, c’est énorme, malgré tout ce qui est sous entendu ici (parce que les médias ne rendent pas compte de tous les bénéfices de ce que nous avons tirés, et en particulier en France !!!), on se dit qu’on pourrait beaucoup plus avec à peine plus de moyens !

              7. il est vrai que certains programmes (Exemples Airbus, Ariane) ont été réalisés par des Etats, et surtout par des entreprises qui ont coopéré au-delà des frontières. Mais s’il n’y avait pas eu le contexte favorable de la CEE, puis de l’UE, cela aurait beaucoup plus difficile. Le marché unique, par exemple, a grandement facilité la vie des entreprises, et donc des personnes qui travaillaient dans ces entreprises.

              8. Il ne faudrait pas non plus sous-estimer par exemple, l’apport de l’euro.

              Même si sa mise en service s’est accompagnée d’une hausse de prix (le problème est que les commerçants ont essayé de rattraper par ce biais les marges qu’ils avaient perdues à cause des hausses de charges et des 35h notamment).

              Et si l’euro est beaucoup trop cher actuellement, ce qui augmebt les problèmes pour l’économie de certains pays, dont la France. Mais cela n’empêche pas l’Allemagne d’exporter comme aucun autre pays, elle exporte encore plus que la Chine !!! Là encore on voit bien que c’est facile de dire que c’est l’Europe, ou l’euro, mais en fait les problèmes sont plus complexes.

              S’il n’y avait pas eu l’euro, je ne vous dis pas les problèmes économiques que nous aurions eus en France dans les périodes de crise économique ou financière. Mais là encore les médias ne jouent pas leur rôle.

              9. Il y a aussi un problème avec l’Education Nationale. Il n’y a pas de programme sérieux, pour expliquer simplement tout ce qui a trait à l’Europe. Et cela empêche les citoyens de se rendre compte de certaines réalités.

              10. Heureusement il y a des programmes comme Erasmus qui ont permis à de nombreux jeunes de constater, par eux-mêmes, et avec d’autres jeunes d’autres pays, ce qu’il en est dans les autres pays. Et comme par hasard, qd ils reviennent en France, ils ont une vision totalement différente...

              11. Un des grands problèmes avec la France, c’est qu’on a tous tendance à faire comme s’il n’y avait que la France, comme si les autres pays n’existaient pas, comme s’ils devaient nécessairement agir comme nous... ce n’est évidemment pas comme cela que cela marche...

              Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, il faut bien s’arrêter...


            • vivelecentre 20 juin 2008 08:07

              le résultat d’un sondage sur cette question serait vraisemblablement non

              Mais cela ne vous dérange pas que ce non corresponde a des positions diamétralement opposé ?

              Cela ne vous interpelle pas quand on trouve dans cette majorité aussi bien des souverainistes, ( fn, Devilliers, Super Dupont Aignan), des nostalgiques de l’internationale socialiste, pc, extrême gauche, des ultra libéraux heureux du dumping social, et de la concurrence entre état,eet hostile a tout construction politique et vous même ?

               je parle des principaux intervenants sur ce sujet, qui se disent européens et veulent plus de contenu politique, plus Europe citoyenne (qu’est ce que cela veut dire..)plus proche des peuples, plus sociale ?

              cela ne vous gêne pas que cette majorité hétéroclite avec des positions souvent contraire soit finalement celle qui pèse et interfère dans la construction européenne ?

              Ne penser vous pas que par des exigences particulières et en refusant l’idée de concession, d’une part vous rêver à de l’inaccessible et d’autre part vous faites le jeux des souverainistes , nationalistes camouflés ?

               

               


              • chmoll chmoll 20 juin 2008 12:34

                chmoll y é eurpeens,i fé toutes ses courses chez les belges ,vas en vacances(grace a ses économies faites) à la panne (belgique),d’temps en temps i vas en allemagne aussi

                ça c un bon europeen, beu alors


                • Traroth Traroth 20 juin 2008 12:38

                  "Quand des peuples votent à 50-60 % "non" lorsqu’ils sont consultés et que leurs Parlements votent à 90 % "oui", je pense que ce problème de représentation est flagrant..." : Que dire ?


                  • YVAN BACHAUD 23 juillet 2009 09:59

                    Bonjour,
                    Il ne sert à RIEN de faire une élection pour une Constituante car nous aurons la même composition que pour la commission qui avec VGE a élaborer le TCE.
                    Il y aura juste quelques FN et NPA en plus.

                    La Constituante doit être tirée au sort dans chaque pays puis former la Constituante européenne.
                    Voir notre proposition complète et détaillée sur www.ric-france.fr dans notre programme européen.
                    Le site de Étienne Chouard a un forum sur le sujet.

                    Le texte élaboré sera soumis a référendum dans tous les pays bien sûr.
                    Cordialement
                    Yvan Bachaud

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