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Accueil du site > Actualités > Europe > Corruption, encore... Rajoy aux abois, la caravane passe

Corruption, encore... Rajoy aux abois, la caravane passe

J'ai encore en tête cette réflexion presque naïve d'une dame danoise lors d'une conversation sur la corruption es Espagne : "Au Danemark, il n'y a pas de corruption parce que c'est interdit !"
En Espagne aussi lui répondis-je, mais ici les lois sont facilement contournables, manipulables et surtout, l'esprit latin n'est pas l'esprit nordique ou germanique !

Le manque d'alternance politique est la porte ouverte à la corruption.

La constitution rédigée à la chute de la dictature franquiste incluant une division du pays en régions autonomes comme d'autant de petits califats semble avoir eu comme résultat, non seulement de créer des duplicités administratives qui coûtent chères aux contribuables et souvent contredisent l'administration central, sinon de permettre aux corrompus de s'y engouffrer et d'y vivre à leur aise.
Lorsque que l'on constate effaré devant son téléviseur, car il ne se passe pas un mois sans qu'une nouvelle affaire éclate, comment la corruption gangrène ce pays, que personne n'est épargné, banquiers, hommes politiques, grands patrons, famille royale...on peut s'interroger sur l'efficacité d'une telle constitution et des lois qui la régissent.

Je ne vais pas refaire une liste des différentes affaires de ces dernières années, vous pouvez les (re)découvrir ici et .
Mais force est de constater que là où un parti règne de manière hégémonique, la corruption s'installe presque de manière systématique.
C'est le cas en Andalousie où gouverne le parti socialiste en maître depuis le début de la démocratie (Affaire de los Eres : 1.400 millions d'euros quand même...)
C'est le cas de la Catalogne que Jordi Pujol(parti indépendantiste de droite) a gouverné pendant 30 ans en se remplissant les poches avec le fameux 3% de commission sur toutes les commandes publiques. (3.300 millions d'euros à lui seul ! sans compter les magouilles de ses nombreux enfants)
et c'est le cas qui nous intéresse aujourd'hui : La belle et touristique région de Valence...

Valence, terre de toutes les excès.

Valencia est le parfait exemple du mélange explosif de la spéculation immobilière et de la politique.
Essor touristique à tout va, miracle économique, grands projets pharaoniques et un parti au pouvoir sans partage depuis 1995 : les ingrédients étaient réunis.
Gaspillage, corruption. La liste des affaires et des scandales est longue, et touche toujours le même parti. Je ne prétends pas écrire une thèse ou ennuyer le lecteur. Je prendrai donc un exemple simple que tout le monde connaît, ne serait-ce qu'en photo : La ciudad de Las Artes y las Ciencias. 
 
ciudad de las artes y las sciencias, valence espagne
 
Magnifique ensemble d'édifices futuristes tous plus beaux les uns que les autres, rehaussés de grands bassins où jouent les reflets et les lumières, elle est l'oeuvre de l'architecte Calatrava.
Lors de ma visite en 2008, hormis l'aquarium, superbe, j'avais trouvé une incohérence criante entre la beauté du site et son (infra)utilisation. comme si on avait fait de beaux bâtiments et qu'ensuite on s'était posé la question : "Et maintenant, qu'est ce qu'on en fait ?". C'était surtout mon sentiment dans le grand palais des sciences, aux espaces immenses, et dont le contenu paraissait tellement ridicule comparé au contenant.
 
L'agora, édifice qui à ce jour n'a pratiquement
 jamais servi, n'a jamais été terminé
 et qui tombe déjà en miettes.
 
Le coût final de ce complexe a été multiplié par quatre (avec un surcoût final de 1.000 millions d'euros), sans être achevé complètement (il manque certaines structures qui ont été payées mais non montées pour des problèmes techniques), et actuellement, certains tombent déjà en morceaux comme l'Agora qui n'est jamais utilisé mais nécessite sans délais 10 millions d'euros pour réparer les vices originaux.
Un puits sans fond qu'il sera difficile de combler.
Pendant ce temps, les enfants de nombreuses écoles de Valence font cours depuis 10 ans dans des installations provisoires qui durent, les coffres sont vides...
 
corruption valencia

277 écoles devaient être construites pour un montant de 1.000 millions d'euros.
Seulement la moitié ont été réalisées pour cette somme et les autres, préfabriquées et provisoires, durent..
Une affaire elle aussi dans les mains des services anti-corruption.

Rita Barbera, la "parraine".

Rita, que l'on accuse au minimum de gaspillages honteux, a l'honneur d'avoir sa propre Wikileaks : la Ritaleaks

Cela fait longtemps déjà que Valence fait la une des journaux pour ses nombreuses affaires liés à l'enrichissement personnel de nombres de ses hommes (et femmes) politiques. La justice, d'une lenteur désespérante, a rendu encore peu de verdicts, quand les faits n'ont pas carrément prescrits.
Mais ces dernières semaines, avec l'opération Taula, des faits nouveaux ont été mis à jour, grâce entre autre à un inculpé qui s'est mis à table. Et c'est encore une fois un vrai réseau mafieux qui est en train de se profiler dans l'organisation du Parti Populaire de Valence, avec ses parrains, comme cet Alfonso Rus, ex-président du conseil départemental (diputación), enregistré en flagrant délit de comptage de billets de 500 ou qui facture des ampoules LED pour une valeur de 27 millions d'euros quand elles en valent réellement 17. Enrichissement personnel mais aussi financement occulte du parti grâce à de juteuses commissions. Tous les actuels conseillers municipaux de la ville de Valence du PP sauf un (c'est tout en son honneur) sont actuellement inculpés ainsi que d'autres membres régionaux : 80 au total, pour blanchiment : Une donation au parti de 1.000 euros leur était demandé pour être sur les listes électorales, en retour, on leur donnait 2 billets de 500 d'argent sale.
Mais la chef, comme l'appelle certains inculpés, semble pointer Rita Barbera, maire depuis 24 ans jusqu'à l'année dernière où son cuisant échec a été récompensé par un poste de sénatrice qui la protège d'être jugée comme un citoyen ordinaire. Elle serait sinon, à l'heure qu'il est, inculpé elle aussi.

Il faut savoir qu'en Espagne, 10.000 personnes, dont plus de 2.000 personnalités politiques possèdent le statu de "aforados", c'est à dire qu'ils ne peuvent être jugés que par le tribunal suprême, d'ailleurs très politisé à droite. Alors qu'en France, le Président et son gouvernement sont les seuls à posséder ce privilège. En Allemagne, aucun ! Ceci explique aussi cela...
D'un coté, Mariano rajoy dit tout faire pour lutter contre la corruption dans son parti, et de l'autre, il crée il y a quelques jours un blindage judiciaire à son amie de longue date (elle en sait certainement aussi beaucoup sur le parti au niveau national), en la chargeant d'une commission sénatoriale qui, en cas de réélections au printemps lui permettra de rester à sa place de sénatrice quand les autres devront se représenter. On en rirait si ce n'était pas si pathétique.

Un changement qui tarde à venir.

Deux mois après les élections, le pays est toujours sans gouvernement, les différents partis n'ayant pas trouvé de points d'accords, on se dirige pour l'instant vers de nouvelles élections en fin de printemps.
Personne, ni le PS, ni bien sûr Podemos, ni même le nouveau parti de centre droit Ciudadanos ne veulent entendre parler de pactiser avec un parti pourri jusqu'à la moelle comme l'est le Parti Populaire de Rajoy.
La vieille droite espagnole s'enfonce toujours plus dans la boue de ses nombreux cas de corruption. Ce qui reste inexplicable, surfant sur une reprise économique précaire à base de mini-jobs, c'est qu'il continue malgré tout à être le parti préféré des espagnols : Le plus voté aux dernières élections avec presque 29% des voix (contre 22% pour le PSOE, 20,5% pour Podemos et 14% pour Ciudadanos), il le serait encore en cas d'élections prochaines malgré une légère baisse, d'après un sondage de janvier.
Le dernier grand scandale de ces derniers jours sonnera-t-il le glas de ce parti DÉgénéré plus proche du grand banditisme que de la politique ? Entraînera-t-il enfin sa RÉ-génération ?
Aujourd'hui même, un autre dinosaure du PP, l'ex-présidente de la communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, a démissionné de son poste de présidente du parti populaire de Madrid à cause elle aussi d'affaires de corruption qui concernent des personnes de confiance qu'elle avait nommées à des postes clé de son gouvernement d'alors. On a l'impression que ce mauvais film ne finira jamais...

 
Lors d'une entrevue vendredi, Rajoy refuse de donner la main à Sanchez, peut-être le prochain président, qui cherche actuellement à former un gouvernement avec Podemos ou Ciudadanos. Il a depuis le début refusé tout dialogue avec le Parti Populaire, le parti de la corruption comme il l'appelle. La tension entre les deux hommes est plus que palpable sur la photo (et hors caméra)

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7 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 16 février 14:23

    Merci pour ces informations.


    • Olivier 17 février 10:09

      Bel article. 

      Je confirme pour la cité des sciences de Valencia, que j’ai visitée peu après son inauguration, et qui me fit l’effet d’un décor grandiose et vide. A l’époque, du temps de la « burbuja » immobilière, les spéculateurs achetaient sur plan des appartements puis les revendaient avec un gros bénéfice alors qu’ils n’étaient même pas encore finis de construire ! 

      Tout cela a très mal fini, et surtout pour le citoyen de base. Beaucoup de chômage et de « mini-jobs » à moins de 1000 € mensuels, voire moins. Une spécialité en Espagne est le statut de « autonomo » : au lieu de vous faire un contrat de travail on vous considère comme un sous-traitant, ce qui permet à l’employeur d’obtenir des prix très bas et de se débarrasser de vous à tout moment.
      Ca ne tardera pas à venir en France...

      • Alfred Ledingue Alfred Ledingue 17 février 11:07

        @Olivier
        Sans parler de la réforme laboral de Rajoy qui par exemple permet de renvoyer un travailleur qui manque à son poste plus de 9 jours de suite même si c’est justifié pour maladie...


      • Alfred Ledingue Alfred Ledingue 17 février 11:14

        @Olivier
        les minis jobs ne sont pas à 1.00 euros, ça ce sont les « mileuristas », c’est à dire des gens qui ont un travail à plein temps pour moins ou juste 1.000 euros.

        Les mini jobs, des contrats souvent de quelques heures sont en dessous, bien en dessous. ici le SMIG est a 655,20 €.
        « La crise a été l’excuse pour virer mon père et m’embaucher pour la moitié de son salaire » c’est une phrase que j’ai lu ici pour expliquer de manière simple en quoi a consisté les réformes du PP.

      • Alfred Ledingue Alfred Ledingue 17 février 11:25

        Je rectifie le chiffre du smig espagnol car si il n’est pas faux, il peut inciter à l’erreur. En effet, ici les salaires annuels sont calculés sur 14 mois, c’est le chiffre que je vous ai donné

        Si on remet ça sur 12 mois pour etre en accord avec le smig français, le smig espagnol serait de 756,70 euros

      • ENFIN !!!! la justice de notre pays s’attaque aux truands mafieux genre BALKANY ET SARKO-

        BISMUTH  MAFIEUX DES BALKANS §§§§§§§§

        CES 2 VOYOUS MIS EN EXAMEN GRACE AU DEBALLAGE DE LEUR COMPERE COPE !!!!

        bravo les ripouxblicains§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§


        • zygzornifle zygzornifle 18 février 10:47

          Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs , des voleurs et des traitres n’est pas victime !.... il est complice.(George Orwell)

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