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Accueil du site > Actualités > Europe > Crise de l’euro : les peuples saignés, les Etats menacés

Crise de l’euro : les peuples saignés, les Etats menacés

Dans un contexte de désintégration rampante du marché mondial, la crise de l'euro ne cesse de multiplier ses ravages terrifiants : de la Grèce à l'Irlande, du Portugal à la Slovénie, le seul mot d'ordre des gouvernements de toutes couleurs politiques est : austérité sans cesse accrue pour les peuples afin de payer les dettes spéculatives de plus en plus colossales.

Aucun politique au pouvoir en Europe ne parle plus d'augmentation du niveau de vie, de bien-être social amélioré, de prospérité collective assurée, de développement général recherché. Le langage politique se résume dorénavant en Europe à quelques « bases » simples : baisser salaires et retraites, privatiser toujours plus, réduire sans cesse les services de l'Etat et des collectivités, payer à tout prix les dettes, rassurer les marchés, réduire les droits des salariés et, but ultime, leur coût pour les employeurs !

Du paradis merveilleux promis en 1992 quand les politiques vantaient la future Union européenne et l'euro qui naîtraient des critères de convergence imposés par le Traité de Maastricht, on est passé à la réalité cauchemardesque quotidienne pour l'immense majorité des citoyens de la zone euro, et, partant, de toute l'UE, voire en-dehors...

Il importe donc, face à ce constat, de faire le point exact de la crise de l'euro et de dresser les perspectives existantes.

La marche à la catastrophe : une direction commune multicolore courant au néant

Il fut un temps en Europe, et ailleurs, où les forces politiques institutionnelles annonçaient des programmes politiques, économiques et sociaux différents, où leurs divergences étaient proclamées partout..

En 2011, la règle est l'unanimité politique totale, la mode à l'unicité de pensée absolue : partis de gauche et de droite en zone euro ont un programme commun limpide : il faut sauver l'euro. P tenter d'atteindre ce but impossible, tous expliquent ensemble qu'il faut rembourser les dettes publiques, ce qui implique l'austérité, voire la misère pour les peuples.

Au passage, on remarquera que les voix qui s'élevèrent voici peu contre les agences de notation et leurs méfaits dénoncés se sont tues. Quant aux dirigeants politiques qui affirmaient bien haut naguère qu'ils allaient terrasser la spéculation, mettre fin au système actuel, libérer les peuples des spéculateurs féroces, ils sont aphones sur le sujet, mais prolixes sur la nécessité « moderne », à leurs yeux, de se soumettre pleinement aux nécessités du système, en clair aux besoins du Moloch spéculatif !

Quel est le résultat concret de cette union multicolore pour une même politique en ce qui concerne les peuples ?

En Grèce, au Portugal, en Irlande, en Italie, et bientôt en Espagne, force est de constater que les dettes, loin de diminuer, augmentent chaque jour. En parallèle, chômage, précarité, baisse des revenus et liquidation progressive des Etats par pans entiers sont les faits majeurs.

Tout cela ne résout rien et aggrave les problèmes existants : la crise de l'euro continue à s'aggraver, les dettes de s'accroître, et les économies nationales de s'effondrer, notamment par la chute continue du pouvoir d'achat populaire.

Ce constat des faits, par delà et contre les mensonges évidents alignés depuis près de 20 ans, est partagé, peu ou prou, par tous les analystes et observateurs un tant soit peu sérieux et honnêtes :

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-nuages-s-accumulent-sur-la-croissance-mondiale_256574.html

L'inflation, dont l'euro était sensé protéger les pays de sa zone économique, monte sans relâche. Par contre, l'économie de la zone, prise dans sa globalité, est au plus mal. La reprise annoncée maintes fois, comme les antiques sorciers répétaient par atavisme des formules magiques inopérantes, semble un mirage qui recule dès lors que d'aucuns croient la voir.

Il est annoncé que la Grèce, Etat le plus malade de la zone euro au regard des préceptes de la pensée économique unique européenne, va recevoir près de 100 milliards d'euros d'aide jusqu'en 2014. Mais, en échange, son gouvernement, qui plonge dans les abimes de l'impopularité, devrait encore appauvrir massivement ses citoyens et leur dénier tout avenir quelque peu meilleur.....Cet article résume bien la situation de course accélérée au désastre pour le peuple grec (et les autres peuples de la zone), sans pour autant sauver l'euro :

http://www.lepoint.fr/economie/vers-une-nouvelle-aide-europeenne-a-la-grece-06-06-2011-1338997_28.php

Pendant ce temps, le Portugal est en voie de revenir à une situation sociale qui tend à rappeler la fin du régime Salazar, avec cependant en prime un Etat exsangue et des services publics amoindris par rapport au temps de la dictature, un comble ! Là aussi, tout un peuple souffre, mais l'euro n'en est nullement sauvé et aucune lueur d'espoir en une situation améliorée ne brille à l'horizon.

En résumé, les Etats de la zone euro sont menacés dans leurs fondements mêmes, tandis que les peuples sont saignés pour payer les profits des spéculateurs. C'est une situation sans autre issue que son arrêt brusque et définitif.

La crise de l'euro engendre des crises politiques et sociales qui le frappent en retour

En ce début juin 2011, rien ne sert de se cacher la réalité essentielle : la crise de l'euro s'est bel et bien transformée en une gigantesque crise politique et sociale à l'échelle de tout un continent, minant tant les Etats de la zone euro que, par ricochet, ceux qui sont restés à l'extérieur.

Les Etats vont de crise en crise, chaque fois plus forte et plus destructrice : les gouvernements au pouvoir n'ont plus de majorité populaire stable qui les soutient, l'abstention atteint des records, les votes protestataires, radicaux en un mot, explosent, le doute et la colère contre les dirigeants sont des phénomènes de masse incontestables, la violence sociale exprime cette situation globale d'impasse qui embrasse toutes les sociétés européennes.

L'Union européenne va elle-même à vau l'eau : le Traité de Schengen, une de ses bases fondatrices, est remis en question par ceux-là mêmes qui l'ont voulu et signé, la Belgique est sans gouvernement depuis tant de temps qu'on l'oublie, la Hongrie couve une crise d'ampleur inégalée, l'Espagne est confrontée à un malaise social grandissant, la Slovénie, la Suisse des Balkans, plonge aussi dans l'austérité déstabilisatrice, la France flotte entre deux eaux, atone et épuisée, l'Allemagne annone sa sortie du nucléaire et pèse ainsi pleinement contre les visées industrielles de certains de ses partenaires dans ce secteur, l'Italie va de scandale en choc politique, etc......

Dans toute la zone euro et au sein de l'UE, le spectacle offert montre désarroi, révoltes, crises, scandales, montée des mouvements radicaux de contestation, en un mot, une rupture de plus en plus nette entre les peuples et ceux qui affirment encore les représenter alors que sans majorité véritable et, plus grave, sans vision de sortie de crise.

En retour, ces crises sociales et politiques nourrissent la crise de l'euro et alimentent la marche à la dislocation de l'UE, mais aussi, derrière, du marché mondial.

La grande aberration économique et illogique

Il est impossible de conclure sur le point actuel atteint par la crise de l'euro et de l'Union européenne sans dire un mot de l'aberration économique formidable qui règne dans les sphères politiques dirigeantes.

En effet, le capitalisme, surtout à l'époque actuelle, ne peut se survivre qu'en maintenant et développant le taux de profit qui est son moteur essentiel ainsi que sa raison d'être.

Or, la baisse tendancielle permanente de la capacité de consommation populaire- via les mesures sans cesse renouvelées d'austérité- sape directement, par essence, toute possibilité de fonctionnement régulier de ce « moteur ». Les « marchés » potentiels se réduisent globalement alors que la reproduction des capitaux investis a besoin de marchés en développement constant et rapide, comme un poisson d'eau vive pour vivre et survivre.

Il s'ensuit que les politiques d'austérité menées conduisent à étrangler la consommation, donc toute possibilité de reprise économique globale, et à pousser les capitaux à se tourner vers la spéculation brute.

Ainsi, les mesures sensées stopper la crise systémique actuelle ne font en réalité que l'alimenter et l'aiguiser. L'économie de la zone euro est donc dans un cercle vicieux autodestructeur.

Tout individu pensant peut constater cela. Le problème politique central aujourd'hui est que ceux qui dirigent les Etats refusent ce constat d'évidence, car liés de tous côtés au maintien de ce système malade, fut-ce au prix de terribles souffrances pour les peuples.

Mais, cela n'empêche rien : ni les crises d'empirer chaque jour, ni le rejet par les peuples de ces dirigeants de s'amplifier, ni l'économie de s'enfoncer dans un gouffre sans fond visible pour l'heure.

On peut ainsi résumer la ligne générale des évènements : la crise de l'euro s'accroît avec chaque euro qui est injecté pour l'arrêter.

Ce faisant, les dirigeants de l'UE et de la zone euro poussent les peuples à une révolte massive, générale et inévitable.


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176 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 7 juin 2011 09:36

    Bonne analyse.

    Il est évident, même en se limitant aux faits concrets dans nos économies, que le pire est devant nous. C’est la métaphore du train sans conducteur qui fonce vers le ravin. Tout le monde le constate, mais fait comme si de rien n’était.
    Effectivement, en réduisant le pouvoir d’achat, le « système » coupe la branche sur laquelle il est assis. C’est une vision à très court terme et c’est ce qui caractérise les décisions prises ces dernières années.

    Nos politiques, marionnettes des financiers, n’ont plus aucune crédibilité : Nos concitoyens sont désabusés et voient leur qualité de vie diminuer, des millions d’entre nous sont laissés pour compte, les spéculateurs jouent avec la survie des peuples ... et nos dirigeants n’ont aucune proposition de changement puisqu’ils sont dans le « There is No Alternative » ... Pas d’autre solution, nous disent (mentent) ils.
    C’est faux.

    L’avenir nous appartient et reste à créer.

    « Nous sommes le peuple, nous sommes le Droit ».

    « lls ne sont forts que parce que nous vivons à genoux ».


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 09:46

      Cher Alpo 47,

      Certes, les faits sont les faits. Et les yeux des plus aveugles, face à la montée incessante des périls, se dessillent.

      Quant à dire que les peuples seraient à genoux, on est loin, très loin de cette apparence. De la Grèce à l’Irlande, de l’Espagne à l’Italie, ce qui ressort de l’actualité générale, même si elle est ne domine pas les informations retenues par ceux qui choisissent de les diffuser ou non, c’est justement la révolte des peuples qui se lèvent, se dressent et le font savoir.

      Le démenti cinglant de l’Etat allemand au Président de l’Eurogroup sur le Plan d’aide à la Grèce ne tombe pas d’un ciel sans nuages menaçants : en Allemagne, la défenses des acquis sociaux, du pouvoir d’achat, des emplois, de la démocratie et de la souveraineté populaire devient ANTAGONIQUE au maintien de l’euro et à la solidarité coûteuse que l’euro implique.

      En un mot, la Grèce est face à ce que tous refusaient de voir en face : le défaut de paiement !

      Les spéculateurs, ce 7 juin 2011, ne s’y trompent pas....

      Bien cordialement ;


    • Traroth Traroth 7 juin 2011 11:54

      Ce qui est effrayant, c’est que les gens qui découvrent maintenant le danger se tournent massivement vers l’extrême-droite. L’avenir s’assombrit de plus en plus, en fait, et déjà, les plus lucides se demandent ce qui pourraient bien empêcher une conflagration...


    • plancherDesVaches 7 juin 2011 12:33

      Alauteur.

      Vous allez en profiter pour dire que c’est « de la faute à l’Euro »... ???

      Car, dans ce cas, regardez ce qui se passe dans d’autres pays qui ne sont pas à notre monnaie.
      Les coupes dans le social sont identiques, voire PIRES. (GB)
      Les Indignés espagnols ont très bien compris que c’est le système entier qui est à bout de souffle.

      Pleurez votre « cher » argent... c’est lui le responsable de vos malheurs.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 13:08

      Cher PlancherdesVaches,

      Au risque de vous décevoir, des pays d’Europe et du monde, sans l’euro, connaissent des croissances intéressantes et la stabilité, de plus sans guerre ;

      Pour se détendre un peu dans le rire, Taïwan, petit pays, a vu son PIB augmenter de 12,3% en 2010, le salaire de ses fonctionnaires être accru de 3,2% en mai 2011, les salaires du secteur privé croître de 5% et le niveau de vie, de santé et de bien-être monter encore de 4 rangs à 6 rangs selon les secteurs concernés.

      Aucun politique taïwanais ne parle aux citoyens d’austérité, de baisse des coûts, de restrictions budgétaires, bien au contraire.....

      J’ai écrit « politique taïwanais ». Mais, si on se tourne vers le Bureau qui représente l’UE à Taipei, celui-ci ne cesse de critiquer les mesures prises et de jeter le discrédit sur elles, exigeant des orientations similaires à celles suivies en Europe.

      Une question amuse ainsi l’opinion : « depuis quand les représentants d’une Union en quasi-faillite, impliquée dans deux guerres onéreuses et sanglantes, peuvent-ils se permettre de critiquer ceux qui progressent, sont en paix et améliorent leur vie quotidienne » ?

      Réplique ironique d’une journaliste taïwanaise, peu diplomate, je vous le concède : « les Français aiment à citer une réplique de film célèbre selon laquelle : les cons, ça ose tout et c’est même à cela qu’on les reconnaît. Une belle et juste phrase ».

      Bien cordialement


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 13:28

      Cher Traroth,

      Les mouvements d’opinions sont larges et instables en temps de crise. Approuver des dires dans un contexte donné ne fait de personne le partisan de quiconque.

      Ce qui compte, ce qui est déterminant, c’est la réalité des faits et les processus de fond. Ainsi, même sous les taux d’approbation donnés à des paroles de telle ou tel, ce qui s’exprime est une volonté, une appréciation sur un thème donné, non une opinion pérenne et stable ou une adhésion aux programmes de son auteur-e.

      Ainsi, en apparence, sur des sujets comme l’UE, l’euro, la misère sociale, le rejet de la Commission européenne, l’opinion est majoritaire sur des points clairs, mais ces points sont mis en avant tant par des partis se situant dans la droite radicale que la gauche radicale.

      Là aussi, l’apparence peut être trompeuse.

      Bien cordialement,


    • Traroth Traroth 7 juin 2011 14:27

      Je suis bien d’accord, ils ne deviennent pas forcément des partisans de Le Pen. En attendant, il existe un risque non négligeable qu’ils la portent au pouvoir. Et là, les choses seront encore pire...


    • plancherDesVaches 7 juin 2011 15:09

      Dubaï ... ???

      Le pays qui a fait faillite et n’a dû son salut qu’à ses voisins... ???

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Duba%C3%AF#La_crise_des_subprimes_et_le_contre-coup

      Un paradis fiscal et un lieu d’investissements multiples[modifier]

      La crise, qui atteint Dubaï en 2009, ainsi que les limites de ce modèle (environnemental, écologique et criminel), pas plus que les efforts contre le blanchiment d’argent menés au niveau mondial, n’ont menés les autorités à réguler davantage les affaires d’une ville fondée sur le concept de zones franches, d’évasion fiscale par rapport à d’autres pays, et qui s’est longtemps enrichi de la contrebande : d’or à destination de l’Inde durant le XXe siècle, de trafic d’armes (le trafiquant d’armes Viktor Bout a opéré à partir de Dubaï et surtout de Sharjah56, tout comme le réseau nucléaire d’Abdul Qadeer Khan56), etc. Tant son statut de zone franche que le faible taux de réglementation fait de Dubaï un paradis fiscal, utilisé tant par les mafias et régimes proscrits ou sous embargo que par des multinationales. Selon le géographe M. Lavergne (2009) :

      « L’existence de lieux comme Dubaï répond à la nécessité, dans un système mondial étroitement régulé et surveillé, pour les entreprises les plus respectées de disposer de zones d’ombre permettant des transactions d’autant plus rentables qu’elles sont illégales, de paradis fiscaux échappant au contrôle de leur États d’origine ou de la communauté internationale, voire de leurs propres actionnaires.
      L’intérêt de l’existence de Dubaï est en ce sens à la fois financier et stratégique, puisque la place permet à des acteurs souverains (comme l’Irak ou l’Iran sous embargo) et parasouverains (comme Al-Qaïda), mais aussi à des fournisseurs de produits interdits et des entreprises financières qui y blanchissent des fonds d’origine incertaine, de rester connectés au système-monde, pour le plus grand bénéfice de la place.
      Besoin à la fois d’une lessiveuse branchée sur le système économique mondial, et d’un lieu de placement et d’investissement. Dubaï ne fait pas que recycler cet argent dans le système financier mondial, comme le Liechtenstein ou les îles Cayman : elle l’investit sur place, en particulier dans l’immobilier de luxe, en offrant la perspective de rendements hors du commun et d’une discrétion salutaire44. »

      Un temps sur la liste du GAFI de territoires à faible règlementation, Dubaï et les EAU ont échappé à la liste noire dressée par l’OCDE dans le cadre du modèle de convention de l’OCDE sur l’échange de renseignements en matière fiscale en raison de l’adoption d’une loi fédérale spécifique contre le blanchiment d’argent. Par ailleurs, des accords bilatéraux se multiplient pour éviter la fuite illégale de capitaux, par exemple avec l’Algérie 57

      Ainsi, le rapport Doing Business (en) 2010 de la Banque mondiale classe Dubaï n°33 sur son index Ease of Doing Business (en) (contre n°47 en 2009), lequel évalue la facilité de conduire des affaires, le faible nombre de formalités sur l’import/export (ce qui ouvre aussi la voie à la contrebande) ainsi que sur les permis de construire et les chantiers (ce qui rend toute réglementation, fût-elle minimale, sur le droit du travail ou l’environnement plus que difficile à appliquer).

      Alors, LA, cette « référence », je vous la laisse.... smiley


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 15:33

      Cher PlancherdesVaches,

      Merci de votre article sur Dubaï, dont il n’échappe pas à grand-monde que c’est un Etat (minuscule) qui vit sur du vide économique.

      Mais, ce que je comprends mal, c’est pourquoi vous avez choisi ce Monaco arabo-persique comme une référence que vous souhaitez me laisser.

      Je n’avais pas noté avoir évoqué Dubaï comme une quelconque référence. Auriez-vous confondu des Etats différents en tous points ?

      Bien cordialement,


    • platon613 9 juin 2011 14:30

      A lire !

      La Grèce pourrait entraîner la France dans sa chute

      ...La France sera alors exposée à hauteur de 159 milliards d’euros. L’exposition des banques françaises empirent la situation : elles ont prêté à Athènes environ 80 milliards d’euros. Le problème : un défaut de paiement de la Grèce semble de plus en plus probable...

      http://www.news-26.com/econmie/641-la-grece-pourrait-entrainer-la-france-dans-sa-chute.html


    • lenormand 13 juin 2011 09:49

      « Nos politiques, marionnettes des financiers, n’ont plus aucune crédibilité »
       => allez donc sur le site  i-tele « émission »en route vers les presidentielles" du 13/06 ....
       Regardez la vidéo ... Nicolas Dupont-Aignan.
        Vous aurez une révélation !


    • LA MISE EN VENTE DES ENTREPRISES FRANCAISES...DES SALARIES COMMENCEE SOUS POMPIDOU FINIRA T ELLE AVEC SARKOZY... ????

      A L EXEMPLE DES LABOS PHARMACACEUTIQUES....DES CONSERVERIE ...DES VOITURES....TOUT EST DELOCALISE

      AU BON PLAISR DES PREINCES DU CAC 40 ET DU MEDEF...servis sur un plateau par nos terbes politiques...élus par 20% des votants...

      sarko ...aura ete le fossoyeur de la france...qui regresse partout...qui ne vend plus mais qui achete et revend....exemple les molècules des medicaments achetes en inde ou chine...mis sous gelules et boites en france....et revendus jusqu a 200 fois le prix de revient....de plis la pollution c est pour les chinois et les hindous....


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 09:37

      Bonjour,

      Et maintenant, c’est l’Allemagne qui, via son gouvernement, commence à agiter le script du clap de fin de l’euro, en contredisant ouvertement les propos de Monsieur Juncker :

      http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110606trib00062 7162/aides-a-la-grece-l-allemagne-met-les-points-sur-les-i.html

      Si l’Allemagne renâcle à payer, la fin de la zone euro se rapprochera vite.

      L’auteur -en complément de mis à jour de l’article afin de coller à l’actualité)


      • Mor Aucon Moraucon 7 juin 2011 16:06

        Je ne comprends pas cette manie de toujours agiter le spectre de la pensée unique pour mieux faire passer les messages. Bien sûr que la pensée est unique, chacun la sienne, pensée avec son propre cerveau unique et intransférable ( jusqu’à preuve du contraire ). C’est sûr qu’avec une pensée multiple on peut faire coller tout et son contraire dans le même discours.

        Alors pour l’euro, cette pensée multiple donne la promotion de la misère la plus noire en prônant la sortie de l’euro. Pour la France un franc qui ne vaudrait plus que des clopinettes et pour l’Allemagne un mark qui grimperait dans les nuages.
        Pour le capitalisme : au lieu d’assainir les marchés financiers en séparant le capital financier du capital spéculateur, on vire tout le monde, on ne paie rien et on brûle les banksters dans leurs tanières.
         Pour le mondialisme : au lieu de réguler le flux de capitaux par un système de compensation, on retourne chacun dans son coin jusqu’à la prochaine crise, donc guerre puisqu’il n’y aurait plus de matérialisation d’un bien commun.

        Beau bordel ! Je m’en fous, j’ai un fusil. Mais et les autres ?

      • Yvance77 7 juin 2011 10:02

        Salut,

        Là ou l’on se dit que la situation est voulue réside dans un fait très simple. Quand on lance un appel au secours ou un SOS en général c’est sérieux et, l’on tache d’entendre la personne.

        Ici dans ce contexte précis, ce sont des peuples entiers qui crient au désespoir, à l’injustice, à l’aide.

        Pour seules réponses ils n’ont réçu que du soutien pour les banques privées.

        Les politiques ont ... tous tous tous été sourds ... tant ils sont préoccupés de ne pas faire de la peine à la « main financière » qui les couve, les cajole, les a mis en place.

        Il y a tant de misère de par les frontières qu’il n’est pas possible que les mouvements se radicalisent.

        C’est la seule issue si nous voulons survivre.


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 10:24

          Cher Yvance 77,

          Ce que vous écrivez est une évidence : les peuples se lèvent et les dirigeants se prosternent devant le Moloch spéculatif qui, de plus, met toute la société en danger de paupérisation générale, sans omettre tous les autres dangers qui en découlent : catastrophes sanitaires, désastres écologiques, crises alimentaires, tout ce qui touche à la survie même de l’espèce humaine.

          Autre évidence : quand la colère monte et se concentre, comme la vapeur d’eau, il arrive un moment où une explosion se produit, laquelle permet de rétablir en physique les équilibres thermiques. Il en est de même dans une société où pauvreté et absence de devenir digne imposent comme unique issue de changer radicalement le cours des choses ;

          Bien cordialement,


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 7 juin 2011 10:38

          Bonjour,

          « L’inflation, dont l’euro était sensé protéger les pays de sa zone économique, monte sans relâche. »
          une simple observation permet de constater que dès l’euro, en 2002 le change a fortement profité dès le départ, ce n’est d’ailleurs pas l’affaire de spéculateurs mais bien de commerçants.

          « la Belgique est sans gouvernement depuis tant de temps qu’on l’oublie, » Il est à noter d’ailleurs à ce sujet que la Belgique, depuis qu’elle est dépourvue de gouvernement, a laissé tomber les grands projets coûteux et n’expose aucun déficit ni aucune dette : http://www.didierreynders.be/2011/04/18/fmi-la-situation-de-la-dette-belge-plus-favorable-en-2011-quen-2006/

           « la Hongrie couve une crise d’ampleur inégalée, » si on y renvoyait Césarkozy !


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 10:55

            Chère Lisa Sion 2,

            En termes de change avec les principales monnaies du monde, l’euro a joué depuis sa création ex-nihilo au yo-yo.

            Par contre, vous notez avec justesse une inflation des prix internes en euros (en visant les commerçants). il est manifeste que les prix en euros ont explosé depuis 2002, et notamment ceux des produits de première nécessité et des matières premières.

            Les causes de cette flambée des prix sont diverses, mais il est vrai que l’euro, par son existence, a alourdi la facture finale.

            Votre observation sur les finances belges est très intéressante : un pays sans gouvernement réussit à vivoter au jour le jour et, au final, ne se porte pas-pour le moment- plus mal que d’autres dotés de gouvernements agissants, mais dans un sens destructeur.

            Pour la Hongrie, votre trait ironique est cinglant, mais la question pourrait être : « même si le Président français voulait retourner vivre en Hongrie, est-on assuré que les habitants du pays accepteraient son retour » ?

            J’écris cela avec une note d’humour car la Hongrie est entrée dans une phase de terrible repli nationaliste, au moins de la part des autorités.....

            Il serait en effet cocasse, dans un tel cas peu envisageable, mais théorique, que l’intéressé soit refoulé à la frontière en application de mesures anti-étrangères décidées par les dirigeants magyars.

            Bien cordialement,


          • escudo escudo 7 juin 2011 14:21

            Les Magyars voudrais avoir beaucoup de choses a la « française » mais surement pas Césarkozy ! Ils en ont assez de problèmes comme ca aussi !


          • papi 7 juin 2011 11:19

            @ l’auteur

             Très bonne analyse de notre situation, qui contraste avec les articles des médias qui
             s’ évertuent à nous assurer du contraire,( un cris peut affoler le troupeau) pourtant ce que vous nous dites en final , soit une révolte commence à s’entrevoir en Grèce .
            Je pense que ce pays fera couler beaucoup d’encre dans les prochaines semaines, et les paravents mis en place vont tomber devant l’ampleur des mouvements sociaux à venir dans ce petit pays berceau de la démocratie, et mère des républiques..Nous verrons si le peuple est plus puissant que les forces de l’argent.. si c’était le cas , la contagion sera inévitable..


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 11:36

              Cher papi,

              La Grèce étant le pays le plus avancé, l’avant-garde de la crise de l’euro, suivie à très grande proximité par quelques autres de taille plus épaisse (Espagne, Italie,) ou équivalente ( Portugal, Irlande), il est un fait que la crise qui se noue autour de ce pays et de la gestion de sa dette va exercer une influence forte sur la marche à des révoltes populaires massives, et pas seulement au pays des hellènes, inventeurs du beau et grand mot « démocratie’ ».

              Bien cordialement,


            • Dark1 7 juin 2011 11:19

              Moi ce que j’aimerais savoir c’est QUI se cache derrière ce Moloch dont vous parlez.Il doit bien y avoir des hommes et des femmes en chair et en os aux manettes ? Peut être faudrait-il commencer par appeler un chat un chat .Car ,Moloch,marchés financiers etc....ne sont pas des extra terrestres ? A titre personnel donc,j’aimerais mettre un visage sur celui qui souhaite ma perte ,pas vous ? Imaginez un instant leur portrait diffusés .Je parie qu’il commenceraient à avoir des insomnies ,pour commencer .


              • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 11:32

                Cher Dark 1,

                Effectivement, il serait possible de mettre des noms et des visages, encore que.....derrière l’appellation de Moloch spéculatif.

                Cela donnerait certes un côté plus "humain (encore que, là aussi...), mais cela ne règle en rien le fond des choses qui est que la spéculation est devenue, à la place de la production de biens et de services, le moteur d’un système qui agonise dans d’effrayants soubersauts.

                Bien cordialement,


              • Alpo47 Alpo47 7 juin 2011 11:52

                Il suffisait de demander : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25107

                Juste quelques familles qui imposent un système à leur profit. Bien entendu, il y a beaucoup d’autres qui profitent du système. Les premiers « tirent les ficelles ».


              • kiouty 7 juin 2011 12:00

                Il y a peut-être des noms, mais ils sont interchangeables, et n’ont qu’une importance relative.

                C’est un système qui est en cause, c’est là la grande force de l’économie de marché mondialisée : les responsabilités sont diluées et globales.

                Vous mêmes, avec un simple livret A, faites pârtie des « investisseurs » qui prélèvent une part de la richesse créée par les travailleurs, et à ce compte, faites partie des « exploiteurs » qui participent au système favorisant la concentration de richesses.

                La plupart des gens refuseraient catégoriquement de remettre en cause leur mode de vie et d’être projeté 50 ans en arrière, la richesse actuelle étant le fruit d’un endettement, l’utilisation aujourd’hui de richesses qui ne seront créées (ou pas) que demain.

                Tout est imbriqué, il est très difficile de désigner UN responsable.

                Pour ce qui est de la crise financière en soi, ce sont des intérêts financiers puissants qui ont abouti par simple fonctionnement rationnel (« je dois faire en sorte d’augmenter mes profits ») et un calcul froid ont été amenés à s’insérer dans la vie politique pour introduire la dérégulation. Ces banques d’affaires et commerciales font tout simplement leur métier : maximiser les profits.

                Les politiques n’ont pas résisté, mais n’importe qui d’autre, à leur place, n’aurait pas davantage résisté, sauf à avoir une rigueur morale et une droiture quasi inhumaines.
                Et c’est encore pire, car même si il existait une telle personne, elle bn’aurait aucun moyen d’arriver au pouvoir, les grands groupes lucratifs qui dirigent les médias font marcher la machine à laver le cerveau, afin d’empêcher au maximum l’accès au pouvoir de quelqu’un qui va contre leurs intérêts.

                De plus, les peuples n’ont pas conscience de comment fonctionne l’économie, ils ne s’intéressent pas à ces questions, ou peu. Quand ils s’insurgent, c’est parce qu’ils veulent être riches comme les riches pour se gaver aussi, ce qui n’est pas méprisable en soi, mais qui explique pourquoi ça ne risque pas spécialement de changer. Ils s’insurgent aussi, mais jamais pour les bons trucs.

                Les gens influents se font racheter par le système, on le voit avec les membres de la SEC qui finissent avec des salaires mirifiques dans les banques d’affaire en fin de carrière.

                Dans tout cela, j’y vois tout simplement la toute-puissance spontanée d’une économie de marché qui constitue un monstre à l’existence quasi-autonome dont le moteur est les intérêts financiers des gens les plus puissants et influents (exemple : banques d’affaires américaines, et la clique des Bernanke, Volcker, Paulson, Greenspan qui sont des criminels en puissance, si il y a un visage à mettre sur la dérégulation, c’est eux).

                Tout ça parait surement confus, mais c’est pour expliquer qu’il n’y a pas UN responsable a foutre en taule ou a bruler : on est tous responsables, le système socio-économique qui est le paradigme de notre temps est responsable, et l’ignorance de la masse est responsable.


              • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 12:24

                Cher Kiouty,

                la fin de votre commentaire est assez étrange, si je puis me permettre cette observation ?

                De quoi est responsable qui ?

                La responsabilité collective est une notion dangereuse, de tous temps et qui sert surtout à tromper, abuser et cacher les vrais responsables.

                Bien cordialement,


              • NEPNI NEPNI 7 juin 2011 12:57

                Un indice : grandes familles tenant les banques !!!


              • Alpo47 Alpo47 7 juin 2011 13:50

                En fait, c’est tout le commentaire de « kiouty » qui est étonnant. Un peu comme s’il voulait éviter de nommer des gens ou familles, pour se réfugier derrière l’impersonnel « système ».
                Il y a certes un système en place, qui vise au pillage des sociétés et pays, au profit d’une toute petite minorité. Et derrière ce système, il y a des gens. Notamment ces « grandes familles » historiques de la banque et de l’industrie.
                 Bien entendu, comme déjà dit, les profiteurs du système sont bien plus nombreux. Environ 10 / 15% de nos sociétés.

                Quand à moi (nous) avec nos livrets A, je ne pense pas que l’on puisse nous attribuer une responsabilité égale à celle de ces prédateurs qui pillent, affament, initient des guerres ... juste pas cupidité.

                Une inutile tentative de « noyer le poisson ».


              • dup 7 juin 2011 14:46

                oui ,il y a des noms

                http://www.evolutionquebec.com/site/citation.html

                http://www.dailymotion.com/video/x86i7k_sarkozy-veut-imposer-le-nouvel-ordr_news

                http://www.youtube.com/watch?v=CvwQbpht2gA&feature=related
                http://www.youtube.com/watch?v=CvwQbpht2gA&feature=related

                regardez vous même , on trouve des noms. Mais il y a pas que des êtres physiques, il y des egregors ou des forces occultes qui nous veulent du mal , et ça c’est affreux


              • BOBW BOBW 7 juin 2011 15:04

                Ça va faire une sacré galerie du musée des horreurs .

                Nous avons déja « admiré » les portaits de Woerth-Bettancourt-Lagarde ...
                Avec la liste des noms ,Google nous fournira les images ! smiley

              • gaijin gaijin 7 juin 2011 15:50

                voilà un des visages
                http://info.francetelevisions.fr/?id-video=000269515_CAPP_ZambieAquiprofitelecuivre310511_310520111917_Au

                tout y est y compris comment les entreprises basées dans les paradis fiscaux se servent de la montée artificielle des taux pour faire main base sur la richesse d’un pays entier avec la complicité des « représentants » du peuple 

                toute ressemblance avec les évènements actuels étant bien sur pur hasard


              • melody vers melody vers 7 juin 2011 22:22

                A titre personnel donc,j’aimerais mettre un visage sur celui qui souhaite ma perte ,pas vous ? Imaginez un instant leur portrait diffusés .Je parie qu’il commenceraient à avoir des insomnies ,pour commencer .
                Ce sont bien sûr les mégabanques et leurs actionnaires (Morgan, Rothschild... etc, leurs noms sont parfaitement connus)
                Mais aussi tous ces millions de petits actionnaires cupides shootés aux assurances-vie et autres PEA qui font pression sur l’économie pour que leurs dividendes tombent à chaque période dans leur escarcelles (20 millions de contrats d’assurances-vie rien qu’en France), au détriment des salaires.
                L’important c’est que ces messieurs-dames s’en rendent compte et décident quelle société veulent-ils pour le futur (car ils représentent tout de même un sacré pouvoir de décision) : celle du chacun pour sa gueule (auquel cas ils continuent à placer leur épargne sur ces produits financiers) ou seule où l’humain et la solidarité prime et où l’on s’enrichit par son travail et le mérite (et dans ce cas ils retirent leurs billes des banques) : la révolution (des mentalités) est aussi simple que ça !


                • PhilVite PhilVite 7 juin 2011 11:21

                  L’euro est une gigantesque connerie.

                  Voulu par la finance mondialisée, imposé par nos politocards, payé par les peuples.

                  Aujourd’hui l’édifice menace ruine. Les peuples n’en peuvent plus. Il faudrait enclencher la marche arrière.

                  Mais les politocards ne le peuvent pas. En effet, leurs maîtres gagnent encore plein de pognon sur la ruine des états européens ! Plus que jamais, même !

                  Prospective à court terme :

                  Les peuples vont s’énerver et s’en prendre aux politocards...et les maîtres du monde vont se barrer avec la caisse !


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 11:39

                    Cher PhilVite,

                    Un constat que toute personne sensée, pensante et honnête fait, comme vous ;

                    Quant à s’échapper avec la caisse en cas de crise violente, si cela est possible, les peuples ont aussi, quand ils reprennent le pouvoir par eue et pour eux, le « pouvoir » de faire marcher l’impression monétaire à leur profit collectif.

                    Bien cordialement,


                  • colza 7 juin 2011 20:03

                    Il se barreront où, les maîtres du monde ?
                    Et qu’est-ce qu’ils feront de leur fric ? Le mangeront-ils !


                  • PhilVite PhilVite 8 juin 2011 08:13

                    Ben partout...sauf en Europe ! Là où il y aura encore matière à piller.


                  • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 7 juin 2011 11:22

                    Bonjour Philippe Vassé,

                    Merci de votre billet, mais je ne partage pas votre vision de la situation.

                    Quelques remarques :


                    Vous écrivez que l’UE va à vau l’eau et là je ne vous donne pas entièrement tort, mais imputer par exemple à cette même UE la crise politique que connait la Belgique depuis plus d’une année, n’a vraiment pas de sens, pas plus qu’on ne saurait lui imputer tous les problèmes rencontrés dans ses pays membres.
                    Il est en effet commode pour certains dirigeants de se défausser sur l’UE pour masquer leurs propres incuries. C’est démagogique !

                    Pour prendre l’exemple de la Grèce, des années durant les gouvernements successifs, de gauche (PASOK), comme de droite, n’ont pas su, ou plutôt pas voulu - pour des raisons électoralistes (?) -, gérer le budget de l’État avec rigueur et sagesse. Ils ont laissé s’accumuler la dette publique et lors de son adhésion à la zone Euro, la Grèce - on le sait aujourd’hui - ne remplissait pas les critères de convergence du Traité de Maastricht.
                    A qui la faute ? Certes à l’UE qui aurait dû être plus vigilante et plus soucieuse de l’intérêt commun, mais que dire des autorités grecques qui ont fait de l’adhésion de leur pays à la zone Euro un objectif politique ?


                    Écrire :
                    " Le langage politique se résume dorénavant en Europe à quelques « bases » simples : baisser salaires et retraites, privatiser toujours plus, réduire sans cesse les services de l’Etat et des collectivités, ...« 

                    n’est pas correct, car ce n’est pas un but, ni une fin en soi, ce n’est pas un objectif délibéré, mais un moyen de retrouver l’équilibre budgétaire et une manière de rembourser la dette publique publique pour les pays qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, nonobstant les critères de convergence du Traité de Maastricht.
                    Lorsque parmi les membres d’une même familles certains dépensent plus que d’autres et mettent en péril le budget du ménage, ils sont rappelés à l’ordre, dans l’intérêt même de la communauté. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui et prétendre que les dettes publiques n’ont aucune conséquences sur l’avenir économique d’un pays est une ineptie.


                    Dire que l’UE pourrait se porter mieux relève de l’euphémisme, mais lui attribuer tous les maux témoigne d’un manque d’objectivité. Que serait notre continent aujourd’hui sans l’UE ? Que serait-il advenu des anciens pays d’Europe centrale et orientale après la chute du »Rideau de fer" en 1989 ?
                    Non, parmi les nombreux bienfaits que la construction européenne a apportés à ses membres, la stabilité politique et l’absence de conflits entre états, ne sont pas les moindres.

                    Parmi les nombreux défaut relevés dans votre article, certains relèvent de l’absence de règles communes et la réforme du Traité de Schengen en fait partie.
                    Par conséquent, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain !

                    Cordialement !


                    • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juin 2011 12:07

                      Cher Jean d’Hôtaux,

                      Je vous sais gré de votre contribution qui est fort intéressante et dont je note avec intérêt qu’elle ne contredit en rien la ligne de force des évènements, leurs causes et effets.

                      Vous abordez avec finesse et sagesse des observations qu’il convient de prolonger afin d’aller au-delà des apparences, souvent trompeuses :

                      1- la crise politique belge est une conséquence directe de la politique de la Commission européenne de promotion des régionalismes au sein de l’UE -l’Italie en donne aussi un exemple flagrant avec la Ligue du Nord en Lombardie, laquelle orientation vise à affaiblir les Etats nationaux au compte final du pouvoir central autoritaire, mais non démocratique, de ladite Commission. Le « conflit artificiel » créé de toutes pièces entre Flamands et Wallons est ainsi le résultat d’une orientation de dislocation rampante de l’Etat belge. Exactement comme entre Italie du Nord et du Sud (le fameux Mezzorgiorno). C’est bien la Commission européenne qui a encouragé ces régionalismes dislocateurs afin de briser les résistances à son emprise directe anti-démocratique.

                      2- Qu’une pensée économique unique soit le reflet public, écrit et oral, d’une orientation politique unique est un phénomène naturelle. Ce que vous indiquez dans votre point 2 n’est qu’une reformulation policée, lissée, adoucie, des exigences fondamentales de la spéculation, non pas pour sauver des Etats et/ou des peuples, mais l’argent des spéculateurs.

                      3- Quant à l’influence de l’UE et de l’euro, vue dans la durée et la perspective, pour l’ensemble des peuples d’Europe, et plus particulièrement du centre et de l’est, le bilan est en effet désastreux : la Hongrie renoue avec un passé sombre teintée de xénophobie et de cléricalisme menaçant pour les libertés, la Tchéquie va de crise en crise en silence, la Slovaquie est de celles qui s’allient à l’Allemagne pour ne plus payer pour la Grèce, alors que le pays est en récession, la Grèce est dans la situation que l’on sait, l’Albanie est toujours laissée dans sa situation de misère, le Kosovo reste un Etat artificiel sous protectorat direct de Bruxelles (Commission européenne), la Bosnie et la serbie voient les plaies sanglantes et récentes du passé être régulièrement réchauffées, l’Ukraine se tourne de nouveau vers Moscou, la Pologne continue à végéter en crise économique latente, les Etats baltes pratiquent une politique d’austérité qui va bientôt ramener ces pays en dessous de leur PIB de l’époque soviétique. Quant à la Roumanie et la Bulgarie, ce sont des pays qui comptent surtout sur eux-mêmes pour survivre et tenter de se développer.

                      Tous ces Etats sont instables, quand ils ne sont pas gangrenés par des mafias diverses, la corruption et une violence endémique.

                      Le tableau issu des faits montre une zone qui réussit à « tirer son épingle du feu » avec difficultés (Allemagne, Hollande, pays nordiques), tous n’étant pas de la zone euro, une zone en crise (la partie ouest et sud du continent), et une dernière zone en abandon complet : la partie est et les Balkans.

                      Si,enfin, les conflits ont été jugulés ici ou là par la force militaire (Kosovo, Bosnie) ou la pression politique ( minorités d’Europe centrale et des Balkans), la crise de l’euro et de l’UE crée les conditions propices à une inflammation générale des problèmes anciens et non-résolus dans leur fond politique.

                      Ceci est la réalité, dure, cruelle, mais vraie.

                      Les mots et les phrases ne peuvent plus cacher les faits réels.

                      Bien cordialement,


                    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 7 juin 2011 12:43

                      Cher Philippe Vassé,

                      Je vous remercie de votre réponse argumentée et fort courtoise, mais je reste sur mes positions et vous trouve bien sévère à l’égard de l’UE, institution certes fort critiquable, mais surtout perfectible et qui n’est finalement que le reflet de la volonté de ses membres. C’est donc à eux qu’il incombe d’en améliorer le fonctionnement mais surtout et avant tout de la rendre plus démocratique.

                      Il y aurait tellement à dire sur la construction européenne, prise au sens large - elle ne se limite pas à l’économie - qu’il serait vain d’en faire l’inventaire aujourd’hui ...

                      Je vous souhaite une excellente journée !

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