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De l’Acropole au Bundestag : sans Athènes, Berlin ne serait rien

Sans Athènes Berlin ne serait rien. Pour s’en convaincre, faisons un peu d’histoire.

Il y a maintenant plus de deux millénaires, un concept politique est né du côté d’Athènes. Ce concept que disait-il de fondamental ? Chaque membre de la citée est un citoyen, équivalent à chaque citoyen, disposant du même poids électoral que ses voisins. Ce citoyen désigne ses représentants qu’il soit riche ou pauvre, dans le besoin ou l’abondance, débiteur ou créancier.

Avec ce principe politique que tout le monde revendique de nos jours émerge son corollaire : la solidarité entre chaque membre. Car dans un tel système, la préoccupation majeure devient la cohésion du groupe sur des valeurs “socles” :

  • l’égalité devant la justice et la loi,
  • l’égalité devant l’impôt,
  • l’égalité devant le vote.

Ainsi, aucune hiérarchie face à ces socles ne peut voir le jour entre les citoyens, absolument aucune ! C’est l’avènement du principe d’égalité.

Lorsqu’en 1945, les alliés occidentaux décident de reconstruire l’Allemagne de l’ouest à “leurs frais”, lorsqu’ils décident de subvenir aux besoins essentiels de la population allemande il y a certes un sentiment à peine voilé de culpabilité d’avoir à ce point bombarder et anéanti les villes, les villages allemands, mais il y a surtout le désir d’y instaurer une démocratie stable pour que plus jamais, en Allemagne ou ailleurs, des militaires fascistes érigent en principe absolu l’inégalité et la hiérarchisation des citoyens.

Et que demandent en retour les alliés ? Trois fois rien ! Simplement le respect des règles démocratiques d’égalité et de solidarité.

C’est donc grâce à Athènes que le Berlin réunifié d’aujourd’hui peut se venter d’être une puissance économique qui prospère dans une démocratie apaisée. Mais de toute évidence, Angela et ses alliés libéraux du Bundestag n’en ont plus souvenir.

Ainsi, il ne peut y avoir d’aide octroyée à Athènes sans une contrepartie terrible : laisser un peuple tout entier agoniser dans le seul but d’instaurer en Grèce une économie ultra libérale qui peine à se dissimuler derrière une pseudo rigueur qui n’est rien d’autre que la destruction des principes de solidarité qui fondent tous systèmes démocratiques. C’est pourquoi les peuples conscients qu’ils vivent toujours en démocratie résistent, en Grèce mais aussi en Allemagne. Mais leurs dirigeants de droite font tout pour ignorer ces poussées populaires.

Dès lors, plus rien ne fait obstacle au chantage exercé par les dirigeants libéraux allemands sur le peuple grec. Et ce chantage que dit-il ? Si vous voulez de l’aide alors vous devez voter pour des représentants qui nous ressemblent, pour des représentants qui soient le reflet de notre image, nous Allemands de droites et hyper libéraux. Sinon, dehors ! Le plus étonnant dans cette affaire est de voir notre nouveau ministre des finances emboîter le pas de ces dirigeants de droite allemand.

Car la droite libérale d’Angela ne veut surtout pas d’un gouvernement de gauche, avec à sa tête un premier ministre de gauche pour de vrai ! Elle ne veut pas la droite d’Angela voir Syriza, le Front de Gauche grec, remporter les législatives du 17 juin prochain. La droite d’Angela ne veut surtout pas entendre Alexis Tsipras sans doute le prochain premier ministre à Athènes, dire, haut et fort qu’il refuse que son pays soit un vassal de Berlin, le débiteur aux droits amoindris de l’économie allemande.

En cela, Alexis Tsipras ne fait que rappeler à Angela et toute sa droite que la solidarité est la conséquence majeure de la démocratie, l’égalité son socle fondamentale. Ce que dit Alexis Tsipras à Angela Merkel revient à lui injecter un rappel, celui de sa propre histoire contemporaine à Angela : ces trente années des trente glorieuses où les démocraties occidentales ont porté à bout de bras la petite Allemagne divisée, ruinée et politiquement meurtrie ! Fallait-il le faire ? Absolument ! Faut-il aujourd’hui le faire pour Athènes ? Absolument ! Mais peut-être qu’Angela préfère-t-elle prendre le risque de voir des colonels ressortir de l’ombre d’une époque où la Grèce avait cessé d’être une démocratie, où des militaires fascistes régnaient en maîtres aux services d’une économie financière totalement corrompue. 

Sydne93 




par sydne93 (son site) jeudi 24 mai 2012 - 4 réactions
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