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De l’énergie française pour relancer le moteur européen ?

Le 16 mai, François Hollande s’est engagé à « sortir l’Europe de sa langueur  », parmi ses propositions : établir une « communauté européenne de l’énergie ». Le président français est-il capable de se faire entendre de ses pairs à l’heure de la transition énergétique ?

Longtemps proche de Jacques Delors, François Hollande a repris à son compte l’idée d’une « communauté européenne de l’énergie » promu par l’ancien président de la commission européenne. Pour ce dernier, il est temps de « dépasser les ‘patriotismes énergétiques’ ». L’objectif n’est pas de créer une entité supranationale imposant un mix énergétique européen unique, mais bien de faire en sorte de créer des complémentarités entre les Etats.

Pour l’heure, hormis la directive européenne de 2009 instaurant l’objectif dit « 20-20-20 », chaque pays avance sans se concerter. Symbole de cette situation, la décision de l’Allemagne d’abandonner le nucléaire et de subventionner massivement les énergies renouvelables a déstabilisé les pays limitrophes. Du fait de l’intermittence des énergies renouvelables, Berlin brade ses surplus d’électricité verte chez ses voisins et importe massivement lorsque la consommation augmente et la production éolienne et photovoltaïque diminue.

Cette situation crée des distorsions de prix qui poussent les énergéticiens à abandonner l’utilisation des centrales à gaz, pourtant nécessaires pour assurer l’approvisionnement électrique en période de forte demande. Pour Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez et porte-parole de plusieurs énergéticiens européens (E.ON, ENI, Iberdrola…), la situation n’est pas tenable. Il évoque « une balkanisation de l’Europe de l’énergie  ». Même son de cloche chez le président de la bourse européenne de l’électricité, Jean-François Conil-Lacoste, qui regrette « l’absence de coordination entre les Etats membres sur la gestion de la pointe et des intermittences ».

Dans ce contexte, la volonté du président français et de sa majorité de créer une instance de concertation et de coordination entre partenaires européens paraît une bonne idée. Encore faut-il qu’elle soit acceptée par les autres Etats-membres. Dans l’immédiat, chaque pays fait comme bon lui semble. Quand l’Allemagne abandonne le nucléaire, la Grande-Bretagne lance la construction de nouvelles centrales, et quand la Pologne développe massivement le gaz de schiste, la France s’y refuse.

La droite française a reconnu le bien-fondé de cette communauté européenne de l’énergie mais a « souhait[é] bien du courage à François Hollande pour rapprocher les points de vue européens  ». Il semble que le président français se soit effectivement heurté aux divergences d’opinions entre ses homologues. A l’issue du sommet européen du 22 mai consacré en partie à l’énergie, le chef d’Etat a concédé à propos de l’Europe de l’énergie que « nous n’en sommes pas encore là  ».


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