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Accueil du site > Actualités > Europe > « Des ponts, pas des murs »

« Des ponts, pas des murs »

L’appellation, en elle-même, est déjà évocatrice d’un monde que l’on souhaite meilleur, un monde qui bâtirait des ponts de solidarité entre ses composantes, et non des murs d’égoïsme et d’indifférence dont chaque pierre est la seule réponse apportée à des peurs irrationnelles. Aussi, derrière cette proposition, il y a un collectif d’organisations [1] issues de la société civile qui appelle à soutenir et à participer au sommet citoyen sur les migrations qui se tiendra à Paris les 17 et 18 octobre 2008.

L’objectif est clairement défini, ambitieux, humaniste et militant, puisqu’il s’agit de construire une nouvelle approche des migrations internationales, notamment entre l’Union européenne, l’Afrique et le reste du monde. « Préoccupé par le caractère essentiellement sécuritaire du traitement des flux migratoires, entraînant des milliers de morts, et par les choix économiques mis en œuvre qui maintiennent le continent africain en marge du développement », ce collectif exige que les conditions d’un dialogue nouveau, basé sur l’équité régisse le droit des migrants en assurant un plus grand respect des grands principes posés par les droits fondamentaux, ce qui est loin d’être le cas à ce jour.

A ce titre, il n’est qu’à prendre connaissance du rapport emblématique rédigé par le CFDA [2], intitulé la loi « des jungles » qui décrit avec force la situation des exilés sur le littoral de la Manche et de la mer du Nord. Ce document, dont la lecture est aussi indispensable que la situation décrite est dramatique, démontre combien la fermeture du centre de Sangate n’a fait qu’aggraver la situation, d’autant que la législation européenne actuelle ne peut que mener à un pourrissement. C’est à se demander si cela n’est pas ce qui est réellement souhaité par l’ensemble des décideurs européens tant le système est pervers.

Ainsi, la manifestation organisée par le collectif "Des ponts pas des murs" se déroulera sous la forme d’une conférence non gouvernementale euro-africaine qui devrait se poursuivre par une grande marche, et se terminer par un concert populaire.
De fait, elle fera suite au conseil des ministres de l’Union européenne qui se tiendra à Paris les 15 et 16 octobre 2008 [3] afin d’adopter un pacte européen sur l’immigration et l’asile. Mais encore, cette manifestation précédera la deuxième conférence interministérielle euro-africaine sur l’immigration et le développement qui se tiendra aussi à Paris les 20 et 21 octobre 2008.

Dès lors, en l’espace de neuf jours se déroulera dans la capitale française une série de trois manifestations essentielles qui devraient dessiner les contours de nouvelles perspectives en matière de migrations internationales, notamment, en garantissant aux premiers concernés, accueillants et accueillis, un cadre qui intègre de manière beaucoup plus efficiente tant les intérêts des uns que celui des autres.

Il s’agit donc de poser les bases d’une immigration qui devra prendre en compte l’ensemble des paramètres fondamentaux, et de définir ainsi la nouvelle ligne de la politique migratoire européenne. Elle devrait prendre en compte « les priorités, les besoins et les capacités d’accueil » des États membres, tout en intégrant la lutte contre l’immigration illégale afin de « bâtir une Europe de l’asile ».

Évidemment, cela n’ira pas sans la définition d’un partenariat multilatéral avec les pays d’origine, afin de construire une politique de coopération et de codéveloppement beaucoup plus significative, seul véritable levier sur lequel il est pertinent de s’appuyer si la tendance veut être inversée. En effet, la notion d’avenir doit désormais prendre racine dans les pays d’origine, alors que le miroir aux alouettes des pays européens doit cesser de briller dans les yeux des affamés du reste du monde. L’Europe doit impérativement s’extirper de cette logique sécuritaire déraisonnable dans laquelle elle s’est engouffrée, et qui ne pourra aboutir que dans une impasse stérile. L’amplification des expulsions, tout autant que la multiplication des centres de rétention ne pourra endiguer un phénomène profondément lié au décalage de plus en plus criant entre pays riches et nations pauvres. Il n’est qu’à comparer quelques indices de développement humains [4], ou alors quelques PNB/habitant pour mesurer la nature du problème. Aussi, tous les murs du monde ne pourront apporter une solution digne et pérenne. Il n’est qu’à prendre la mesure de ce fossé qui n’a de cesse de s’accroître entre les zones prospères et les zones en déliquescence pour comprendre qu’il est grand temps de bâtir des ponts afin de réduire cette fracture et de mettre en place les conditions d’un partage plus équitable des peines et des richesses de ce monde [5].

Il faudra bien un jour que l’humain comprenne que le bonheur des uns fera celui des autres, notre espèce ne pourra s’inscrire dans la durée tant que cela ne sera pas intégré par le plus grand nombre. Ainsi, la manifestation organisée par le collectif "Des ponts pas des murs" s’inscrit dans cette logique de solidarité, de respect mutuel qui tendra à dessiner l’humanité dans un avenir bien plus proche que tous les cyniques du monde ne peuvent l’imaginer.

Que l’on s’entende bien, il ne s’agit point ici d’utopie, mais de nécessité qui finira par faire loi. Demain sera mélange et partage, ou ne sera pas.

[1] Collectif Des ponts, pas des murs. http://www.despontspasdesmurs.org
[2] CFDA : Coordination française pour le droit d’asile
[3] Pacte européen sur l’immigration et l’asile
[4] Indices de développement humain - Rapport 2007 du PNUD
[5] Sur le partage des richesses :

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507

Le Monde

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3 réactions à cet article    


  • hans lefebvre hans lefebvre 29 septembre 2008 11:24

    Appellation, bien sûr, chacun aura corrigé.


    • eugène wermelinger eugène wermelinger 29 septembre 2008 11:55

      Il manque le texte dans la véritable et juste langue-pont : l’espéranto et cela devient :

      PONTOJ, NE MUROJ

      La langue neutre espéranto est seule garante du respect de l’autre.

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