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Accueil du site > Actualités > Europe > Désirs d’Europe ?

Désirs d’Europe ?

Je ne crois pas que le malaise européen actuel vienne d’un défaut de « communication ». C’est plus profond.

Les Européens veulent décider de leur destin ; au moins par la voie de la démocratie représentative, il faudrait leur permettre de participer aux choix majeurs : du degré de solidarité de nos sociétés, des partenaires amenés à entrer dans l’UE (élargissements), des institutions, des politiques, des allocations de ressources budgétaires."

C’est une des phrases les plus importantes d’une interview (non moins intéressante) de Sylvie Goulard la nouvelle présidente du Mouvement Européen France au magazine européen Le Taurillon.

Sylvie Goulard a été élue présidente du Mouvement européen France le 9 décembre 2006 contre le président sortant Pierre Moscovici.

Mais qu’est-ce au juste que le MEF ?

Extrait de leur site Web :

«  Le Mouvement européen (organisation internationale) est né des mouvements de résistance, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A la Libération, de nombreuses associations favorables à l’Europe unie et à la paix entre les peuples apparaissent partout sur le continent. Les délégués des différents mouvements se réunissent en Congrès de l’Europe à La Haye en mai 1948 et créent le Mouvement européen pour donner un caractère permanent à leur action.

L’organisation française du Mouvement européen est créée en 1949. Le Mouvement européen est notamment à l’origine du Conseil de l’Europe, créé le 5 mai 1949, et de la Convention européenne des Droits de l’homme. Il a aussi contribué à la création du Collège d’Europe de Bruges et du Centre européen de la culture de Genève.

Ses réflexions et projets ont inspiré Jean Monnet, lorsque celui-ci a proposé à Robert Schuman, en avril 1950, la création de la Communauté économique du charbon et de l’acier, première pierre de l’Europe communautaire et de l’actuelle Union européenne... »

L’originalité de l’élection de Sylvie Goulard est liée au fait qu’elle met fin à un consensus entre partis politiques qui se cooptaient pour la présidence, et surtout à son choix affiché du refus de l’entrée de la Turquie dans l’UE.

La phrase citée en préambule correspond bien à l’actuel état d’esprit de beaucoup de citoyens européens. Bien qu’appelés aux urnes régulièrement pour élire leurs députés au Parlement européen, ils constatent le plus souvent que certaines institutions de l’Union échappent, en tout ou partie, à leur contrôle.

La commission européenne  : La Commission agit indépendamment des gouvernements des États-membres mais elle est responsable devant le Parlement qui peut la censurer (ce qui est très peu fréquent). Son mandat est de cinq ans. Les commissaires sont assistés par une administration qui est par ses effectifs (24 000 personnes environ en 2004) la plus importante de l’Union.

La Commission est assistée dans son travail par un Secrétariat général ainsi que par quarante directions générales (DG) et service spécialisés. Les DG consultent largement les différents groupes d’intérêt ainsi que les administrations nationales afin de produire des propositions. Ainsi, les propositions qui émanent directement de la seule réflexion des DG sont l’exception plutôt que la règle. (source Wikipedia)

Et dire que partout, dans les pays de l’Union, on parle de diminuer le nombre de fonctionnaires.

En visitant le site de la commission, on découvre le travail des commissaires et notamment un article épatant sur les étapes de la stratégie  : « Planification stratégique et programmation » Je ne résiste pas à l’envie de vous en donner quelques lignes.

«  Concrètement, les travaux de la Commission sont planifiés et présentés à l’aide d’un nouveau cycle annuel de planification stratégique et de programmation ainsi que de présentation de rapports.

Le débat au sein du collège des commissaires lance le cycle de planification stratégique et de programmation et définit les priorités et les objectifs stratégiques de la Commission pour l’année suivante.

Après avoir été informés des conclusions du collège par le secrétaire général, les services de la Commission élaborent des propositions en vue de convertir ces conclusions en mesures concrètes.

Sur la base de ce débat d’orientation et des propositions soumises par les services, la Commission établit sa stratégie politique annuelle, qui expose les domaines d’action prioritaires pour les années à venir ainsi que les orientations pour l’allocation des ressources humaines et financières.

Cette stratégie annuelle sert de cadre à l’avant-projet de budget ainsi qu’au programme de travail annuel de la Commission. Lorsqu’elle prend ses fonctions, la Commission arrête des objectifs stratégiques quinquennaux, qui caractérisent ses projets politiques durant toute la durée de son mandat... » Clair, non ?

En fin de compte, le problème reste entier. Beaucoup d’Européens continuent à se demander comment fonctionne l’UE, et surtout quelle est la part démocratique de son fonctionnement.

Alors, à quand des commissaires candidats et élus par les députés européens ?

A quand, un véritable contrôle démocratique des finances, de leur orientation et de leur utilisation ?

Et si on échangeait la technocratie contre l’efficacité au service du citoyen européen ?

J’ai la sensation que les citoyens comprendraient mieux quel est le destin qu’on leur prépare.


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32 réactions à cet article    


  • arturh (---.---.119.98) 26 décembre 2006 10:02

    « Alors, à quand des commissaires candidats et élus par les députés européens ? »

    Non, à quand une élection du Président de la Commission Européenne au suffrage universel ?

    A quand la démocratie en Europe ?


    • Laurent_K (---.---.152.44) 26 décembre 2006 10:46

      Pour ma part, je préfère pouvoir choisir l’ensemble des commissaires plutôt que juste leur Président.


    • Internaute (---.---.114.92) 26 décembre 2006 10:37

      L’extrait que vous citez sur la plannification et la stratégie résume à lui seul ce qu’est l’UE aujourd’hui, une nouvelle URSS.

      La réalité de l’UE se sont des milliers de réglements stupides pondus chaque jours et qui ne visent qu’à uniformiser nos vies en légiférant le moindre détail. Cela s’appelle le totalitarisme. L’individu perd toute liberté d’action, toute possibilité de choix responsable dans sa vie. L’UE s’en charge. Dans un autre article j’avais copié-collé une déclaration de la société BIC montrant que l’UE légiférait la hauteur de la flamme des briquets et le débattement de la languette.

      A côté de cette réalité les politiques se gargarisent en public avec un cocktail de mots usés jusqu’à la corde et qui n’attirent plus personne (liberté, démocratie, sécurité, égalité, patati-patata, résistante, lutte contre l’anti-sémitisme etc).

      Dans notre vie quotidienne, 30 ans d’UE nous a apporté une déstructuration de la société. Ils le font exprés - le mensonge autorisé sur la teneur des produits (appelons Chocolat quelque-chose qui aurait dû être étiquetté « sucrerie » il y a 25 ans), le métissage obligatoire ou la supression de l’étiquetage d’origine pour forcer la mondialisation que les gens refusent.

      Pour qu’il y ait une envie d’Europe il faudrait déjà qu’il existe un projet politique attirant. En premier lieu il faudrait dire aux gens dans quel ensemble on va les rassembler et pour quoi faire. Les politiques ont volontairement caché le périmètre de l’Europe afin de faire leur coup en douce. Même aujourd’hui on ne sait toujours pas si la Turquie en fait ou n’en fait pas partie. Qu’en est-il de l’Azerbaïdjan ou de l’Israël ? Sera-t-on mis devant le fait accompli ?

      Il est impossible de faire confiance à des gens qui sont incapables de nous proposer un projet européen. Le TCE était un fourre-tout du genre petite ONU qui n’avait rien de particulièrement européen. Avant de définir les droits inaliénables du tiers-monde en Europe commençons par énumérer les droits des européens en Europe.

      Personnellement je ne pense pas du tout que les politiciens en charge de l’UE aient envie de construire une maison commune mais plutôt qu’ils cherchent un moyen d’arriver à la mise en place d’un pouvoir mondial. Certains sont franchement moteurs, d’autres suivent en se satisfaisant des postes qui sont confortables.

      Autrement dit la finalité de l’UE est de mieux contrôler ses citoyens. Il ne sert à rien de proposer une organisation politique si le monde entier y est invité. Une telle organisation existe déjà, c’est l’ONU.


      • Bill Bill 26 décembre 2006 10:54

        Bravo internaute !

        Je comptais metre un post dans ce sens, vous l’avez fait bien mieux que moi !

        En effet l’euroland ne peut qu’être une sorte de dictature car il ne repose que sur la finance et les lubies de nos politiciens, ne prenant pas en compte les peuples et leurs cultures.

        Merci cher internaute, votre post me ravi !

        Bill


      • arturh (---.---.119.98) 26 décembre 2006 11:09

        Ce serait encore mieux si « l’Euroland » tenait compte de ses citoyens plutôt que d’hypothétiques « peuples ». N’oublions pas que l’URSS s’est faite au nom du « peuple » pour mieux pouvoir nier tout droit aux citoyens. La dictature, ou plutôt les dictatures en Europe, se sont toujours installées au nom du « peuple ».


      • Bill Bill 26 décembre 2006 11:21

        Cher Arturh

        Merci de cette réaction, mais vous n’êtes pas sans savoir qu’un mot a plusieurs significations, je ne suis pas sûr que celle de l’URSS soit la meilleure...

        Bill


      • Bill Bill 26 décembre 2006 11:50

        Arturh, pour la Révolution (je n’avais pas bien lu votre post par manque de temps) durant laquelle on appelait tout le monde « citoyen », on pratiquait aussi la « terreur », je ne suis pas sûr que dans ce petit débat sémantique, vous ayez pris ce mot pour cette époque là non plus.

        Bien à vous.

        Bill


      • Sam (---.---.202.248) 26 décembre 2006 11:20

        Non, pas trop d’accord avec cet article qui reprend une antienne : l’UE des technocrates/fonctionnaires qui est pataude et casse tout dans sa lourdeur.

        C’est un argument libéral, genre Allègre parlant du Mammouth, le Medef accusant les fonctionnaires, Chirac et la « France administrée ».

        Bien sûr, pour fonctionner l’UE a besoin de structures et de concertations. C’est essentiel.

        Son problème majeur est politique. L’UE n’a pas réussi à s’accorder sur une ligne et elle n’a pas non plus décidé d’agir pour le citoyen.

        Dernier exemple en date : l’UE exige de la France qu’elle relève les taux de l’énergie, électrique notamment, pour les aligner sur ceux du marché. Astreinte prévue se montant à plusieurs dizaines de milliers d’euros par jour.

        En passant, nos politique ne l’igoraient pas. Ils choisissent de nous faire payer une facture d’énergie entre 10 et 20% plus élévée, au bas mot. Ils acceptent de dilapader en amendes l’argent du contribuables, tandis que la Dette qu’ils ont creusée augmente.

        Ce, pour satisfaire leur dogmatisme stupide et criminel - sur lequel on ne peut que s’interroger quant à la corruption implicite qu’il peut cacher - ils détruisent un service public de qualité exceptionnelle fournissant une énergie à un prix égal pour tous et pas cher.

        Ainsi, on voit que l’UE est un organisme qui n’est absolument pas fait pour structurer une vie collective commune dans le sens de l’amélioration, mais en l’occurence, comme trop souvent, pour détérorier la vie et le devenir des citoyens.

        Au passage, nous n’avons aucun choix. Car nos gouvernements ne nous rien demandé ni rien proposé (à part l’infect TCE) concernant l’UE.

        L’UE n’a ps même un MAIL avec lequel on pourrait interpeller directement les responsables.

        Le portail Europa renvoie sur des personnes qui vous demandent de NE PAS leur donner des avis, des critiques ou des propositions (politiques) mais de s’adresser à l’organisme adéquat pour ça, sous-entendu : eux ne traitent que de dossiers techniques ciblés particuliers...

        Si je me souviens bien, il y a sept instances de poids dans l’UE.

        On ne sait pas laquelle compte vraiment, puisque leur fonctionnement et leurs décisions se contrecarrent et se mélangent.

        On ne peut même pas donner notre avis, a fortiori intervenir. Pas une seule porte ouverte pour le citoyen.

        Ce qui prouve à l’évidence que l’UE est une contruction politique pour le marché, qu’elle privilégie toujours, et contre le citoyen.

        Il est donc légitime et urgent de quitter cette UE qui ne sert qu’à nous déposséder de nos droits et de nos moyens d’existence.

        Ce au profit d’un dogme concurrentiel dont chaque jour révèle l’inexistence car il est toujours écrasé par les ententes - type Bouygues/SFR/FT - et il ne génère qu’appauvrissement de la qualité, renchérissement final des prix, augmentation des licenciements, compression des salaires et précarisation des statuts.

        Au profit d’une minorité : les gros investisseurs d’Euronext, en tout deux ou trois milliers de personnes, quelques financiers et multinationales, et les politiques corrompus qui confortent leur pouvoir d’enrichissement moyennant prébendes.

        La lecture d’ouvrages sur le lobbying hallucinant à l’échelle européenne, comme « L’observatoire de l’Europe Industrielle /Corporate Europe Observatory : Le guide Lobby Planet de Bruxelles » montre le terreau créé pour que les politiques se laissent acheter.

        Et que les politiques menteurs, soumis à l’argent et prêts à tout prospèrent, par conséquent, comme escargots après l’ondée.


        • Darkfox (---.---.141.125) 26 décembre 2006 11:27

          Bon article, de même à quand une europe ou l ’on régulera les salires , les heures de travail.. donc une europe sociale et une europe des lois... car on est capable de faire des lois sur l’interdiction d’engrais naturel... mais on ne fait pas de lois sur l’écologie, les peines de prisons sur les crimes sont tres disparatres...Enfin il ne faut pas rêver les pays qui veulent rentrer dans l’union..si on ne les prend pas ce ne sera pas non plus une perte..les pays veulent rentrer dans l’ ue pour les subventions... De plus un gouvernement centrale qui pense à l’ue avant les pays serait mieux.. on l’a vu avec le Liban ..on n est pas capable de se mettre d’accord .. donc beaucoup de chose a revoir..


          • bb (---.---.151.232) 26 décembre 2006 11:55

            Le NON au traité de constitution ne veut pas dire pour ceux qui ont choisie cette voie un Non a l’europe bien au contraire. Ceux qui ont voté non pour la plupart faisait en sorte de montrer qu’une europe se construisant dans des endroits inaccessibles à la démocratie était une europe dont on ne pouvait rien controler. Nos pays qui sont au sein de cette europe sont des pays démocratiques et ne peuvent decement être dirigés par des instances dont les controles sont artistiquement flous et non représentatifs des peuples, mais seulement représentatifs de technocraties administratives. L’élargissement permanent sans consultations n’encourage plus la construction de cette entité qui semble hors controles quand à ses nouveaux arrivants et démesurée dans des temps aussi courts. Une confédération des pays faite dans une telle rapidité n’amènera dans le temps que secessions ,partitions et l’histoire est là pour nous le démontrer . Si l’europe a été faite dans le but d’éviter des guerres continentales un élargissement démesuré lui ne fera qu’en engendrer et s’éloignera de l’objectif principal que l’europe était censée créer . Et comme disait doc henry kissinger secrétaire d’état US. « si j’étais européen je serais contre l’adhésion de la turquie à l’europe mais comme je suis américain je suis pour » On ne peut que comprendre ce clin d’oeil US. bb


            • docdory docdory 26 décembre 2006 11:56

              @ L’auteur

              La seule chose qui pourrait sauver l’Europe ( à supposer que cela soit souhaitable ) , ce serait de donner à l’Europe une constitution et des institutions fortement inspirées par celles de la confédération Helvétique .

              Après tout , la Suisse est la seule association d’Etats qui ait fonctionné à la grande satisfaction de ses citoyens depuis le moyen-âge , et c’est actuellement la démocratie peut-être la plus avancée au monde , alors que l’UE n’a plus qu’un vernis démocratique qui n’illusionne plus du tout ses habitants , d’où le NON au TCE . Ce NON est un non au despotisme bureaucratique pseudo-éclairé des véritables maîtres non élus de l’UE , la commission européenne !

              L’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’UE a considérablement aggravé un processus de déliquescence de ce conglomérat bureaucratique de nations devenu par trop hétéroclite depuis l’entrée des dix pays de l’ex Europe de l’est . L’entrée de la Turquie signerait inéluctablement son arrêt de mort .


              • Laurent_K (---.---.152.44) 26 décembre 2006 12:25

                Malheureusement, il n’est pas sûr que l’agonie n’ait pas déjà commencé avec les derniers élargissements. Tous ces efforts faits durant des décennies fichus en l’air, ça m’écoeure !


              • Bill Bill 26 décembre 2006 12:46

                @ Laurent-K

                Il ne faut pas être déçu, je suis convaincu que cette construction folle s’écroulera sous peu, et plus nous attendons, plus ce sera dur et violent ! Mais nous aurons sans doute la possibilité d’être intelligent et d’en retirer de bonnes choses pour nous-même et pour les autres Européens. Après tout il y a surement qualques petites choses à sauver dans ce fatras !

                Bill


              • Jason Nicolas 26 décembre 2006 16:52

                @ docdory,

                Lisez bien l’histoire de la confédération helvétique, surtout pendant la guerre de 40. De plus, le vote a été accordé aux femmes vers les années 70. Il est vrai qu’en France ce fut vers 1945 (peu de différence).

                Pour moi, la Suisse n’a jamais été un modèle de tolérance, à en juger par les opinions de quelques helvètes que j’ai rencontrés, et qui ont fui leur pays...


              • docdory docdory 26 décembre 2006 17:21

                @ Nicolas

                Certes la Suisse n’a pas toujours été un modèle de tolérance , mais c’est le problème inhérent à toute démocratie , des lois intolérantes peuvent être votées par les citoyens , néanmoins ce n’est pas à un organisme supra-national non élu d’imposer ses directives aux citoyens , que ces directives soient tolérantes ou non !


              • Européen (---.---.99.50) 26 décembre 2006 12:47

                Si c’est la vocation du MEF d’être un successeur des mouvements de résistance au nazisme et d’oeuvrer pour la paix, ça parait tout à fait normal que Sylvie Goulard se prononce contre l’entrée de la turquie dans l’UE.

                Mais bon, je sais qu’il y en aura toujours qui sont prêts à affirmer qu’une Europe ayant des frontières avec l’Irak, l’Iran la Syrie etc soit un gage « de paix et de stabilité ».

                Tout comme un pays « laïc » musulman intégriste qui ne respecte aucun des droits fondamentaux des minorités religieuses - pourtants largement génocidés - doit forcément avoir la première place, démographie oblige, en UE.


                • melun (---.---.90.201) 26 décembre 2006 13:44

                  Excusez-moi monsieur l’auteur, mais vous prenez comme exemple de l’opacité de la construction européenne l’article qui définit comment s’opère la plannification stratégique au sein de la commission. Si on s’attarde un peu, on comprend très bien qui propose l’orientation générale de la politique (les commissaires), qui approfondit ces orientations et emet des propositions de mesures(l’ensemble des services de la commission ) et qui choisit au final les mesures et la ventilation des ressources (de nouveau les commissaires). On comprend aussi aisément que cette stratégie s’opère selon deux cadres temporels : l’un annuel et l’autre quinquennal. ...je ne vois vraiment rien d’exceptionnel la dedans, ca se passe de cette manière dans la très grande majorité des organisations un tant soit peu sérieuses...

                  A tous les AViens pour qui « plannification » = URSS = controle absolu des gens = totalitarisme . Vous y allez franchement fort. Je ne vois vraiment pas en quoi le simple fait de PREVOIR ce qu’on va faire pendant un mandat représente le mal .On ne dirige pas une institution pareille au pifomètre !Il faut bien une certaine méthode et ce texte ne définit rien d’autre...

                  Après pour ce qui est du problème de la représentativité de la commission et du contrôle qu’exerce le parlement, évidemment, c’est une autre face du problème.


                  • (---.---.12.165) 26 décembre 2006 14:10

                    Le déficit démocratique de l’Union consiste aussi en ce que les petits Etats sont sur-représentés.

                    Proportionnellement à sa population, le Luxembourg a dix fois plus de députés au Parlement européen que la France. Au Conseil [des ministres] et au Conseil européen, selon le protocole n° 34 (titre II, art. 2) joint au Traité, la pondération appliquée jusqu’à fin 2009 aurait donné 29 voix à la France et 4 au Luxembourg, soit un rapport de 1 à 7 alors que le ratio des populations est de 1 à 130 !

                    C’est probablement ce qui explique cet air de supériorité qu’arborait l’année dernière, à France Europe Express, Monsieur Jean-Claude Juncker, alors président en exercice du Conseil européen et toujours Premier ministre du Grand-duché. L’Europe d’en haut ...


                    • Gelone 26 décembre 2006 14:41

                      Le problème de l’Europe, c’est qu’elle n’existe pas.

                      Depuis la disparition de l’URSS, il lui manque un ennemi, contre lequel rester compacte et elle n’a pas eu le courage de désigner l’Islam.

                      Depuis toujours, il lui manque des citoyens. Des citoyens qui adhèrent à un projet et qui se sentent fiers de leur appartenance.

                      Mais comment être fiers d’être Européens, alors qu’on ne cesse de répéter partout que l’Homme Blanc est responsable de tout ce qui va mal sur la planète ?

                      La seule chose qui pourrait sauver l’Europe ( à supposer que cela soit souhaitable ) , ce serait de donner à l’Europe une constitution et des institutions fortement inspirées par celles de la confédération Helvétique .

                      Après tout , la Suisse est la seule association d’Etats qui ait fonctionné à la grande satisfaction de ses citoyens depuis le moyen-âge...

                      Justement, depuis le moyen âge ! Le noyau de la Confédération est né en 1291 puis, progressivement, d’autres Etats se sont joints les uns aux autres, jusqu’en 1848.

                      En 1969, un nouveau canton a été créé en détachant quelques districts francophones du canton de Berne, majoritairement germanophone.

                      Il s’agit donc d’un processus lent, contrôlé, puisque les Suisses n’ont jamais voulu accepter d’intégrer à leur Confédération, la Franche-Comté, la Savoie et le Vorarlberg.

                      La construction de l’Europe, en revanche, est un processus aussi artificiel qu’arbitraire et brutal, qui n’aurait peut-être pas été possible sans la division du monde en deux blocs antagonistes...

                      Aujourd’hui, cette situation n’existe plus et l’Union - qu’ils disent - européenne ressemblerait plutôt à la Belgique.

                      Et elle risque de lui ressembler tout à fait le jour où les Allemands auront définitivemet digéré leur repentance - ça vient lentement, mais sûrement - et refuseront de continuer à être les principaux contributeurs du budget.

                      P.S. - Le 1er janvier, la Roumanie et la Bulgarie entreront dans l’UE. Ces deux pays abritent environ huit millions de roms. Est-ce que quelqu’un sait ce qui a été prévu pour prévenir un déferlement de « gens du voyage » fascinés par les clinquances l’Ouest (riche) du continent et, vraisemblablement, par les perspectives d’aide sociale à la française ?


                      • Asp Explorer Asp Explorer 26 décembre 2006 17:11

                        Cet hiver, la police ne se donne même plus la peine de les interpeller pour les reconduire à la frontière. A quoi bon ? Le 1e janvier, ils seront dans leur droit.

                        Mais bien sûr, ils ne viendront pas camper sous les fenêtres de Sarkozy ou des Hollande/Royal.


                      • ZEN zen 26 décembre 2006 16:01

                        « Ce qui prouve à l’évidence que l’UE est une contruction politique pour le marché, qu’elle privilégie toujours, et contre le citoyen. »

                        Bien d’accord avec Sam.


                        • ZEN zen 26 décembre 2006 16:05

                          J’ai découvert récemment cette association européenne, qui se donne pour but de repenser le fonctionnement des institutions de l’Union. Cela parait assez innovant, même si l’analyse économique,si importante, semble plutôt escamotée.

                          http://newropeansaparis.blogspot.com/


                        • krokodilo (---.---.32.87) 26 décembre 2006 18:45

                          Si l’on en juge par leur nom, ainsi que par le site Newropeans magazine, plein de brunchs, de search, de links et autres anglicismes, leur but est surout de faire de l’anglais la langue de l’Europe. Est-ce là ce que vous souhaitez pour l’Union européenne ?


                        • Francki (---.---.230.156) 26 décembre 2006 19:10

                          Je connais bien les Newropeans. En effet c’est un mouvement citoyen très intéressant. Et non leur but n’est pas de faire l’anglais la principale langue de l’Europe. Ils font des débats en plusieurs langues (français, anglais, allemand, espagnol et polonais). Le site est pour l’instant en 11 langues et les principaux cadres du mouvement sont surtout français et allemands... mais c’est un mouvement jeune qui manque encore de « bras » pour animer les débats et faire les traductions.

                          Allez-donc vous faire votre propre opinion : http://www.newropeans.eu : ça vaut le détour.


                        • eugène wermelinger eugène wermelinger 26 décembre 2006 19:24

                          Eh bien je viens d’aller voir le site recommandé. Tout en anglais. Rien ni en français, allemand ou polonais comme promis. Krokodilo a raison : l’anglais (américain) va tout simplement finir par nous engloutir. Mais cela nous plait, n’est-ce pas ? J’ai honte de parler de la solution espéranto : on se fait huer à moins. Au fait avez-vous vu Google en espéranto ? Si, si ça existe. Bonan novjaron al vi.


                        • Francki (---.---.230.156) 26 décembre 2006 19:17

                          Pour info le site des Newropeans à Paris a déménagé : http://blogs.newropeans.eu/paris/


                          • ZEN zen 27 décembre 2006 09:17

                            Maurice a depuis longtemps tenu des propos de bon sens concernant la construction de l’Europe, dans le cadre d’une analyse économique classique. On peut consulter cette page et d’autres :

                            http://allais.maurice.free.fr/monde13.htm


                            • ZEN zen 27 décembre 2006 09:33

                              Je voulais parler de Maurice ALLAIS


                            • Bill Bill 27 décembre 2006 09:52

                              Alors là Zen, bravo ! Je suis allé sur le lien, c’est clair, net et précis ! C’est du Allais dans le texte, comme quoi on peut avoir reçu un prix nobel d’économie et parler clairement !

                              Merci Zen.

                              Bill


                            • Jason Nicolas 27 décembre 2006 11:47

                              Le point de vue d’un sceptique : Le gouvernement de l’Europe n’offre jusqu’ici qu’une forme incertaine, pas encore accomplie du pacte social. Comment cette Europe peut-elle se poser en garant ou en défenseur de l’intérêt général ? Intérêt général , but ultime, absolu, et étant la raison d’être incontournable de tout gouvernement démocratique. De plus, on est en droit d’attendre que les minorités économiques ne soient pas lésées.

                              Jusqu’ici, la somme (le gouvernement européen) ne peut prouver clairement qu’elle donne de meilleurs résultats que les parties (les états membres). Cette Europe qui n’a pas encore entièrement démontré sa légitimité, ni morale, ni politique et qui peine extrêmement à exprimer des balbutiements économiques. Gérer l’Europe comme un méga-état avec seulement 24.000 fonctionnaires n’est qu’un progrès technique et financier des plus médiocre.

                              Le marché, fétiche des économistes néo-classiques et hochet des technorates engendre la concurrence sauvage et non la coopération ; et crée, obligatoirement, le contraire du but recherché d’un mieux être pour les citoyens. Ce marché « ouvert » continuera de s’opposer, parfois brutalement, à une Europe que l’on nous promet, harmonieuse et idéale bercée par « le doux commerce » cher aux Lumières.

                              Ces hiatus permanents entre les efforts demandés (aux états, aux groupes socioprofessionnels, aux personnes) et les résultats obtenus ne sont rien moins que consternants.

                              On peut légitimement désespérer de voir un jour prendre forme cette nébuleuse incertaine où triomphent déjà de façon éclatante les intérêts particuliers, et cela bien au-dessus de l’intérêt général.

                              Pour que cette Europe arrive à graver des contours certains, il lui faudra traverser des maladies infantiles, et passer par une croissance et des sacrifices sans doute douloureux. Ce dont ses partisans se gardent bien de nous parler ; tout simplement parce qu’ils n’en savent rien.


                              • Pascal (---.---.208.195) 27 décembre 2006 13:55

                                Je suis sidéré de lire votre article et surtout certains commentaires qui comparent l’Union européenne à l’URSS. J’ai personnellement étudié le droit européen, fait un stage au Parlement européen et un autre à la Commission européenne et, à vrai dire, l’Union européenne n’est pas du tout comme vous la présenter.

                                Tout d’abord, le personnel de la Commission est constitué d’experts de qualité qui viennent de tous les horizons, de tous les pays. Il y a bien quelques pommes pourries - la Commission reste une administration comme une autre - mais, très globalement, elle est très compétente pour les domaines qui lui sont assignés... par les Etats membres, dont la France.

                                Trop souvent, les hommes politiques, pire les journalistes aussi, accusent hypocritement « Bruxelles » d’avoir décidé quelque chose qui sur le plan interne est impopulaire. L’Autre, l’étranger en devient responsable. C’est tout simplement méconnaître la réalité : la Commission propose et le Conseil (accompagné bien souvent du Parlement) dispose. Je le rappelle : la France siège dans ce conseil selon des modalités qu’elle a définies avec ses partenaires européens, tous des pays démocratiques je pense. Par ailleurs, ce discours fallacieux tend à réapparaître de plus belle avec la campagne pour l’élection présidentielle française où on entend des (ir-)responsables populistes remettre en question des institutions telles que la Banque centrale européenne.

                                Le problème de communication, c’est précisément là qu’il se trouve. A force de répéter depuis des décennies que la Commission a décidé que, que Bruxelles impose que, cette idée est réellement entrée dans les esprits des citoyens. Ce sont aux hommes politiques et aux journalistes qu’il faut s’en prendre en premier.

                                Il est vrai que le mandat de la Commission a un caractère essentiellement économique mais ce sont les états membres qui l’ont voulu ainsi. C’est un héritage de l’histoire : l’Europe était à reconstruire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pas étonnant que l’économie ait le dessus. Par ailleurs, on peut rêver mais ce n’est pas être libéral que de reconnaître qu’il est impossible de mener une politique sociale sans une économie qui roule. Toute politique sociale a un coût. Marx ne disait pas autre chose (cfr. superstructure et infrastructure).

                                La Commission devrait-elle s’occuper d’autres et nouvelles choses ? Oui, très bien. Mais encore faut-il que les états le décident aussi. Au fil des années, elle a acquis quelques domaines de compétence nouveaux tels que l’environnement mais le social reste relativement peu développé. Pourquoi ? Parce que les états, dont la France, ne le veulent pas. En gros, les uns ont peur pour leur régime social actuel ; les autres craignent pour la compétitivité de leur économie. Tout le monde préfère le statuquo. La balle est dans le camp des états.

                                L’Europe coupable de la mondialisation ? Mais, on croit rêver ?! Cette évolution du monde est loin d’être neuve. Cela fait des siècles que l’homme, aidé par ses découvertes technologiques, voyage, troque et fait du négoce avec les différentes contrées de plus en plus éloignées de sa région, de sa province, de son département, de son pays, de son continent puis du monde. Des entités politiques ont été créées puis détruites tour à tour en Europe même.

                                La concurrence accrue sur le plan commercial voulue par les états produit des dégâts en matière sociale. C’est indéniable. Mais il ressort des états d’organiser cette concurrence au mieux. Et puis, est-ce forcément mauvais de perdre des emplois pour permettre en échange un accès à une plus grande frange de la population d’avoir accès à des produits et des services bien souvent de meilleure qualité et moins chers ? N’est-ce pas aussi cela la démocratie ? Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, nos grands-parents ne connaissaient pas le lave-linge, la salle de bains individuelle, les toilettes individuelles, les langes jetables pour bébés, on mourrait pour des maladies aujourd’hui bénignes,... Lorsque vous faites vos achats ne cherchez-vous pas non plus le meilleur rapport qualité-prix ? Ne regardez-vous d’abord pas votre portefeuille avant toute chose ?

                                L’Union européenne résulte d’une prise de conscience qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe ne pouvait plus assurer sa place et sa prospérité dans ce processus si elle n’était pas plus forte. Originalité du processus : la voie pacifique est privilégiée à la force. Les USA sont un allié mais néanmoins un concurrent commercial de plus en plus puissant (le dollar se substitue à la livre, tout un symbole) et le voisin soviétique ne cachait pas ses ambitions territoriales et impériales. Je ne crois pas que ces conditions ont fondamentalement changé même si l’URSS a depuis disparu. La mondialisation s’est poursuivie et de nouveaux concurrents sont apparus en Asie et en Amérique latine.

                                En fait, au risque de choquer certains lecteurs, je maintiens que l’Union européenne est une chance que nos ancêtres ont pu saisir dans un environnement mondial nouveau dans lequel elle se trouvait marginalisée alors qu’elle avait été le centre du monde pendant des siècles, sur le plan culturel, militaire et économique. A nous et aux hommes politiques de continuer sur cette lancée en prenant réellement et honnêtement nos responsabilités, sans discours démagogique dénué de tout fondement. Les questions irakienne, énergétique, turque et russe sont des indices de ce qu’un sursaut est nécessaire au sein de l’Europe.

                                A la France, qui a une lourde responsabilité dans ce blocage, de prendre les devants. Pas en annonçant une renégociation du traité sur la constitution européenne (et oui, on oublie un peu vite qu’il s’agit en réalité d’un traité et non d’une véritable constitution). C’est totalement illusoire et fort présomptueux de la France de penser que les autres membres doivent se plier à son bon vouloir.

                                Pascal


                                • Fabien (---.---.239.212) 31 décembre 2006 13:52

                                  Merci à l’auteur en tous les cas d’avoir mis un lien vers le site du Taurillon.

                                  Notre site a eu quelques soucis techniques ces derniers temps et aujourd’hui, l’article contenant l’inteview n’est plus visible en « Une ». Voici le lien : http://www.taurillon.org/Interview-de-Sylvie-Goulard-1ere-Partie

                                  Bon réveillon à vous tous. Que 2007 soit une année européenne !

                                  Fabien Rédacteur en chef du Taurillon

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