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Deux manières de croire que la souveraineté nationale est un repli sur soi

 L'histoire de la construction européenne, est l'histoire du gonflement de nombreuses et diverses bulles : économiques, politiques, sociétale. A la plupart de ces bulles, il n'est pas encore arrivé ce qui arrive un jour ou l'autre aux bulles : elles n'ont pas éclaté, et même si on les sent frêmir de plus en plus, elles sont peut-être encore là pour longtemps. La grande erreur des promoteurs de cette construction européenne, est qu'ils confondent l'agrandissement qui a de la consistance, ou le tissage de liens consistants entre pays européens pour en faire un tout épanoui, avec le gonflement de bulles. Naturellement, ils prennent aussi tout refus de faire gonfler des bulles, pour une volonté de repli sur soi. Ils ne comprennent donc pas que le vrai agrandissement et épanouissement, celui qui a de la consistance, fait aussi partie des choses qu'ils appellent un repli sur soi. Et ils ne comprennent pas que masquées par les bulles qu'ils ont gonflées, et souvent sous l'effet de ces bulles, il y a des réalités consistantes qui se ratatinent, se replient donc sur elles-mêmes ; et que ces bulles qu'ils ont gonflées sont vouées à éclater un jour, c'est à dire à s'anéantir : ce qui est le comble du repli sur soi.

 
Bulles en général, bulles quotidiennes, bulles financières.

 Le concept de bulle a été défini avec clarté par les théories économiques sur la finance, et il trouve de nombreuses illustrations dans ce domaine, mais il est aussi illustré dans de nombreux autres endroits. Une bulle est un écart qui se forme entre d'une part des croyances, imaginations, actions dans lesquelles on persévère, et d'autre part des réalités auxquelles ces croyances, imaginations ou actions sont inadaptées. Cet écart est une contradiction, c'est à dire que plus le temps passe, et plus cet écart va faire des dégâts et devenir difficile à maintenir, jusqu'au jour où les dégâts ne seront plus assez petits pour qu'on les ignore, et où l'écart sera trop difficile à maintenir : c'est alors que la bulle frémit, puis éclate.

 Il y a beaucoup de bulles dans la vie quotidienne, parce que les illusions sont des bulles : des écarts entre des imaginations, actions dans lesquelles on persévère, et des réalités. L'amoureux qui se fait des illusions sur une personne aimée : cette personne ne l'aime pas en retour, ou bien elle n'est pas comme son désir le pousse à l'imaginer. Celui qui comme dans la chanson de Goldman, « vit sa vie par procuration, devant son poste de télévision » : la télévision lui procure une illusion de vie, mais elle lui fait oublier de chercher une vie consistante. Celui qui essaie d'oublier ses problèmes dans l'alcool ou la drogue, mais n'essaie pas de les résoudre. Celui qui est fasciné par un modèle de vie qu'il voit à la télévision ou dans des romans, ou par un modèle de vie qui fait partie d'un milieu dans lequel il est né ou dans lequel il voudrait s'introduire, mais qui ne se rend pas encore compte qu'il ne parviendra pas à accéder par ses propres moyens à ce modèle de vie, ou bien que la réalité correspondant à ce modèle de vie est bien moins désirable qu'il l'imagine. Par exemple, l'étudiant en Histoire qui se rêve universitaire en costume de velours, mais qui ne parviendra pas à pénétrer dans le milieu très sélectif des universitaires ; ou le jeune cadre dynamique qui croyait trouver dans ce boulot la vie de ses rêves, mais qui sent la vacuité de l'argent et la dureté du stress et de la domination de sa hiérarchie : ce sont deux des personnages principaux de ce roman de notre époque qu'est Génération X, de Douglas Coupland. Personnages qui envoient balader ces modèles de vie illusoires qu'ils ont perdu pas mal de temps à poursuivre, à moins que ce soient ces modèles de vie qui les aient finalement envoyés baladés après les avoir longtemps laissé espérer ; mais personnages auxquels, heureusement, ils reste encore du temps pour une vie consistante : avec un boulot utile et un rapport sain à son boulot, l'engagement dans des amitiés, l'expression personnelle gratuite, des plaisirs pas chers.

 Dans le monde de la finance, une bulle immobilière, comme celles qui ont éclaté récemment en Espagne et en Irlande, est un écart entre la valeur que les investisseurs imaginent que les constructions ont dans un lieu, et la valeur que les utilisateurs de logements sont prêts à payer pour y vivre. Les investisseurs vont dépenser plus d'argent qu'il faudrait, pour acheter et construire dans ce lieu ; et la bulle va éclater quand les investisseurs se rendront compte qu'il n'y a pas d'utilisateurs prêts à payer le prix qu'ils attendaient. La crise des subprimes qui a éclaté aux USA en 2008, est l'éclatement d'une bulle : des titres financiers détenus par des investisseurs n'avaient pas la valeur qu'ils croyaient, parce qu'ils étaient construits avec des créances immobilières, dues par des ménages américains pauvres et moyennement riches, qui n'auraient pas les moyens de payer ces créances. Selon l'économiste Jacques Sapir, cette bulle des subprimes en cache une autre : si ces ménages américains se sont endettés par ces créances immobilières, c'est parce qu'on les y a encouragés, et parce qu'ils voulaient maintenir leur train de vie, alors qu'en réalité leurs revenus avaient baissé. Les revenus réels de ces ménages américains ont baissé parce que la production américaine s'est effondrée, délocalisée dans les pays émergents, et aussi parce que les institutions américaines sont devenues de plus en plus néo-libérales.

 
« La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » : en faisant gonfler en elle une bulle.

 Je décris en détail les bulles économiques et une bulle politique de la construction européenne dans deux annexes à la fin de ce texte, mais je ne le fais pas ici pour ne pas trop alourdir le texte. On sait déjà assez bien que sur les plans économique et politique, sur cette période 1983-2012, l'histoire de la France dans la construction européenne, est comme l'histoire de cette « Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », racontée par la fable de La Fontaine, grand classique des poésies qu'on apprend dans son enfance, à l'école primaire.

 A chaque fois, la France cherche à s'agrandir (ou à s'affranchir de certaines contraintes) : avoir une monnaie dont la valeur est celle de la monnaie allemande, avoir une monnaie qui a cours sur toute la zone euro, pouvoir se passer de protectionnisme, pouvoir se passer de produire des biens manufacturés et de savoir en produire, appartenir à un espace politique détenant d'immenses pouvoirs, qui couvre le territoire de l'Union Européenne.

 Mais à chaque fois, son agrandissement n'est pas un agrandissement consistant, c'est une action d'agrandissement dans laquelle elle persévère mais qui reste en contradiction avec des réalités, c'est le gonflement d'une bulle en elle, comme celle qui se forme quand la grenouille persiste à avoir un volume plus grand que le volume que son corps est réellement capable d'avoir. Une monnaie dont la valeur est celle de la monnaie allemande, mais sans la puissance commerciale allemande. Une monnaie qui a cours sur la zone euro, mais sans que la zone euro satisfasse les conditions pour avoir une monnaie unique, et sans qu'il y ait d'institutions à l'échelle de la zone euro à même de gérer démocratiquement cette monnaie. Se passer de protectionnisme, sans avoir la puissance commerciale qui permettrait de revenir au plein emploi sans protectionnisme. Se passer de produire des biens manufacturés, sans une puissance commerciale qui permettrait de nous payer tous nos biens manufacturés importés tout en étant au plein emploi. Appartenir à un espace politique qui détient d'immenses pouvoirs à l'échelle européenne, sans qu'il y ait d'institutions démocratiques à l'échelle européenne pour exercer ce pouvoir.

 Une petite part de la France se rend bien compte que cette action d'agrandissement dans laquelle elle persévère, est en contradiction avec des réalités, et qu'elle ne s'agrandit pas de manière consistante, qu'elle ne fait que gonfler une bulle en elle. Mais c'est alors que se mettent en marche dans sa tête toutes sortes d'imaginations et croyances sur le futur, qui viennent cacher cette réalité présente dérangeante. Notre monnaie est surévaluée par rapport à notre puissance commerciale présente, l'absence de protectionnisme et d'industrie sont inadaptés à notre puissance commerciale présente, mais ils sont adaptés à une grande puissance commerciale hypothétiquement future, imaginaire, basée sur du high-tech. Le fait que de si immenses pouvoirs, notamment monétaires, soient détenus par l'Union Européenne, n'est pas adapté au fait présent que cette institution n'est pas démocratique, mais c'est adapté à une hypothétique situation future dans laquelle cette institution sera devenue démocratique. Persévérons donc dans toutes ces actions, car même si elles ne sont pas adaptées à la situation présente, elles sont adaptées à une situation hypothétiquement future, cette situation qui existe vraiment, que nous voyons si clairement... dans notre imagination !

 Et sûrement que dans sa tentative d'agrandissement, la petite France a aussi une volonté d'être puissante comme les grandes puissances de demain, les USA, la Chine, le Brésil, la Russie, l'Inde.

 

« La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf », La Fontaine, Fables, 1668


 La France essaie de s'agrandir (ou de s'affranchir de certaines contraintes), par amour d'elle-même : parce qu'elle cherche la puissance des grandes puissances de demain. Mais elle essaie aussi de s'agrandir par amour des autres pays européens et de l'idée européenne : c'est aussi par amour pour eux et pour cette idée qu'elle veut fusionner avec eux en un seul grand pays qui soit, à ses yeux, la réalisation de cette idée. Fusionner totalement avec les autres pays européens, ce n'est pas seulement une fusion des économies et des régimes politiques, c'est aussi une fusion des sociétés : la France essaie de s'agrandir sur les plans économique et politique, mais aussi sociétal.

 
La grenouille du « Vieux moulin » : qui se fait grande comme un orchestre symphonique, mais autrement qu'en faisant gonfler en elle une bulle.

 Puisque la France dans la construction européenne est comparable à cette grenouille qui voulait s'agrandir, sans savoir le faire autrement qu'en faisant gonfler une bulle en elle, le sort moins funeste d'une autre grenouille, qui vit aussi dans des souvenirs d'enfance, pourrait nous inspirer. Celle du Vieux moulin, court métrage de Disney appartenant à la série des Silly Symphonies : cette grenouille va en effet réussir à se faire grande comme un orchestre symphonique, mais sans avoir besoin de faire gonfler en elle une bulle vouée à éclater.

 Pour réussir cet exploit, la grenouille de Disney se contente de faire ce qui est naturel pour elle : quand le soir tombe elle se met sur un nénuphar qui flotte sur l'étang, et elle croasse. Vient alors une autre grenouille qui fait elle aussi ce qui est naturel pour elle : elle croasse sur un autre nénuphar, et les deux grenouilles croassent alors ensemble. Puis vient une troisième grenouille et les trois grenouilles croassent ensemble. Finalement toutes les grenouilles de l'étang, en se contentant de faire ce qui est naturel pour elles, vont former un tout harmonieux, un orchestre de grenouilles. C'est alors que les grillons se mettent à siffler, chose naturelle pour eux le soir, si bien que l'orchestre des grenouilles et celui des grillons vont former un tout harmonieux. Et finalement les lucioles vont elles aussi s'adjoindre à l'orchestre, en faisant ce qui est naturel pour elles, briller le soir, pour former avec cet orchestre une ambiance globale, symphonique, celle d'un petit écosystème, autour d'un étang un soir.

 

La grenouille du Vieux moulin, Disney, 1937, Silly Symphonies


 La grenouille de La Fontaine veut aller contre la nature et ses lois, elle cherche à s'agrandir d'une manière contradictoire avec ce que les lois de la nature lui permettent d'être et vouloir être. Contre nature, cet agrandissement est un faux agrandissement, qui conduit au contraire de l'agrandissement : l'éclatement, l'anéantissement.

 La grenouille de la Fontaine agit par amour de soi : qui lui dit de vouloir être plus que ce que les lois de la nature lui permettent d'être et vouloir être. Or c'est seulement en s'aimant tel qu'on peut et veut profondément être, qu'on peut ensuite s'intégrer de manière harmonieuse, dans un tout composé d'êtres qui s'aiment tels qu'ils peuvent et veulent profondément être, et que l'on devient alors plus que soi-même, en devenant une partie de ce tout plus grand que soi, globalement satisfait d'être et vouloir être ce qu'il est. La conception que la grenouille de La Fontaine a de l'amour de soi est le contraire de l'amour de soi : puisque c'est l'amour de ce qu'on ne peut ni ne veut profondément être, et le manque de considération pour ce qu'on peut et veut profondément être ; et puisque cela la détourne de la satisfaction qu'elle pourrait avoir, d'être une partie de ce tout harmonieux plus grand qu'elle-même, globalement satisfait d'être et vouloir être ce qu'il est.

 Si elle pense à la manière de nombre de nos contemporains, la grenouille de la Fontaine agit aussi peut-être par amour du tout auquel elle appartient et des autres êtres qui le composent, pour se rendre plus digne d'eux. Mais en ne s'estimant pas telle qu'elle peut et veut profondément être, elle insulte le tout qu'elle croit honorer, la potentialité et la volonté profonde de ce tout, car elle est une partie de ce tout : en se mésestimant, elle mésestime une partie de ce tout ; elle insulte aussi ce tout en croyant qu'il peut être assez bête pour la croire indigne de lui. Elle insulte aussi dans leur potentialité et leur volonté profonde, les autres grenouilles, et les grillons et les lucioles, car la conséquence logique de sa manière de penser est que les autres grenouilles, les grillons, et les lucioles, sont eux aussi indignes d'elle et de ce tout auquel ils appartiennent ; et car elle croit qu'ils sont eux aussi assez bêtes pour la trouver indignes d'eux. La conception qu'elle a de l'amour des autres et du tout auquel elle appartient, est donc le contraire de l'amour des autres et de ce tout.

 
Bulles sociétale et politique de la construction européenne.

 Chaque être humain appartient naturellement à divers groupes d'humains, de tailles et consistances très diverses, qui parfois s'entrecoupent, et parfois s'emboitent les uns dans les autres. Chacun de ces groupes a une réalité scientifiquement observable, constituée de tout ce que la science peut voir, et qui fait l'unité de ce groupe ; et chacun de ces groupes a aussi une réalité invisible pour la science, qui est une relation éthique dans laquelle les divers membres du groupe sont engagés, vis à vis de ce groupe dans son ensemble, et vis à vis des autres membres du groupe.

 Il y a les groupes de « proches » : chéri ou chérie, amis proches et connaissances amicales, famille proche et famille éloignée, éventuelles racines qu'on se sent dans un autre pays, voisins, compagnons de loisirs, collègues de travail. Il y a les membres de la ville ou autre localité où on vit, les membres de la société à laquelle on appartient, les membres des régions du monde dans lesquelles on vit (par exemple, pour la France : l'Europe occidentale, l'Europe, les pays qui bordent la Méditerranée, les pays francophones), et il y a l'humanité toute entière.

 Les groupes sont basés sur des réalités scientifiques très diverses. Les liens du sang avec la famille et les racines. Les affinités avec les amis, son chéri ou sa chérie, ses compagnons de loisirs. Des souvenirs communs, une connaissance mutuelle approfondie, une familiarité, une confiance particulière, de la gratitude basée sur des dons réels, pour tous les groupes de proches, et aussi les sociétés, de manière plus atténuée. Le fait de travailler ensemble pour les collègues de travail. Le fait de partager un même lieu de vie pour les voisins ou membres de sa ville ou localité. Le fait d'être citoyens d'un même Etat, et souvent de parler une même langue, pour les membres d'une même société. Le fait d'aimer de mêmes formes culturelles singulières, une même Histoire singulière et de mêmes morts, et d'être façonné par ces mêmes choses, pour les membres d'une même société ou d'une même région du monde. Le fait d'être d'une même espèce, et de partager la planète Terre, pour les membres de l'humanité.

 Ce serait alors une bulle, de croire que l'appartenance à tel ou tel groupe, efface l'appartenance à d'autres groupes plus petits, et ces groupes plus petits eux-mêmes, dans leur réalité scientifique et non scientifique ou éthique. Croire que l'appartenance à une même société efface les liens du sang des familles et des racines, les affinités des amis, la proximité des voisins. Croire que l'appartenance à une même région du monde ou à une commune humanité, efface l'existence des Etats, et le fait que les cultures et Histoires singulières des sociétés façonnent leurs membres chacune à leur manière singulière, et que leurs membres sont attachés à ces choses singulières. C'est une bulle qui va contre la nature humaine.

 Ce serait aussi une bulle, de croire qu'un groupe plus grand devrait carrément remplacer un groupe plus petit, quand il n'a ni les caractéristiques scientifiquement observables, ni les caractéristiques éthiques pour être à même de faire ce remplacement. Croire que la société dans laquelle on vit devrait remplacer la famille ou les amis, et croire que la région du monde ou la commune humanité devrait remplacer l'appartenance à une même société, quand les membres d'une société restent attachés à leur société. C'est une bulle qui va contre la nature humaine quand elle ignore les réalités scientifiques, et quand elle ne laisse pas à chaque homme la possibilité de s'écouter lui-même pour décider lui-même envers quoi il s'engage éthiquement de quelle manière (puis admettre que son choix individuel n'a parfois de légitimité que quand il est aussi un choix majoritaire dans sa société).

 Croire que l'appartenance à cette même région du monde qu'est l'Europe, efface, et devrait remplacer, les réalités scientifiques des diverses sociétés européennes, alors en plus que les membres des sociétés européennes restent attachés à leurs sociétés dans leurs singularités : c'est la bulle sociétale de la construction européenne.

 Et cette bulle sociétale se couple à une bulle politique : vouloir que toutes les sociétés européennes constituent une unique démocratie, au lieu que chaque société européenne soit une démocratie souveraine. Le partage d'un même espace démocratique, et d'un même Etat, est bien plus simple, plus naturel, pour des gens qui appartiennent à une même société.

 
Comment la construction européenne peut être autre chose qu'un gonflement de bulles.

 La véritable idée européenne n'est pas contre nature. Elle est un tissage de liens entre les sociétés européennes, par lesquelles elles peuvent former un tout épanoui, liens consistants et qui ne sont pas contre nature. Ce tout épanoui ayant vocation à s'intégrer dans un autre tout épanoui que veut être l'humanité, et à s'entrecouper avec d'autres touts épanouis que pourraient être les rivages de la Méditerranée, la grande Europe qui comprend la Russie, ou l'Occident.

 La construction européenne contre nature ne donne pas la puissance à l'Europe, mais détruit sa puissance. Les bulles économiques ravagent son économie. La bulle politique par laquelle il y a un gigantesque pouvoir à l'échelle européenne, sans institution démocratique à l'échelle européenne, conduit inéluctablement à ce que ce pouvoir soit exercé contre les intérêts de la plupart des européens, par des pillards, des mercenaires, que cela ne dérange pas de sacrifier la puissance de l'Europe à tel ou tel de leurs intérêts particuliers.

 Pour chaque pays européen, l'engagement dans la construction européenne contre nature, est le contraire de l'amour de soi. Il est le sacrifice injustifié de son économie et de sa puissance, de sa démocratie souveraine, des singularités de sa société, et de sa relation éthique particulière qui engage les membres de sa société. Il détourne chaque pays européen de la satisfaction de se sentir appartenir à un tout épanoui plus grand que lui-même.

 Pour chaque pays européen, l'engagement dans la construction européenne contre nature, est aussi le contraire de l'amour de l'idée européenne et des autres pays européens. Il est la croyance absurde qu'on peut aimer le tout en mésestimant ses parties, et que le tout lui même n'aime pas ses parties. Il est la conception absurde du tout comme quelque chose qui va contre la nature de ses parties, et donc contre sa propre nature, puisque la nature des parties fait partie de la nature du tout. Il est la croyance absurde que l'amour d'un pays pour les autres pays ne reçoit pas en retour l'amour des autres pays pour lui, par lequel ils l'invitent alors à s'aimer lui même tel qu'il sent qu'il peut et veut profondément être.

 La véritable idée européenne est un ensemble de démocraties européennes souveraines, qui tissent entre elles des liens consistants, forment un tout épanoui, en participant à des projets industriels nécessitant plus que la puissance économique d'un pays européen, en formant une alliance géopolitique et de défense basée sur des intérêts communs et une vision commune du monde, et en faisant des échanges humains et culturels.



Deux manières de croire que la souveraineté nationale est un repli sur soi.

 Il y a donc deux manières de croire que la souveraineté nationale est un repli sur soi.

 Vouloir la souveraineté nationale, mais refuser que son pays s'engage dans l'appartenance à un tout épanoui que pourrait être l'Europe, et dans des liens consistants avec ce tout. C'est la manière du fascisme, qui ne sait s'aimer lui-même que contre les autres.

 Et vouloir appartenir à ce tout que serait l'Europe, mais avoir une conception contre nature de ce tout, comme quelque chose qui interdirait la souveraineté nationale. C'est la manière de l'anti-fascisme naïf, qui ne sait aimer les autres que contre lui-même.

 Les deux manières sont opposées sur la question de savoir s'il faut ou non avoir la souveraineté nationale. Mais elles sont unies dans une même incapacité d'envisager la souveraineté nationale et l'Europe comme des choses qui sont compatibles l'une à l'autre et qui même peuvent être en symbiose l'une avec l'autre.

 Ces deux choses peuvent être en symbiose l'une avec l'autre, car la souveraineté nationale fait partie d'une conception de l'Europe comme tout épanoui, et car l'Europe permet aux nations qui lui appartiennent de renforcer leur puissance, leur liberté, et leur sentiment de plénitude par l'appartenance à des touts épanouis plus grands qu'elles mêmes.


Annexe. Bulles économiques de la construction européenne.

 En France, il y a une grosse bulle qui fait des ravages sur notre économie, et qui s'est formée à partir de 1983. Entre 1981, date de son élection, et 1983, Mitterrand va tenter, avec son premier ministre Pierre Mauroy, de relancer l'économie française, fortement touchée par le chômage depuis 1973, date du choc pétrolier qui marque la fin des Trente Glorieuses, période de plein emploi qui commença en 1945. On peut penser (pour des raisons semblables à celles que je détaille dans ce billet), que son plan de relance keynésienne était voué à l'échec, car il n'avait pas voulu prendre en même temps des mesures suffisantes de dévaluation et protectionnisme, et car la consommation française était déjà très fortement tournée vers la production étrangère, comme en témoignent les chiffres donnés par l'économiste Alain Cotta, dans La France en panne. Quoi qu'il en soit son plan de relance échoue, et il décide alors, encouragé par Delors, son ministre des finances de l'époque, de s'engager dans une nouvelle politique, dite du « tournant de la rigueur ».

 A partir de cette date, Mitterrand et tous les autres dirigeants politiques français, décideront d'avoir une monnaie surévaluée par rapport à la véritable capacité de la France à vendre des produits à l'étranger, c'est à dire par rapport à se puissance commerciale réelle. Si un pays était un commerçant, et si les pays étrangers étaient ses clients potentiels, alors la valeur de la monnaie de ce pays serait le prix qu'il affiche à son étal de commerçant. Ce qui veut dire que depuis 30 ans, la France est comme un boulanger qui fait des baguettes de qualité moyenne, et qui essaie de les vendre à 2 euros pièce. Ce sera d'abord le « franc fort », puis l'euro, monnaie surévaluée pour tous les pays de la zone euro, sauf pour celui qui a la plus grande puissance commerciale, l'Allemagne. Si les dirigeants politiques français ont décidé quelque chose qui paraît aussi absurde, c'est parce qu'ils ont d'abord voulu que la valeur du franc se colle à celle du mark allemand, de manière à ce que nous puissions un jour avoir la même monnaie que l'Allemagne, l'euro, dont la valeur est fixée d'une manière qui ne convient qu'à la puissance commerciale de l'Allemagne. Les conséquences de ce choix de nos dirigeants, c'est déjà la désindustrialisation et le chômage de masse. Car nous ne pouvons toujours pas relancer notre économie sans dévaluer notre monnaie, ni protectionnisme, étant donné que notre consommation est encore plus tournée vers la production étrangère que lors de la mise en œuvre du plan de relance raté de Mauroy en 1982. Une autre conséquence est l'endettement de l'Etat français par rapport à des étrangers : le déficit commercial français a nécessairement pour contrepartie un endettement des agents économiques résidant en France vis à vis de l'étranger. Et comme les agents privés, ménages, entreprises et banques, essaient d'éviter de s'endetter, le seul agent qui peut s'endetter délibérément est l'Etat français. Il y a ici une bulle : cette contradiction, ou cet écart, entre la valeur de la monnaie de la France, franc puis euro, et la puissance commerciale réelle de la France. Les ravages de cette bulle sont principalement le chômage de masse, la désindustrialisation et l'endettement de l'Etat.

 Cette bulle française fait partie d'une bulle plus grande dans la zone euro. L'euro est surévalué pour de nombreux pays dont la France, mais il est est sous-évalué pour l'Allemagne, de telle manière que globalement, il est à la bonne valeur pour l'ensemble de la zone euro : la zone euro est à l'équilibre commercial. L'Allemagne n'a pas envie qu'on dévalue l'euro, car alors elle vendrait ses produits moins cher que ce que sa puissance commerciale lui permet. Les autres pays sont donc condamnés à voir leurs industries s'effondrer, et leurs Etats s'endetter, et c'est ce qui a lieu comme le montrait récemment l'économiste Philippe Murer. Cela ne poserait pas de problèmes si la zone euro était une « zone monétaire optimale » : si les populations des pays dont les économies s'effondrent étaient prêtes à migrer dans les pays qui vont mieux, et si les habitants des pays qui vont mieux étaient d'accord pour accueillir en masse des étrangers européens (ce qui, indépendamment des envies des uns et des autres, suppose aussi une certaine homogénéité des niveaux de vie, des diplômes, des langues parlées) ; ou bien, si les pays dont les économies vont le mieux étaient prêts à se priver d'une part importante de leur revenu pour soutenir massivement l'investissement dans les pays où ça va moins bien, et compenser leurs endettements ; et, en plus de tout ça, si de manière globale au niveau européen, était mis en place un plan de relance keynésienne qui dévalue et use de protectionnisme dans la mesure du nécessaire pour un retour au plein emploi. D'un point de vue strictement économique, la bulle de la zone euro est donc une contradiction entre le fait d'avoir une monnaie unique, et tout ce qui n'est pas réalisé mais devrait l'être en conséquence de la monnaie unique : la mobilité des population à travers les frontières européennes, l'acceptation par les populations de certains pays de voir certains pans de leur économie s'effondrer, ou bien l'acceptation de certaines populations de se priver d'une part importante de leur revenu pour financer des investissements et endettements des Etats dans le reste de la zone euro ; et la possibilité d'avoir une politique économique de relance keynésienne au niveau européen, avec éventuels dévaluation ou protectionnisme.

 Cette bulle liée à l'euro, se couple à d'autres bulles qui touchent la zone euro, et aussi le reste de l'Occident. Si tous ces pays occidentaux voulaient relancer leur économie pour revenir au plein emploi, il leur faudrait surement faire du protectionnisme et de la dévaluation. Sans cela, en zone euro, l'équilibre commercial serait mis à mal par une relance, du fait de la demande européenne trop tournée vers la production étrangère. Mais pour l'instant les Occidentaux ne font pas cette relance, ce protectionnisme et cette dévaluation, et restent dans le chômage de masse et la désindustrialisation. Dès lors, les gens en Occident gardent l'habitude de consommer toute une gamme de biens industriels, qu'ils ne produisent plus. Les gens n'ont plus envie de produire des biens industriels, de travailler en usine. Les savoir-faire eux-mêmes sont en train de disparaître d'Occident, comme le disait un journaliste économique, Jean-Michel Quatrepoint. Une bulle qui se crée alors est une contradiction entre ce que nous trouvons normal de consommer et ce que nous trouvons normal de produire et savons produire : chacun en Occident trouve normal de consommer des biens industriels, mais plus personne ne trouve normal d'en produire, ni ne sait en produire.

 Une autre bulle est une contradiction entre l'absence de protectionnisme, dévaluation, et plan de relance keynésien, et le niveau de chômage en Occident. Cela a aussi pour conséquence un dépérissement de la vie syndicale, car l'action syndicale devient impuissante et se décourage, et car les industries étaient un important vivier des syndicats.

 Ces deux dernières bulles sont encore liées à la construction européenne car l'impossibilité de relancer l'économie européenne, de faire du protectionnisme et de la dévaluation, est inscrite dans les traités et directives européens.


 
Annexe. Bulle politique de la construction européenne.

 L'essentiel du pouvoir politique n'est plus détenu par les pays de l'Union Europénne, il est détenu par l'Union Européenne elle-même : choix du protectionnisme, de la dévaluation et des taux d'intérêts pour faciliter ou freiner les investissements, liberté de circulation des capitaux, obligation pour les Etats de se financer auprès de banques privées plutôt que de la banque centrale, politique de relance keynésienne, privatisation des secteurs publics, des entreprises publiques, réglementation de la concurrence, choix du budget de l'Etat. Comme le raconte Chevènement dans La France est-elle finie ?, ces pouvoirs ont particulièrement été transférés depuis 1983 : Acte Unique de 1986, instaurant la liberté de circulation des capitaux ; Traité de Maastricht en 1992, créant l'euro avec des institutions monétaires monétaristes ; entrée comme membre fondateur dans l'OMC en 1994, confirmant le choix du libre-échange ; TSCG en 2012, donnant le contrôle du budget de l'Etat à l'Union Européenne. En plus, depuis 1983, nous avons très peu contesté toutes les directives néo-libérales émises par la Commission Européenne, et pas du tout contesté les traités précédant cette date.

 Or cette Union Européenne, à laquelle nous avons transféré tous ces pouvoirs, n'est pas démocratique, comme je le montrais dans ce billet. C'est une énorme contradiction, ou bulle, qui a pour conséquence que tous ces pouvoirs sont utilisés de manière néo-libérale et monétariste, très défavorable aux pauvres et moyennement riches, et très favorable aux riches. Car par définition, une institution non démocratique n'inscrit pas l'usage du pouvoir qu'elle détient dans un projet voulu par la population. Cette bulle a aussi pour conséquence que les gens ne croient plus en la possibilité du pouvoir politique de changer leur vie : dépérissement de la citoyenneté, individualisme et nihilisme grandissants. La vie syndicale est aussi en train de dépérir car le néo-libéralisme rend plus difficile l'engagement syndical.


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6 réactions à cet article    


  • non667 22 octobre 2012 12:12

    l’union européenne supra nationale actuelle ,après de gaulle qui voulait une europe des nations et du droit des peuples à disposer d’eux- même , n’a pour but que de détruire les nations au profit du N.O.M. mondialo-capitaliste dont l’umpsmodemeelv +fdg sont les valet
    compte tenu de ce qui se passe il faut être un indécrottable gogo et inconséquent pour voter pour eux ! smiley smiley smiley


    • Fred59 22 octobre 2012 14:33

      Bonjour

      Votre article est superbe et l’analyse psychologique sur le retournement des valeurs engendré par l’idéologie de la construction euriopéenne, imparable et élégant.

      Toutefois vous commettez une erreur historique d’importance sur le thème du fascisme : il n’a jamais été anti-construction européenne. Il a au contraire été précurseur de cette idéologie.

      Voici une archive datant de 1941 pour remettre la construction européenne dans son contexte.


      • samuel_ 22 octobre 2012 19:46

         smiley Très flatté par le compliment

        Sur le mot fascisme. J’utilise le mot d’une manière un peu personnelle : non comme une pure réalité historique, mais comme un positionnement abstrait sur une question de philosophie morale, correspondant à peu près à une réalité historique et à l’intuition des gens quand ils disent de quelqu’un que c’est « un fasco », ou que eux mêmes ne sont pas des « fascos ». La question de philosophie morale est de savoir s’il faut s’aimer soi-même et s’il faut aimer les autres, de quelles manières, et en articulant comment amour de soi et amour des autres. Le fascisme est celui qui veut s’aimer lui-même contre les autres, et l’anti-fascisme naïf est celui qui veut aimer les autres contre lui-même. Ils sont opposés sur la question de savoir qui il faut aimer. Mais unis dans la croyance que l’amour de soi et l’amour des autres sont incompatibles, et ont de nombreux autres points communs, qui en font des frères ennemis. Je me suis souvent senti visé par des accusations de « fascisme », en sentant que la seule chose qu’on me reprochait était d’admettre, vouloir et assumer l’amour de soi. Le couple de concepts est une réponse à ces accusations, et une sorte de piège pervers pour ceux qui font ce genre d’accusations. Car comment reconnait-on un anti-fasciste naïf ? Au fait qu’il crie trop souvent au fascisme. Qu’il ouvre donc la bouche pour crier au fascisme comme a son habitude, et le voila apparaissant clairement comme ce qu’il est : un anti-fasciste naïf, frère ennemi du fasciste, opposé à lui mais ô combien uni aussi !

        Sur la réalité historique du fascisme.
        Je crois me souvenir que l’historien Ernst Nolte, dans ses livres sur le fascisme, remarque aussi ce que vous dites : l’union de tous les fascismes européens et même mondiaux (internationalisme fasciste, ou union géopolitique de gens qui partagent une même vision du monde). Mais Nolte quand il rentre dans le détail, dit qu’il y a quand même là-dedans quelque chose de paradoxal étant données les idéologies des fascistes ; et il dit aussi que dans la réalité, l’union des fascismes se couple de relations d’opposition.

        Sur le côté implacable de la démonstration. Personnellement je trouve que le texte contient des intuitions qui pourraient mener quelque part, mais que pour l’instant ce qu’il dit est très fragile. Il y aurait beaucoup besoin de consolider.


      • Hervé Hum Hervé Hum 22 octobre 2012 23:58

        Salut Samuel, bonne analyse pour un philosophe de comptoir !

        d’accord donc avec ce que tu écris. (je te tutoie comme tout copain de comptoir).

        Mais, parce qu’il faut bien un mais, ce que ton analyse souligne surtout c’est bien l’absence d’une bulle européenne démocratique. Cette bulle n’existe pas. Ton billet « l’union européenne peut elle devenir démocratique » en fait la démonstration. Il y a un parlement européen, mais contrôlé par les partis politiques nationaux. Tout ce qui a trait à l’union européenne est enfermé au niveau des « bulles nationales » comme tu les nommes si bien.

        Bref, la démocratie européenne n’a jamais été tenté, donc on ,ne peut pas dire qu’elle à échoué ou est impossible. Je crois surtout que si les citoyens européens se sont laissé séduire par l’idée européenne ce n’est pas de leur coté qu’il faille regarder la faillite du projet de démocratie européenne, mais plutôt de la volonté des élites poitico économiques de préserver leur places et même d’avoir utilisé le projet européen pour déposséder les citoyens de leur pouvoir de vote. Alors non, les citoyens européens sont favorable majoritairement au projet européen.

        Car le seul talon d’achille de ces élites politico économiques c’est la démocratie. Il ne s’agit pas pour les citoyens européens d’abandonner le projet européen et même au delà, le projet mondialiste, mais au contraire d’en prendre possession. Bref, arrêter de se laisser croire d’abandonner quelque chose qui n’a jamais existé, que ce soit au niveau européen et bien entendu à plus forte raison au niveau mondial avec l’OMC et le FMI.

        Oui, ces ’« bulles » sont necessaire si nous ne voulons pas perdre en totalité le contrôle de la souveraineté... DEMOCRATIQUE 

        Quand aux fascistes, ils appliquent les deux seules devises de la diplomatie, soit, « l’union fait la force » et « diviser pour mieux régner ». En d’autres termes, ils unissent leurs force pour faire régner la division des peuples. Comme ices fameuses élites politico économiques !


        • samuel_ 23 octobre 2012 02:34

          Etant donné qu’a present, il n’y a pas d’institutions democratiques européennes, il ne devrait pas y avoir autant de pouvoir au niveau europeen. Il faut redonner le pouvoir aux democraties nationales, jusqu’a ce qu’il y ait une instution europeenne democratique. La bulle c’est d’avoir d’un cote du pouvoir au niveau européen, sans institutions democratiques a ce niveau.

          Sommes nous obliges d’avoir une democratie europeenne avec plein de pouvoir ? Je reponds que c’est a nous de voir ce que nous sentons, mais qu’on peut tres bien repondre non sans que ce soit un crime. Deuxieme bulle : vouloir construire une democratie a un niveau que nous ne sentons pas. L’amour de l’idee europeenne et des autres pays europeens ne nous oblige pas a avoir le pouvoir politique au niveau europeen. L’idee europeenne ne va pas contre ce que nous sentons, car ce que nous sentons est l’idee européenne.


        • Hervé Hum Hervé Hum 23 octobre 2012 09:49

          Nous sommes d’accord Samuel sur le fait avéré de l’absence totale de démocratie au niveau de la bulle européenne. Quand à la stratégie pour arrêter cette Europe totalitaire et la remplacer par une démocratique, ma foi, c’est un débat d’arrière garde, l’essentiel est la nécessité de stopper ce processus de dépossession du pouvoir des citoyens et de la citoyenneté.

          A la question sommes nous obligé d’avoir une démocratie européenne avec plein de pouvoirs ? Déjà, si c’est une démocratie alors c’est qu’elle n’est pas plein de pouvoirs autre que la volonté des citoyens ! Ensuite, une idée seule n’existe pas, est vide et n’a donc aucun sens. Une idée prend vie uniquement lorsque elle se matérialise concrètement. Si je dis que j’ai l’idée d’aller au cinéma demain, mais que je reste toute la journée avec seulement l’idée, je n’irai pas au cinéma !

          Et surtout, si les politiciens ont pu si facilement priver les citoyens européens de leur pouvoir de vote, c’est précisemment parce que ces derniers voulaient dépasser l’idée pour en faire quelque chose de concret. Mais l’idée européenne à été trahit, manipulé et volé de son essence démocratique.

          Il n’y a que le vote pour renverser un pouvoir omnipotent et celui ci en la situation actuelle passe au niveau de chaque nation. Mais suivant la devise « l’union fait la force », sans l’union citoyenne au niveau européen et au delà, toute volonté de transformation sociale et économique restera juste une idée. Car encore et toujours, le talon d’achile du pouvoir omnipotent des élites c’est la démocratie. Mais à l’heure actuelle, à part les épouvantails que représentent les extrémistes, qui donc propose de sortir de cette Europe antidémocratique pour en faire une véritablement démocratique ayant un réel accès aux médias ?

          Bref, pour l’instant la situation est bloqué, il faut attendre que les évènements fassent bouger les lignes... Et cela peut venir de n’importe où, même des extra terrestres !!

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