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Accueil du site > Actualités > Europe > Elysée(+50) : Grosses Volk et Grande Nation

Elysée(+50) : Grosses Volk et Grande Nation

 Das Grosse Volk et la Grande Nation. 

Cinquante ans : à peine ou déjà ? L’espérance portée par la signature du traité d’amitié entre Konrad Adenauer et Charles de Gaulle le 22 janvier 1963, à Paris, à l’Elysée, a-t-elle tenu ses promesses ou est-elle encore périodiquement ballotée, chahutée, parfois décriée, même menacée ?

Sûrement pas sérieusement, si l’on en croit les intervenants « autorisés » venus en débattre devant un public de doctorants issus des 5 continents dont certains résident au Collège Doctoral de Strasbourg, quelques jours avant le cinquantième anniversaire.

Deux eurodéputés, ténors du Parlement Européen (un Français, Jean-Marie Cavada plutôt de centre-droit et un Allemand Jo Leinen, SPD) et le consul d’Allemagne à Strasbourg, Hubertus Legge, brillant mais plus réservé, contraintes de sa charge obligeant, avec comme maître de cérémonie un universitaire, à demeure, M. Stéphane Ley, donc un quatuor assez bien assorti sur le plan politique ( on regrettera cependant l’absence de femme) constituait un plateau de très bonne qualité , celle –ci requise d’ailleurs par la qualité de l’auditoire.

Un constat lumineux en la circonstance : l’amitié franco-allemande étant un fait tellement solidement et durablement acquis (parce qu’il ne peut en être autrement ou -es ist so-), le sujet du jour dévie tout naturellement vers la construction européenne. On est en pleine session plénière du Parlement Européen, ce qui rend la présence des eurodéputés à la fois plus facile mais aussi plus méritoire car ils sont en ces jours plus attachés à leur tâche du moment. Soit ! C'est le cas pour bon nombre d'entre eux mais de loin pas tous. 

Les tensions entre les deux pays sont considérées comme des péripéties.

L’amitié franco-allemande : deux grands hommes aux commandes.

Après la guerre, les rancoeurs sont tenaces, les préjugés hostiles tout autant, comme après 1918. Et puis comme toujours ,« vae victis » » -malheur aux vaincus- et son corollaire « gloire aux vainqueurs ». Dix-huit années de paix, c’est peu après l’horreur de la guerre.

Dès lors, il faut un courage immense, de la vertu, « virtus » comme- on est en milieu universitaire- M. Cavada se plait à rappeler en latin cette belle idée comme s'il venait d'en découvrir le sens originel.

Plus sérieusement, deux hommes n’en manquèrent pas de ce courage, non seulement ce jour là, mais déjà bien avant car ce traité n’a pas été improvisé par ces deux géants Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.

 Sur ce point assez incontestable, pour l’eurodéputé sarrois Jo Leinen l’ accord est total avec son collègue français. Il est né quasiment sur la frontière et n’a connu les barrières douanières qu’avec le retour de la Sarre à la RFA en janvier 1957.

Pour ponctuer cette adhésion, il fait remarquer avec un sourire malicieux que, de part et d’autre de la frontière, sont nés, 200.000 enfants soit 400 000 au total, de parents franco-allemands ou germano-français, comme on voudra. Et on a tondu des mères, ou même des femmes qui auraient pu l’être, en France, stupide vengeance souvent par des héros de la toute dernière minute. C’est une autre histoire mais si tant est qu’il faille battre sa coulpe, qu’on le fasse.

Mais ce détail pittoresque et émouvant n’a certes pas été déterminant dans l’action de ces deux grands hommes. On entend sans doute, des deux côtés du Rhin comme ailleurs l’antienne récurrente « Des comme çà, il n’y en a plus ! ».

Que ces regrets ne cachent pas les opportunités indispensables pour que les "Grands" apparaissent comme tels et qu'ils n’appellent pas des vœux dangereux, car malheureusement les guerres ou les situations politiques extrêmes sont le meilleur terreau de cette grâce dès lors si paradoxalement opportune.

 Les intervenants allemands, le député comme le consul, n’ont pas su ou voulu ou encore ne l’ont-ils pas considéré comme utile, faire le moindre éloge appuyé du chancelier Adenauer. Ils sont d’une génération d’après-guerre et « foin de ces parfois trop tristes réminiscences » c’est aujourd’hui et demain, il fait beau…C’est vrai.

On se doit pourtant de leur rappeler que K. Adenauer ,dès les années d’avant guerre était un militant-précurseur acquis à l’idée encore vague d’une Europe indéfinissable et, qu’éliminé d’emblée de la vie publique par le nazisme, il n’a d’aucune façon eu l’opportunité de se parer de lauriers ou de palmes intangibles.

 Il faut leur rappeler aussi, face à l’incontournable et ressassée citation française de la vision européenne de Victor Hugo, que d’immenses poètes allemands dont Goethe, Schiller, Heine et tant et tant d’autres, ont partagé cette vision.

 

De Gaulle de son côté, peut-être grâce à sa connaissance de l’allemand, de la culture allemande même avec un zeste d’admiration pour les talents militaires -avant le traité le général était allé rendre visite à l’école de guerre allemande, presque dans une sympathie chevaleresque - a eu, grâce à son courage et à ses convictions profondes, la gloire qu’il a osé saisir. L’invitation faite au chancelier de venir lui rendre visite à Colombey les Deux-Eglises dès 1959 témoigne de son estime et son amitié pour son homologue d’Outre-Rhin.

 Mais n’est -ce pas le très fameux discours de Ludwigsburg ( 9 septembre 1962) destiné à la jeunesse allemande qui est l’acte le plus important de la reconstruction d’une amitié et d’une collaboration saine cette fois ? Un discours d’anthologie, imprévisible, incroyable. Formidable vision « Vous êtes un grand peuple »- « Sie sind ein grosses Volk » et de dérouler les mérites de tous ordres d’une Allemagne des sciences, trustant les prix Nobel, celle des technologies avancées, celle de la philosophie, celle des arts …et fustigeant bien sûr, sans concession, un passé récent calamiteux. En quelque sorte « en avant toute, jeunes gens, soyez fiers ». Et ils l’ont fait.

Ne restait plus qu’à signer et ils l’ont fait aussi, ces deux hommes courageux, audacieux parce que visionnaires.

Et l’Europe dans tout çà ?

A la question « Etes -vous optimiste pour la poursuite de l’UE ? » Les réponses sont prudentes : modérément pour M. Cavada, franchement « oui » pour M. Leinen et plein d’espoir pour le diplomate Legge.

Verbatim :

J-M Cavada : Si elle devait échouer( l’UE) , elle recommencerait aussitôt, sous une autre forme peut-être.

J.Leinen : Il ne saurait en être autrement dans le contexte géopolitique mondial tel qu’il apparaît aujourd’hui.Il cite les grands ensembles émergents
H. Legge : Que les relations entre l’Allemagne et la France se poursuivent dans un esprit de fraternité. Il parle en diplomate.

« Et que pensez vous du prix Nobel de la paix dont a bénéficié l’Union Européenne  ? » La question émane d’une haut-fonctionnaire du Conseil de l’Europe qui fait valoir l’antériorité de son institution et son caractère moins économique et plus vaste au service des Droits de l'Homme.

J-M Cavada : J’en ai été très fier ( sans doute au sens premier du terme i.e content). Mais c’est vrai, nous aurions pu le partager. (avec le Conseil de l'Europe plus " humaniste")

J-Leinen : En tant que président du Mouvement Européen International, je l’avais demandé pour l’Union et j’ai été surpris de cette attribution inopinée. Je tiens le Conseil de l’Europe en très haute estime, j’y ai travaillé, mais je n’y ai pas pensé tant j’étais persuadé que nous ne l’aurions pas. (M. Leinen a pourtant fait le Collège de Brugges, le pendant européen de l'ENA).

A la question plus vaste de savoir si le modèle fédéral allemand était applicable en France, le député sarrois a répondu avec un grand sourire : 

« Il y plusieurs sortes de fédéralisme , allemand, suisse , canadien…. Si la France en arrivait là un jour, ce serait sans aucun doute un nouveau modèle : le fédéralisme français ! »

Sourires à signification indécelable.

Quant aux relations transfrontalières et de l’espace du Rhin Supérieur comme entité envisageable, par exemple, il n’en fut pas question. Pourtant Jo Leinen avait évoqué, en passant, l’espace Sar-Lor-Lux. .D'autres régions françaises sont évidemment concernées car en cinquante ans les frontières se sont progressivement estompées mais demeurent, à certains égards encore pesantes 

Àntoine Spohr.

Cet article a également été publié sur le premier journal européen bilingue du net :

EuroJournal.net.

 


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3 réactions à cet article    


  • A. Spohr A. Spohr 19 janvier 2013 13:15

    Même s’il y a une part de vérité dans ce que vous faites remarquer, je suis persuadé qu’il vaut mieux tirer vers le haut que d’aspirer vers le bas . Le Spiegel n’est pas une référence de bon aloi.

    Je lis la presse allemande et y contribue même et je puis vous dire qu’on y trouve, comme partout , le pire et le meilleur. Merci en tout cas.

  • grosse volk et gb sont les bases avancées des USA

    SANS LEUR ACCORD NUL NE BOUGERA POUR ALLER DANS LE MARIGOT MALIEN..
    faire du FRIC ranconner ses citoyens l EUROPE MERDIQUE SAIT LE FAIRE UN DES PAYS EST DANS LA MOUISE...AUCUN ETAT NE BOUGE...

    ENVOYONS LA BARONNE ASHTON AU FRONT.A SA VUE LES DJIHADISTES FUIRONT

    et donnons leur le mafieux baroso et von rompuy comme otages...


  • l’allemagne enverra t elle un soldat au MALI le vatican a envoyé un garde suisse pour l’italie..

    les anglais parlent d’envoyer la BARONNE ASHTON POUR EFFRAYER LES SALAFISTES

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