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En Espagne, l’horrible régression du gouvernement sur le droit à l’avortement

Le 20 décembre dernier, le gouvernement espagnol, dirigé par son chef très conservateur Mariano Raroy, a approuvé un projet de loi supprimant quasiment le droit à l’avortement. Cette annonce, promesse de campagne en 2011, fait de l’Espagne l’un des pays européens les plus restrictifs dans ce domaine. Par conséquent, ce projet de loi annule la loi de 2010 autorisant l’avortement jusqu’à quatorze semaines, ou vingt-deux en cas de malformation du fœtus.

Qu’il est loin, donc, le temps où l’Espagne était un modèle en matière de droits des femmes. Qu’il est loin, oui, ce temps où le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero innovait en mettant concrètement en pratique une authentique parité au sein de son gouvernement. Qu’il est loin, aussi, ce temps où était conçue, à Madrid, l’une des politiques les plus progressistes d’Europe pour lutter contre les violences conjugales faites aux femmes.

C’est hélas, de fait, un retour en arrière d’une trentaine d’années que commet le Parti Populaire (PP) espagnol avec ce projet de loi, encore plus restrictif que le texte de 1985. Cette fois, le texte proposé par le Ministre de la justice Alberto Ruiz Gallardon n’autorise l’avortement que dans deux cas précis : si l’interruption de grossesse est « nécessaire en raison d’un grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme » ou si la grossesse est une conséquence d’un délit contre la liberté ou l’intégrité sexuelle de la femme, c’est-à-dire un viol. Mais le durcissement ne s’arrête pas là : en cas de viol, précisément, il faudra que la femme ait déposé plainte au préalable. Le texte impose, en plus, que le diagnostic prouvant le « grave danger psychologique » soit émis par deux médecins différents et étrangers, contre un seul auparavant.

Sans surprise, les associations féministes et de gauche se sont rapidement mobilisées pour manifester contre ce projet de loi. Avec cette loi, en effet, l’Espagne consacre un mode de régulation qui, non seulement, nie à la mère un quelconque droit de décision sur sa maternité, mais, en plus, la met dans la même situation qu’une mineure et la soumet, de fait, à des tierces personnes qui prendront, à sa place, une décision qui aura un impact sur le reste de sa vie.

Plus horrible encore est sans doute qu’en plus d’être profondément réactionnaire, cette initiative n’a aucun fondement en matière de santé publique. Depuis deux ans, en effet, le nombre d’IVG pratiquées en Espagne est en baisse. Précisons, en outre, qu’une loi aussi restrictive ne fera vraisemblablement pas baisser le nombre d’avortements, mais poussera les plus pauvres, c’est-à-dire celles qui n’auront pas les moyens de s’exiler à l’étranger pour avorter sans tomber dans la clandestinité, à mettre leur vie en danger. Cette initiative est donc clairement un instrument de conquête idéologique utilisé par Mariano Raroy.

A ce jour, vingt des vingt-huit Etats de l’Union Européenne reconnaissent le droit des femmes de décider librement de leur grossesse. Par ailleurs, seuls Malte et l’Irlande font figure d’exception en interdisant catégoriquement l’avortement. Il n’empêche : cette croisade réactionnaire espagnole a désormais vocation à être portée devant le Parlement européen. Pourtant, le droit à l’avortement, acquis fondamental en matière de droits des femmes, ne devrait, plus faire débat au XXIème siècle.

Mais inutile de nous voiler la face : ce débat, en tout cas dans les idées, n’est malheureusement, en Espagne comme ailleurs, jamais fini. La preuve en est, en France, la déclaration de Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front National, qui a salué ce projet de loi, y voyant « un souci du respect de la vie ». En réalité, cette loi régressive remet en cause un droit fondamental pour les femmes : la liberté de disposer de leur corps.


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40 réactions à cet article    


  • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 11:02

    L’accouchement sous X existe-t-il en Espagne ? Je remarque que vous ne vous posez pas la question. Car une grossesse menée à son terme peut avoir un impact limité sur la vie d’une femme si elle décide d’accoucher sous X. Remarquons que l’intérêt de cette alternative est que l’enfant qui a été conçu pourra vivre, ce qui est refusé par l’avortement. Car rappelons qu’il est trompeur et mensonger d’assimiler le droit à l’avortement à la liberté des femmes, puisque cette présentation des choses passe sous silence qu’un autre être est concerné, à qui on ne laisse, à lui, aucune liberté. Pas même celle de vivre.


    • bourrico6 6 février 2014 11:22

      Et comme toujours, vous ne précisez pas à quel moment vous décidez qu’il y a un être vivant.

      Une posture de principe que vous vous gardez bien de regarder de trop près.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 11:41

      Regardons la chose de manière objective.
      Si nous prenons un être humain formé, disons adulte, et que nous remontons vers le passé les étapes de son évolution, à partir de quel moment cette dernière est-elle irréversible ? A partir de quel stade d’évolution aura-t-on quelque chose qui contient en lui-même et les caractéristiques de l’être humain finalisé, et la capacité de se développer jusqu’au bout si aucune intervention extérieure ne vient la perturber ?
      Réponse : à partir du moment où l’ovule est fécondé.
      Donc l’être humain en est un dès la conception. C’est un fait et non une opinion.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 12:03

      Prenons le problème sous un autre point de vue, en allant cette fois vers le futur.
      Supposons qu’une femme ait été fécondée par un homme. Elle hésite entre avorter et ne pas le faire. Quels sont les deux futurs alternatifs qui sont possibles pour elle ?
      Futur A : elle n’avorte pas. Son enfant naît. Elle a la possibilité de l’élever dans l’amour, d’en faire une bonne personne.
      Futur B : elle avorte. L’enfant du futur A n’existera donc jamais.

      Si l’enfant du futur A pouvait voyager dans le temps et s’exprimer sur le choix de sa mère, que déciderait-il ? D’exister ou de ne pas exister ? Imaginons que cet enfant, c’est nous. Préférons-nous exister ou ne pas exister ? Décidera-t-on à la place de l’enfant sous prétexte qu’il n’a pas la possibilité de revenir d’un futur potentiel pour donner son avis sur sa propre existence ?


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 12:04

      Je remarque par ailleurs que personne ne me répond jamais sur l’accouchement sous X.


    • bourrico6 6 février 2014 12:17

      Réponse : à partir du moment où l’ovule est fécondé.
      Donc l’être humain en est un dès la conception. C’est un fait et non une opinion.

      Non, c’est une opinion sinon il n’y aurait pas débat, et d’ailleurs il n’y a absolument aucun fait.

      4 cellules ne constituent pas un être humain selon moi, elle n’en sont que le potentiel pas encore exprimé.

      Tout est dans la définition de l’être humain, et la votre de considérer deux cellules comme un être humain accompli au point d’affirmer que sa destruction est un meurtre.


    • bourrico6 6 février 2014 12:21

      Je remarque par ailleurs que personne ne me répond jamais sur l’accouchement sous X.

      Etes vous un Homme ou une Femme ?
      La question est loin d’être anodine.


    • bourrico6 6 février 2014 12:23

      Si l’enfant du futur A pouvait voyager dans le temps et s’exprimer sur le choix de sa mère, que déciderait-il ?

      On va passer tout ce paragraphe de sciences fiction basé sur de l’émotif et qui n’a aucun sens logique.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 12:23

      4 cellules ne constituent pas un être humain selon moi, elle n’en sont que le potentiel pas encore exprimé.

      Sauf que ces quatre cellules, si on les laisse se développer sans intervenir, finiront normalement par former un foetus, puis un bébé, puis en enfant, etc. Elles ne vont pas devenir un presse-papier ou un vilebrequin.
      Donc je rappelle cette évidence : se débarrasser de ces cellules, c’et empêcher qu’un être humain qui aurait dû normalement naître ne vienne au monde. Comment nier ça ?


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 12:25

      Etes vous un Homme ou une Femme ?

      Ca n’a aucun intérêt que je vous réponde. Je ne réfléchis pas en fonction de mon sexe, mais de la vérité et de la logique.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 12:36

      On va passer tout ce paragraphe de sciences fiction basé sur de l’émotif et qui n’a aucun sens logique.

      Justement, l’intérêt de ce voyage dans le temps était de vous faire prendre conscience que ce qui est en question dans l’avortement, c’est la vie d’un être humain. Décider que l’avortement est banal, c’est décider qu’on peut sans aucun problème choisir si un être humain va vivre ou pas, sachant que sa naissance est déjà programmée. Il n’y a là rien d’émotif. C’est au contraire de la logique pure.


    • bourrico6 6 février 2014 12:50

      Donc je rappelle cette évidence : se débarrasser de ces cellules, c’et empêcher qu’un être humain qui aurait dû normalement naître ne vienne au monde. Comment nier ça ?

      Toujours cet attachement a l’affect au détriment de la raison, c’est d’un pénible.
      Si je pousse votre raisonnement dans ses derniers retranchements, tous les spermatozoïdes perdus, toutes les ovulations non fécondées sont des meurtres car si on les avaient laissée se rencontrer, on aurait un être humain.

      La limite est arbitraire et fixée par vous, elle n’a rien d’absolue et encore moins d’universelle.

      Vous jugez sur un potentiel dont au final vous ne savez rien, vous ne faites que des suppositions.
      Vous le dites vous même : aurait du normalement.
      Que des supposition, aucun fait.

      Et si, le sexe à son importance pour juger, pardon,.... pour imposer ! à quelqu’un une gestation à son terme.
      L’un des deux prends tout sur lui, et l’autre, ma foi, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre.
      Les mâles ne devraient rien avoir à dire sur ce sujet, et encore moins le moindre autorité pour décider.


    • bourrico6 6 février 2014 12:53

      Bon et j’arrêtes la, ça dévie trop, nous n’avons pas du tout les mêmes circuits de perception et de raisonnements.

      Je trouve les votres illogiques, vous jouez beaucoup avec les mots et l’émotif, ça n’a aucun intérêt car pour moi, ce sont les manière utilisée pour manipuler ou mépriser les autres, c’est l’art d’embrouiller son monde.

      Et je refuses de jouer à ça, ce dès le départ.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 13:45

      Il n’y a dans ce que je dis rien d’affectif, mais uniquement de la logique. En revanche, quand vous dites :

      Si je pousse votre raisonnement dans ses derniers retranchements, tous les spermatozoïdes perdus, toutes les ovulations non fécondées sont des meurtres car si on les avaient laissée se rencontrer, on aurait un être humain.

      Vous faites une erreur de logique, car les spermatozoïdes perdus ou les ovules non fécondés, si on les laisse se développer, ne donneront jamais naissance à une personne. Par conséquent, s’en débarrasser n’est pas un meurtre.

      La limite est arbitraire et fixée par vous, elle n’a rien d’absolue et encore moins d’universelle.


      La limite est fixée par la nature : avant que l’ovule ne soit fécondé, le spermatozoïde et l’ovule séparés ne pourront jamais évoluer pour donner naissance à un être humain, mais après, il doit normalement en donner un.

      Vous jugez sur un potentiel dont au final vous ne savez rien, vous ne faites que des suppositions.
      Vous le dites vous même : aurait du normalement.
      Que des supposition, aucun fait.


      Il ne s’agit pas de suppositions, mais d’un fait, contrairement à ce que vous dites. Je dis « normalement » dans un souci d’exactitude, car il arrive des anomalies, des accidents, qui font que l’ovule fécondé sera éjecté avant terme ou ne sera pas viable. Mais il s’agit d’exceptions. Et on ne peut pas justifier l’avortement sous prétexte qu’il y a une certaine probabilité que la fécondation ne soit pas suivie de la naissance.

      vous jouez beaucoup avec les mots et l’émotif

      Quel culot ! Je ne fais que des inférences logiques, élémentaires, certes, tant le sujet est, finalement, trivial, ou devrait l’être. Si je dis que l’avortement n’est ni plus ni moins que la suppression d’une vie, ce n’est pas pour tirer les larmes, mais pour montrer que la logique des pro-IVG est finalement bien biaisée, car elle omet ce fait en mettant en avant uniquement la liberté de la femme. Ce n’est ni de la morale, ni de l’affectif, c’est de la logique pure. Qui ne raisonne que sur l’affect, sinon vous ? Vous essayez de me faire pleurer en évoquant le cas d’une femme qui doit subir une grossesse non désirée. Vous me dites que je ne peux pas m’exprimer sur ce sujet si je ne suis pas une femme, ce qui est une affirmation typiquement affective.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 13:47

      Si mes arguments étaient illogiques, vous auriez été capable de les réfuter logiquement. Au lieu de ça, vous êtes dans l’affectif.


    • christophe nicolas christophe nicolas 6 février 2014 13:53

      Vous ne pouvez pas sortir de ce débat d’une façon matérielle. Les apparitions mariales nous prouvent que Dieu existe et qu’on a une âme. Le moment de l’infusion de l’âme, Dieu seul le sait et il faut chercher. On sait qu’avec le ciel l’avortement n’est pas bien, on imagine qu’y a 2000 ans les lupanars Romains devaient être le lieu d’avortement sordides.

      C’est indiqué au §383 ou Jésus parle à une romaine, pas n’importe qui, la copine de Claudia Procula, petite fille d’empereur, femme de Ponce Pilate : « L’âme n’est pas une brute, Plautina. L’embryon, oui. C’est si vrai que l’âme n’est donnée que quand le fœtus est déjà formé »

      Il faut être charitable en faisant la morale. « Espèce d’écervelée, si c’était le fils de Matt Damon, tu le garderais et tu demanderais une pension... mais Tonio le maçon, non, alors qu’avec lui tu auras une piscine et une belle maison et des gosses courageux, tu n’es qu’une idiote, réfléchis, tu veux un assureur... l’aimes tu ? » C’est bon là ?

      Sinon, je confirme que remonter dans le temps est une connerie, de la déliro-science. Une chose en puissance n’existe pas mais le choix est tout de même révélateur de l’intention de l’esprit et risque de « l’imprimer ».


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 14:25

      Sinon, je confirme que remonter dans le temps est une connerie, de la déliro-science.

      Je ne vois pas en quoi je délire. Si on a le choix entre faire une chose ou ne pas la faire, c’est bien qu’on a le choix entre deux conséquences. Estimer les conséquences d’un choix, c’est vraiment si délirant ?


    • Surya Surya 6 février 2014 15:21

      Je ne sais pas si l’accouchement sous x existe en Espagne, mais le problème, Roungalashinga, c’est que même si votre souci de préserver la vie, en tout cas la possibilité d’une vie, est tout à fait compréhensible, il faut se demander malgré tout quel départ dans la vie la personne née sous x va avoir. On peut être très heureux en étant un enfant né sous x, mais je me demande tout de même s’il n’y a pas des possibilités que la personne née sous x développe des problèmes psychologiques du fait du rejet dont il a été victime après sa naissance, qui entraînera fatalement familles d’accueil, adoption...
      Mener une grossesse à terme n’est pas non plus forcément ce que la femme a envie, sachant que ça dure tout de même neuf mois, alors neuf mois à subir une grosses dont on ne voulait pas, pour au final abandonner un nouveau né que l’on ne désirait pas, pourquoi faire ? A quoi bon ?

      Mais admettons que le souci de préserver la vie, celle d’un enfant à naître, soit le plus fort. Imaginons que la femme accepte le principe de cette grossesse, dans la mesure où on lui donne ensuite la possibilité d’accoucher sous x, alors que fait-on, finalement ? On demande en fait à la femme d’être une mère porteuse, de prêter son corps pour le développement d’un enfant qui sera ensuite confié à d’autres. Pourquoi, dans ce cas, tant de pays refusent-ils la possibilité d’avoir recours à des mères porteuses qui offrent leur corps pour un enfant plus tard adopté ? Parce qu’il y a transaction financière ? Je trouve ça vraiment hypocrite. En plus, demander à une femme de renoncer à avorter d’un enfant non désiré, de poursuivre sa grossesse à terme, puis ensuite d’abandonner l’enfant, autrement dit se servir de son corps comme s’il s’agissait d’une couveuse, ça mériterait peut être aussi compensation financière. Ne serait-ce que pour couvrir les frais médicaux qu’elle devra débourser durant les neufs mois de gestation.


    • Surya Surya 6 février 2014 15:26

      Et puis j’ajouterai que vous ne parlez pas des répercussions psychologiques sur la femme, comme si finalement, elle n’était qu’un utérus et un ventre chargé de développer puis donner la vie.

      Sans parler des conséquence que cette grossesse, que cette femme est supposée mener à bien jusqu’à l’accouchement sous x, va avoir sur son travail, voire sur ses études s’il s’agit d’une femme très jeune.


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 16:16

      mais je me demande tout de même s’il n’y a pas des possibilités que la personne née sous x développe des problèmes psychologiques du fait du rejet dont il a été victime après sa naissance, qui entraînera fatalement familles d’accueil, adoption...


      Il vaut mieux vivre en ayant des problèmes psychologiques que de ne pas vivre et n’avoir, par conséquent, aucun problème psychologique. Je pars du principe humaniste que toute vie humaine mérite d’être vécue.

      Mener une grossesse à terme n’est pas non plus forcément ce que la femme a envie, sachant que ça dure tout de même neuf mois, alors neuf mois à subir une grosses dont on ne voulait pas, pour au final abandonner un nouveau né que l’on ne désirait pas, pourquoi faire ? A quoi bon ?

      Evidemment, il n’y a aucun intérêt pour la femme à porter neuf mois un enfant qu’elle abandonnera ensuite. Ca peut même être une souffrance. Mais au moins elle le laisse vivre.

      Pourquoi, dans ce cas, tant de pays refusent-ils la possibilité d’avoir recours à des mères porteuses qui offrent leur corps pour un enfant plus tard adopté ? Parce qu’il y a transaction financière ?

      Parce que dans le cas d’une grossesse non désirée, c’est un accident. Il est normal qu’une société mette en place certaines mesures pour parer aux coups du sort, spécialement lorsqu’il s’agit de la vie. Mais dans le cas de la GPA, il s’agit de provoquer sciemment un phénomène qui n’était qu’accidentel. Les pratiques sociales donnent un sens aux choses. Ce n’est pas parce qu’au final « ça revient au même », à la différence près qu’il y a une transaction commerciale dans un cas et pas dans l’autre, que c’est pareil. Le sens n’est pas le même. Dans un cas, on prend en charge les accidents qui arrivent fatalement au sein d’une société, et dans l’autre, il y a recherche de profit et satisfaction de désirs égoïstes.

      En plus, demander à une femme de renoncer à avorter d’un enfant non désiré, de poursuivre sa grossesse à terme, puis ensuite d’abandonner l’enfant, autrement dit se servir de son corps comme s’il s’agissait d’une couveuse, ça mériterait peut être aussi compensation financière. Ne serait-ce que pour couvrir les frais médicaux qu’elle devra débourser durant les neufs mois de gestation.


      Vous savez, en France, on a la Sécu. Ma femme a accouché deux fois, on n’a pas payé un centime.

      Et puis j’ajouterai que vous ne parlez pas des répercussions psychologiques sur la femme, comme si finalement, elle n’était qu’un utérus et un ventre chargé de développer puis donner la vie.

      Je mets simplement en évidence le fait que, dans le discours des pro-IVG, la liberté de la femme est mise devant le droit à la vie de l’enfant dont la naissance a été programmée dès la fécondation de l’ovule. Je m’étonne d’une telle chose, mais ceux-ci éludent le sujet en décrétant que l’embryon n’est pas un être humain, même si celui-ci est naturellement amené à se transformer en être humain. Ils fixent arbitrairement une frontière à partir de laquelle le foetus est considéré comme humain. Je me refuse pour ma part à décider d’une telle frontière, car alors on rentre dans un débat purement métaphysique et dangereux.
      Je ne nie aucunement la détresse psychologique de la femme qui a déjà pensé à l’avortement. Mais je pose la question de savoir si cette souffrance doit systématiquement primer sur le droit à la vie de la personne dont l’existence est en instance d’être supprimée.


    • Surya Surya 6 février 2014 17:02

      Il est évident, Rougalashinga, que vos arguments sont tout aussi valables que les miens, il n’y a sans doute pas de vérité à ce niveau, chacun voit les choses à sa façon. La seule chose que je peux dire, et là je pense que vous serez d’accord avec moi, c’est qu’il faut préserver le droit à l’avortement, car la femme a le droit le plus absolu de disposer de son corps, mais il faut aussi, et surtout faire en sorte en amont, par l’éducation, les contraceptifs, comme le dit très bien cevennevive plus bas, que la fécondation n’ait pas lieu.

      ***

      « Vous savez, en France, on a la Sécu. Ma femme a accouché deux fois, on n’a pas payé un centime »

      Hourra ! Vous vous êtes trahi, vous êtes un homme  smiley

      (Etes vous un Homme ou une Femme ?
      Ca n’a aucun intérêt que je vous réponde. Je ne réfléchis pas en fonction de mon sexe, mais de la vérité et de la logique.)


    • Rounga Roungalashinga 6 février 2014 17:07

      Comment ça, trahi ? Je peux très bien être une femme et marié à une femme. C’est légal maintenant. smiley

      Le commentaire de cevennevive est très bien.


    • Surya Surya 6 février 2014 18:45

      Je pense pas que ce soit le cas, car alors vous seriez une femme mariéE (é-euuuh) à une femme  smiley
      Bonne soirée  smiley


    • Prudence Gayant Prudence Gayant 6 février 2014 20:43

      Pourquoi n’implique t-on jamais l’homme donc le père qui a fécondé la femme ? 

      Pour votre voyage dans le temps, se demandera t-il au passage qui est cet homme qui n’a rien fait pour moi quand il le devait ?

    • bourrico6 6 février 2014 11:23

      C’est pas très grave, quelques cas d’avortements sauvages qui se passent mal, et on en reparle.


      • soi même 6 février 2014 11:52
        En Espagne, l’horrible régression du gouvernement sur le droit à oui lequel d’ailleurs ?

        Il y en a tellement, c’est vrais il faut bien en choisir uns parmi temps d’autres et si possible choisir, celui qui me peut être en phase avec nos ébullitions sociétales Française !

        Comme cela, on est sûr à que les véritables sujets qui fâche ne seront jamais aborder.

        Et surtout pas de vous,va venir une étincelle de lucidité sur les sujets qui fâche, ceux qui fâchent vraiment !

        Merci pour le sujet, il a déjà été traité ici avec grandeur !

        Passons à autre chose, et vous financièrement, vous avez la tête hors de l’eau ?

         Moi pas, et je voie l’avenir bien sombre, pas vous ?


        • Marais 6 février 2014 12:26
          @ l’auteur : il semble que ce retour en arrière, s’il est avéré, devienne l’équivalent de la loi Veil, qui a une clause d’exception ; l’avortement n’est donc pas quasiment supprimé mais encadré...Vu les statistiques, cette clause est une blague, mais bon...
          Si je comprends bien, vous approuvez des députés socialistes qui souhaitent déposer une motion pour supprimer cette clause. 
          Mais si vous considérez que l’Espagne est tellement bien, alors vous devez admirer leur taux de chômage impressionnant ou leurs banques jouant au casino avec le sous de leurs clients, ou les restrictions des libertés individuelles.
          Même si nous sommes moins avancés que les Espagnols dans le domaine sociétal, nous le sommes également moins dans la destruction du domaine social et économique.

          Il faudra comprendre une chose : les libertaires (sociétal) sont alliés aux néolibéraux (social et économie). Quand vous soutenez une politique de progressisme sociétal, vous soutenez une politique de régression économique et sociale.
          Hollande c’est Mitterrand bis.

          • reveil 6 février 2014 13:10

            Il existe plein de méthodes de contraception dont le stérilet particulièrement efficace.
            Il ne s’agit pas d’interdire l’avortement mais plus simplement de faire prendre conscience qu’il y a d’autres solutions. Par ailleurs le gouvernement Rajoy est particulièrement efficace et la France serait bien contente d’avoir un Président qui redresse sa balance commerciale. Ps : toutes les industries Françaises s’installent en Espagne en ce moment.


            • soi même 6 février 2014 13:17

              @ reveil entièrement d’accord avec vous sur les différentes méthodes de contraception.

              Il est visible que c’est une fausse question qui a pour but de nous égarez des sujets essentiels.


            • cevennevive cevennevive 6 février 2014 14:12

              L’avortement, l’avortement...


              Ne vaut-il pas mieux que la fécondation n’ait pas lieu ? Nous avons un panel de contraceptifs de toutes sortes, nous sommes informées dès l’âge des premières règles, filles et garçons savent qu’il existe des préservatifs, y a-t-il encore lieu pratiquer des avortements (sauf en des cas très particuliers) ?

              Et puis, je vais me montrer sévère, mais n’est-il pas salutaire que l’avortement soit un peu plus « compliqué » afin de donner à la femme une plage de réflexions pour déterminer si elle agit selon ses vrais désirs ?

              Et même lorsqu’il s’agit de toutes jeunes filles, l’entourage et les parents doivent participer à cette réflexion puisque, quelque part, ils sont coupables de ce qui arrive.

              A seize ans, je n’ai pas eu à réfléchir. Nous avons, mes parents et moi, assumé ma grossesse. C’était normal et courant en ce temps-là. Et je n’ai pas coupé et éradiqué toute une branche de ma descendance. Ma fille aînée a cinquante ans, j’ai deux petits enfants dont l’un va être père en juin prochain.

              Réfléchissez bien avant d’évacuer un embryon : vous faites peut-être disparaître de nombreux descendants qui aimeront la vie sous toutes ses formes.

              Cela dit, je préfère que la loi existe et que cet acte soit pratiqué dans de bonnes conditions d’hygiène. Mais peut-être est-il décidé bien trop rapidement au sein des familles...

              • soi même 6 février 2014 20:21

                Tiens cevennevive deviens Gaullienne !

                http://www.ina.fr/video/I00012536



              • soi même 6 février 2014 20:22

                Tiens cevennevive deviens Gaullienne !

                http://www.ina.fr/video/I00012536


              • zygzornifle zygzornifle 6 février 2014 14:31

                Valls doit en baver .....


                • aviso aviso 6 février 2014 15:14

                  Spain is different :

                   Ce slogan publicitaire des années 60 est toujours d’actualité...

                  Espagne sera dans l’incapacité de faire appliquer cette loi... comme beaucoup d’autres !!!

                  Ce secteur médicale est bien trop fleurissant , pour qu’elle se prive de cette manne.


                  • César Castique César Castique 6 février 2014 17:17

                    C’est vrai que c’est horrible, comme régression, la limitation de la mise à mort d’enfants à naître.


                    Il a le sens des mots, le lycéen !

                    • antyreac 6 février 2014 18:25

                      Je rappelle ici que l’embryon ou le fœtus a un ADN diffèrent de la mère et donc il s’agit d’un être vivant différent d’elle .

                      L’avortement est donc un meurtre .

                      • Doggi 6 février 2014 18:38

                        Article déplorable, mal rédigé, digne d’un collégien. Les arguments sont à la hauteur de la rédaction, médiocre, lamentable.


                        • soi même 6 février 2014 20:23

                          Article rédiger au café Flores !


                        • Chabinpolitain 6 février 2014 22:33

                          Citez en contre-exemple un seul pays d’Europe qui n’ait pas régressé depuis Maastricht... ???
                          Nous sommes en pleine révolution conservatrice, le recul est sensible dans tous les domaines, la santé, l’école, la totalité des services publics, les interdictions faites aux pauvres de fréquenter les centre-ville, de fouiller les poubelles des supermarchés !
                          C’est globalement un retour fracassant vers des sociétés primitives.


                          • Mmarvinbear Mmarvinbear 7 février 2014 13:23

                            Ou est le problème ?


                            La limitation de l’avortement était dans le programme électoral du PP.

                            Les espagnols ont voté pour.

                            Qu’ils assument leurs conneries !

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