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Accueil du site > Actualités > Europe > En Grèce, la démocratie reprend ses droits

En Grèce, la démocratie reprend ses droits

Contrairement à l’épisode lamentable de l’automne 2011, quand l’UE avait refusé au Premier ministre grec un référendum sur le plan de la troïka, le gouvernement, soutenu par la Commission, a échoué à faire élire son candidat à la présidence. Il reviendra donc aux Grecs de trancher dans quelques jours.

De l’impasse à l’issue de secours

Alors que certains affirment que le gouvernement essayait d’acheter l’élection de son candidat, le bon sens semble avoir prévalu. L’ancien commissaire européen n’a pas réussi à réunir les 180 suffrages nécessaires pour être élu. Quel beau symbole que celui de l’échec de ce gouvernement aux ordres de la commission de ne pas réussir à faire élire un ancien commissaire à la présidence d’un pays martyrisé par ses dirigeants qui suivent les recommendations de cette maudite commission. Du coup, c’est le peuple grec qui va trancher cette impasse lors d’une élection législative anticipée le 25 janvier. Aujourd’hui, les sondages pronostiquent la victoire de Syriza sur Nouvelle Démocratie, contrairement à 2012.
 
La campagne bat son plein, avec notamment la question des alliances pour dégager une majorité. Il semble que Syriza puisse d’allier avec le DIMAR, mais on parle aussi d’un rapprochement avec l’ANEL, un petit parti de droite hostile aux plans de la troïka. Les jours de la coalition théoriquement contre-nature entre le PASOK et Nouvelle Démocratie pourraient être comptés et une véritable alternance démocratique pourrait avoir lieu dans quelques semaines. On peut seulement regretter que Syriza n’aille pas plus loin dans sa critique de la monnaie unique et que son président affirme sa volonté d’y rester, même si le reste de son programme va plutôt dans le bon sens. C’est que la situation est complexe.
 
Les marchés votent contre Syriza

Le choix de Syriza peut sembler une évidence, d’autant plus que les marchés votent pour la continuité. Le PIB du pays a baissé de 25%, le pouvoir d’achat plus encore et un quart de la population est au chômage. Nous avons assisté à une vraie destruction du pays. Pire, le niveau d’endettement est à un niveau record, malgré déjà deux restructurations. Dès lors, le peuple grec devrait choisir l’alternance. Mais comme en 2012, où Nouvelle Démocratie l’avait emporté d’un cheveu, une telle issue n’est malheureusement pas certaine. D’ailleurs, le Premier ministre joue à fond l’option de « moi ou le chaos  » pour pousser les électeurs à voter pour le statut quo en cherchant principalement à faire peur.

Et le problème est qu’il n’est pas certain que les grecs renvoient le PASOK et Nouvelle Démocratie au rebus malgré des années d’échec. En effet, si l’Europe est aujourd’hui synonyme de torture et d’asservissement, cela n’a pas toujours été le cas. Les Grecs peuvent craindre d’aller à l’épreuve de force proposée par Syriza avec une UE longtemps synonyme de progrès et d’aide, surtout face à une Turquie bien plus grande. Même si l’Europe les torture, les Grecs peuvent préférer rester dans son giron plutôt que de tenter l’aventure seuls. C’est sans doute ce qui explique cette hésitation et ce blocage, d’autant plus que l’économie s’est redressée quelque peu en 2014, retrouvant un petit peu de croissance.
 
Théoriquement, le choix des Grecs semble évident : il faut renvoyer l’équipe au pouvoir actuelle et voter pour l’alternance, et donc Syriza. Espérons que la campagne de désinformation du pouvoir en place et que les peurs irrationnelles permettront d’arriver à un autre résultat qu’en 2012.

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10 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 30 décembre 2014 11:50

    Il y a eu Assange

    Il y a eu Cantona

    Il y a eu les Anonymous avec leur masque de couillon satisfait

    Il y a eu Hessel

    Il y a eu les Indignados

    Il y a eu Beppe Grillo

    Il y a Tsipras pour quelques semaines

    Les idoles des gogos font pas long feu de nos jours

    A qui le tour ?


    • franck milo franck milo 30 décembre 2014 17:02

      à part des copiés/collés sur les sujets qui traitent de la Grèce il n’ y a rien de bien constructif...
      César


    • César Castique César Castique 31 décembre 2014 00:59

      « à part des copiés/collés sur les sujets qui traitent de la Grèce il n’ y a rien de bien constructif... »


      C’est qu’il n’y a rien de bien constructif à dire. 

      Il fallait que quelqu’un prenne date en annonçant qu’il n’y a pas plus à attendre de Tsipras que de ses prédécesseurs dans le coeur des ingénus. 

      Je me suis sacrifié.

    • César Castique César Castique 31 décembre 2014 01:00

      " à part des copiés/collés sur les sujets qui traitent de la Grèce il n’ y a rien de bien constructif..."

       

      C’est qu’il n’y a rien de bien constructif à dire. 

       

      Il fallait que quelqu’un prenne date en annonçant qu’il n’y a pas plus à attendre de Tsipras que de ses prédécesseurs dans le coeur des ingénus. 

       

      Je me suis sacrifié.


    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 30 décembre 2014 15:52

      Quelle démocratie ? Celle de la nation grecque n’a pas été à la hauteur et à temps pour empêcher la ruine du pays, celle du cirque de Bruxelles ressemble à la barbe du Père Noël !

      Si quelqu’un croit encore que les scrutins du leurre démocratique peuvent restaurer des pays dissous, ils se goure profondément ! Il ne reste qu’une seule solution aux pays morts sous les gouvernances de la corruption généralisée et de l’anarchie : Faire table rase de tout, récupérer tout l’argent volé où qu’il soit, ressusciter l’État et ses institutions mais surtout rester sourd aux sirènes criminelles du FMI et de Bruxelles !


      • Le421 Le421 30 décembre 2014 17:37

        Là, ça merde grave !!
        Tout le monde se bat pour qu’à la limite, si extrêmes il doit y avoir en Grèce, ce serait mieux coté « Aube Dorée »...
        Et v’la t-y pas que ce sont ces abrutis de gauchos de pacotille de Syriza qui seraient en tête !!
        Attends voir. Tout le monde va s’y coller. Le FMI, Merkel, Juncker, Moscovici et même si il faut, on enverra Attali et Estrosi... Ca va chier, je vous le dis !!

        Hé, tu vois pas que Tsipras soit au pouvoir et envoie péter tous les crânes d’œufs de Bruxelles !!
        Pire !! Que la Grèce se refasse une santé... A bouffer de la moussaka toute la journée cette histoire !!
         smiley


        • franck milo franck milo 30 décembre 2014 20:32

          La moussaka avec des aubergines de « Hollande » ??
          Si j’ai mis une majuscule, c’est pour le pays d’origine.

          http://www.lepiceriederungis.com/legumes/legumes-fruit-aubergine-courgette-poivron-tomate/aubergine-graffiti-hollande


        • Samson Samson 31 décembre 2014 16:24

          Et c’est, comme par hasard, le moment choisi par Peter Praet, économiste en chef de la BC€, pour nous mettre en garde contre la montée des « popullismes » dans un journal allemand.
          « La montée du populisme devrait être un signal d’alarme. Les gouvernements doivent donner la priorité aux décisions politiques difficiles et mener à terme les réformes si nécessaires »
          http://www.lalibre.be/actu/international/la-bce-met-en-garde-contre-la-montee-du-populisme-en-europe-54a3bbaa3570e99725410ddf

          On arrive à l’os et la colère gronde : la seule solution consiste donc pour nos €urocrates à enfoncer plus encore et plus rapidement le clou.

          Bien que - grâce soit rendue à la Pensée Unique - la Démocratie en €urope se réduise le plus souvent à une bien triste mascarade, elle semble encore apte à réserver quelques surprises désagréables à nos maîtres. Faute donc de pouvoir directement éliminer cette « plèbe » désargentée et affamée de leur fait, suggérons à Mr Peter Praet et autres laquais à la botte d’officiellement décréter l’abolition de ces rituels démocratiques surannés mais aux effets parfois embarassants pour nos « sages » décideurs.

          Meilleurs vœux de succès à Siriza, Podemos, ... et autres acteurs solidaires visant à mettre fin au malheur et au pillage qui nous frappe ! Bonne année 2015 à toutes et tous smiley


          • zygzornifle zygzornifle 5 janvier 2015 08:47

            c’est aux grecs de reprendre leur destin en main et pas cette europe parasitaire


            • zygzornifle zygzornifle 6 janvier 2015 09:17

              La démocratie est anti-européenne .....

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