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En Grèce, la démocratie se cherche un nouveau souffle

Les urnes helléniques ont parlé. "Un vote de désespoir" comme le confiait au Monde Antonis Manitakis le ministre de l'intérieur grec. La victoire de la coalition pro-européenne relève plus d'une peur des conséquences d'une sortie de la zone euro que d'un réel attachement à l'UE. Ces élections législatives ont permis de gagner du temps mais pas la guerre. Si les malheurs d'aujourd'hui trouvent leurs origines dans le délitement d'une société grecque marquée par le népotisme, la corruption et le clientélisme, la prééminence des milieux financiers sur les Etats constitue la partie immergée de l'iceberg co-responsable du naufrage.

Car la crise des dettes publiques est aussi celle d'un système démocratique essoufflé, resté au milieu du gué de la construction européenne. Il n'y a pas eu en l'espèce de transfert de souveraineté des Etats vers une entité supranationale mais une perte en ligne pure et simple au profit d'une technostructure, la Commission, érigée en temple de l'ultra-libéralisme et de la dérégulation. Or on voit aujourd'hui où conduit la perte du droit national à battre monnaie au bénéfice d'une banque centrale européenne indépendante de tout contrôle politique. Que peuvent faire dans la tempête des Etats manchots, amputés de leur bras financier quand l'élargissement à tous crins a rendu impossible au-dessus toute prise de décision ?

D'économique, le chaos peut basculer à démocratique. Quelle liberté dans le choix entre une cure d'austérité sans précédent et une faillite synonyme de ruine ? A force d'écraser les peuples et de leur affirmer que la puissance publique ne peut rien contre les banques et les marchés, on prend le risque de voir fleurir les nationalismes et leurs dérives. L'émergence d'un parti néo-nazi en Grèce est loin d'être anecdotique. Ses 24 députés au parlement d'Athènes attestent que le mouvement n'est ni d'humeur ni folklorique.

La faiblesse du personnel politique grec ne doit pas occulter la médiocrité des dirigeants européens. A défaut de bouclier protecteur, l'Europe est désormais perçue comme un glaive au service de l'usurier. Au passage, le sentiment d'appartenir à une communauté de destin continentale s'étiole. Reste alors le repli et la nostalgie sur des heures de gloire et de bonheur perdues. Dans ce contexte si le déroulement pacifique d'élections dans un pays à genoux doit être salué il convient de garder à l'esprit que rien n'est acquis, surtout pas le mince vernis démocratique. Ventre affamé, dit-on, n'a point d'oreilles.


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7 réactions à cet article    


  • cslaoui cslaoui 19 juin 2012 16:37

    Bonjour L’auteur,

    Je vous cite : "La victoire de la coalition pro-européenne relève plus d’une peur des conséquences d’une sortie de la zone euro que d’un réel attachement à l’UE« 

    Je vous invite à visionner cette remarquable conférence : »Faut il avoir peur de sortir de l’euro ?"


    • momo momo 21 juin 2012 13:29

      Les grecs ont eu peur de sortir de l’Euro. Qu’ils en assume les conséquences et payent. Pareils pour les français qui ont mis par lâcheté un européiste au pouvoir... quoique moins pire que l’autre européiste du 2ème tour.

      Le Suffrage Universel, c’est donner la majorité aux lâches, comme à Munich en 1937. 


    • emphyrio 19 juin 2012 17:57

      Ceux qui s’accrochent à l’Europe ont tellement à perdre. Leur emprise médiatique, leur domination sans partage sur l’appareil représentatif des états les conduit à exercer un terrorisme intellectuel sans mesure à l’encontre des peuples. Comment ne pas être étonné de l’absence de tribune et de débats dans des moments aussi cruciaux ? C’est bien la preuve que nos sociétés vivent sous une dictature douce, dans le consentement béat aux dogmes libéraux.


      • ZEN ZEN 19 juin 2012 19:26

        A lire, éventuellement, pour redresser une vision simpliste


        • CHIMERE 20 juin 2012 20:10

          Redressons quelques idées simplistes : Goldman Sachs est à la manœuvre depuis le début !


          GS dirige la BCE,indépendante des démocraties mais sous la férule des BANKSTERS !

          Lesquels banksters pourraient un jour découvrir le goût du chanvre !

        • platon613 19 juin 2012 22:26

          A lire /

          La Grèce et l’Egypte : Entre dictature et révolution

          Et si une nouvelle fois on n’arrivait pas à former un gouvernement en Grèce ? Et si les Egyptiens avaient vraiment voté pour les Frères musulmans ? La crise grecque pourrait faire chuter la cote de popularité d’Obama, alors qu’il reste peu de temps avant la présidentielle de novembre. Quant à l’Egypte, vous n’allez pas le croire, mais sur les sites de la presse américaine, on entend dire : "Comment les Etats-Unis ont-ils pu permettre un tel chaos en Egypte où régnaient les alliés des USA ? Il faut destituer Obama !"

          http://www.news26.tv/phil-rel/2047-la-grece-et-legypte-entre-dictature-et-revolution.html


          • mortelune mortelune 20 juin 2012 14:15

            Les européens ont appris à vivre avec le crédit et à en accepter les règles. Aveuglés par la peur de ne plus pouvoir consommer ils se jettent dans la gueule de ceux qui les dévorent.

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