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Erasmus coûte-t-il si cher ?

Le plus célèbre des programmes européens, qui vient de fêter son vingt-cinquième anniversaire, est menacé par les restrictions budgétaires.

Erasmus n’est pas menacé de disparition : depuis le cri d’alarme lancé le 1er octobre par le président (français) de la Commission du budget du Parlement européen, Alain Lamassoure, les responsables communautaires s’efforcent de rassurer universités, étudiants et professeurs.

Non, Erasmus n’est pas en cessation de paiement malgré les difficultés rencontrées pour boucler le nouveau projet de budget 2013 du Fonds social européen (FSE) qui le finance. Et oui, ce programme créé en 1987 – il a fêté ses 25 ans en septembre – fait partie des actions prioritaires de l’Union européenne (UE). Pourquoi tant de craintes alors ? La raison, évoquée à juste titre par Alain Lamassoure, est d’ordre budgétaire. Alors que les étudiants des vingt-sept pays de l’UE et des quelques Etats partenaires (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein, Croatie, Turquie) viennent d’effectuer leur rentrée universitaire, une nouvelle impasse se dessine à Bruxelles.

Le programme, dont la gestion est déléguée dans chaque pays à une agence spécialisée, s’appuie sur un financement de 450 milliards d’euros du FSE. Lequel regroupe environ 10 % des dépenses annuelles de l’Union. Or, s’il est amputé d’une partie de ses crédits, le FSE doit revoir ses actions à la baisse : "On doit toujours se méfier des calculs comptables”, explique un spécialiste des questions budgétaires au Parlement européen. "Sur le papier, Erasmus est intouchable. Mais s’il faut réduire partout, les universités seront, elles aussi, touchées.”

L'Auberge espagnole

La force d’Erasmus, à l’évidence, est son aspect symbolique et son bilan. Coté symbole, le film de Cédric Klapisch, L’Auberge espagnole, a tout résumé en 2002 : une occasion inespérée d’échanges entre étudiants de tout le continent, sur fond de dolce vita, de métissage culturel et d’éloge de la connaissance partagée. Côté chiffres, trois millions d’étudiants ont, depuis vingt-cinq ans, réalisé un séjour à l’étranger grâce aux bourses Erasmus d’un montant moyen de 400 euros par mois, preuve de la forte adhésion populaire à ce système. Un vecteur unique, pour les Vingt-Sept, de transmission des valeurs communes et de créer un "espace public européen".

L’autre vertu d’Erasmus, jugent ses défenseurs, est son coût modique. Que pèse son budget annuel de 450 millions d’euros face aux… 55 milliards d’euros annuels de la politique agricole commune qui, à elle seule, représente 40 % du budget total de l’UE ? Pour prendre des chiffres comparables, quid du coût des déplacements annuels des eurodéputés entre Bruxelles et Strasbourg, estimé à 200 millions d’euros (si l’on ajoute les coûts de transport à l’entretien du siège alsacien, utilisé une semaine par mois) ?" Tout joue en faveur du maintien de ce programme communautaire, mieux, de son expansion. Le contraire serait plus qu’une erreur politique : une erreur stratégique", estimait récemment l’ancien vice-président de la Commission européenne, Etienne Davignon. "Erasmus a créé la première génération de vrais Européens", affirmait, lors de la commémoration organisée en septembre, l’écrivain italien Umberto Eco.

Sauf que la crise de la dette, l’austérité budgétaire, la baisse généralisée des crédits sont passés par là : "Nous attendons un arbitrage pour les financements des bourses Erasmus de 2013. Je ne vois pas comment ils pourraient contredire la volonté générale de soutenir la formation", explique Antoine Godbert, responsable de la structure qui les attribue en France. Tout en confirmant "ne pas avoir de garanties"…


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4 réactions à cet article    


  • Alren Alren 10 mars 19:31

    Les jeunes, étudiants ou non, aiment, aujourd’hui comme hier, voyager, découvrir des pays nouveaux.

    De plus, cela fait toujours bien sur un CV (du fait du snobisme des employeurs) ou sur une lettre de motivation de pouvoir dire qu’on s’est émancipé du cocon familial en allant étudier à l’étranger.

    Comme de plus la bourse d’études est intéressante, ils tentent l’expérience même si sur le strict plan de la formation, leur année à l’étranger ne leur apporte pas grand-chose de plus que ce qu’ils auraient obtenu dans leur pays d’origine, excepté peut-être pour les langues.

    Ces étudiant(e)s sont hermétiques à l’idéologie européiste qui a fait desserrer les cordons de la bourse à l’UE souvent bien pingre, cette idéologie ’’fédéraliste’’ visant à abroger les souverainetés nationales qui vient se heurter de plein fouet au refus, surtout allemand, d’une harmonisation des législations fiscales et sociales.


    • Ar zen Ar zen 11 mars 09:03

      Pourquoi la Croatie est-elle citée entre paranthèses, comme la Suisse et la Norvège (pays n’appartenant à l’UE) ? Elle fait pourtant bien partie de l’UE.

      Quel est le pourcentage d’étudiants de l’UE ayant accès au programme « Erasmus » ? Avez vous la réponse ?


      • fred.foyn Le p’tit Charles 11 mars 09:07

        Erasmus est un grain de sable dans l’univers...Une entreprise de l’UE pour faire avaler les couleuvres de Bruxelles...Le ’passe-porc" des incompétents pour cacher leurs turpitudes...


        • BA 11 mars 19:03

          Vendredi 11 mars 2016 :

          Face à l’arrivée des migrants, tous les pays d’Europe centrale ont décidé de reprendre le contrôle de leurs frontières nationales.

          Même les pays scandinaves renforcent leurs frontières pour bloquer l’arrivée des migrants.

          http://www.lesechos.fr/medias/2016/03/06/1204963_refugies-les-europeens-essaient-de-barricader-leurs-frontieres-web-tete-021745104490.jpg

          Chaque pays ne pense qu’à se protéger.

          Chaque pays n’a qu’un seul instinct : l’instinct de survie.

          Cette carte ci-dessus, c’est la carte de la mort de l’espace Schengen.

          Il n’y a pas d’espace Schengen.

          Il n’y a pas d’Union Européenne.

          L’Union Européenne, c’est un rêve rêvé par les doux rêveurs.

          Ce n’est pas une réalité.

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