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Accueil du site > Actualités > Europe > Erasmus est un échec. (Deuxième partie)

Erasmus est un échec. (Deuxième partie)

1. Résumé de la première partie :

Erasmus est un relatif insuccès en France, ce qui est confirmé par le fait que les bourses n’ont pas toutes trouvé preneur.

Il existe certes de nombreux et sincères témoignages favorables, enthousiastes même, mais cela serait également le cas avec de nombreuses activités, à l’âge des découvertes, qu’il s’agisse de plongée sous-marine en Grèce ou de randonnée polyglotte sur la route de Compostelle.

Un tel programme, coûteux et complexe à organiser, qui utilise une partie des ressources administratives et financières des universités, devrait être évalué sur des critères techniques tels que l’apport aux étudiants dans leur domaine professionnel et/ou en langues étrangères, niveau avant et après.

D’ailleurs, d’autres témoignages vécus signalent les défauts inhérents au système lui-même, comme sur ce blogue, favorable à Erasmus mais lucide :

« Le grand point noir du programme Erasmus, paradoxalement, c’est le communautarisme. Les étudiants Erasmus forment une véritable communauté dans leur ville ou leur campus d’accueil. Leur origine européenne, intra-l’UE mais pas seulement (Suisse, Turquie, Norvège), est un premier facteur de rapprochement. Le problème de la langue est vite résolu au sein de la communauté : l’anglais est la langue Erasmus, maniée avec plus ou moins de talent selon le pays d’origine, mais toujours la base de toute communication.
(...)
Pour ce qui est des cours, il faut faire la distinction entre deux types de séjour Erasmus : ceux dans lesquels les cours sont donnés dans la langue du pays (le cas en général en Allemagne, en Espagne, en France, en Italie et en Angleterre) et les autres, où les cours sont dans l’immense majorité des cas dispensés en langue anglaise (pays d’Europe Centrale et Orientale, pays d’Europe du Nord). Dans les premiers, les étudiants Erasmus suivent les cours des étudiants locaux et sont donc amenés plus facilement à les rencontrer. Mais dans les seconds, il arrive fréquemment que les cours en anglais soient préparés pour les Erasmus. Ainsi un Erasmus peut suivre deux semestres dans son pays d’accueil sans jamais travailler avec un étudiant du cru.
(...)
Mais dans les pays de l’Est ou les pays scandinaves, malgré des cours de langue locale subventionnés par l’UE, les Erasmus, qui ne sont pas forcés de suivre ces cours, n’acquièrent qu’une connaissance partielle et insuffisante de la langue locale, limitant leurs chances de s’intégrer.
(...)
L’état d’esprit de la communauté Erasmus est également un facteur majeur de ce fort communautarisme caractérisé par une intégration très forte en interne, et un décalage net entre la communauté et le contexte social.
(...)
Mais aux bornes de la communauté, la magie n’opère plus. La profusion de bons sentiments passe peu au dehors de ses frontières. Nombreux sont les Erasmus revenant de leur séjour avec très peu de connaissances linguistiques, historiques ou culturelles sur l’endroit où ils ont vécu. Une minorité d’entre eux, lorsqu’ils ont séjourné dans un pays où la langue n’était pas celle de leur enseignement, rentre en gardant des contacts avec des locaux.
(...)
Pour tous ceux qui ont participé à l’aventure Erasmus, nous savons que la partie académique est loin d’être, in fine, ni la plus enrichissante, ni la plus mémorable. »

En outre, Erasmus n’est accessible pour l’instant qu’à une infime partie des étudiants (à peine quelques pour cent). Avant d’en exiger l’extension, la moindre des choses serait d’en faire une évaluation objective.

2. Le sursaut

Vous pensiez peut-être que l’UE allait admettre une erreur ou un échec ? C’est mal connaître les eurocrates, qui ne doutent jamais d’être les nouveaux Messies chargés de guider les nations fatiguées vers des lendemains libéraux et fédéraux.

En premier lieu, même si Mme Pécresse s’est laissée aller, dans un moment de petite forme européenne, à parler d’échec, il fallait relativiser : un verre est à moitié vide ou à moitié plein, c’est bien connu. Erasmus n’est donc pas un échec, mais un succès relatif !

On a donc conclu qu’il fallait le renforcer ! Mieux : qu’il fallait le diversifier, l’adapter à tous les métiers, à toutes les populations, au point que chaque maman d’un nouveau-né, en choisissant le prénom de son bébé, se dise : « Tiens, et si on l’appelait Erasme, Erasmus, ou encore Erasmussen ? »

Une stratégie à plusieurs étages avait été depuis longtemps mise en place : faire mousser le film de Cédric Klapish « L’auberge espagnole », où tous les étudiants discutent de sexe et d’amour en anglais à Barcelone, créer des sites Internet pleins de témoignages favorables, et surtout pimenter l’ensemble d’utiles précisions sur les fêtes Erasmus...

Faire savoir que les étudiants Erasmus en connaissent un rayon question java, nouba, teufs et autres afters...

Ou encore communiquer sur les Erasmus-party in Paris.

C’est de la « comm. » veille comme les vestales de l’antiquité, mais c’est du sûr...

3. L’explosion : étendre le concept à toutes les professions.

La police fut choisie pour ce premier essai hors milieu universitaire, et l’Erasmus policier fut lancé avant l’été 2008 :
On imagine les sarcasmes : ces policiers-touristes, hors de leur juridiction et même de leur pays, seraient-ils autorisés à porter une arme ? Si non, porteront-ils un pistolet en plastique pour préserver la dignité de la fonction ? Ou un pistolet à bouchon (dont la flottaison est meilleure) adapté aux interventions maritimes ? Il fut donc décidé qu’ils ne porteraient pas d’armes et feraient équipe avec les locaux.

Tout le monde allait faire de l’Erasmus, vendre de l’Erasmus, partout, dans toute l’Europe !

Après les policiers, les militaires - pas de jaloux !

« Le Conseil européen a adopté lundi une déclaration lançant l’initiative européenne pour les échanges de jeunes officiers, sur le modèle du programme universitaire Eramus. Dans un communiqué, la présidence française de l’UE précise que ces échanges ont vocation à "renforcer l’interopérabilité des forces et de développer la culture européenne de sécurité et de défense". Les officiers concernés pourront "suivre une partie de leur formation dans un autre Etat membre". »

Il semble même que cette brillante idée soit française :
« Europe : Paris propose un Erasmus militaire
(...) Elle pourrait aussi confirmer le lancement, le 16 décembre à Coëtquidan, d’un tel Erasmus qui fera, assure le général de Lardemelle, « émerger compréhension mutuelle et partage de valeurs communes, c’est-à-dire une culture européenne ».

« Enfin, la France veut promouvoir des projets favorisant l’émergence d’une culture commune comme des échanges de formation des officiers, sorte d’ERASMUS militaire, ou la création d’un Collège européen de la Défense. »

Etant donné que l’Otan et Eurofor sont anglophones, que nos soldats ont fait un stage d’anglais avant de partir pour l’Afghanistan, on devine quelle sera l’orientation culturelle de l’Erasmus militaire.

Une fois les forces de l’ordre « érasmées », on créa l’Erasmus des apprentis :
« Promouvoir l’apprentissage et encourager la mobilité des apprentis en Europe »

On a failli avoir un Erasmus des handicapés, mais ça a été noyé dans le projet des apprentis - les handicapés, ce n’est pas assez glamour pour Erasmus ?

On a même les domaines Erasmus (en haut, sous le titre relations internationales)

On avait déjà, of course, pléthore d’ Erasmus Busines Centers

Des « Architecture and Spatial Design ERASMUS partners »

Passons sur les innombrables schools, instituts, et autres centres Erasmus.

Marosa Montañés Duato, présidente de l’association des femmes journalistes de la Méditerranée, à Valence, a déclaré, très en phase avec l’UE :
« On devrait inventer un Erasmus pour les journalistes. »

Erasmus, c’est même, selon le site Euractiv, la « baguette magique d’une Europe en marche »

D’ailleurs, je vous l’avoue, moi qui suis hype, branché comme pas possible, j’ai déjà un boucher Erasmus, une concierge Erasmus, un colocataire Erasmus, nettement moins intello qu’Erasme, mais par contre une concubine Erasmus qui voit en moi, elle aussi, « la baguette magique d’une Europe en marche »... Pour transporter en boîte mes deux colocs Erasmus, mon garagiste Erasmus m’a conseillé une voiture assemblée en Pologne par des ouvriers marocains délocalisés en Roumanie.

Ai-je besoin de préciser que nous ne mangeons pas bio (c’est déjà dépassé, ringard), nous mangeons Erasmus ! Si vous n’être pas encore dans le buzz, je vous explique : il faut que chaque plat provienne d’un pays différent de l’UE, par exemple une entrée de tapas, suivies d’un bigos (sorte de ragoût polonais, chou et viande) ou d’un bacalhau (morue à la portugaise), des knedliki (boulettes tchèques et slovaques), et en dessert un pudding, un semifreddo italien ou une brioche hongroise, le kürtőskalács. La classe !
Sous peu, tous les restos branchés auront leur menu Erasmus !
Et nous ne mangeons que des fruits transportés par des chauffeurs routiers Erasmus - vachement plus mobiles que les autres, les fruits sont plus frais.

4. L’UE, ou l’obsession de la mobilité

« À l’issue d’un appel d’offres lancé au début de 2008, l’institut ERICarts (European Institute for Comparative Cultural Research) a été sélectionné par la Commission européenne pour réaliser une étude. A cette fin, cet institut a collaboré avec une équipe composée de six experts expérimentés et de 38 correspondants nationaux. (...) L’équipe a développé une classification des principaux types de mesures et des objectifs de la mobilité et, dans la mesure du possible, a évalué leur impact et leur efficacité. (...) Cette étude présente également un certain nombre de recommandations concrètes aux acteurs nationaux et européens quant à la manière d’améliorer la mobilité des artistes et des professionnels de la culture. »

L’UE, c’est aussi l’usine à gaz, la machine à produire des rapports et à faire vivre des instituts...

Comme nous l’avions indiqué sur un autre article, les véritables préoccupations de Bruxelles étaient déjà explicites dans un avant-propos de Leonard Orban, commissaire au multilinguisme :

"Je suis très heureux de vous présenter cette sélection de projets européens de toute première qualité qui stimulent l’apprentissage des langues et la diversité linguistique. L’aptitude au multilinguisme aide à édifier des ponts entre les peuples et les cultures. Il contribue à la légitimité, la transparence et la démocratie du processus d’intégration européenne. Il encourage la mobilité de la main-d’œuvre, améliore l’employabilité et favorise la compétitivité. Il stimule la tolérance et l’inclusion sociale."

Les maîtres-mots de l’UE sont la mobilité des travailleurs, l’employabilité, la compétitivité, enjolivés de tolérance et d’inclusion pour faire passer la pilule de la dérégulation sociale, de la compétition à outrance et de la libéralisation des services publics, idéologie dont l’anglais lingua franca est la colonne vertébrale.

Le reste, les nobles motifs que sont le développement personnel, la fabrication de quelques Européens convaincus et la découverte des autres cultures, ne sont que les alibis culturels d’une mobilité souhaitée avant tout par les entreprises.

5. Et demain ?

Erasmus est donc devenu un label, voire une tarte à la crème ; il est partout, même sans aucun rapport avec les langues étrangères :
« Jeunes Européens - France : Mettre en place un Erasmus de la solidarité »

Mais ce n’est pas assez ; comment avancer toujours un peu plus vers un monde d’Européens polyglottes et vibrionnants ?

Eh bien, nous avons eu vent d’un incroyable projet, audacieux, rassembleur, mais également coquin, voire osé, qui va faire d’Erasmus le symbole éternel de l’Europe : « l’Erasmus de la fécondation » !

L’idée est née du succès rencontré par l’Erasmus policier - la plupart des commissariats ont spontanément proposé d’accueillir des policières Erasmus : "Des policières passent plus facilement inaperçues dans notre station balnéaire, et la surveillance de nos plages en est facilitée", nous a écrit un commissaire qui a souhaité rester anonyme et insistait sur l’excellence de ses locaux pour le personnel féminin. De nombreux candidats (et candidates) ont précisé qu’ils acceptaient les postes des stations nudistes. Certains ont postulé pour Djerba, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée... des visionnaires.

Certes, quelques pays furent un peu choqués par l’idée. En Pologne, de nombreuses personnes pensent qu’envoyer des gens mariés surveiller des plages où le monokini est roi et la drague intense, serait favoriser l’adultère. L’UE ne devrait-elle pas légiférer sur la taille des bikinis, comme elle l’a fait pour le poisson ?

Nous ignorons combien de ces policiers et policières Erasmus trouvèrent un conjoint dans le pays d’accueil (statistiques indisponibles) ni s’ils eurent un enfant. Mais l’idée était née qui allait sauver Erasmus et l’UE : ce qui déclenche l’enthousiasme européen, ce n’est nullement l’apprentissage des langues, laborieux, exigeant et décourageant, mais tout simplement le plus vieux ressort du monde : le sexe ! Il fallait faire l’Erasmus du sexe !

Mais il fallait aussi lui trouver un nom plus politiquement correct qu’Erasmus du sexe, du cul ou de la baise...

Le nom n’est pas complètement arrêté, ce sera l’Erasmus de la fécondation, ou l’UCE, l’Union charnelle européenne.

Bien que tous les détails ne soient pas encore finalisés, les grandes lignes en sont connues :

Tout d’abord, le coeur de cible, c’est la jeunesse. Certes, l’UE n’a rien contre les rapports sexuels après trente-cinq ans, mais il est scientifiquement prouvé que les jeunes sont les parents de demain ! Ce sont eux qui présentent la meilleure probabilité d’engendrer de petits Européens :

"Recommandation du groupe d’experts : faire des périodes d’apprentissage à l’étranger la règle et non l’exception (...) Il recommande d’élargir considérablement l’éventail de possibilités de mobilité dans l’apprentissage offertes non pas uniquement aux étudiants mais aux jeunes en général, y compris, par exemple, les apprentis, les élèves du secondaire, ainsi que les jeunes chefs d’entreprise, artistes et bénévoles. (...) - pour favoriser la mobilité."

Chypre, symbole de rancœurs ethniques et territoriales d’un autre âge, sera transformé en île de la tentation européenne (elle a déjà une grosse expérience dans l’accueil et l’animation des fêtards), devenant ainsi un lieu paradisiaque où se mêlera l’élite européenne de demain.
Chypre réunifiée, en accueillant sur son sol fertile l’Erasmus de la fécondation, fermera une page sombre du passé tout en se tournant vers un avenir européen !

Car si l’école a échoué à fabriquer des Européens polyglottes et mobiles, gageons qu’un Erasmus de la fécondation aura toutes ses chances ! L’amour de son prochain de sa prochaine européenne, n’est-il pas le fondement cathodique de l’UE ? Qui ne voudrait savoir ce que 27 langues œuvrant en commun dans la recherche du bonheur peuvent accomplir comme miracle ?

Nul doute que l’Erasmus de la fécondation ne donne naissance à de nombreux petits Européens. Les scientifiques consultés assurent que les spermatozoïdes des grands Européens en frétillent par avance.
On prévoit déjà que les candidats seront nombreux, mais l’Erasmus de la fécondation ne sera en fait pas coûteux : les hommes ayant déjà deux bourses qui leur appartiennent en propres, seules les candidates femmes devraient être boursières.

En outre, cerise sur le gâteau, les enfants qui naîtront de ce programme seront probablement bilingues de naissance, mobiles parmi les mobiles puisque ayant de la famille dans deux pays, voire trois ou plus en cas de partouze... Ils parachèveront en beauté le grandiose rêve de la construction européenne.

L’UE du futur sera peuplée d’Européens voyageant de pays en pays, qui formeront ainsi un nouveau peuple de gens du voyage.

Les gitans avaient probablement pressenti la construction européenne, mais leur relative propension à rester entre eux les avait mis un peu à part. Disons qu’ils ont montré le chemin.
Peut-être les anciens gens du voyage et les nouveaux se croiseront-ils sur les routes de l’Europe moderne ? Prélude à une réconciliation entre deux modes de vie souvent antagonistes ?

Le Parlement européen ne saurait rester immobile devant ses citoyens si mobiles. Il est donc d’ores et déjà envisagé un Parlement itinérant, composé d’une petite centaine de mobilhomes en convoi, qui planteraient les yourtes chaque soir dans une ville ou un village différent, un retour à l’agora, réalisant enfin le rêve d’une vraie démocratie participative (car les citoyens locaux participeraient avec enthousiasme à l’installation des tentes), ainsi qu’au démontage.

Conclusion

Nous espérons vous avoir convaincus que les programmes Erasmus, loin d’être des échecs, portent au contraire en germe l’avenir de l’UE. En fait, l’ouverture aux autres et la construction européenne sont les principaux arguments mis en avant par ses défenseurs, que le niveau d’étude avant/après, ou en langues étrangères, ne préoccupe pas plus que ça.

Comme le montre le témoignage d’un ancien membre, grec francophone en Hongrie, c’est très utile pour perfectionner son anglais :
« J’aime particulièrement cette ambiance Erasmus. Nous partageons tous le même moyen de communication, l’anglais. Cela aide vraiment chacun à montrer sa personnalité aux autres. »

D’autre part, Erasmus, en subventionnant la mobilité sexuelle et le brassage intime des citoyens de toute condition, permettra la procréation d’authentiques vrais Européens, qui auront dans leurs gènes la mobilité et le polyglottisme prônés par la Commission !

Seuls de vils nonistes (ou doutistes dans notre cas) oseraient suggérer qu’avant d’étendre Erasmus à tous les étudiants (4% maxi actuellement, et combien la facture au final ?), on pourrait en faire une évaluation objective.

Mais faire cette remarque, c’est un peu comme cracher sur le Parlement européen, car il semble que les motifs d’ouverture aux autres cultures et de construction européenne l’aient rendu sacro-saint, intouchable : Erasmus est devenu une icône européenne ! Il est même étonnant que critiquer Erasmus ne soit pas déjà un délit ! Bon, je vous laisse, je crois que les gendarmes sonnent à ma porte.

(Nota : cet article est d’une mauvaise foi éhontée, seuls les faits sont authentiques, hormis l’Erasmus de la fécondation. Quoique...)


Moyenne des avis sur cet article :  2.37/5   (38 votes)




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240 réactions à cet article    


  • Muadib 19 janvier 2009 10:56

    Article totalement déconnecté de la réalité qui mélange aversion envers l’anglais et programme de mobilité pour étudiants.

    Car, au cas où l’auteur ne l’aurait pas remarqué, le mot "mobilité" est écrit en toute lettre dans les objectifs du programme Erasmus.

    Il ne s’agit pas d’une sorte de complot politoco-europo-entrepriso-maconno-eurocrate destiné aux entreprises.

    Mais soit, commençons par le début :


    - Comparer un programme de mobilité universitaire avec de la plongée sous-marine est d’une absurdité sans nom. S’il existe une partie "amusement" dans ce type de programme, elle n’est que l’équivalent de la partie "amusement" qui existe lorsqu’on va à l’université, que l’on prend un appartement sur le campus,...
    L’auteur place ce parallèle en oubliant de préciser qu’Erasmus ou pas l’université reste aussi un endroit où s’amuser.
    Peut-être parce qu’on est pas encore un vieux con aigri... (Tout lien avec l’auteur serait purement fortuit)


    - L’evaluation du programme Erasmus doit sans doute être amélioré. Même si on peut raisonnablement penser que les résultats sont positifs vu que les principaux concernés ont un avis globalement positif sur le sujet. Seul le côté financier ( bourse) et administratif pose réellement problème dans certains cas.
    Quant au niveau de langue, partir six mois dans un pays étranger est bien plus bénéfique que de recevoir 4h langue_x/semaine pendant 6 ans.
    Qu’attend-on pour supprimer cet enseignement inutile ? Ne vaudrait-il pas mieux regrouper toutes ces heures de langue sur 2-3 semaines et envoyer l’élève en immersion ?

    Non bien sûr, attaquons-nous au programme Erasmus qui propose d’immerger un étudiant dans un environnement hostile et peu familier où il sera obligé de parler une autre langue et de se débrouiller quelque peu.


    - L’argument du communautarisme : Il est réel, en effet. Souvent provoqué par les infrastructures universitaires qui ont tendance à regrouper les logements Erasmus. ( Au dannemark notamment où un campus était reservé à loger les erasmus). Cependant, ce n’est pas toujours le cas loin de là ( En belgique, lorsque les Erasmus font appel au service de logement de l’université, ils sont très souvent placés au milieu de belges.)
    On pourrait sourire du terme employé.

    Est-ce vraiment un point faible que 13 personnes de nationalité différente soit rassemblée dans la même maison et ait plus tendance à se parler l’un l’autre qu’à parler aux danois dans la maison d’a coté ?
    J’ai du mal à voir en quoi ce "regroupement" entre Erasmus serait malsain. Négatif.

    Mais l’auteur va sûrement nous expliquer cela.

    Au niveau des cours en anglais, je ne partage pas l’avis du commentaire évoqué par l’auteur. Les programmes totalement en anglais proposés dans les pays nordiques sont suivis, en majorité, par des étudiants non-Erasmus. ( Il suffit de consulter la liste des étudiants pour chaque cours, le constat suivra...) Cette politique des cours en anglais n’est pas seulement destiné à attirer des Erasmus. Il s’agit aussi de préparer les étudiants du pays concerné à l’avenir.
    Et les pays nordiques sont très conscient qu’il leur est nécessaire de pratiquer l’anglais, d’autant plus lorsqu’il s’agit de filières scientifiques.


    Je cesse de commenter l’article ici vu que le reste n’est que du vent, sans aucun lien avec ce qu’est réellement actuellement le programme erasmus.
    L’auteur considère qu’il s’agit d’un échec et reproche aux autorités européennes de ne pas l’admettre...alors qu’il est évident que le programme Erasmus dans son ensemble n’est pas un échec. Sauf peut-être en France. Et encore...80% de bourses attribuées, c’est loin d’être une "erreur".

    Donc, pourquoi l’Europe remettrait en cause ce programme alors qu’elle considère qu’il s’agit d’une réussite et que l’auteur n’a que peu d’arguments en faveur d’un échec total : 80% de bourses attribuées en France, témoignage plus que nuancée de quelques intervenants...et c’est tout.

    Ho pardon, j’oubliais. Il y a aussi le complot eurocrate en vue de promouvoir la mobilité des étudiants pour faciliter les entreprises dans leur complot d’ordre économique mondiale destiné à assujettir les peuples libres de la Terre et à les empêcher de découvrir l’effroyable vérité : l’esperanto est la Seule et Véritable langue internationnale.

    Mais ne vous inquiétez pas ! Car le journaliste citoyen, lui, est honnête et droit ! Il vous fera découvrir le chemin de la vérité.

    "cet article est d’une mauvaise foi éhontée, seuls les faits sont authentiques, hormis l’Erasmus de la fécondation. Quoique..."

    Ou pas.


    • Laurent_K 19 janvier 2009 11:41

      Excellent !


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 19 janvier 2009 17:09

        L’Europe a lancé un site Web pour recueillir les propositions des
        citoyens européens en matière économique et social. Cette consultation
        se fait par pays et seules les 10 propositions ayant recueillies le plus
        de vote seront discutées pays par pays puis pour celles retenues après
        cette étape, au niveau européens pour les 270 propositions retenues.

        Dont suggestions pour Erasmus, Espéranto, .....
        Voici le lien pour participer au débat citoyen sur l’avenir économique
        et social de l’Europe :
        http://www.consultations-europeennes-des-citoyens.eu/fr/proposal/2084


      • skirlet 19 janvier 2009 17:47

        C’pas une bande...


      • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 19:49

        Je ferai mon devoir en votant, mais je doute de l’utilité. Les nombreuses et intéressantes réactions internationales sur les forums ouverts par le service du plurilinguisme n’ont en rien changé les mensonges de l’UE sur la question linguistique.

        C’est l’occasion de signaler, pour tous ceux qui s’intéressent au sujet des langues dans l’UE et qui ne connaîtraient pas ces forums officiels de l’UE, que ces deux fils de discussion ouverts par M. Orban il y a déjà un moment, sont très riches, avec de nombreuses interventions dans de nombreuses langues, et tous les points de vue sont représentés, l’espéranto naturellement, mais aussi l’anglais, un plurilinguisme autre comme le latin ou d’autres langues, etc. :

        http://forums.ec.europa.eu/multilingualism/languages-for-young-people/fr/


      • L'enfoiré L’enfoiré 19 janvier 2009 20:16

        @L’auteur,

         Le problème du communautaire, on connait et on en a souvent mare de le subir.
         Il faut passer à Bruxelles et voilà qu’il disparait sur le terrain mais continue à faire transpirer dans tous les médias.
         Comment se fait-il qu’on ait créer l’Europe financière sans penser imposer une seconde langue commune dans tous les pays qui la constitue ? 
         Je me souviens avoir proposé à un de nos nouveaux partis d’oublier notre problème communautaire de la 2ème langue du pays en passant par la transition de l’anglais. Sans réponse. Trop tard, pour apprendre la 2ème langue du pays. Nous sommes à l’échelle européenne et non plus nationale.
         Désolé mais pour la choisir, il y a l’histoire et la pratique. Peu importe le problème politique. Se parler est bien plus important. Quand l’armée européenne se trouve en opération, il s’agit de connaitre cette langue de "passage".
         L’esperanto que j’ai évalué, est sensas dans la vitesse d’apprentissage mais ne fait pas le poids par rapport à l’anglais. Désolé. Avoir tout à traduire en Français pour exister en France tombe dans l’incompréhension. En Belgique, beaucoup d’utilisateurs de l’informatique choisissent la version anglaise. Trop complexe de faire le lien avec les bouquins sur le sujet. 


      • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 19 janvier 2009 21:31

        "je ferai mon devoir en votant,"

        Voter n’est pas un devoir, mais un droit.
        Ce n’est pas une question d’opinion, mais de loi.
        Les gens qui votent par devoir, et pas par conviction, devraient éviter de la ramener.

        Typhon


      • Krokodilo Krokodilo 20 janvier 2009 09:40

        L’enfoiré,
        Ne fait pas le poids par rapport à l’anglais, tu parles du poids politique, je suppose, ou du faible nombre de locuteurs, et c’est exact. Mais si l’on en débattait au sein de l’UE sur des critères techniques, entre autres justement celui de la vitesse d’apprentissage, c’est-à-dire de la possibilité en environ quatre ans d’étude tranquille pour quasiment tous les Européens de disposer d’une langue véhiculaire, il n’y a pas photo. La solution anglais est élitiste, car les décideurs et leurs enfants sont souvent "fluent" dès le lycée, du fait de nombreux séjours et cours de soutien en anglais, et cela rapporte une fortune à la GB par divers mécanismes, tout en maintenant une noblesse de langue, les native english favorisés de différentes façons (embauche, favorisés dans les réunions, etc).
        Un élève de milieu populaire intégré dans un lycée réputé témoignait récemment que les « bourgeois (terme de l’article) étaient souvent très à l’aise en anglais, je n’ai plus la référence de l’article, mais c’est le même lycée et contexte qu’ici :
        http://www.20minutes.fr/article/108455/Paris-Henri-IV-s-ouvre-aux-eleves-defavorises.php
        Croire que l’école pourra compenser cela, comme on le lit dans les médias, est naïf ou hypocrite, sauf à sacrifier sa langue comme la Suède et la Norvège (perte de la langue technique et scientifique faute de l’actualiser).

        « En Belgique, beaucoup d’utilisateurs de l’informatique choisissent la version anglaise. Trop complexe de faire le lien avec les bouquins sur le sujet. »
        Je crois au contraire qu’une langue qui veut vivre doit absolument traduire et actualiser son vocabulaire, pas forcément 100%, mais le plus possible, au moins proposer aux usagers des possibilités, comme partagiciel, courriel, etc ;, certains seront acceptés par l’usage.



      • L'enfoiré L’enfoiré 20 janvier 2009 10:11

        Krokodilo,

        « du poids politique »

        >>> si on parle par l’intermédiaire de l’origine du mot « politique » du grec politikè (« science des affaires de la Cité). Pour organiser la cité et aujourd’hui organiser un continent, il faut autre chose que des à peu près dans une connaissance imparfaite de ce qui s’y passe avec un langage commun.

        La vitesse d’apprentissage n’est rien contre les habitudes, les us et coutumes.

        Une langue se transmet dès les premières minutes de vie du bébé. Il s’en fout le bébé de la langue pratiqué, il est intéressé pour recevoir du lait. Le recevra-t-il avec le gout « milk » ou par du « lakto », bof... Il est prêt à tout et c’est dans ces premières années qu’il aura le plus grand potentiel d’apprendre n’importe quoi. Le Chinois n’est pas facile du tout et pourtant les Chinois, c’est pas des Martiens, ils y arrivent.

        Plus tard, il devra se parfaire la langue du pays avant d’approcher les autres. En finale, il devra commercer avec ces autres. L’anglais est élitiste ? Pour un américain ou un british, pas du tout.

        Le français ne l’est pas plus. La francophonie et son organisation, je suis absolument pour. Perdre l’usage d’une langue est terrible.

        Je dis et je répète, tout citoyen devrais pratiquer 2 langues au moins : celle qui est locale et celle de tous ses voisins.

        J’ai trouvé d’un ridicule la traduction de certains mots techniques à ne plus rien comprendre soit en français ou en allemand, pays qui jouent dans l’exclusivité.

        L’école pourra compenser, évidemment. C’est son rôle. Il n’y a pas que les pays scandinaves qui jouent ainsi. Le pragmatisme existe dans beaucoup de pays dont les Pays-Bas et bien d’autres.

        Commercer dans le monde exige de se comprendre jusqu’aux finesses de la langue.

        Traduire n’est pas un problème quand on pense dans une langue. C’est un stade ultime qui ne marche qu’avec l’habitude et l’immersion. Le franglais est nécessaire dans une première approche.

        L’alphabet est aussi un problème notoire. Avoir des lettres spécifiques comme l’esperanto me dérange par son exclusivité qui ne trouve la réparation que par du logiciel à installer. Des claviers esperanto ?  


      • skirlet 20 janvier 2009 11:06

        Une langue se transmet dès les premières minutes de vie du bébé. Il s’en fout le bébé de la langue pratiqué, il est intéressé pour recevoir du lait. Le recevra-t-il avec le gout « milk » ou par du « lakto », bof...

        Et le bébé qui a reçu son mot en tant que "lait", doit par la suite être considéré comme un sous-homme, juste parce que sa langue maternelle n’est pas l’angliche ?.. Ou vous préconisez que tous les bébés reçoivent leurs premiers mots en anglais, afin de "construire l’Europe" ? Si ma deuxième supposition est bonne, vous me décevez vraiment.

        L’anglais est élitiste ? Pour un américain ou un british, pas du tout.

        Même chez eux c’est un facteur non négligeable. L’accent de Cambridge, d’Oxford... un élément de plus pour la distinction sociale. Et ne faites pas semblant de ne pas avoir compris : l’anglais est une solution élitiste pour les non-natifs, parce que cette langue exige des séjours à l’étranger, les cours particuliers et j’en passe, et même avec tout ça leur niveau ne sera jamais celui d’un natif (sauf de rarissimes exceptions). La populace doit se contenter d’un "basic", juste assez pour piger les pubs.

        Je dis et je répète, tout citoyen devrais pratiquer 2 langues au moins : celle qui est locale et celle de tous ses voisins.

        Ben, pour un Français il faut l’italien, l’allemand, le flamand, l’espagnol, l’andorran, le romanche, l’anglais, l’irlandais. Et puis, il peut parler une langue régionale en plus du français... Ce n’est pas "celle" de tous ses voisins mais "celles" - nuance, comme l’a dit Vassili Ivanovitch. Je doute que cela est possible - dans votre Belgique, depuis des années, il s’est avéré impossible de rendre l’ensemble de la population parfaitement bilingue, sans parler d’un hypothétique octalinguisme smiley

        Commercer dans le monde exige de se comprendre jusqu’aux finesses de la langue.

        Ça c’est certain. Il faut préciser "dans la langue du pays où on veut vendre". Car les tentatives de faire la pub exclusivement en anglais, sous prétexte que "tout le monde le comprend", se sont soldées par un échec cuisant - et il ne s’agit pas de la France.

        Concernant le clavier espéranto, plusieurs solutions existent, bien que je préfère le EK. Par exemple :
        http://ikurso.esperanto-jeunes.org/helpo.php
        http://mslagmulder.free.fr/esperanto/MonClavier.html
        http://fr.lernu.net/komunikado/forumo/temo.php?t=3647

        De ma propre expérience, sous Ubuntu la possibilité d’avoir le clavier Eo est incluse dans le système d’exploitation lui-même.

        Ceci dit, pour taper en français, j’utilise un logiciel supplémentaire, car les claviers ne comportent pas toutes les lettres accentuées, et taper à chaque fois toute une séquence des plusieurs caractères m’agace. Avec ce logiciel, "Ç" majuscule (par exemple) est facile à obtenir.


      • Krokodilo Krokodilo 20 janvier 2009 11:21

        « J’ai trouvé d’un ridicule la traduction de certains mots techniques à ne plus rien comprendre soit en français ou en allemand, pays qui jouent dans l’exclusivité. »
        Les Italiens disent « mouse », les Français « souris ». je maintiens qu’il faut traduire le plus possible, et créer des termes, proposer comme le font surtout les Québécois, après les locuteurs trancheront, l’usage décidera, comme pour courriel qui cohabite avec mail, mais baisser les bras, abandonner, c’ets finir comme le suédois scientifique, c’est-à-dire enseigner en anglais àluniversité !


        « Je dis et je répète, tout citoyen devrais pratiquer 2 langues au moins : celle qui est locale et celle de tous ses voisins. »

        Mathématiquement, ça ne va pas : toutes les langues voisines de la France, plus la langue locale, ça fait presque une dizaine ! En outre, je suis d’accord : et l’espéranto en commun, ce serait aussi du plurilinguisme langue nationale+Eo+ anglais et/ou langue locale et/ou autre langue selon les besoins professionnels ou le contexte familial.

        « La vitesse d’apprentissage n’est rien contre les habitudes, les us et coutumes. »
        Pas d’accord, c’est essentiel pour qu’une langue véhiculaire soit accessible à la majorité. Car la plupart des gens n’ont aucun besoin, je dirais même aucune envie, d’une langue étrangère, Europe ou pas.

        « Une langue se transmet dès les premières minutes de vie du bébé. Il s’en fout le bébé de la langue pratiqué, il est intéressé pour recevoir du lait. »
        Faut-il commencer l’anglais dans la salle d’accouchement ?

        « L’alphabet est aussi un problème notoire. Avoir des lettres spécifiques comme l’esperanto me dérange par son exclusivité qui ne trouve la réparation que par du logiciel à installer. Des claviers esperanto ? »
        Non, ce n’est pas un problème, il suffit d’un minuscule logiciel « Ek » en unicode et on tape les rares lettres spéciales en tapant le x après celles-ci. En français, je ne sais même pas taper le C cédille majuscule… il faut une combinaison de touches.

        « Commercer dans le monde exige de se comprendre jusqu’aux finesses de la langue. »

        A l’heure actuelle, les locuteurs de l’anglais d’aéroport sont à des kilomètres des finesses de l’anglais, beaucoup de cadres répugnent à prendre la parole en anglais dans les réunions parce qu’ils sont conscients de leur véritable niveau.



      • beubeuh 19 janvier 2009 11:55

        Le reste, les nobles motifs que sont le développement personnel, la fabrication de quelques Européens convaincus et la découverte des autres cultures, ne sont que les alibis culturels d’une mobilité souhaitée avant tout par les entreprises.

        Je ne suis pas sûr que la mobilité des étudiants en arts décorartifs spécialistes de la peinture slovaque au 13e siècle soit ardemment souhaitée par "les entreprises"... Pourtant c’est typiquement le genre de mobilité soutenue par le programme Erasmus.
        Il n’y avait de toute façon pas spécialement besoin de ce programme pour répondre à la demande des entreprises en terme de mobilité estudiantine, la plupart des écoles de commerce ou d’ingénieur ayant leurs propres programmes de mobilité. Erasmus n’a fait qu’élargir le spectre de cette mobilité en essayant d’orienter celle-ci vers l’Europe dans sa diversité plutôt que vers l’Angleterre ou les Etats-Unis (qui demeurent le plus grand pôle d’attraction pour les étudiants). La mobilité étudiante est un fait, qui faute d’efforts pour l’organiser de la part de la puissance publique (nationale ou européenne), prend la forme d’une fuite des cerveaux (les grandes universités américaines ayant d’excellents programmes de mobilité pour nos meilleurs étudiants).

        Ce que vous nommez "l’obsession de la mobilité" de la part de l’UE donne des résultats, ne vous en déplaise. Prenez le programme Marie-Curie (le pendant d’Erasmus pour les doctorants) : il a permis un net réequilibrage de l’attractivité européenne pour les doctorants et post-docs et est un instrument très efficace pour l’intégration de la recherche européenne, qui est en passe d’être réalisée pour les sciences "dures". Et je parle bien de recherche publique.




        • Zalka Zalka 19 janvier 2009 11:56

          Et encore, l’auteur ne soupçonne pas à quel point les erasmus restent entre eux. En effet, ils ne se contentent pas de ne pas être en contact avec les étudiants locaux, ils vont également jusqu’à avoir leur résidence étudiante séparée (financés par des banques de la City), leur propre magasins d’alimentations (tenus par la mafia londonnienne), leur prores pub, ainsi qu’une institution judiciaire ayant pour fonction de statuer sur les cas des traitres qui auraient appris trois mots en solvaque ou en letton.

          La semaine prochaine nous parlera du taux de suicides chez les teenagers anglo saxons du à la difficulté de l’anglais, et la semaine d’après, de l’étonnante expérience menée sur des bambins : élevé par des nourrices ayant interdiction de leur parler, ceux ci ont commencé naturellement à s’exprimer en esperanto.


          • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 19 janvier 2009 21:43

            Ce qu’on ne souligne pas assez, c’est à quel point nous sommes victimes du complot ju... heu, angloklaxon.
            Le british council, sous couvert d’être une aimable organisation de promotion de la culture anglaise, est en réalité le bras armé du lavage de cerveau dont nous patissons sur une base quotidienne.

            +1 Zalka...

            Typhon


          • docdory docdory 19 janvier 2009 12:02

             @ Krokodilo

            Ce qu’il faut souligner , c’est qu’Erasmus est un moyen particulièrement retors de faire une sélection par l’argent . En effet , seuls les parents les plus riches ont la possibilité d’envoyer leurs enfants faire des études à l’étranger ( moi même , qui suis dans la classe moyenne , serais dans l’incapacité financière totale d’envoyer mes enfants un an à l’étranger s’ils étaient étudiants maintenant , le problème risque donc, pour moi, de se poser dans environ huit ans ) 
            Avoir sur son CV un an d’études Erasmus, qui sera un plus pour les emplois commerciaux internationaux, permettra aux directeurs du personnel de perpétuer les inégalités de fortune parentales en inégalités d’accès à l’emploi , ce qui bloquera encore plus l’ascenseur social , et permettra encore plus la perpétuation dans les hautes fonctions d’une caste héréditaire de riches .
            Plus ça va , plus on s’aperçoit que l’Europe n’est qu’une usine à gaz inutile et coûteuse , et qui plus est ploutocratique .


            • beubeuh 19 janvier 2009 14:56

              En effet , seuls les parents les plus riches ont la possibilité d’envoyer leurs enfants faire des études à l’étranger

              Comme je l’ai déjà dit en commentant l’article précédent, c’est en grande partie faux. Ou du moins cela dépend du pays de destination, mais la bourse Erasmus est loin d’être négligeable et elle est cumulable avec les bourses d’Etat et les bourses des conseils généraux. Le principal problème est que les aides sont versés avec beaucoup de retard et qu’il vous faut donc souvent avancer les fonds (ce qui est faisable si vous avec un tout petit peu d’épargne).
              J’ai connus des étudiants dont la famille vivait avec un seul Smic espagnol (très inférieur au smic français) et qui sont partis quand même en Erasmus. L
              es aides existent, il suffit de se renseigner.

              Après c’est sûr que si vous comptez envoyer vos enfants à Londres ou à New York, où le coût de la vie est hors de prix, c’est clair qu’il vous faudra avoir des finances solides...


            • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 16:00

              Docdory,
              Tout à fait d’accord, d’ailleurs je suis dans la même situation personnelle et vis-à-vis des enfants (hormis la saison touristique et la PDS, activité modeste, ce qui me laisse le temps de militer !). Vu récemment un article je ne sais plus où, sur un jeune d’origine populaire accepté dans le programme du lycée Henry IV de « pré-prépa », il y est dit incidemment que la plupart de ses condisciples « bourgeois » (terme de l’article) sont fluent english, certains trouvant même tout naturel de se rendre aux USA pour l’intronisation d’Obama au vu de l’importance de l’événement.
              Même si tu ne partages pas mon enthousiasme pour l’espéranto, le fait que les enfants des décideurs et de « l’élite » en général se débrouillent déjà pas mal en anglais est un des facteurs qui expliquent les réticences à en discuter, et une des raisons pour lesquelles on nous construit sans l’avouer une UE anglophone dans toutes les coopérations professionnelles - sauf juridique – pour l’instant…
              Et ce n’ets effectivement pas Erasmus qui va changer cette sélection par l’anglais courant, donc par les séjours linguistiques répétés, ni les stages privés de Darcos qui feront par contre bien marcher le business de l’anglais !



            • beubeuh 19 janvier 2009 16:20

              Votre exemple est très loin du sujet initial (d’ailleurs vous évitez soigneusement de me contredire).

              Que l’anglais soit un critère de sélection pour entrer dans les filières les plus sélectives de l’Education Nationale est un problème franco-français, qui n’a rien voir avec l’Europe !
              Alors évidemment Erasmus ne change rien à cette selection, mais c’est un peu comme déplorer qu’on ne trouve pas de viande à la boulangerie.


            • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 20 janvier 2009 16:15

              " 								Votre exemple est très loin du sujet initial (d’ailleurs vous évitez soigneusement de me contredire).""

              Vous voyez, Kro, je ne suis pas le seul à trouver que vous répondez à coté, voire pas du tout.

              Typhon


            • skirlet 19 janvier 2009 12:23

              En tout cas, l’aspique est toujours dans son obsession smiley


              • ZEN ZEN 19 janvier 2009 12:29

                Bonjour Kroko

                Je viens de me faire soigner récemment à la fac d’ontologie de Lille
                Deux Erasmus Italiens m’ont extrait quelques dents , avec maestria !
                Entre eux , ils communiquaient dans la langue de Moravia...
                Tout s’est bien passé merci !


                • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 16:03

                  Tant mieux. Mais pour suivre leurs études dentaires en français, il devaient déjà être relativement francophones.


                • beubeuh 19 janvier 2009 16:31

                  Donc d’après vous, le programme Erasmus ne sert à rien du point de vue de la défense de la francophonie puisque tous les étudiants qui viennent en France sont déjà francophones ? Il faut d’urgence communiquer cette excellente nouvelle au ministère de l’Education Nationale, pour qu’il abolisse les coûteux et inutiles cours de français pour les étudiants étrangers !


                • gormux 19 janvier 2009 13:00

                  Ca tourne à l’obsession cette aversion pour l’anglais, quand même.
                  Ca en deviens presque lassant...


                  • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 16:02

                    Et l’obsession de la vérité ? Jusqu’à quand cachera-t-on aux gens qu’on construit une UE anglophone ? Hormis le Parlement et quelques documents traduits, tous les corps de métier sauf le juridique (pour l’instant...) coopèrent en anglais.


                  • beubeuh 19 janvier 2009 16:27

                    Je trouve que vous exagérez, personnellement je constate que la part de la documentation technique de la Commission qui est traduite est en nette augmentation.
                    D’autre part j’imagine que la Commission pourrait traduire beaucoup plus de documents mais que cela réclamerait davantage de traducteurs... Pas sûr que le contribuable soit d’accord.


                  • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 16:50

                    Lisez avant de critiquer : je parlais des coopérations professionnelles (aviation, recherche, nucléaire, armée, police, SNCF, enseignement, maritime, etc.), pas des documents sur les sites d’Europa.


                  • skirlet 19 janvier 2009 17:49

                    Effectivement, il faudrait lire d’abord, mais l’aspique se limite à contredire sans apporter de preuves, juste pour se montrer smiley


                  • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 19 janvier 2009 21:39

                    "C’est bref ( !) mais ça équilibre l’avis de la bande à Asp"

                    Alors, les autres, je ne sais pas, mais moi je n’ai aucun avis sur l’article, d’ailleurs, je ne l’ai pas lu. Erasmus, je m’en fous.

                    Par contre, les ad hominem contre le commentateur qui ne partage pas votre avis, "n’équilibrent" rien.


                  • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 19 janvier 2009 21:47

                    Jusqu’à quand cachera-t-on aux gens qu’on construit une UE anglophone ? Hormis le Parlement et quelques documents traduits, tous les corps de métier sauf le juridique (pour l’instant...) coopèrent en anglais.

                    1) personne ne cache rien. On se contente de ne pas le crier sur les toits, pour la bonne raison que cela va de soi.

                    2) Tout le monde, hormis quelques #insérez un substantif de votre choix# de votre espèce, trouve ça parfaitement normal, étant donné que l’anglais est la langue d’échange international.

                    Typhon


                  • beubeuh 20 janvier 2009 11:07

                    Lisez avant de critiquer : je parlais des coopérations professionnelles (aviation, recherche, nucléaire, armée, police, SNCF, enseignement, maritime, etc.), pas des documents sur les sites d’Europa.

                    J’ai bien lu : vous parlez de "construction d’une UE anglophone". Je vous parle donc de ce qui dépend de la volonté politique de la part de l’Union Européenne.


                    Si les revues scientifiques internationales, les militaires de l’OTAN, les professionnels de l’aviation etc., utilisent l’anglais comme langue de travail, cela n’a rien à voir avec l’UE, il me semble.


                  • Krokodilo Krokodilo 20 janvier 2009 11:25

                    Eurofor, ça n’a rien à voir avec l’UE ?

                    In order to redress these incompatibilities, the European Rail Traffic Management System project has been set up to create unique signaling standards throughout Europe.


                  • beubeuh 20 janvier 2009 13:02

                    Vos exemples confirment ce que je dit, Eurofor est une politique intergouvernementale avec très peu de moyens et qui hérite du monopole linguistique construit par l’OTAN.

                    Quand au European Rail Traffic Management System, il s’agit d’une initiative multilatérale qui ne dépend pas de l’UE. Quand aux "signaling standards", il s’agit de symboles qui par définition, ne sont dans aucune langue particulière. Comme le code de la route. Est-ce que vous refusez aussi de vous arrêter quand vous voyez un panneau STOP, parce qu’il s’agit d’un mot anglais ?


                  • Krokodilo Krokodilo 20 janvier 2009 17:08

                    Non, l’UE nous emmène bel et bien vers l’anglais langue véhiculaire :

                    "The findings above bring the European coordinator to formulate recommendations ;(…) Introduce English as "langue véhiculaire" for all services related to port approach and operations."
                    Luis Valente de Oliveira, European Coordinator for Motorways of the Sea – Priority Project 21 (0ct 2008)
                    http://ec.europa.eu/ten/transport/coordinators/index_fr.htm

                    Miliatire et policier :

                    http://www.linguapeace.net/home.html



                  • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 20 janvier 2009 17:21

                    ET ALORS ?

                    Vous proposez quoi comme solution, au bout d’un moment ?

                    Et avant que vous ne vous récriez, en expliquant que vous en avez déjà propsé plusieurs (ce qui, pour une fois, est vrai), apprenez que je parle d’une solution réaliste.
                    Une solution qui ne coute pas plus cher, qui ne nécesite pas d’infrastructure inexistante, qui ne recoure pas à la division par zéro.

                    Bref, une alternative viable. Il en existe peut-être une, mais je ne vois pas laquelle.

                    Typhon


                  • Krokodilo Krokodilo 20 janvier 2009 18:11

                    Malgré les majuscules, ce n’est pas une vraie question, puisque vous reconnaissez connaître ma ou mes propositions (des variantes dans les modalités). Je n’ai pas changé d’avis, vous non plus, et c’est souvent le cas dans les débats, pourquoi donc demander que je répète la même chose ? Peut-être en reparlerai-je dans d’autres articles, pour vous faire plaisir. Je me demande même si je ne vais pas faire un Erasmus troisième partie...


                  • beubeuh 20 janvier 2009 18:17

                    Krokodilo,

                    Votre 2e exemple est particulièrement parlant : la partie "management" du projet en question insiste sur la mise en conformité du niveau de formation des officiers avec les normes OTAN. On voit donc bien qui fixe les priorités.

                    Quand à l’imposition de l’anglais dans les manoeuvres d’approche de port, Winkiesman a raison. Les gens qui prennent la décision d’imposer l’anglais comme langue véhiculaire ont pour mission première d’assurer la sécurité, et ils se tournent donc vers la solution la plus directement opérationnelle pour harmoniser les systèmes de communication. Difficile d’y voir une décision purement idéologique.

                    Mais bon, cette pub fameuse montre bien que l’anglais ne nous sauvera pas du naufrage smiley : http://www.youtube.com/watch?v=VSdxqIBfEAw


                  • Romain Desbois 19 janvier 2009 18:38

                    Bravo mais un peu long, ca va en décourager plus d’un.
                    Je vais finir pas demander à mon patron une réduction de temps de travail pour pouvoir tout lire sur Agoravox smiley

                    Mais c’est évident qu’il y a un lien entre entre la mobilité et l’anglais imposé.

                    Faut être aveugle et de mauvaise foi pour ne pas se rendre compte que la mobilité n’est qu’un cache sexe qui couvre la volonté d’imposer l’anglais comme langue internationale !

                    Et puis j’en ai assez , que dès que quelqu’un propose une langue neutre, on lui fout à la tête qu’il est anglophobe.

                    Est-ce qu’on peut un jour faire un débat en toute objectivité et sans que les uns accusent les autres de leurs propres défauts.


                    • skirlet 19 janvier 2009 19:24

                      Est-ce qu’on peut un jour faire un débat en toute objectivité et sans que les uns accusent les autres de leurs propres défauts.

                      Pas avec l’aspique...


                    • Krokodilo Krokodilo 19 janvier 2009 19:41

                      Romain Desbois,
                      Faut s’y habituer… C’est vrai qu’il y a sur Avox ce que j’appelle la bande à Asp, du moins quelques pseudos dont l’obstination à nous coller aux basques sur tous les articles, même ceux qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’espéranto voire aucun rapport, n’a d’égale que leur agressivité. Mais il faut voir le bon côté : depuis la modération, les insultes, dont ils étaient de gros consommateurs, ont disparu ! Et surtout, c’est peut-être la rançon de la liberté d’expression sur Agora vox.


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