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Accueil du site > Actualités > Europe > Espagne : un paradoxe révélateur

Espagne : un paradoxe révélateur

On ne pouvait pas plus paradoxal. Alors que le pays s'enfonce dans une crise profonde et que certains la voyait demander de l'aide à l'Eurogroupe, l'Espagne devrait bientôt intégrer le club restreint des pays les plus riches de l'Union européenne. Membre de l'Union depuis 1986, l'Espagne pourrait en effet devenir contributeur net au budget.

 "L'Espagne est l'un des pays qui a le plus bénéficié de l'entrée dans l'Union européenne" se souvient Rolf Campos, professeur à l'IESE Business School de Madrid. Mais il semblerait que le moment soit venu pour l'Espagne de contribuer à son tour, à l'émergence et à la croissance des autres États européens. En effet, avec l'arrivée de nouveaux Etats membres comme la Roumanie ou la Bulgarie, l'Espagne apparaît comme un des pays les plus riches de l'Union européenne. Selon Reuters, son économie se classe même à la quatrième place de la zone euro derrière l'Allemagne, la France et l'Italie.

Pourtant, le moment n'est pas nécessairement bien choisi pour l'Espagne, car même si comme l'affirme le chercheur à l'institut Real Elcano, Mario Kolling, "en Espagne, on a toujours vu l'Europe comme une solution, comme le chemin vers la modernisation du pays", la situation du pays n'est pas des plus favorable. Effectivement, avec une économie qui s'enfonce dans la récession (croissance de -0.3% au 3e trimestre), un taux de chômage le plus élevé des pays de l'OCDE (25%), et une dette dépassant largement la limite fixée par le Pacte de stabilité (79.8% du PIB en fin d'année 2012 selon le gouvernement espagnol), autant dire que l'Espagne aurait pu se passer de cette contribution.

   Sans compter que tout a été très vite pour le pays qui a quitté en une dizaine d'années le statut de plus grand bénéficiaire des fonds européens pour arriver désormais à verser davantage à la caisse commune qu'il ne reçoit. En clair, encore bénéficiaire net sur la période 2007-2013, l'Espagne va "très certainement devenir contributeur net" pour le prochain cycle 2014-2020, d'après Mario Kolling.

   Toutefois, malgré la position délicate dans laquelle elle se trouve, l'Espagne a "la volonté d'assumer de manière progressive sa position de contributeur net au budget". "L'idée fondamentale est d'éviter un changement abrupt dans nos relations financières avec l'UE" affirme une source diplomatique. Dans cette optique, la discussion avec ses partenaires lors du sommet extraordinaire du 22 et 23 novembre portant sur le budget européen aurait donc dû avoir son importance pour l'Espagne. Il semble cependant que le sommet n'ait pas permis aux dirigeants de s'entendre sur le budget pluriannuel 2014-2020. "Un accord est possible en début d'année prochaine" assure néanmoins, l'actuel président du conseil européen, Herman Van Rompuy.

   Cela dit, ce paradoxe d'une Espagne à la fois parmi les plus riches de l'Union européenne et à la fois parmi les plus en difficultés, est très révélateur et semble dévoiler une Union européenne ne sachant plus véritablement sur qui compter, ni vers qui se tourner pour sortir la tête de l'eau...

                                                                               K.G


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11 réactions à cet article    


  • Inquiet 3 décembre 2012 14:56

    L’Espagne est riche,

    c’est son peuple qui ne l’est pas.

    • anny paule 3 décembre 2012 15:59

      C’est l’incarnation d’un monstre qui se construit en dehors des peuples !

       


      • Richard Schneider Richard Schneider 3 décembre 2012 16:54

        Bon article. Dommage que l’auteur ne conclue pas ...


        • Kevin Gaignoux 3 décembre 2012 22:32

          Je vous remercie ! Mais qu’auriez vous souhaité que je conclue ? 


        • Soi même Soi même 3 décembre 2012 20:04

           C’est l’histoire des vases communiquant qui à une boule anti-refloulement.
          Cela va dans un sens, mais de moins en moins dans l’autre.
          Il y a qu’une seul solution, le renversement des valeurs politiques pour rétablir une justice économique !


          • eau-du-robinet eau-du-robinet 3 décembre 2012 23:12

            début de citation
             « L’Espagne est l’un des pays qui a le plus bénéficié de l’entrée dans l’Union européenne » se souvient Rolf Campos, professeur à l’IESE Business School de Madrid. Mais il semblerait que le moment soit venu pour l’Espagne de contribuer à son tour, à l’émergence et à la croissance des autres États européens. En effet, avec l’arrivée de nouveaux Etats membres comme la Roumanie ou la Bulgarie, l’Espagne apparaît comme un des pays les plus riches de l’Union européenne. Selon Reuters, son économie se classe même à la quatrième place de la zone euro derrière l’Allemagne, la France et l’Italie.
             fin de citation
             
            L’UE vient d’accorder l’aide à l’Espagne avec 40 milliards d’Euro pour sauves les banques Espagnoles, des banquiers véreux !
             
            En regardent les chiffres sur cette page concernant l’année 2011 je constate que l’Espagne fait toujours partie des pays Européens qui en profitent pleinement de pays réellement contributeurs comme :

            ( pays - montant contribué en 2011)
             Allemagne 9,002 milliards d’Euro
             France 6,405 milliards d’Euro
             Italie 5,933 milliards d’Euro
             Royaume-Uni 5,565 milliards d’Euro
             Pays Bas 2,213 milliards d’Euro
             Belgique 1,369 milliards d’Euro
             Suède 1,325 milliards d’Euro
             Danemark 0,836 milliards d’Euro
             Autriche 0,805 milliards d’Euro
             Finlande 0,652 milliards d’Euro
             Luxembourg 0,075 milliards d’Euro
             
             En 2011 l’Espagne à bénéficie d’une aide de 2,994 milliards d’Euro !
             
             S’ajoute l’aide qui vient juste d’accordé par l’UE de 40 milliards d’Euro !
             
            début de citation
            Mais il semblerait que le moment soit venu pour l’Espagne de contribuer à son tour,
            fin de citation

            Étant bénéficiaire des autres pays contributeurs cité plus haut j’ai du mal à imaginer par quel miracle l’Espagne peut y devenir contributeur à son tour ?

            Le pays qui à le plus profité de l’Europe en 2011 est la Pologne avec 10,975 milliards d’Euro

            Je trouve dingue que ce pays (la Pologne) reçoit autant d’argent tout en nous envoyant ses travailleurs concurrencent nos travailleurs avec des salaires de Polonais en contournant les impôts en France.

            La directive Bolkestein vous dit quelque chose voire l’histoire du du plombier polonais ?

            C’est désormais devenue une réalité.

            1. Les abus du statut de travailleur indépendant

            Si l’essentiel des abus observés concerne le détachement des travailleurs, force est de constater que le statut juridique des travailleurs indépendants est en principe beaucoup plus propice aux distorsions de concurrence. En effet, si le travailleur détaché devrait juridiquement bénéficier du « noyau dur » des droits des travailleurs du pays d’accueil, il n’est en revanche absolument rien prévu de tel pour les travailleurs indépendants. Il est vrai que ces derniers sont à eux-mêmes leur propre entreprise et qu’à ce titre, bénéficient pleinement du principe de libre prestation de service, qui inclut la libre fixation de leurs prix.

            Il ne serait ainsi pas impossible qu’un artisan maçon ou plombier polonais propose en France ses services au salaire polonais, c’est-à-dire par exemple autour de 300 ou 400 euros par mois.

            Les « carreleurs polonais » en Allemagne

            Les autorités fédérales ont constaté avec étonnement que plusieurs milliers d’artisans carreleurs indépendants originaires de Pologne étaient envoyés chaque année en Allemagne.

            Il s’est en fait avéré que de nombreux travailleurs polonais du bâtiment s’étaient, quelles que soient leurs spécialités réelles, effectivement inscrits comme carreleurs indépendants, dans la mesure où les modalités d’inscription en tant qu’artisan dans cette profession sont plus ouvertes que dans d’autres spécialités professionnelles en Pologne.

            source : http://www.senat.fr/rap/r06-028/r06-0285.html

            Les traitées de Maastricht et de Lisbonne sont une arnaque énorme !

            Puis j’ai l’impression que notre gouvernement accentue volontairement la crise avec l’objectif d’obtenir de plus en plus de concessions de la part de travailleurs ... rappelez vous la dernière liste des mesures exigé de la part du MEDEF, liste adresse au « père Noël » (François Hollande)

            Sortons de l’Europe et vite ... avant que la France implose !


            • Kevin Gaignoux 4 décembre 2012 22:28

              Mon article privilégiant des faits, je vais éviter de m’aventurer dans un débat aussi complexe et subjectif que la question de la sortie ou non de l’Europe pour la France ! Cependant, je tiens tout de même à vous répondre sur le début de votre commentaire.


              Certes l’Espagne, à ce jour, bénéficie encore des contributions venant d’autres Etats européens, mais cela va probablement se terminer, comme je l’explique dans l’article :
              « En clair, encore bénéficiaire net sur la période 2007-2013, l’Espagne va »très certainement devenir contributeur net« pour le prochain cycle 2014-2020, d’après Mario Kolling. »

              • Polinside Polinside 4 décembre 2012 12:32

                En même temps, c’est une logique de vases communiquant : plus une population est pauvre, plus ses dirigeants sont riches.

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Kevin Gaignoux


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