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Accueil du site > Actualités > Europe > Et si le Brexit était une chance pour les Européens ?

Et si le Brexit était une chance pour les Européens ?

Demain, les Britanniques sont appelés aux urnes pour décider de l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Tandis que les ultimes sondages peinent à départager les deux camps, le matraquage des grands médias et de la plupart des dirigeants du contient en faveur du vote remain (le maintien) empêche toute réflexion sereine sur les conséquences d’un Brexit. Pourtant, ne pourrait-il pas devenir l’acte de refondation de l’Europe ?

 Sur les questions européennes, quel que soit notre sentiment dominant, il faut savoir se garder de tout manichéisme. Ni l’europhilie béate et en grande partie mensongère (« l’Europe, c’est la paix, la protection et la prospérité ! »), ni l’hostilité radicale à toute forme de coopération entre États voisins ne saurait permettre une juste évaluation des réussites et des échecs de la construction européenne et des effets que pourrait produire le départ de l’un de ses membres, à l’issue d’une consultation démocratique. Le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll a beau jeu d’accuser ce matin les eurosceptiques d’instrumentaliser les peurs (de l’immigration, notamment) (1) : il oublie que ses semblables dramatisent à longueur de journée les conséquences d’un Brexit. À les écouter, l’effondrement économique, le chômage de masse, la guerre et la misère menacent les sujets de sa Majesté et même l'Europe entière, plongés dans la spirale du populisme ! Or, il est des ruptures qui, dans l’Histoire, possèdent des vertus salvatrices. Craindre le Brexit serait compréhensible si l’Union européenne avait fait la preuve de son efficacité sur les grands dossiers contemporains et de sa maturité démocratique. Ce qui est tout sauf le cas…

 

La remise en cause de l’Union européenne ? C’est probable !

 Le Président permanent du Conseil Européen Donald Tusk l’a très bien compris : le référendum décidé par le gouvernement Cameron est un « signal d’alarme » que l’Union européenne serait imprudente d’ignorer (2). Elle le pourrait aisément, si les Britanniques renonçaient à l’aventure en solitaire. L’onde de choc serait évitée et l’Union confortée dans l’idée qu’elle représente encore un intérêt et un attrait pour les peuples. Le choix du Brexit ouvrirait en revanche une période décisive pour l’avenir de l’Europe de Bruxelles. D’abord, il constituerait l’occasion de défier encore une fois les institutions communes sur leur acceptation des processus démocratiques. Les pathétiques cérémoniaux qui ont succédé aux votes négatifs émis par le passé contre les projets européens (3) pour mieux les contourner et s’en affranchir ont sérieusement ébranlé la légitimité d’une organisation regardée comme le paradis des technocrates et des lobbys (ce qu’elle est !). Est-elle en mesure de passer outre une victoire du leave, par la voie de compromis alambiqués ? Ce serait faire la démonstration éclatante de son caractère anti-démocratique et fournir le prétexte parfait pour s'en détourner définitivement. Si décider souverainement de son destin revêt encore un sens et une portée dans l’Europe actuelle, un vote favorable au Brexit devra conduire à un départ effectif du Royaume-Uni.

 Les Européens, qu’ils soient pro ou anti-UE, auraient tout intérêt au Brexit en ce qu’il placerait l’Union européenne devant une remise en cause d’une ampleur inédite. Face au risque de délitement de sa « confédération », elle n’aurait d’autre choix que d’engager une réflexion profonde lui permettant de répondre aux enjeux qui se présentent à elle. Quitte à faire machine arrière et redonner aux États un certain nombre de leurs compétences pour répondre au réveil des souverainisme. Bref, ce référendum est l’opportunité historique pour l’Union européenne de démontrer ses capacités d’auto-critique et d’adaptation. Les anti-UE ont à gagner une limitation de pouvoirs de Bruxelles et un système décisionnel plus respectueux des volontés des nations ; les pro-UE peuvent quant à eux espérer que l’UE assure sa survie en se refondant en une organisation plus efficace sur les terrains qu’elle choisira d’investir. L’alternative se pose en ces termes : la réforme intelligente ou la mort lente. Les vingt-sept autres États de l’Union n’ont absolument rien à craindre d’un Brexit. Au contraire, le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE est le meilleur des préalable… pour que rien ne change !

 

Un choix gagnant pour les Britanniques ? C’est moins sûr !

 Demeure la question des conséquences du Brexit sur le Royaume-Uni lui-même. Bien des économistes se veulent alarmistes alors même que le pays de Shakespeare n’est pas une économie strictement dépendante de l’Union européenne. Hors zone euro, il possède avec le Commonwealth son propre espace de commerce et rien ne l’interdit de réintégrer l’AELE (Association Européenne de Libre Échange), fondée à son instigation en 1960 pour contrer les communautés européennes ! On s’amusera d’entendre Emmanuel Macron rassurer les auditeurs de RTL en fin de semaine dernière : si les Britanniques quittent l’UE, une nouvelle relation commerciale s’ouvrira avec eux, telle qu’elle existe pour d’autres partenaires extérieurs comme la Norvège ou le Canada. Ainsi donc, Londres ne serait pas coupée du monde et de tout échange avec l’extérieur ? Ouf ! On respire ! (4). Personne de sensé ne peut croire, en effet, à une expulsion « brutale » du Royaume-Uni. L’éventuelle sortie sera évidemment négociée, progressive et adoucie par des accords bilatéraux.

 Mais l’angle économique n’épuise pas la question des conséquences négatives potentielles pour le Royaume. Dans un entretien au Figaro, Pauline Schnapper rappelle avec justesse le vrai risque que fait peser un divorce entre l’île d’Albion et les institutions européennes. « La plupart des Ecossais sont opposés à la sortie de l'UE, donc s'ils se retrouvent forcés de sortir contre leur gré, il y aura une crise évidente entre Londres et Edimbourg, explique cette universiaire. Les Ecossais pourraient à nouveau demander un référendum sur leur indépendance, mais il n'est pas du tout sûr qu'ils l'obtiennent puisqu'il faudrait d'abord obtenir l'accord de Londres, ce qui n'est pas joué d'avance. » (5). L’émiettement national guette l’État britannique, aux prises avec une Écosse de plus en plus tentée par l’indépendance.

 Le plus grand des dangers pèse en définitive sur le Royaume-Uni lui-même, et il est davantage politique qu’économique. Quant aux citoyens européens, ils auraient tort de voir d’un œil inquiet la perspective d’un Brexit : ils ont tout à y gagner !

 

Notes :

(1) Stéphane Le Foll était l’invité de la matinale du 22 juin 2016 de France Info. Il a notamment déclaré à propos du Brexit : « Les populistes utilisent la peur sur l’immigration et ils laissent penser que sur les autres sujets on va s’arranger ».

(2) « Brexit : le référendum est un ‘‘signal d’alarme’’ pour l’UE (Tusk) », AFP/lefigaro.fr, 20 juin 2016.

(3) On peut évoquer les deux référendums organisés en 2001 et 2002 en Irlande pour ratifier le Traité de Nice (le premier vote ayant été négatif, les Irlandais furent invités à s’exprimer à nouveau, si possible en faveur du texte…), les deux « non » français et néerlandais au Traité Constitutionnel Européen en 2005 qui n’empêchèrent pas l’adoption du texte, refondu dans le Traité de Lisbonne, ou encore le maintien d’un plan de rigueur en Grèce malgré le rejet de ces mesures par le référendum du 5 juillet 2015.

(4) Emmanuel Macron était l’invité de la matinale de RTL du 17 juin 2016. Le réalisme apaisant du ministre de l’Économie lui a certainement valu une remonté de bretelles matigno-élyséenne puisqu’il crut bon, le lendemain (Le Monde, édition du 18 juin 2016) de recoller à la ligne du gouvernement en mettant sévèrement en garde les électeurs britanniques sur les conséquences économiques d’un Brexit !

(5) Interview de Pauline Schnapper, professeur de civilisation britannique à l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris III), par Julie Connan, « Brexit : ‘‘Le risque de désintégration du Royaume-Uni existe’’ », lefigaro.fr, 20 juin 2016.


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33 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 22 juin 12:41

    il est difficile de se débarrasser d’un cancer généralisé comme celui de l’Europe qui a des métastases partout dans les cerveaux embrumés des moutons de Panurge ......


    • Fergus Fergus 22 juin 13:55

      Bonjour, zygzornifle

      Le problème est qu’il ne serait pas mieux de soigner le cancer nationaliste qui ressurgirait dans des états revenus à un souverainisme dépassé dans le cadre de la mondialisation économique qui exige une taille critique pour faire face aux puissants blocs existants ou émergents.

      La solution est donc bien dans une réforme de l’UE, et le Brexit peut y aider en plaçant les dirigeants au pied du mur : renforcer l’Union dans le cadre d’une refonte des traités ou la voir disparaitre.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 juin 19:59

      @Fergus
      « le cancer nationaliste », Mitterrand a justement poussé le FN dans les médias pour pourrir tous les débats sur la souveraineté. Vous êtes tombé dans le panneau. Dans le monde entier, la Gauche s’appuie sur le patriotisme et la Nation pour défendre les intérêts de la population, sauf en Europe !


      Analyse marxiste de la Nation et du Brexit :

      "En dehors de l’Europe, l’idée que la Gauche se doit d’être le principal défenseur de la souveraineté nationale est considérée comme allant de soi.

      La force du communisme dans des pays asiatiques comme la Chine ou le Vietnam repose sur son identification au nationalisme. L’attrait que suscite la Gauche dans les pays d’Amérique latine repose en grande partie sur l’opposition de celle-ci à l’impérialisme yankee.

      Il n’y a qu’en Europe que tant de militants de gauche considèrent la défense de l’intérêt national face à l’intégration européenne comme « de droite », et donc réactionnaire par définition.« 


      C’est la même analyse qu’on trouve en Amérique latine, à laquelle vous ne comprenez rien :  »Le néo colonialisme de la Gauche européenne".


    • Allexandre 22 juin 22:21

      @Fergus
      Si le nationalisme dans sa version la plus abjecte resurgit c’est justement à cause de ces blocs avides de suprématie. Vous savez très bien que l’on peut être souverainiste sans tomber dans le fascisme lepeniste. En revanche, prendre les peuples pour des cons et fouler au pied leur souveraineté, réelle ou supposée, c’est là le meilleur moyen pour faire renaître les vieux démons du nationalisme des années de l’Entre-deux-guerres. A force de vouloir être toujours dans le ni, ni, vous finissez par perdre votre crédibilité.


    • Fergus Fergus 23 juin 09:23

      Bonjour, Allexandre

      Je ne suis pas dans le ni-ni, je suis pour une indispensable refonte de l’Union Européenne !


    • zygzornifle zygzornifle 23 juin 09:56

      @Fergus


       avant de refondre il faut gicler toutes les scories c’est a dire tous les politiciens qui ont créés cette Europe chaotique crapuleuse se prostituant devant les loobies et éviter que de nouveaux s’y infiltrent la recréant comme a son origine ....

    • @zygzornifle

      il esr VRAI QUE NOUS SERIONS BIEN MIEUX SANS LA PERFIDE ALBION ILE ET PORTE AVIONS

      DES USA !!!!!!

      ils veulent avoir LE BEURRE ET L’ ARGENT DU BEURRE 

      CE PORTE AVIONS VA COULER......................TOUT SEUL !!!!!!!!!!!!!!!!


    • @zygzornifle

      TRES BIEN DIT ZYG !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


    • Dimistri (---.---.201.70) 25 juin 19:43

      Ami patriote,

      Soyez gentils avec les rouges, vous savez qu’il sont de notre coté.

      « La France est désormais en position de réformer l’Europe » il est ou l’article ?

      ++


    • Fergus Fergus 22 juin 13:51

      Bonjour , Pierre-Henri

      Je suis moi-même persuadé que le Brexit serait une chance pour l’Europe.

      Contrainte par un risque de contagion et la montée concomitante des populismes plus ou moins nationalistes, l’UE n’aurait d’autre choix que d’engager à court terme un processus de refonte des traités existants  ; d’une part, pour aller vers une intégration politique plus respectueuse des attentes des peuples ; d’autre part, pour simplifier le mode de fonctionnement de l’Union, notamment en mettant fin à la règle de l’unanimité au profit de la majorité qualifiée double (66 % des états et 66% de la population). 


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 juin 20:05

        @Fergus
        Génial ! L’article 48 avec la règle de l’unanimité imposait que chaque Etat soit d’accord avec les Traités, ce qui est bien la moindre des choses... , mais cela bloque aussi tout changement, puisque changer une virgule nécessite aussi l’unanimité....


        La bonne idée des réformistes, c’est de passer à la majorité qualifiée.
        14 pays + 1 = 15. En clair, 15 pays vont décider pour 28... !
        Elle est pas belle, la démocratie nouvelle ? Cela s’appelle l’URSS !

      • Allexandre 22 juin 22:22

        @Fergus
        Fergus, vous y croyez vraiment ou vous faites semblant ? Il faut sortir du pays des bisounours parfois !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juin 06:46

        @Fergus
        En 1999, soit 7 ans après le Traité de Maastricht, les Socialistes, qui voulaient « une Europe sociale », étaient majoritaires en Europe, ils dirigeaient 11 pays sur 19.
        Pourquoi n’ont-ils rien changé ?
        Parce qu’il faut l’accord des 19 pays, et que la majorité qualifiée ne suffit pas.


      • Fergus Fergus 23 juin 09:29

        Bonjour, Fifi Brind_acier

        La légendaire mauvaise foi de l’UPR transparait dans ce message de 20 h 05.

        La majorité qualifiée, et vous le savez bien, imposerait pour qu’une décision soit prise qu’elle soit validée par les 2/3 des pays (soit 19 sur 28 et non 15 comme vous l’affirmez mensongèrement) représentant les 2/3 de la population européenne.

        Quel rapport avec l’URSS ? A force de démagogie, vous vous égarez !


      • Ar zen Ar zen 23 juin 09:50

        @Fergus

        Vous savez très bien que Fifi a parlé ici de la majorité simple (28 divisé par 2 augmenté de 1 ce qui donne effectivement 15). C’est vrai que 15 pays sur 28 constituent la majorité simple et non la majorité qualifiée). Vous prenez prétexte de ceci pour cracher sur l’UPR, en parlant de « mauvaise foi légendaire ». Vous n’être pas crédible Fergus. Les propos de Fifi ne sont pas les propos de l’UPR que je sache. Vous le savez aussi. Les propos de Fifi n’engagent que Fifi et non l’UPR. Fifi propose des liens et des arguments. A vous de faire votre chemin. Mais il est sans doute plus facile de faire des généralités et des amalgames. Ceci, voyez vous Fergus, est un aveu de faiblesse. Vous ne marquez pas un point et vous reculez dans mon estime.

        P.S : lisez l’article 48 du TUE qui parle bien de « l’unanimité ». Pour le moment nous en sommes là. Ce n’est pas la majorité qualifiée qui tient la rampe mais l’unanimité.

        Bonne journée.


      • Ar zen Ar zen 23 juin 11:07

        @Fergus

        Renseignements pris Fergus, depuis le 1 novembre 2014, une nouvelle majorité qualifiée est à l’œuvre, soit la double majorité.

        C’est ainsi que pour une proposition donnée il faut l’accord de 55% des pays et que ceux ci représentent 65% de la population. C’est ainsi que 55% représentent 16 pays sur 28.

        Vous n’aviez donc pas raison avec vos 19 sur 28 et Fifi était plus proche avec 15 sur 28. Puisque vous n’avez même pas pris la peine de vous renseigner, vous devrez porter à l’avenir une « légendaire » mauvaise foi, la mauvaise foi de Fergus. C’est quand même pas terrible pour un donneur de leçons. Votre « européisme » vous aveugle.

        Mais je dois être complet. Si la proposition qui demande un vote à la majorité qualifiée ne vient pas de la commission le nombre de pays passe à 72%, soit 21, et toujours 65% de la population.

        Un lien explicatif que vous n’avez pas voulu prendre le temps de chercher.

        http://eur-lex.europa.eu/summary/glossary/qualified_majority.html?locale=fr


      • Fergus Fergus 23 juin 11:35

        Bonjour, Ar zen

        Ma réponse à Fifi était liée au fait que je parlais de majorité qualifiée double et que Fifi répondait sciemment majorité simple, ce qui n’était pas mon propos.

        J’ai moi-même fait allusion aux taux de majorité qualifiée en usage dans certains cas. Je sais donc de quoi je parle. Mais ce n’est plus de cela qu’il s’agit, mais de la majorité qualifiée double qui verrait le jour dans le cadre d’une refonte des traités existants.

        Vous aurez noté au passage qu’un nombre croissant de personnalités européennes ont compris, Brexit ou pas, que la refonte du projet européen et la réécriture des traités est devenue un nécessité ; et cela se fera, n’en déplaise aux discours négationnistes de l’UPR.


      • César Castique César Castique 23 juin 12:53

        @Fergus

        « ...que la refonte du projet européen et la réécriture des traités est devenue un nécessité ; et cela se fera... »


        A quel prix et pendant combien de lustres ? Il faudra commencer par opter pour un projet global parmi une demi-douzaine ou une dizaine de variantes possibles ! 


        Et bien entendu sans en référer à ces cons de peuples, qui seraient bien capables de renvoyer la copie dans les poubelles de l’histoire, et peut-être ses auteurs par la même occasion.


        Non, non... En réalité, si on veut changer la construction européenne, il faudra commencer par une troisième guerre continentale, en forme de prologue, au terme de laquelle les vainqueurs imposeront leur volonté aux vaincus. 


        Autrement, on n’en sortira jamais. Donc, le mieux reste de renoncer à cette idiotie dont les principaux précédents européens, ce sont soldés par des divorces, à l’amiable pour la Tchécoslovaquie, et meurtrier pour la Yougoslavie.

      • Ar zen Ar zen 23 juin 13:35

        @Fergus

        Le projet « négationniste » de l’UPR, comme vous l’appelez, avec beaucoup de dédain, est simplement le projet pour rendre sa souveraineté à la France. C’est un truc très simple qui est inscrit dans la constitution de la 5ème République, titre 1er, « de la souveraineté » article 3 : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum".

        Alors Fergus êtes vous pour ou contre l’application de la constitution ? Etes vous pour ou contre la souveraineté nationale qui appartient au peuple ? Parce qu’à la suite de 19 lois constitutionnelles la souveraineté a été transférée à l’Union Européenne. Puisque vous évoquez le « négationnisme » en parlant de l’UPR est-ce que vous pouvez développer ? Que « nie » l’UPR selon vous ? Je vous fais humblement remarquer que vous oubliez de souligner qu’une structure qui dispose du pouvoir législatif et exécutif s’appelle une dictature. C’est curieux comme vous oubliez de le mentionner.

        Le projet européen n’est pas un projet « pour » les européens. Ce projet est un projet des puissances de l’argent. Vous en avez de nombreuses preuves que vous ne voulez pas voir. Pourquoi ? C’est un projet anti-peuple, c’est un projet qui priviligie les puissances de l’argent. Effectivement, si vous soutenez ce projet, c’est que vous êtes partie prenante aux puissances de l’argent. Et, dans ce contexte, vous avez bien raison de faire valoir votre hypothèse stupide de refonte des traités.

        Ce projet est un projet de vassalisation des Etats nations de la vieille Europe. Un moyen de leur enlever tout pouvoir et de transférer celui-ci à des instances non élues tout en « maquillant » au mieux les traités sous un vernis de démocratie. Nous y sommes en plein. Il ne vous aura pas échappé que la France n’a plus la maîtrise de sa politique monétaire (zone euro et BCE obligent), n’a plus la maîtrise de sa politique budgétaire (TSCG oblige), n’a plus la maîtrise de se politique étrangère (OTAN oblige), n’a plus la maîtrise de son économie (GOPE obligent). Nos représentants, justement, ne représentent plus le peuple de France. Qui les représente ? Personne, absolument personne.

        Le projet europeen a été un projet de manipulation de masse, manipulation chère à Edwards Bernays. Il a fallu créer des structures, les soutenir financièrement, pour faire croire à une idée émancipatrice. La CECA a été imaginée à Washington. Le traité de Rome a également été envisagé aux USA. Une structure comme l’ACUE, infestée d’agents de la CIA, a fait en sorte de conduire l’UE où elle est.

        Il n’y a aucune personnalité européenne qui puisse intervenir pour une refonte de l’UE. La réécriture, pour la millième fois Fergus, demande l’unanimité. Vous voulez réécrire quoi au juste ? J’aimerais bien vous entendre dans le détail. Parce vous posez des généralités bien commodes. Vous voulez, par exemple, revoir le rôle de la Commission Européenne ? Celui de la BCE ? Celui du parlement ? Quels sont les articles des traités que vous semblerait judicieux de « réécrire » ? En avez vous seulement le début d’une idée. ? Parce qu’à vous lire, vous avez bien l’air au point puisque vous marteler ce processus de refonte du projet européen sur tous les tons. Alors que voudriez vous changer ? Qui en serait à l’origine ?


      • Fergus Fergus 23 juin 17:24

        @ Ar zen

        Le « négationnisme » auquel je fais allusion est celui qui vise la réforme inévitable des institutions européenne : l’UPR nie que cela soit possible en se retranchant derrière des articles subclaquants des textes en vigueur. Or, cette indispensable réforme de l’UE n’est déjà plus une hypothèse, mais une certitude. Les seules questions qui se posent son : 1) quelle méthode ? ; 2) quel délai ?


      • Ar zen Ar zen 23 juin 21:46

        @Fergus

        Ce que vous appelez « négationnisme » est donc le droit international avec lequel vous êtes visiblement fâché. Cela va mieux en le disant et permet de mettre en perspective vos propos avec la réalité.

        Voici en lien l’article 48 du TUE, le bien nommé. Il pourra vous être utile

        http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12008M048:fr:HTML

        Après lecture vous constaterez, de vos propres yeux, que les traités peuvent être modifiés mais seulement à « l’unanimité » des 28 membres selon deux procédures :

        1°) la procédure de révision ordinaire.

        2°) la(les) procédure(s) de révision simplifiée(s).

        Pour la procédure de révision « ordinaire » vous remarquerez qui sont les acteurs pouvant intervenir et auprès de qui. Le gouvernement de tout État membre, le parlement européen ou la Commission peuvent intervenir auprès du conseil (le conseil de l’union européenne, c’est à dire la réunion des ministres des 28 chargés du sujet - économie- culture-industrie, agriculture, etc). Le conseil (de l’UE) transmet dont le projet au conseil européen (les 28 chefs d’Etats et de gouvernements). Ensuite il faut qu’il y ait d’abord une majorité simple auprès du conseil européen afin de convoquer une « convention ». C’est une première étape. La convention examine le projet et adopte, par consensus, une recommandation présentée aux Etats membres. Ensuite il faut que la modification soit ratifiée par tous les Etats membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives (il faut qu’il y ait compatibilité avec toutes les constitutions). C’est la deuxième étape. Puis une troisième étape intervient. Si à compter d’un délai de 2 ans, de la signature du traité modifiant le traité, les 4/5 des Etats membres ont ratifié ledit traité mais que les autres ne l’ont pas fait, le conseil européen se saisit de la question. Et voilà, voilà, tout reste à faire. Et l’article 48 n’en dit pas plus. L’unanimité n’est toujours pas trouvée. N’est-ce pas Fergus ? C’est une impasse mais nul doute qu’ils seront tous d’accord sur le projet et à l’unanimité.

        Vous aurez noté que non seulement il faut l’unanimité des 28 mais il faut aussi l’approbation du parlement européen à la majorité.

        La procédure simplifiée ne concerne que les dispositions de la 3ème partie du TFUE.

        Je sais que vous êtes à la retraite Fergus mais je pense que vous serez, comme moi, 6 pieds sous terre, si c’est votre choix pour votre dernière demeure, avant de voir la ratification à l’unanimité d’un projet d’un traité.

        Par quel projet voulez vous commencer Fergus ? Puisque vous êtes un fervent de la « rénégociation des traités », donnez moi quelques pistes. Vous vous posez en spécialiste de la « rénégociation » puisque les traités ne vous plaisent pas. Sur quel projet voudriez vous que le conseil soit saisi ? Une petite idée ? Pouvez vous développer pour assurer votre crédibilité sur le sujet ?

        Vous êtes bien véhément sur le sujet de la rénégociation. Aussi, afin de sortir des généralités, yaka, fokon renégocie les traités, quels sont les projets qui tiendraient la rampe ? Il me plairait de les découvrir, juste pour savoir si le gouvernement de certains pays seraient intéressés. La balle est dans votre camp (pas le ballon, je sais que vous haïssez le foot).


      • Fergus Fergus 24 juin 08:56

        Bonjour, Ar zen

        Vous faites décidément semblant de ne pas comprendre : je ne remets pas en cause le droit international, je dis simplement sue lorsque des textes deviennent de facto inadaptés et a fortiori inapplicables ils sont voués à disparaitre. C’est très exactement ce qui va se passer dans l’UE après l’excellente nouvelle que constitue le Brexit.


      • colza 22 juin 14:40

        " L’onde de choc serait évitée et l’Union confortée dans l’idée qu’elle représente encore un intérêt et un attrait pour les peuples."
        Un intérêt et un attrait pour les peuples ?
        Possiblement pour les dirigeants politiques et pour l’oligarchie, mais sûrement pas pour les peuples auxquels l’UE ne propose que chômage, moins-disant social et salarial et surtout de s’écraser !
        Quant à modifier les traités, il faudrait déjà que l’unanimité des pays européens votent pour cela et c’est pas demain la veille.


        • Ouam2 (---.---.41.186) 22 juin 17:26

          Chaque fois que on me parle dUE je pense à la fameuse chanson de J Clerc qui est :

          Partir....

          Partir.....

          .....Même pas pour aller chercher fortune 
          Oh ! partir sans rien dire....

          Partir.....

          Partir.....

          ....Partir avant qu’on meure


          Les aristes sont parfois visionnaires EUX !


          • hugo BOTOPO 22 juin 17:35

            Comme je l’ai écrit précédemment, (le 30 janvier et récemment en juin) Londres est gagnant dans les deux cas, puisque sa politique constante (éternelle) est de s’opposer à l’émergence d’une puissance continentale.
            Si le IN l’emporte, les concessions obtenues par Cameron (pas encore ratifiées par les pays européens !) inciteront les politiques de tout poil dans chaque pays à obtenir des avantages comparatifs, ce qui délitera l’UE.
            Si le OUT l’emporte, la sortie de l’UE dans la douceur d’un référendum sera possible pour chaque pays, et un chantage possible. De plus tous les politiques et les médias continentaux crient au malheur généralisé, à la récession...

            Pas un panel de politiques de l’UE de divers pays ose argumenter que le Brexit sera libératoire des énergies (même s’ils le pensent) et permettra enfin de construire une véritable UE et une eurozone, viables, aux politiques (fiscales, économiques, sociales, éducatives...) harmonisées avant d’être intégrées : ce serait alors le meilleur argument pour que les Britanniques veulent rester pour détruire cette espérance et sa réalisation.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 juin 20:13

              @hugo BOTOPO
              L’accord obtenu par Cameron est un bricolage juridique, extérieur aux Traités, justement pour ne pas avoir à les changer...

              "Une pirouette pour éviter de changer les traités :
              Un statut juridique hybride, en forme de pirouette : ce texte aura la valeur d’un accord international, mais ne contraint pas les États européens à changer le traité qui les lie. « 

              La suite est pour ceux qui rêvent de changer les Traités :

               »L’idée de modifier le traité de Lisbonne est en effet un tabou à l’heure actuelle : les forces centripètes sont trop vaillantes pour que des référendums puissent être organisés sans semer la zizanie. France et Allemagne sont donc opposées à cette hypothèse."


            • BA 22 juin 19:43

              Mercredi 22 juin 2016, vers 19 heures 26 :


              A la veille du référendum, deux sondages donnent le Brexit en tête.


              Alors que les Britanniques sont appelés à voter pour ou contre la sortie de l’Union européenne, deux sondages donnent le camp du non à l’UE en tête.


              Deux nouveaux sondages donnaient mercredi le camp d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne légèrement en tête des intentions de vote, à la veille du référendum historique sur cette question.


              Selon Opinium, qui a interrogé 3.011 Britanniques sur internet, 45% étaient pour une sortie, 44% pour un maintien dans l’UE, mais 9% étaient toujours indécis et 2% préféraient ne pas se prononcer.


              Selon TNS, qui a sondé 2.320 personnes, 43% étaient pour une sortie de l’UE, 41% étaient pour rester, et 16% étaient encore indécis.


              http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/a-la-veille-du-referendum-deux-sondages-donnent-le-brexit-en-tete_1805175.html



              • doctorix doctorix 22 juin 23:48

                @BA
                Se méfier des indécis : ils ont tendance à voter pour que rien ne change.

                Mais se méfier aussi des sondages, surtout ceux de dernière minute.
                Un sondage, ça s’achète et donc il faut le payer : seuls ceux qui tiennent déjà les media en ont les moyens, les mêmes qui manipulent les peurs depuis une semaine, et qui saluent leur espoir renaissant du IN en faisant grimper la Bourse (quand la Bourse grimpe, ce n’est jamais bon pour ceux qui bossent).
                Aussi je suis résolument optimiste quant au Brexit, ce dont tout le monde se foutra, à juste titre. Je me fous du sort des anglais et ils me le rendent bien : mais leur succès en cas de sortie appellera le notre, et ça, ça m’intéresse.
                Ce qui serait intéressant, c’est de voir comment l’Europe réussira à transformer un OUT en IN...

              • kader kader 22 juin 20:53

                L’europe sous la forme qu’on la connait et l’euro sont finis...

                C’est une question de temps.
                Pourvu que cela se passe tranquillement.

                Parce que les gens qui ont montés cette gigantesque arnaque risquent de pas lâcher l’affaire comme ca.


                • Ouam2 (---.---.41.186) 22 juin 22:11

                  Pour ceux qui comprennent pas pourquoi IL FAUT sortir, c’est expoliqué a la fin de cette video la

                  https://www.youtube.com/watch?v=2idrX5_rMJA&feature=youtu.be

                  Vous allez directement à environ 1:19:00 et vous écoutez attentivement.

                  Il exeplique exactement et comment les médias vous manipulent (ou tentent de) et pourquoi et le comment et sa raison.

                  C’est ce que j’essaye d’expliquer ici depuis un bout de temps.

                  Puis si vous en avez envie (et le temps) d’ecouter tout .

                  Bonne soirée,


                  • doctorix doctorix 22 juin 23:59

                    @Ouam2

                    Rougeyron a tout à fait raison : les mutuelles modernes genre Malakof-Sarkozy, ça consiste à dire« Vous nous filez mille euros et on vous en rend 500. Le reste, c’est pour nos actionnaires ».
                    J’avais expliqué ça ici :
                    C’est ça, la conception mondialiste, européiste de la santé : un gros gâteau pour se goinfrer.

                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juin 07:10

                    @Ouam2
                    Ils ont oublié de dire, qu’il s’agit de l’application des articles 168 & 169 du TFUE, qui imposent aux services de santé de se soumettre aux impératifs de la rentabilité des marchés. Et de l’article 106 du TFUE, qui organise la fin des services publics.


                    La méthode pour y arriver a été décrite pour l’école, par l’ OCDE en 1996, elle s’applique désormais à tous les services publics, pour les discréditer et justifier aux yeux de l’ opinion, de les privatiser.

                    On vient d’assister à la démission en masse des responsables de l’agence nationale pour la recherche fondamentale, justement pour protester contre le processus de privatisation.

                  • Ouam2 (---.---.41.186) 23 juin 17:36

                    @Fifi & Doctorix

                    Fifi merci poutr le lien de la dem en masse (etc) je n’avais pas vu cette info

                    Le reste bien sur que je le savais, c’est une destructuration totale qu’ils cherchent à faire, je n’arrette pas de le dire ici aussi (pour réveiller un peu les somnolents) comme tu le fait aussi.

                    Doctorix : pareil

                    Bonne journée aux deux ,

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