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Accueil du site > Actualités > Europe > Europe : chronique d’un déclin annoncé

Europe : chronique d’un déclin annoncé

Démographie, immigration, intégration. C’est toujours un spectacle édifiant de voir les dirigeants européens - maîtres dans l’art du démenti, du camouflage et de la mise sous tapis des dossiers délicats - lorsqu’ils se retrouvent le dos au mur. Tel était le cas lors des émeutes en France, notamment face aux avertissements plutôt vigoureux traduisant les tensions internes des sociétés européennes. Or cet avertissement n’était ni le dernier ni le plus vigoureux. Pour l’instant. Car bien évidemment, ce n’est pas en automne dernier qu’est apparu le casse-tête relatif aux indicateurs démographiques dégringolants et aux effets bienfaisants ou néfastes que leur apportera l’immigration en masse. Et l’on ne s’en débarrassera pas non plus aussi facilement que des carcasses de voitures. La question est posée, et elle restera avec nous sous forme d’une pression, interne et externe, de plus en plus puissante, et avec des conséquences internes et externes de plus en plus marquantes.

L’impasse du politiquement correct

Le nœud gordien, qui se trouve au cœur du problème, est constitué de l’enchevêtrement de trois fils : les points d’interrogation et d’exclamations liés à la baisse du nombre des Européens ; à la méthode de son rehaussement par l’extérieur ; et à la gestion d’une population ainsi constituée. Par conséquent, toute réponse digne de ce nom doit se penser en trois directions majeures. Politique démographique, politique d’immigration et politique d’intégration. Au lieu de quoi nous n’avons droit, la plupart du temps, qu’à une politique de l’autruche dissimulée derrière le mot d’ordre du « politiquement correct », où même le fait de poser les questions est souvent taxé de xénophobie. Pourtant, en raison de son impact sur la souveraineté étatique, le triple processus évoqué ci-dessus représente, au-delà des tensions socio-économiques et de la poussée des extrémismes, un défi géopolitique. En plus, il manque les informations de base nécessaires à une quelconque action intelligente. Avec de longs siècles de guerres de religions et de déportations massives dans son placard, l’Europe préfère ne pas trop faire un inventaire suivi de ses habitants. Le bureau européen des statistiques ne possède pratiquement pas de données sur l’origine des immigrés, et en ce qui concerne le pourcentage des minorités musulmanes, les chiffres les plus divers sont en circulation au sujet de l’UE dans son ensemble, et de ses Etats-membres en particulier. Il est vrai, évidemment, que dresser de tels catalogues peut avoir des connotations extrêmement délicates. Mais il est tout aussi vrai que la connaissance en soi ne détermine nullement telle ou telle option politique. En revanche, sans elle, les décideurs ne peuvent que tâtonner à l’aveuglette.

Par exemple, en s’attachant à des stéréotypes selon lesquels l’immigration serait le remède aux problèmes démographiques d’une Europe à population déclinante et vieillissante. Sous cette forme, c’est un travestissement assez grossier. Christopher Patten, ancien commissaire aux relations extérieures de l’UE, l’avait expliqué dans son dernier livre : « Nous devons encourager l’immigration pour satisfaire certains besoins ciblés du marché du travail, mais nous ne devrions pas nous raconter des histoires, en disant que l’immigration résoudra nos problèmes démographiques. Le nombre d’immigrés susceptible d’améliorer de façon sensible le taux de dépendance des personnes âgées est si élevé qu’il serait simplement ingérable du point de vue politique, environnemental, social et économique ». Le démographe Jean-Claude Chesnais, auditionné devant l’Académie française, a même renchéri en observant que seule l’importation en masse de bébés serait à même d’apporter un réel changement. D’après lui : « Le déficit se manifeste par le creusement de la base de la pyramide des âges ; c’est par le comblement de ce creux qu’il se répare. Il n’existe donc pas d’autre solution que le relèvement de la natalité, sauf à supposer le recours massif à une importation de nouveau-nés et jeunes adoptés, qui ne tarderait pas à être dénoncée, à juste titre, comme une nouvelle traite. »

Tendances

Les risques liés à la baisse de notre population européenne sont on ne peut plus clairs. Les habitants de l’Union à vingt-cinq représentaient 1/8e du monde en 1960, mais ne représenteront que 1/20e en 2025. Avec son taux de natalité de 1,4 (soit une moyenne de 1,4 enfants pour chaque Européenne au lieu des 2,1 nécessaires au renouvellement des générations), l’UE se retrouve en queue de peloton. D’emblée, ce recul drastique des naissances donne une image plutôt négative de notre ouverture vers l’avenir et de notre dynamisme. Le « vieillissement » qui en résulte y ajoute une série de problèmes éminemment concrets. Et ceci, sous très peu. Selon les estimations de la Commission bruxelloise, d’ici au milieu des années 2010, le nombre des personnes de plus de 65 ans augmentera de 22%, celui des plus de 80 ans de presque 50%. En 2050, un tiers des habitants de l’Europe seront âgés de plus de 60 ans. Bien que ce soit une formidable occasion pour remettre enfin à sa place le culte de la jeunesse qui envahit nos sociétés de consommation, et redécouvrir les atouts de l’âge, un vieillissement aussi soudain constitue un défi énorme. Car il met sous une pression presque ingérable à la fois nos systèmes sociaux (avant tout ceux de la santé et des retraites) et nos capacités économiques.

De surcroît, le véritable poids de ce déclin-vieillissement européen ne se révèle qu’en le comparant aux phénomènes qui ont lieu dans notre voisinage. En 1950, la population du territoire actuel de l’UE était de 350 millions, tandis que son arc musulman proche (Afrique du Nord et Asie de l’Ouest) comptait 163 millions. Soit 2,2 fois moins. Pendant le demi-siècle qui suivit, la population de l’Europe avait augmenté de 100 millions, tandis que celle de ses voisins de 220 millions. D’après les prévisions, de 2000 à 2050, l’Union d’aujourd’hui perdra 50 millions de personnes, cependant que son pourtour arabo-musulman enregistrera un gain de 700 millions. La population de celui-ci deviendra ainsi trois fois supérieure de celle de l’UE. La Ligue arabe prévoit, en plus, que le nombre de ses quelque 15 millions de jeunes chômeurs d’aujourd’hui atteindra 50 millions déjà à l’horizon 2015. Sur cette toile de fond, il n’est pas particulièrement difficile de deviner qu’il s’agit de mouvements structurels puissants, face auxquels tout projet de forteresse européenne n’est que chimère. Mais les tendances ne signifient pas forcément une fatalité. Car une action politique intelligente pourrait, dans une certaine mesure, les maîtriser. Pourvu que nous n’essayions pas, derrière nos slogans « multiculturalistes », de coller le label « solution » à la capitulation.

Modèles

Le plus frappant, au sujet des émeutes en France, c’était leur caractère paradoxal ; et au sujet des commentaires, leur aveuglement, que ce soit par intention ou par ignorance. Primo, en raison des spectaculaires incendies de voiture, le grand public a commencé à se lamenter sur un phénomène par ailleurs général, en l’associant justement au pays, lequel poursuit avec encore plus de détermination le seul chemin viable. Secundo, ce n’est surtout pas le modèle français d’intégration qui fut remis en cause par les événements de l’automne dernier, mais les tentatives pour le diluer. Au centre du modèle gaulois, connu sous l’étiquette « républicaine », on trouve le concept de la nation politique, et l’individu considéré et traité avant tout comme citoyen. L’appartenance ethnique, religieuse, etc., est l’affaire privée de chacun, et en cette qualité, mérite le respect. Mais la responsabilité de l’Etat, c’est de protéger le citoyen face aux pressions venues de groupes divers, en d’autres mots de garantir l’égalité des chances. Comme l’avait formulé Henri Lacordaire, le penseur catholique libéral du XIXe siècle : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »

Néanmoins, cette approche assimilatrice, avec son accent sur la mixité au lieu de la fragmentation, fut loin d’être mise en œuvre de façon cohérente et systématique. Que ce soit dans le domaine de l’aménagement urbain, dans celui de l’éducation ou de l’emploi, depuis les années 1970, l’élite française a progressivement laissé affaiblir la logique républicaine. Séduite par le chant de sirène du « multiculturalisme » et/ou dirigés vers la moindre résistance par opportunisme politique, elle a laissé les immigrés se concentrer dans des enclaves urbaines. Or le saut quantitatif et le changement dans la provenance de l’immigration, loin de remettre en question la pertinence du modèle républicain, ont rendu sa mise en œuvre plus urgente que jamais. Dorénavant vitale. Comme en témoignent les enquêtes, la majorité des Français d’origine étrangère pensent (pour le moment encore) que le modèle d’intégration classique pêche non pas par excès, mais par insuffisance. Le grand Mufti de Marseille l’a lui-même remarqué : on a besoin de « cohabitation active, non pas seulement d’une juxtaposition de communautés fermées ».

Cerise sur le gâteau : la confirmation de la pertinence du modèle d’intégration à la française nous vient de cette Amérique tant idolâtrée comme « contre-modèle ». Qui plus est, elle nous vient de la plume de ce même Samuel P. Huntington, dont la théorie sur le choc des civilisations est considérée comme l’antithèse de la vision française du monde. Or, dans son dernier livre, il met en garde : à la différence des immigrés précédents, les Mexicains et d’autres Latino-Américains ne se sont pas assimilés dans ce qui constitue le courant principal de la culture américaine, mais ont plutôt établi des enclaves politiques et linguistiques. A la suite de ce « défi hispanique », le pays pourrait très bien finir par se scinder en deux peuples, deux cultures, deux langues. Le pendant d’outre-Atlantique des scénarios d’Eurabie est donc, dans une certaine mesure, Amexica. Aussi ne devrait-on pas oublier l’opinion publique. Déjà, en 2002, un rapport de l’Office international de la migration avait noté que sur notre continent, « le sentiment général est que la pression de l’immigration est devenu insupportable ». Pour éviter que nos sociétés n’implosent sous ce poids, il faut une seule chose, mais ceci de toute urgence : faire la politique. D’abord pour freiner le déclin démographique. Force est de constater que les Français constituent dans ce domaine (aussi) une exception rafraîchissante. Grâce à leur politique traditionnelle de soutien à la famille, ils affichent un taux de natalité de 1,94%, ce qui les place - aux côtés de l’Irlande catholique - à la tête de l’UE. Les Gauloises peuvent, en même temps, se prévaloir du taux d’emploi féminin le plus élevé, nous offrant la preuve éclatante que les deux ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Si l’Etat le permettait, les familles auraient plus d’enfants. Car le désir d’avoir des rejetons, lui, n’a en rien changé au cours des décennies : d’après les sondages, la moyenne européenne du nombre souhaité d’enfants reste constant, au niveau de 2,1. Deuxièmement, on aurait également besoin de plus de politique sur le plan de l’immigration, en partie sous forme de programmes ciblés de développement et de coopération avec les pays d’origine, et en partie sur nos propres frontières, en maintenant le processus d’immigration à un niveau socialement, politiquement, économiquement "digérable". La halte à l’immigration illégale et la régulation plus stricte et plus harmonisée de l’immigration légale ne sont qu’un côté de la médaille. En même temps, il serait indispensable que, dans le tourbillon d’une européanisation amorphe et du rouleau compresseur de la globalisation, les nations d’accueil préservent leur propre identité. En d’autres termes : que nous ayons à quoi intégrer ceux qui viennent nous rejoindre.

Finalement, c’est justement sur le plan de cette intégration que nous avons absolument besoin d’une politique responsable. Certes, à court terme, il est plus confortable - et plus rentable du point de vue électoral - de dire : Que chacun reste avec ses semblables ! Qu’ils construisent, derrière les sornettes « multiculturalistes », leurs communautés isolées les unes des autres. Mais pour autant, ce chemin conduit à la fragmentation de la société, à l’apparition de communautés qui n’obéissent qu’à leurs propres lois. Avec le phénomène de l’Etat dans l’Etat, c’est l’indivisibilité de notre ordre constitutionnel qui est remise en cause, et avec la concurrence des loyautés, c’est la cohésion de notre société qui risque d’éclater. On a pu le constater lors du match de football, à Los Angeles en 1998, entre le Mexique et les Etats-Unis, où les citoyens américains hispanophones ont sifflé massivement l’hymne national américain et insulté les joueurs, ou encore lors du match France-Algérie, en 2001 au Stade de France, où La Marseillaise et les Bleus ont été sifflés par le public avec une telle véhémence,qu’après la rencontre, le joueur français (de couleur) Thierry Henry a observé, non sans sarcasme, que cela faisait du bien de gagner un match à l’extérieur. Depuis lors, la France essaie de renouer avec sa propre logique. Elle a prohibé tout signe religieux ostentatoire dans les écoles, avec la loi dite « sur le voile », et l’apprentissage de l’hymne national a été rendu obligatoire. Bien entendu, ce ne sont que des gestes, mais des gestes censés faciliter l’intégration sur base de citoyenneté, donc traduisant une approche d’une importance cruciale. Ce qui, pourvu que cette intégration soit accompagnée des politiques correspondantes et d’une détermination sans faille, pourrait donner une chance de maîtriser à long terme les défis qui attendent l’Europe. Dans le cas contraire, ce sont les propos de l’excellent historien britannique, Arnold J. Toynbee, qui se confirmeront : « Les civilisations se suicident, elles ne sont pas assassinées. »

Par Hajnalka Vincze, analyste en politique de sécurité, spécialisée dans les affaires européennes et transatlantiques.


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157 réactions à cet article    


  • Antoine (---.---.31.20) 3 mars 2006 11:22

    C’est simple, il n’y aura pas de renouveau en Europe que si nous ré-apprenons à faire des enfants.

    Ainsi faire revivre en nous, adulte,avec nos enfants, l’enfant divin et créateur qui sommeille en nous et que nous pouvons réveiller pour être plus créateur et donneur de sens. Transmettre à nos enfants leur avenir et le notre au dela des contigences, bref être dans l’avenir et ne pas avoir peur.


    • Gil (---.---.93.79) 3 mars 2006 11:34

      EXCELLENT article !


      • Antoine (---.---.31.20) 3 mars 2006 12:04

        Oui, c’est un excellent article, puisque je suis d’accord smiley)


      • Le Sanglier (---.---.181.196) 3 mars 2006 13:26

        Pareil pour moi,c’est nickel chrome. Cet article devrait etre lu par les gouvernants !!

        Le Sanglier


      • Arthem (---.---.98.243) 3 mars 2006 11:50

        Tout à fait Antoine.

        - Continuer à développer la politique familiale actuelle.

        - Accompagner la salariée au retour du congé maternité (formation, expérience...)

        Le problème est que tout cela coûte cher : Par exemple : la scolarisation précoce en maternelle des enfants de 3 et 4 ans est de plus en plus remise en cause. Je rappelle que la scolarité n’est obligatoire qu’à partir de 5 ans.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2006 12:10

          La France a prohibé tout signe religieux ostentatoire dans les écoles avec la loi dite « sur le voile », et l’apprentissage de l’hymne national fut rendu obligatoire. Bien entendu, ce ne sont que des gestes, mais des gestes censés faciliter l’intégration sur base de citoyenneté, donc traduisant une approche d’une importance cruciale. Ce qui, pourvu qu’elle soit accompagnée des politiques correspondantes et d’une détermination sans faille, pourrait avoir une chance de maîtriser à long terme les défis qui attendent l’Europe. Dans le cas contraire, ce sont les propos de l’excellent historien britannique, Arnold J. Toynbee, qui se confirmeront : « Les civilisations se suicident, elles ne sont pas assassinées. »

          J’approuve certains de vos propos concernant l’échec annoncé du multiculturalisme institué qui contredit formellement les principes républicains, mais pour autant je me méfie d’un monoculturalisme qui exigerait que pour être républicain il faudrait renoncer à toute particularité dans les modes personnels de vie.

          Il me semble que vous ne faites pas assez la distinction entre le fait de vivre en « Gaulois » (expression sans doute ironique, mais dangereuse), comme si les français de souche, comme on dit, n’étaient pas divers dans leurs comportements quotidiens (vivre en parisien ou en marseillais, en provincial, à la ville ou à la campagne, dans la XVIème ou à Sarcelles ce n’est pas tout à fait la même chose) et le fait d’adhérer et de respecter certains principes de bases républicains (appelés droit de l’homme et du citoyens, plus la laïcité) ; lesquels du reste, ne sont pas plus français qu’allemands ou anglo-saxons, car ils sont transculturels.

          Etre républicain n’a donc pas grand chose à voir avec le costume, signes religieux ou non, que nous portons où les plats que nous mangeons. On peut par exemple porter une croix, un kippa ou un foulard dans la rue ou dans tout autre lieu public, sans pour autant exiger que l’état soit confessionnel. Il n’ y a aucune logique qui permet d’affirmer que le port des signes religieux signifient nécessairement le refus des principes universels républicains et laïques, lesquels du reste grantissent le droit à l’expression publique des religions dans le cadre de la république (écouter France-Culture ou la messe sur Antenne2, chaines du service public, le dimanche matin, suffit à le montrer), sauf à s’autoriser sans aucune autorité pour le faire à définir a priori ce qu’est le contenu supposé républicain ou non de telle ou telle religion ou autre idéologie politique ou non. Or il convient, en droit républicain, de toujours juger sur des actes (et certains propos sont des actes ou des appels à agir) et non sur des préjugés.

          Vous avez tout à fait raison de dénoncer le double langage qui prétend à l’égalité citoyenne entre tous et qui fabrique des guettos et perpétue des discriminations raciales ou religieuses au travail et dans le cadre urbain. Mais on ne peut oublier qu’il y a un lien entre ce double langage hypocrite (et/ou ce divorce entre les principes et la pratique réelle) et le replie sur des identités symboliques illusoires régressives et exclusives plus ou moins anti-républicaines : la république doit être cohétente avec elle-même si elle veut convaincre de la valeur universelle de ses principes et ne pas confondre intégration et « uniformisation particulariste » des modes de vie.

          L’unversalité républicaine n’est pas de fait mais de droit ; en cela elle n’est pas l’uniformité des modes de vie, mais le respect de la diversité (pluralité) dans un cadre de principes nécessairement abstraits valant pour tous, car fondés sur l’égalité des droits fondamentaux.

          République, nation et laïcité

          Démocratie, république et droits de l’homme

          Foulard islamique et laïcité

          Le rasoir philosophique


          • Marsupilami (---.---.41.182) 3 mars 2006 12:57

            L’unversalité républicaine n’est pas de fait mais de droit ; en cela elle n’est pas l’uniformité des modes de vie, mais le respect de la diversité (pluralité) dans un cadre de principes nécessairement abstraits valant pour tous, car fondés sur l’égalité des droits fondamentaux.

            C’est de la pure abstraction, de l’angélisme, de l’idéalisme désincarné. Pour un musulman, la charia est un « mode de vie » et « l’égalité des droits fondamentaux » ne signifie rien, puisqu’en terres d’Islam les non-musulmans sont considérés comme « dimmis » et rackettés à ce titre.

            Si nous n’y prenons garde, l’Eurabie deviendra un « Dar el Islam », une terre de conquête islamique dont tous les habitants européens de souche deviendront les « dimmis » des musulmans dominants en nombre.

            Mais nos hommes politiques sont si pusillanimes qu’il faudra vraiment que le taux d’invasion musulmane devienne insupportable pour que des décisions soient prises (et je précise que je suis démocrate et résolument anti-extrême-droite et anti islamo-gauchiste).

            La France a certes le meilleur taux de natalité européen, grâce à son système de crêches... et parce que c’est le pays qui compte le plus de populations musulmanes, lesquelles se caractérisent par un taux de natalité très élevé et qu’aucune mesure législative ne décourage.

            On n’est pas sortis de l’auberge. L’Eurabie, ça ne fait pas envie. Et paradoxalement, si rien n’est fait pour empêcher son arrivée, ça ne donnera pas envie aux Européens de faire des enfants qui devraient vivre à la fois dans le jihad et la fitna.

            Mais peut-être qu’une vaste conflagration-fitna (guerre entre chiites et sunnites) nous sauvera la mise ? Prions pour la fitna...


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2006 14:38

            Vous m’avez mal lu : Si la charia ou plutôt telle ou telle de ses interprétations (qui sont nombreuses) est anti-libérale, anti-laïque et anti-républicaine, elle doit être interdite et toute trangression sanctionnée.

            Mais cela ne veut pas dire qu’il faille interdire le ramadan ou le pélerinage à la Mecque ou la viande hallal ou l’interdit de consommer du porc et de l’alcool, ou les 5 prières, ou le foulard, ou l’aumône islamique !

            Soyons rigoureux, c’est à dire rationnels : Il faut toujours distinguer deux choses différentes : ce qui relève du droit (libéral) et ce qui relève du choix personnel, donc de la liberté et n’affecte pas le droit, au moins dans ses principes, mais l’implique au contraire. Si l’on ne fait pas cette distinction, tout ce qui n’est pas autorisé est interdit et non l’inverse (tout ce qui n’est pas interdit est autorisé) et alors nous ne sommes plus dans un état de droit libéral mais dans le cadre d’un droit liberticide.


          • Antoine (---.---.31.20) 3 mars 2006 14:53

            Bonjour Monsieur Reboul,

            Vous avez raison de rappeler les valeurs que nous jugeons fondamentales en Europe, pluralisme et droits fondamentaux.

            Je pense aussi qu’il est bien aussi de défendre notre identité (les valeurs de droits et de pluralité en font partie) de telle manière que les peste brunes, noires vertes ou que le fascime ordinaire ne se développe pas.

            La biologie ne fait pas forcement l’appartenance aux valeurs partagées mais bien la culture. Or, pour notre avenir pensons culture.l’identité en fait partie.

            « Civilisation qui se suicident », je dirai que ce n’est pas toujours violent c’est aussi parfois par apathie.


          • Le Sanglier (---.---.181.196) 3 mars 2006 15:02

            Monsieur Rebou,la réciprocité,vous connaissez ? En tout cas,dans la plupart des pays arabo-musulmans,ils ne la connaissent pas !!!!!!!!!!!

            Le Sanglier


          • Marsupilami (---.---.222.116) 3 mars 2006 15:32

            « Vous m’avez mal lu : Si la charia ou plutôt telle ou telle de ses interprétations (qui sont nombreuses) est anti-libérale, anti-laïque et anti-républicaine, elle doit être interdite et toute trangression sanctionnée. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille interdire le ramadan ou le pélerinage à la Mecque ou la viande hallal ou l’interdit de consommer du porc et de l’alcool, ou les 5 prières, ou le foulard, ou l’aumône islamique ! »

            Au contraire, je vous ai très bien lu. La charia en général et peu importe ses diverses interprétations... byzantines (humour noir) fait intégralement partie du mode de vie que les musulmans exigent pour eux (tant le droit coranique est consubstantiel à la culture musulmane)... et de plus en plus pour les autres.

            Vous faites preuve d’un angélisme et d’in idéalisme sidérants en séparant arbitrairement les « piliers » de l’Islam qui ne vous dérangent pas trop (le Hadj ou voyage touristico-rituel à la Mecque, la consommation de viande hallal), ceux que vous acceptez d’une manière insupportable (le foulard, symbole de soumission de la femme) et ceux qui vous dérangent (la charia). A la limite, je dirais qu’en fonctionnant ainsi, vous ne respectez pas l’altérité absolue de l’Autre, pour qui tout cela forme un tout culturel insécable, insaucissonnable (hé hé hé...).

            Le pacte démocrate-républicain exige une absolue réciprocité entre les acteurs qui le signent, n’en déplaise aux philosophailleurs de salons qui exhibent leur photo à tout bout de champ sur les forums. Il n’est pas négociable, sous peine de disparaître.

            Descendez sur Terre, monsieur Reboul. Le réel se moque des filousophes.


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2006 17:19

            Si vous refusez ces distinctions entre le droit libéral et le droit à la différence qui ne concerne pas le droit libéral mais l’implique, c’est que vous voulez que les musulmans deviennent athées ou à la rigueur chrétiens.

            Quant à moi qui suit un athée militant, le foulard ne me gène pas plus que la cornette de certaines bonnes soeur ou la croix ou la sainte vierge que beaucoup portent autour du coup. Symbole de l’oppression des femmes dites-vous ? pas plus, ni moins que la virginité de Marie ou que le mythe d’Adam et Eve. De plus qui doit en décider ? Vous, moi ou elles ? En tout cas n’espérez pas les libérer en les forçant à l’enlever si elles désirent le porter (on ne libère personne par la force et là je ne suis pas d’accord avec Rousseau) d’autant que vous pouvez en avoir qui vous diront que pour elles c’est un symbole de la dignité des femmes et un moyen d’échapper au désir oppressif de certains hommes musulmans ou non. Nous n’avons pas, ni vous , ni moi, le monopole de l’interprétation de symboles religieux qui nous sont étrangers.

            Par contre, ce qui est juste et républicain est de se sentir solidaire des femmes qui refusent de le porter et qui sont forcées par les hommes à le faire et, plus encore, de lutter contre les mariages forcés qui n’ont du reste pas grand chose avoir avec la religion musulmane et que les chrétiens ou les juifs ont très longtemps et peut-être encore, dans certains milieux, pratiqués...Ce qui est juste c’est de combattre le machisme et le patriarcat qu’ils soient prétendument musulmans ou non.

            Enfin je vous rappelle que les cinq piliers de l’Islam sont les seules obligations sacrées pour les musulmans et qu’il n’ y a pas d’église musulmane suiffisament unifiée pour dire comment interpréter le Coran dans telle ou telle circonstance.

            Mais peut-être vous sentez vous capable ou autorisé de le faire à sa place pour réformer la religion musulmane sans être musulman vous-même...Je vous souhaite bien du courage ; mais il vous reste une autre solution : mettre tous les musulmans français ou vivant en France à la mer ou mieux dans des camps, ci possible en Afrique en plein désert...Voila qui serait un acte républicain pour le moins paradoxal : « Virez les tous et le Dieu républicain reconnaîtra les siens : »

            Le rasoir philosophique


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2006 18:10

            Si possible, si C’est possible, merci d’avoir rectifié..


          • (---.---.186.61) 3 mars 2006 18:28

            On en arrive au noeud du problème, jusque à quel point est-il possible de tolérer les pratiques spécifiques d’un mouvement politico-religieux théocratique intolérant ?

            la démocratie peut-elle tout en restant elle même ouvrir la voie à la théocratie musulmane ou doit elle, pour sa survie, se protéger ?


          • Marsupilami (---.---.246.229) 3 mars 2006 18:33

            Camarade Reboul, tu es un vrai rasoir philosophique à toi tout seul.

            Je persiste à penser que tu es moins glamour que le Muhammad Chiite. La prochaine fois, tu nous propose une photo de Toi avec une épaule sensuellement dénudée ?

            Et ça n’a rien à voir avec Ockham, absence de Dieu merci.


          • Antoine (---.---.31.20) 4 mars 2006 01:02

            Il me semble clair qu’aucun européen non musulman avec une autre tradition ne pourrait d’aucune manière prétendre réformer l’Islam. Seul le pourrait si toutefois il le voulait un sincère croyant de cette religion par un effort terrible de convinction et d’intelligence. Il lui faudrait un débat et le lieu de ce débat. Il lui faudrait être assez érudit, convainquant et surtout écouté avec calme sagesse et tolérance. Cela se peut-il ?

            Qui prendrait cette peine ? Qui aimerait savoir qu’au premier mot, il serait menacé d’être un apostat, un traitre a la cause « Grand arabic’s » ? Qui aimerait se voir opposer une fatwa de mort par un imam sorti de nulle part se faisant menaçant au nom d’une vérité sortie d’une interprétation aléatoire ?

            Le « système » est verouillé. Qui prendrait sur soi cette menace permanente ?


          • Antoine (---.---.31.20) 4 mars 2006 02:36

            Eurabia, I agree, I don’t really like this. Now, that’s to late, we have to swim with.


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 4 mars 2006 10:19

            Comment lutter contre les menaces islamistes et anti-laïques ?

            La réponse est simple : toute activité, voire tout propos, qui contreviendraient aux fondements de la démocratie individualiste doivent être punis par le droit, sans aucune concession vi-à-vis d’un quelconque prétendu droit communautaire. Il ne faut en aucun cas tolérer l’intolérance et le déni des droits de l’homme (et de la femme !) et du citoyen.

            Mais Il est de toute première importance de comprendre et de faire comprendre que ce qui ne tombe pas sous le coup du droit républicain relève de la liberté, y compris la liberté de culte et d’exprimer publiquement sa foi, dans le mesure où elle ne prétend pas s’imposer au mépris du droit. Ce qui implique l’entière liberté de critiquer les contenus de la foi qui pourraient menacer le droit républicain et la laïcité (séparation de la religion et de l’état).

            C’est pour cela qu’il faut distinguer le droit de critique de celui d’agresser sans discernement les personnes qui croient, sans qu’elles soient, dans leur comportements ou propos, sanctionnables par le droit ; ce que ne faisaient pas à mon sens les caricatures de Mohammed..(Mohammed= terroriste=musulmans)

            C’est pourquoi cette publication a été, selon mon anlyse, une très grave erreur politique qui nourrit, comme on le voit sur notre forum, l’islamophobie (incitation à la haine d’une religion « en tant que telle » et de ses croyants) et la montée en puissance réciproque (en miroir) de l’extrémisme islamiste (et non pas islamique) anti-démocratique, voire terroriste. Les conséquences de cette publication, au nom d’une prétendue liberté absolue c’est à dire nécessairement irresponsable, démontre, me semble-t-il, sa nocivité. C’est en effet aux citoyens d’en débattre et à la justice de trancher.

            Nul n’a intérêt à l’autoréalisation de la prédiction concernant la « guerre » (et non pas le « choc » qui tout autre chose) « des civilisations ». Ni nous, ni l’immense majorité des musulmans, car un telle guerre, ils ne peuvent, à terme, que la perdre chez eux et n’ont aucune chance de la gagner chez nous. Aucune religion ne peut plus prendre, chez nous, le pouvoir de l’état et moins encore la religion musulmane qui n’a même pas une église pour ce faire. Le pouvoir des religions ne peut être, au mieux que d’influence (de plus en plus faible et de moins en moins reconnu comme légitime) et au pire de nuisance, qu’il convient de combattre intelligemment.

            La démocratie exige pour être défendue dans ses principes de ne pas, contrairement à ce que fait le gouvernement US à Guatanamo, utiliser la terreur aveugle contre la terreur aveugle et à refuser d’opposer l’islamophobie terrorisante aux islamistes terroriste en un jeu pervers dont ceux-ci ne peuvent, à court terme, que profiter pour mobiliser davantage au service de leurs objectifs de violence, comme on le voit tous les jours.

            Liberté d’expression et islamophobie

            L’illusion religieuse

            Le rasoir philosophique


          • dom (---.---.207.99) 4 mars 2006 11:48

            hep Marsupilami... lâchez un peu les musulmans ! Je sais pas moi, essayez de penser à autre chose.


          • dom (---.---.207.99) 4 mars 2006 13:07

            Ca fait lontemps qu’on sait qu’on vit dans des démocraties ou la liberté d^’expression est confinée au « causes toujours » au niveau politique. Il n’y a pas d’outil qui permettrait à chaque branche culturelle d’exprimer ses propositions de manière coercitive pour les gouvernants. Chaque idée doit pouvoir être débatue, soumise au vote. C’est la seule chose qui manque parcequ’à l’évidence des bonnes idées les citoyens en ont plein n’est-ce pas ?

            Je sais bien que le fait d’élire des représentants est considéré comme un garde-fous, mais les années s’écoulent en général longuement avant qu’on puisse revoter et il faut des erreurs vraiment grossières et criminelles pour destituer un président. De plus cette fonction ne représente pas ce que beaucoup considèrent, un pouvoir réel, les présidents sont soumis aux lobbyings les plus intenses et sont souvent tenus de suivre les lignes de leur parti. C’est donc une position en forme de leurre qui flatte certes l’égo même des citoyens parcequ’ils peuvent se projeter sur ces figures leur ressemblant plus ou moins. La fonction est bien plus symbolique et honorifique qu’autre chose. Mais nous avons progressé, nous sommes plus éveillés, nous sommes beaucoup plus conscients des problèmes qui détruisent le vivant et face à ces dangers sans précédant les habitudes politiques, le ping pong traditionel des discussions sans fin avec moutures au rabais qui redemandent des années de discussion avant d’atteindre un semblant de résultat ne fonctionne plus parceque c’est beaucoup trop lent.

            Face à cette lenteur des types agressifs à la pensée rudimentaire (pouvant se permettre de confondre la suisse et la suède p.ex tout en devenant président des states...grmpff) prennent l’avantage par l’action, aussi rétrograde soit-elle. La conscience, elle, se mature lentement, ce qui correspond au cheminement de l’intelligence dans les esprits. Mais il me semble toujours que les élections de personnes biaisent également la chose publique qu’est la politique, organisation de la cité, que c’est réservée une élite. Je reste persuadé que nous avons besoin de faire évoluer le système et que les citoyens doivent se réaproprier la chose publique.

            On peut déjà être heureux que le terme citoyen soit redevenu actuel parceque quand j’avais vingt ans on était systématiquement traité de « grand public ». Mais face à l’avalanche des problématiques et équilibres à trouver dans nos sociétés, face à l’acharnement du néolibéralisme qui sait très bien, apparemment, s’accomoder de grandes tueries,la politique a besoin du réservoir à idées que représentent les citoyens, fussent-ils animistes ou amateurs de chocolat.

            L’on peut constater que quelqu’un devient colérique quand il a l’impression qu’on lui refuse la parole, nous en avons tous fait l’expérience, l’on ne se sent pas respecté et devant le manque de possibilité la violence se charge de signaler des voix qui ne trouvent à s’exprimer autrement. Ce n’est pas une légitimation de la violence, mais c’est une constatation.

            Alors si les communautés savent qu’elles pourraient se saisir d’un outil législatif pour faire entendre leur voix il y a déjà un calme supplémentaire parceque les communautés savent qu’elles vivent dans un environnement qui respecte leur intelligence propre. Dans un système où tout le monde a plein de bonnes choses à exprimer, mais où l’outil politique législatif citoyen manque, il reste les blogs, les courriers de lecteurs qui aboutissent à se faire insulter par d’autres communautés qui ne partagent pas notre avis et on se retrouve avec plein de débats souvent instructifs mais que les politiques peuvent autant ignorer qu’avaliser à leur guise et quand ils sont les champions à vouloir ménager la chèvre et le chou ça devient un grand bordel, des fois joyeux je vous l’accorde, mais surtout un grand bordel tout de même où chacun doit de nouveau faire entendre sa voix dans la mêlée et la mêlée est finalement l’élément qui reprend constamment le dessus.

            Alors de deux choses l’une, si on veut que TOUTES les composantes de la société puisse contribuer à l’élaboration de la civilisation on la dotte d’outils coercitifs pour les politiques (droits législatifs amenant au vote) et du même coup on redonne aux citoyens le sens que leur intelligence aussi est demandée dans un sens constructif ou alors on cesse de prétendre être une démocratie où ce sont les citoyens qui sont souverains au même titre que les gouvernants et où les lobbys en tous genres s’arrogent les médias et tous les cirques d’expression qui existent. Alors, évolution ou carrousel ?

            Je me faisais un paralelle hier soir qui me semble assez probant. C’est comme avec la musique fisurez-vous. Combien de groupes travaillent à l’arraché dans des caves insonorisées, combien de millions d’interprètes aussi talentueux, amateurs ou professionels sont soumis au couvre-feu de l’insonorisation. Y a même des flics qui sont venus en pleine forêt voir s’ils pouvaient pas m’amender de jouer de l’accordéon dans les grands espaces... et tout ça pendant que le cirque babylonien a ses scènes agréées et que l’expression de la musique est cantonée aux scènes... c’est comme si on soustrayait la musique de la rue et ça me fait penser à Calvin qui avait interdit toute forme de musique à Genève à son époque. Celà induit aussi certaines personnes même à être étonnées d’entendre de la musique autrement que par MTV ou par la radio. Il y a comme une réapropriation de la rue qui est à l’ordre du jour... quand même un couvre-feu permanent sur la musique pour imposer le silence c’est énorme quand toutes les autres formes de bruit sont simplement agréées en tant que « normales » ! Transposé sur la politique ça donne quoi ?

            Je rêve qu’un jour tous ces groupes encavés sortent ensemble au grand jour pour revendiquer et exprimer leur musique dans les rues, de même les citoyens ne seraient-ils pas heureux de rencontrer des musiciens errants comme il y en avait avant le star-system qui a même réussi à hiérarchiser les musiciens et redonner de la vie là où on plante des CRS ? Sortir de ce « tout est sous contrôle » ... (sic.)

            DEMOCRATIE DIRECTE POUR L’EUROPE !


          • Stéphane (---.---.149.89) 3 mars 2006 12:17

            Article tout à fait remarquable !!

            Je rejoins les (très bons)commentaires d’Antoine avec néanmoins un petit bémol. Pour nous projetter à nouveau dans le futur ,sortir de l’état d’entropie ambiante et nous débarrasser du poids du passé (« historiser le passé »),il nous faut avoir envie de rêver à nouveau d’un futur différent, un futur à nous.... (Alberoni a écrit des choses fort intéressantes à ce sujet dans le « Choc amoureux »)

            Mais il y a-t-il un rêve Européen ?


            • Marsupilami (---.---.41.182) 3 mars 2006 13:05

              Mais il y a-t-il un rêve Européen ?

              Oui, et c’est un cauchemar : consommer, consommer, consommer, regarder la télé-réalité, s’abrutir devant le spectacle du foot, avoir peur de tout, démissionner de tout, se vautrer dans le matérialisme le plus vil. Et je précise que je suis un hooligan agnostique.


            • Antoine (---.---.31.20) 3 mars 2006 14:15

              Bonjour Stéphane,

              Merci pour vos commentaires amicaux me concernant. J’apprécie aussi de vous lire.

              Bonne journée à vous


            • (---.---.199.102) 4 mars 2006 18:23

              Passe moi la rhubarbe.....


            • danielli (---.---.68.83) 3 mars 2006 13:00

              cet article a le mérite d’exister mais il est, parmi tant d’autres, juste un avis, une réflexion. Il est bon que, nous les européens, prenions conscience de nos qualités et en regardant autour de nous, nous nous apercevions que le monde ne va pas mal rien que chez nous. Nous avons cette chance de pouvoir nous exprimer librement et cette liberté n’a pas de prix. Nos droits sont immenses et, par le droit de vote, nous pouvons révoquer nos dirigeants s’ils ne nous conviennent pas. Mais avons nous ce courage ? C’était juste une réflexion !


              • Marsupilami (---.---.41.182) 3 mars 2006 13:10

                Au contraire, cet article traite d’un problème fondamental, d’un défi à long terme qui va bien au-delà des petits conforts européens du moment qui disparaîtront inéluctablement si nous ne réagissons pas dès maintenant aux jihads déclarés (genre Al Qaïda) ou insidieux (l’explosion nataliste musulmane).


              • dom (---.---.37.112) 3 mars 2006 13:37

                yen a ras-le-cul de vos appels à la guerre. Finalement on se demande si c’est bien les islamistes qui appellent au conflit ou une certaine tranche d’occidentaux qui ont leur siège au moyen-orient... parceque proférer toutes les menaces du monde pour argumenter d’un conflit inévitable ça s’appelle cacher la merde au chat ! Il y a un rêve européen et c’est l’europe des régions, fédérées en démocratie directe. Libre aux européens de la mettre au placard, il faut juste qu’ils se rendent compte que celà signifie la perte de leur liberté et de LEUR avenir.

                Ca fait cinq ans que certains prétendent à une autre vision d’avenir, mais ils n’ont fait que nous propulser dans la haine, dans la guerre persistante et leur folie n’est pas un garant d’avenir, c’est le garant de la chute définitive. L’éternel est sur nous, toutes ces volontés auront leur bon miroîr.

                si reprendre le flambeau vous intéresse allez voir www.sauvonsleurope.org


              • Marsupilami (---.---.41.182) 3 mars 2006 13:55

                Allons allons Dom, on se calme.

                Je suis un Européen convaincu, si convaincu que j’ai même voté « oui » à la proposition de constitution européenne en me bouchant le nez. Etre Européen n’est pas incompatible avec le fait d’être lucide à propos des problèmes démographiques et civilisationnels. Au contraire, même.

                Quand à ton histoire d’éternel et de miroir, rien pigé.


              • Marsupilami (---.---.222.116) 3 mars 2006 14:54

                ... et j’ai même signé la pétition pour sauver l’Europe, même si je ne crois pas beaucoup à ce genre de trucs. Allez tous sur Sauvons l’Europe.

                Et merci à Dom pour m’avoir fait découvrir cette association.


              • Antoine (---.---.31.20) 4 mars 2006 02:31

                vous bouchez le nez, vous avez bien raison.

                J’ai ce traité sur ma table depuis plus de sic mois.

                Super bien écrit et pensé. Très bon document et ouvert (je n’ai pas tout lu, c’est un peu indigeste et pas passionnant)

                Ce n’est pas le contenu qui est contestable, c’est la manière...je bouche mon nez aussi.

                Il y aura au moins un qui en est heureux et il a raison, il est mainteant immortel. Mais pas forcement le traité.


              • marc p (---.---.224.225) 3 mars 2006 13:51

                Merci pour cet excellent article... Je réagis aussi au commentaire de Mr Reboul. En effet les droits de l’homme « sont » transculturels, mais la « cohabitation active » à laquelle nous invite avec tant de sagesse et de lucidité le grand mufti de Marseille est elle, quant à elle transculturelle ? Diffuse t elle seulement à l’intérieur de notre république farnçaise ? Les termes république et républicain sont je pense « franchement » connotés lorsqu« un français les utilise, et ce pour le meilleur et le »moins meilleur". Parfois je me demande si être républicain ne signifie pas « faire zéro faute à la dictée de Pivot » car comme il le disait lui même, « le champion du monde d’orthographe » n’« est »-il pas « un français »", assimilation oblige... ( il s’est rendu compte de ce qu’il disait depuis....). Enfin puisqu’il « faudrait des immigrés bébés, comment se fait il qu’il ne soit pas plus facile de »naître à la citoyenneté« ou / et de naître »à la compétence", quelque soit son âge et son origine... (droit de vote, formation professionnelle, tout simplement accueil , acceptation et reconnaissance de l’autre). Cet article me semble quant à lui bien transculturel voire supraculturel ce qui apporte une bonne bouffée d’oxygène... Bis repetita... Marc P PS:Quelqu’un peut il s’il vous plaît nous renseigner sur le tableau qui illustre le « Déclin ».... ? Cordialement...


                • Marsupilami (---.---.38.241) 3 mars 2006 14:20

                  Salut Marc, pour l’image je n’ai trouvé que son nom, L’évidence des pierres.


                • Marsupilami (---.---.38.241) 3 mars 2006 14:28

                  Hoops, mauvaise manœuvre. Nom de l’auteur à chercher dans le site suivant.


                • (---.---.115.117) 3 mars 2006 14:30

                  Tableau (1796) du peintre français Hubert Robert (1733-1808)

                  « Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines » Paris, musée du Louvre


                • Marsupilami (---.---.38.241) 3 mars 2006 14:35

                  Il me semble qu’il est plus facile de comprendre le point de vue de l’auteure de l’article en sachant qu’elle est hongroise, donc récente citoyenne de l’Europe libérée du joug du communisme russe. Or l’histoire de la Hongrie, pays longtemps victime d’invasions musulmanes, peut expliquer ses inquiétudes euro-démographiques, ceci d’autant plus que les ex-pays de l’est ont l’es plus faibles taux de natalité de l’Europe.


                • Marsupilami (---.---.38.241) 3 mars 2006 14:42

                  Bravo ! Un vrai amateur d’art éclairé ! Pas comme moi qui me suis contenté de chercher bêtement l’image sur Google...


                • Antoine (---.---.31.20) 3 mars 2006 15:00

                  Dénatalité ds les pays ex-bloc sociétique. En effet, la Russie connait ce mme phénomène à tel point que des géopoliticiens s’inquiétent de savoir si elle pourra résister aux futures revendication territoriales de la Chine.

                  Rappel, la Russie a souvent contenu l’Asie sauf à la Montagne Sainte Geneviève. smiley


                • Marsupilami (---.---.222.116) 3 mars 2006 15:07

                  Et en plus, les rares petits Russes qui naissent encore arrivent complètement bourrés à la vodka dans ce monde pollué. S’il y a un dieu, surtout qu’il ne nous aide pas, c’est assez difficile comme ça !


                • marc p (---.---.224.225) 3 mars 2006 15:16

                  Merci Marsupilami et merci à « notre amateur éclairé ». Marc P


                • Hal Eurode (---.---.118.66) 3 mars 2006 14:48

                  Très bien.

                  Je crois que cette citation est de Nietzsche :

                  « Le multiculturalisme, c’est très bien, à condition qu’il n’y en ai pas un qui soit trop tendre. »

                  La haine de soi, c’est bien le suicide des civilisations dont parle Aarnold J. Toynbee.

                  Se respecter, c’est respecter l’autre de l’autre et respecter la haine de l’autre, c’est la haine de soi.

                  Respecter l’autre, c’est considérer la personne humaine.

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