Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Europe > Europe : la France marginalisée dans la gouvernance économique (...)

Europe : la France marginalisée dans la gouvernance économique ?

Hollande grand perdant du sommet de Bruxelles ?

Nos médias font du dernier sommet de Bruxelles une sorte de non événement sans grande conséquence pour l’avenir de l’Europe et de la France. Il n’en est rien. David Cameron et Angela Merkel imposent la rigueur nordiste. Le couple franco-allemand n’existe plus. Il est remplacé par un axe germano-britannique hostile à l’assistance aux européens en difficulté. Il y aurait beaucoup à dire sur l’égoïsme britannique et l’arrogance allemande. Mais ces pays défendent leurs intérêts dans une Europe qui est plus inquiétante que motivante.

Un budget européen de rigueur
 
Ce budget réduit est également un budget de déficit qui va aggraver les crises européennes. Ce sera un budget de rigueur. C’est la première fois que les 27 se mettent d’accord sur un budget en baisse. Ils se sont engagés à contribuer à hauteur de 960 milliards d’euros mais ils n’en ont que 908 dans leurs caisses, ce que dénonce l’eurodéputé Guy Verhofstadt cité par Euronews : “on fait des engagements à 960 milliards d’euros, et de l’autre côté on ne prévoit des paiements que pour 908 milliards, donc cela veut dire que l’on va faire un trou budgétaire de 52 milliards d’Euros, tandis qu’au niveau national, les chefs d’états et de gouvernement disent : “on veut assainir les finances publiques, il faut appliquer le Pacte de stabilité, on ne peut pas faire un déficit au niveau national”.On va créer maintenant, pour résoudre leur problème, un déficit au niveau européen.” Ce sont les dépenses d’avenir (les infrastructures, les télécommunications, la recherche et l’innovation), qui sont les principales victimes de ce budget 2014-2020. Les fonctionnaires européens devront eux aussi se serrer la ceinture. On s’en consolera.
 
Cameron/Merckel et Monti/Hollande/Roya : la fin de l'Europe ?
 
Berlin et Londres on donc imposé leurs points de vue : le budget de l'UE devrait être coupé pour la première fois. Paris a consenti cette défaite en échange d'un maintien de la PAC. Jean-François Copé surfe sur le revers subit par le président français. "Ce sommet manifeste, une fois de plus, l'isolement de la France et, par conséquent, son affaiblissement dans le concert européen. La France n'est plus en initiative, mais subit les décisions de ses principaux partenaires", a-t-il dénoncé dans un communiqué. "Que reste-t-il de la politique de croissance qui passait, selon François Hollande, par une augmentation des dépenses ? Le président français ne cessait de claironner qu'il avait remis la croissance au cœur du débat européen. Les électeurs français qui lui ont fait confiance apprécieront".
 
Le parlement européen décidera
 
François Hollande cependant peut encore trouver des alliés à Strasbourg chez les parlementaires. Les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement européen (PPE, socialistes, libéraux, verts) ont annoncé vendredi qu'ils refuseraient d'accepter "en l'état" le budget pluriannuel européen qui, selon eux, "ne renforcera pas la compétitivité de l'économie européenne".
 

Va-t-il trouver des alliés au Parlement ?
 
Si le schéma de Bruxelles devait être confirmé, quelle victoire la France pourrait-elle proclamer ? Certes, elle a sauvé l’essentiel pour elle en évitant des coupes radicales dans le budget de la PAC. Mais la logique de la politique de François Hollande qui consistait à faire du budget européen un instrument de lutte contre la récession, un complément de son « pacte de croissance », a été clairement battue en brèche.
 

La PAC est préservée : une victoire de François Hollande pas évidente
 
C’est bien dans la partie « croissance », dans les investissements d’avenir que les Européens sont allés chercher les coupes budgétaires. L’idée d’une réduction du budget communautaire a été imposée. L’isolement de la France est apparu au grand jour. Cette défaite ne peut que se cacher derrière le maintien d’une PAC qui est sans doute importante, mais qui ne va pas régler les problèmes essentiels de l’économie hexagonale. Politiquement et économiquement, Paris n’est-il pas le grand perdant….. jusqu’en 2020 ? Le feuilleton continue !
 

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.43/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • ecolittoral ecolittoral 14 février 2013 12:47

    Les grands perdants, ce sont les Allemands, les Français, les Grecs, les Espagnoles. Bref, tous les peuples de tous les pays depuis que l’UE et l’euro existent.

    Le budget des instances européennes doit être égal à Zéro...Plus un centime.
    Il n’est qu’en baisse. C’est bien dommage parceque les peuples ont un besoin urgent de ces 908 milliards.
    Le premier ministre anglais et la chancelière allemande défendent leurs pays contre ces institutions. Ils ont mille fois raison. A notre président de faire de même.

    « La France marginalisée dans la gouvernance économique ? »
    Vous n’avez rien compris. C’est la gouvernance économique qui est enfin !!! marginalisée.

    • BA 14 février 2013 14:27

      Les grands vainqueurs du sommet européen de vendredi sont les pays suivants : Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni.

       

      En septembre 2011, il y a eu une information importante :

       

      11 septembre 2011 :

       

      Budget de l’UE : neuf pays entament un bras de fer contre Bruxelles.

       

      Neuf pays européens, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni vont faire savoir lundi à la Commission que sa proposition de futur budget de l’UE (2014-20) est trop élevée face au contexte de rigueur généralisée, selon des sources diplomatiques.

       

      "La proposition de la Commission européenne est trop élevée. Les hausses de dépenses du prochain cadre multiannuel sont nettement excessives par rapport à ce qui est requis pour une stabilisation du budget européen", indique un projet de déclaration conjointe obtenu l’AFP, qui doit être rendu public lundi.

       

      Les ministres des Affaires européennes d’Autriche, du Danemark, d’Allemagne, de Finlande, de France, d’Italie, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni doivent approuver ce document lors d’une rencontre lundi à Bruxelles, avant une réunion avec leurs homologues de l’ensemble de l’UE.

       

      http://www.20minutes.fr/economie/784994-budget-ue-neuf-pays-entament-bras-fer-contre-bruxelles

       

      Mais ça, c’était en septembre 2011.

       

      Ensuite, il y a eu mai 2012, l’élection de François Hollande. Et la France a changé de camp. Après mai 2012, la France a rejoint le camp des Etats européens favorables à une augmentation du budget européen.

       

      Enfin, il y a eu le vendredi 8 février 2013 : les chefs d’Etats et de gouvernements d’Autriche, du Danemark, d’Allemagne, de Finlande, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni ont gagné une bataille historique.

       

      Ils ont obtenu une baisse de 3 % du budget européen.

       

      Et la France se retrouve dans le camp des vaincus.

       

      Pour la période 2014-2020, le budget de l’Union Européenne sera au niveau minable de 1 % du PIB de l’Union Européenne.

       

      Et il reste des bisounours qui croient encore à "l’Europe fédérale" ?

       

      J’éclate de rire !


      • hobbit 14 février 2013 14:29

        Quand les gens comprendront-ils que l’Europe a été créée pour les entuber ? Si nous voulons respirer à nouveau, il faut que nous puissions décider ce qu’on veut pour notre pays et non pas laisser des puissances étrangères décider à notre place. Il faut être cons pour saborder à ce point ses propres intérêts. Donc le meilleur moyen pour retrouver à nouveau notre indépendance est de sortir de l’UE et de l’euro/ Il y a que ça, c’est la seule solution si on ne veut pas sombrer complètement c’est à dire : Pas d’autre Europe, pas plus d’Europe, ça c’est la propagande des européistes fanatiques.


        • BA 14 février 2013 17:49

          Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

           

          - « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

           

          - « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

           

          - « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

           

          - « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

           

          - « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

           

          - « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

           

          - « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)


          • kimbabig 15 février 2013 22:46

            Les intérêts français sont incompatibles avec ceux des anglais ou des allemands. C’est ce que cet article souligne. Il est donc grand temps d’en prendre acte et de se séparer, donc, que la France quitte l’union européenne. Dommage que le gouvernement ne soit pas capable de le comprendre ! Ou alors il n’oeuvre pas pour le bien du pays.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès