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Accueil du site > Actualités > Europe > Europe : la machine infernale

Europe : la machine infernale

La crise engendre la crise, qui se retourne en elle-même.

L’agonie est en marche. Chaque jour son cortège de mauvaises nouvelles. Mais les certitudes ultralibérales, celles mêmes qui nous ont mené à cette situation, restent intactes.

Les aides alimentaires aux associations vont se trouver diminuées de façon drastique. Dramatique, pourrait on dire.

Au nom de principes juridiques qui veulent que la PAC n’a pas à s’occuper des problèmes sociaux, l’Europe impose des coupes aux aides humanitaires.

Réfléchissons bien. Cela signifie qu’un principe administratif est supérieur à la vie des êtres humains. N’est-ce pas pure iniquité ?

Nous savions que la libre circulation des biens, ainsi que la concurrence libre et non faussée, était de fait placée au-dessus de la vie des gens. Donc, au final, des droits de l’homme.

Dans l’Europe des traités non votés, les biens ont plus de valeur que les êtres. Les Capitaux sont plus libres que les citoyens.

Car là, dans ce cas, il s’agit bel et bien de laisser la famine s’installer en Europe. Certes pas une famine de type moyenâgeuse, mais une famine moderne, où chaque affamé sera isolé dans son coin, invisible sur le trottoir, déjà mort car déjà exclus.

Le matin, les camions spéciaux, organisés par l’Union Européenne, rendront la ville à nouveau propre. Tout sera effacé.

Pour sauver les banques, c’est-à-dire ceux qui ont prêté, et qui représentent la partie supérieure de la population qui ne sait pas quoi faire de ses liquidités, mais ne veut surtout pas en perdre la moindre part, l’Europe demande aux États de couper tous les budgets sociaux, toutes sortes d’aides à ceux qui sont déjà soit ruinés, soit dans la misère, d’abandonner les hôpitaux, de couper dans les retraites et dans les budgets de sécurité sociale, laissant les personnes les plus fragiles sur le carreau, ou les obligeant à travailler jusqu’au tombeau.

Et là, coup drastique, elle ferme les aides alimentaires.

Ceci signifie que le eurocrates considèrent une partie de la population comme inutile.

À bien réfléchir, cela fait penser à Hannah Arendt, qui dans l’analyse des systèmes totalitaires, voyait la superfluité des humains comme un trait caractéristique.

Au nom de la crise, tous les acquis de tous les pays se voient détruits systématiquement, ce qui bien entendu alimente la crise elle-même, mais renforce le pouvoir discrétionnaire et antidémocratique de ces gens.

Il ne peut y avoir de démocratie sans contrôle par la population des biens de États, sans un service public réel sans que ce soit la population elle-même qui décide ce qui est national et ce qui est privé. Lorsque le privé gère tout, nul contrôle démocratique n’est envisageable. La population est à genoux, impuissante, dépossédée d’elle-même.

L’Europe s’est toujours construite sans les populations. Aujourd’hui elle se construit contre elles. Les grecs n’ont plus le choix de leur budget, mais bientôt, les italiens, les espagnols, les irlandais, les français, les suivront sur cette pente où les gouvernements pour ne pas froisser les marchés refusent à la fois de taxer les riches, mais aussi de renégocier les dettes.

Il ne leur reste plus qu’à tout supprimer, après avoir tout fait pour qu’une telle situation arrive, en allégeant systématiquement les impôts de plus fortunés, les impôts sur les sociétés, et en privatisant à tout va, ce qui prive les États de moyens financiers et donc d’autonomie budgétaire.

C’est bien la même UE qui a toujours poussé une privatisation à outrance, un dépérissement capitalistique de l’États, et qui aujourd’hui enjoint ces États dépossédés à surtaxer leur population, faisant entrer les plus fragiles dans une spirale dont ils ne sortiront pas.

Rien ne doit échapper au marché, et si quelque chose y échappe, il faut le détruire. Les directives d’avril qui interdisent les produits naturels sous prétexte qu’ils ont des vertus thérapeutiques en sont un exemple parfait. Désormais ces produits doivent passer par des entreprises pharmaceutiques, qui ajouteront des process de fabrication, des adjuvants, rendant ces produits moins efficaces, voire toxiques. Mais l’essentiel est qu’ils passent par les mains des industriels.

L’Europe ira-t-elle jusqu’à proposer des camps, au début de regroupement humanitaire, puis de travail obligatoire (type RSA mais dans des lieux spécifiques et organisés), et enfin, solution finale néolibérale, de réduction préventive, camps privés dont le but ultime sera de rendre économiquement rentable un sociocide généralisé des pauvres ?

Ou bien se contentera-t-elle de nous faire accepter l’inacceptable ? Comme pour les sans abris, qui par la dénomination SDF, sont nommés, et donc le fait que des familles dorment dans le rue ne choque plus personne. Il suffira de nommer ceux qui meurent de faim des SRA (Sans Ressource Alimentaire), par exemple, pour que nous acceptions un sociocide progressif.

Cette question va au-delà de la seule question de l’Euro, mais de celle du sens ultime de cette construction européenne, au départ lieu de paix, se transformant en un enfer humain.


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5 réactions à cet article    


  • Catherine Segurane Catherine Segurane 27 septembre 2011 09:42

    Excellente analyse.


    L’Union européenne doit disparaître pour libérer les peuples du carcan qu’elle leur impose.

    Ce n’est pas pour cela qu’ils vont se haïr et se faire la guerre.

    On peut être libre et en bons termes avec ses voisins.


    • BA 27 septembre 2011 21:10

      Mardi 27 septembre 2011 :

       

      Le domino grec est tombé, puis le domino irlandais est tombé, puis le domino portugais est tombé. Maintenant, le domino espagnol va tomber.

       

      Ou alors le domino italien ?

       

      Taux en hausse pour l’Espagne et l’Italie.

       

      Espagne :

       

      Le Trésor espagnol a émis mardi pour 3,225 milliards d’euros de bons à 3 et 6 mois, avec des taux en forte hausse par rapport à la dernière émission de ce type le 23 août, a annoncé la Banque d’Espagne.

       

      Les taux ont augmenté, à 1,692 % pour l’émission à 3 mois (contre 1,357 % le 23 août 2011), et à 2,665 % pour celle à six mois (contre 2,187 % le 23 août). Le Trésor visait une émission d’entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros.

       

      Italie :

       

      Le Trésor italien a émis mardi 14,5 milliards d’euros d’obligations à court terme, dont les taux d’intérêt ont bondi à des niveaux records, signe de la méfiance des investisseurs. Cette émission était le premier test pour l’Italie sur le marché obligataire depuis l’abaissement de sa note souveraine en début de semaine dernière par l’agence Standard and Poor’s, ce qui a attisé les craintes d’une contagion de la crise de la dette à la troisième économie de la zone euro.

       

      http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/09/27/97002-20110927FILWWW00502-taux-en-hausse-pour-l-espagne.php


      • Dolores 28 septembre 2011 08:38

        Comme vous le faisiez remarquer, dès le départ les peuples ont été exclus de la construction européenne.
        L ’ Europe pendant ses 45 premières années a été bâtie par les politiciens, les banquiers et les financiers dans le secret.
        Dès les années 60, les conséquences se sont fait sentir et ont dégradé les conditions de vie :
        - exode des paysans vers les villes où ils deviennent des ouvriers non qualifiés, abandon des engrais naturel (fumier)pour le grand profit des industries chimiques et la dégradation de l’eau et des terres ;
        - fermeture des mines,
        - fermeture des aciéries avec la CEE, désertifiant des régions entières,
        - augmentation du prix des denrées bien avant « la concurrence libres et non faussée’.

        En 1991 a commencé le »bourrage de mou« , auprès des enfants et des jeunes dans les écoles, collèges, lycée. Le préfet n’allait plus »aux champs« , mais dans les classes voir les travaux manuels des enfants sur l’Europe et pour les convaincre de dire à leurs parents de voter »oui« à Maastricht.

        Faut-il s’étonner aujourd’hui que nombre des gens croient encore que les arguments qu’on leur a fourni alors sont incontournables ?
        On leur a seriné qu’il n’y aurait plus de guerres,qu’il pourraient circuler partout sans passeport ni visas,qu ils pourraient vivre mieux et que l’Europe les mettrait à l’abri de tout.

        On leur a même dit que ce qui comptait c’était d’être européens plutôt que Français.
        Et pour cela on a détricoté la France:on a fabriqué de nouvelles régions, alors que pour faire son unité on avait supprimé les régions de l’ancien régime.
        Dans ces régions on a créé la pagaille avec les fameuses »langues régionales, certains voulaient des écoles où le français deviendrait une langue étrangère en quelque sorte et où les administrations n’utiliseraient que le patois local.

        Bref, il en est encore pour croire que hors l’Europe point de salut, même s’ils peuvent voir que les délocalisations font augmenter le chômage sans profit pour nous ni pour ceux chez qui on délocalise.
        Un exemple : Renault délocalise en Roumanie , c’est donc du travail en moins pour les Français. Dans ce pays un ouvrier gagne 300 ou 350€ par mois.Renault met dans sa poche entre 1000 et 1300€ par ouvrier. Chaque voiture est vendu 5000€ dans les pays de l’est et Renault, qui ne vend pas à perte, prend son bénéfice.
        En France, il la vend 8000€.
        Il y a 3 dindons de la farce ; le français qui n’aura pas eu le travail, le roumain qui s’est fait exploiter, et le consommateur français qui sera plumé !

        Tout est marchandise : l’éducation, la santé, la nature... et l’humain.
        C’est la raison pour laquelle, quand un humain n’est plus exploitable on le jette sans ménagement. Le social est tiré vers le bas alors que les prix augmentent. Nous retournons vers le Moyen Age et la servitude.

        Il n’ y a rien à attendre des politiciens, droite et gauche ont voté comme un seul homme le traité de Lisbonne alors que 55% des français l’avaient rejeté ? C’est un acte de haute trahison envers les Français. Ils ne feront rien pour les peuples, sinon dégrader toujours plus leur vie pour que quelques uns se gavent, surtout si nous continuons à nous conduire comme des moutons
        Si ce n’était une question d’argent, l’Europe n’aurait jamais existé car de simples traités, dans certains domaines, suffisaient.

        Maintenant ils voudront conserver les privilèges qu’ils ont acquis en nous transformant en serfs de l’économie et peut-être y réussiront-ils puisqu’ils sont déjà parvenus à dresser les gens les uns contre les autres détruisant la solidarité, les jeunes contre les vieux, les travailleurs contre les chômeurs, le privé contre le public........

        J’ai lu le Traité de Maastricht en 1992, j’ai lu le Traité Constitutionnel en 2005... et j’ai voté contre.


        • Norbou66 30 septembre 2011 14:38

          Rejoignez le mouvement de l’Union Populaire Républicaine qui partage ces analyses et qui est le seul mouvement qui, pour 2012, propose de vraies solutions pour la France : retrouver sa souveraineté en sortant de l’Europe (et donc de l’euro) et de L’OTAN.
          A grand maux les grands remèdes, l’Europe nous spolie, eh bien nous n’en voulons pas.


          • bigglop bigglop 2 octobre 2011 03:41

            Depuis peu, une nouvelle musique, toute douce, nous est serinée par les merdias et les politiques : pour gérer et résoudre la crise, il faut une plus forte intégration financière européenne.

            . Oh la jolie arnaque qui se prépare !!!!!

            Vous souvenez-vous des propos de M. Aubry : « Il faut une autre Europe », termes ambigus, mais de quoi parle-t-elle ?

            Le Parti Socialiste et ses dirigeants ont eu une position constante pour la Construction Européenne : ils ont soutenus tous les accords et traités européens, Maastricht, Amsterdam, Nice, et cerise le TCE consacrant l’économie de marché capitalistique (libéralisme), une concurrence soi-disant libre et non faussée. Lors du vote en Congrès, il ont bien pris soin qu’il y ait suffisamment de députés et de sénateurs pour que le quorum soit atteint et annuler le précédent vote référendaire citoyen

            Martine Aubry et PS persévèrent dans la forfaiture en demandant comme Sarkozy, Van Rompuy (1), Trichet, Juncker et d’autres grands européens une plus grande intégration financière européenne.

            Ceci implique un contrôle direct par l’Eurogroupe et la BCE, le FSEF et la banque MES (2) de la construction et du financement des budgets des Etats Européens par eux-mêmes, ceci conduisant à la perte de la souveraineté nationale des états

            L’objectif est de mettre en place une régionalisation européenne supranationale, déjà prévue dans les différents traités, voir l’ouvrage de Pierre Hillard :Minorités et Régionalisme dans l’Europe Fédérale des Régions.(3)

            Aujourd’hui, il s’agit de la reconfiguration (4) de la construction européenne financiarisée

            à travers le FESF, le MES et structures financières européennes travailleront directement avec le FMI, La Banque Mondiale, les banques mondiales privées, les « hedges funds » (Goldman-Sachs et ses Hommes d’influence (5) (6) et avec le Dollar.

            Donc, on continue comme avant à bien « engraisser » la spéculation  sans régulation des marchés financiers : interdiction de la titrisation des créances, des ventes à découvert....

             sans un nouveau Bretton-Woods dans le sens keynésien sur une valeur de réserve non nationale.

             sans un nouveau Glass-Steagall Act : distinction en Banques de dépôt et d’affaires et compagnies d’assurance.

            Enfin, pour financiariser et globaliser toutes les activités économiques privées et publiques, il faut standardiser les comportements sociaux, donc un nouveau modèle social. Le meilleur moyen d’y parvenir est la stratégie du choc, du chaos qui, après le 11/09/2011, permit au gouvernement US d’imposer aux citoyens des lois liberticides, les Patriot Acts I et II, (7).

            Les différents plans d’austérité, de rigueur sont inutiles car ils ne s’attaquent qu’aux effets et non pas aux causes tout en permettant à la spéculation de s’enrichir en permanence.

            Ces plans sont pervers :

             vente des activités régaliennes de l’Etat et de ses participations = licenciements, baisses des salaires

             économies budgétaires : licenciements, baisse des recettes fiscales et sociales.

            Et les conséquences que vous connaisse z : hausse du chômage, de la pauvreté, de la précarité, perte des garanties sociales (droit du travail, médecine du travail, sécurité sociale...)

            Le piège est que ces plans provoquent une récession (France et Allemagne avec un taux de croissance de 0%) entraînant une diminution des recettes fiscales impliquant de s’endetter davantage sachant que l’on aura remboursé que des intérêts de la dette existante.

            GOOD BUSINESS !!! Bankster

            Pour en sortir, n’écoutez pas les sirènes et leur paralysante musique et lisez (8)

            (1)http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-plan-secret-du-President-du-Conseil-Herman-van-Rompuy-2564.html

            (2)http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421

            http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-mecanisme-europeen-de-stabilite-97496

            (3)http://www.youtube.com/watch?v=m1jdXMb8H_4

            (4)http://www.mecanopolis.org/?p=24040

            (5)http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/comment-la-banque-goldman-sachs-30069

            ’6)http://www.mecanopolis.org/?p=23579

            (7)http://www.mecanopolis.org/?p=23638

            (8)http://www.mecanopolis.org/?p=23638


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