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Accueil du site > Actualités > Europe > Europe : pour une politique commune de l’énergie !

Europe : pour une politique commune de l’énergie !

Face aux défis posés par l'énergie aujourd'hui et dans les années à venir, nous devrions mener une réelle politique commune de l'énergie. L'Europe doit trancher les débats et donner la direction à suivre pour harmoniser les politiques nationales énergétiques entre elles et sécuriser le marché de l'énergie qui mérite d'être renforcé.

Les questions énergétiques sont au cœur de l’actualité mondiale, européenne, française, depuis un bon moment déjà mais surtout depuis le 11 mars, l’accident de Fukushima ayant relancé les débats publics et la couverture médiatique à ce sujet.

En Europe, les politiques publiques nationales en matière d’énergie, si elles ne sont pas forcément contradictoires, témoignent d’une certaine confusion. Par exemple, si l’on résume grossièrement la situation en matière de nucléaire, l’Allemagne prévoit une sortie du nucléaire, l’Italie suspend son retour vers l’atome, la France maintient le cap. Et heureusement disent certains, puisque l’Allemagne importe de l’énergie nucléaire de France pour sa propre consommation.

Bref, nous le savons, les réseaux électriques sont interconnectés. Le marché électrique européen existe, dans les faits. Autre preuve, l’existence depuis plusieurs années déjà de la bourse d’échange de l’électricité EPEX SPOT.

Bon, donc si le marché européen existe de facto, il mérite d’être régulé de façon institutionnelle par les instances européennes. N’ayons pas peur des mots : l’Europe s’est construite sur la CECA, pourquoi ne pas évoluer vers une véritable politique commune de l’énergie, thèse défendue par Michel Derdevet, maître de conf. à Sciences-Po Paris. (Si la question vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet ouvrage aussi pédagogique que passionnant : « l’Europe en panne d’énergie  ») 

Le 6 mai, ce vendredi, aura lieu la commémoration de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, Michel Derdevet, qui participera au Colloque « 60 ans d’Europe », explique dans une interview donnée à nordeclair.fr le 2 mai, en quoi une politique européenne de l’énergie est possible, même souhaitable, en temps de crise économique :

« Le traité CECA a produit ses effets de manière très positive : il a redynamisé l’économie européenne. Les politiques ont du insuffler une dynamique nouvelle dans un contexte qui n’était pas évident ».

Il explique qu’alors que le contexte marqué par l’accident Fukushima est une période « où la tentation dans certains pays européens est d’avoir des réponses nationales », nous ne pouvons « pas se contenter de l’addition de 27 réponses pays par pays. Il faut coopérer encore plus au niveau européen pour envisager la transition, développer le renouvelable, accroître les réseaux d’échange d’énergie  ».

Selon lui, une politique commune de l’énergie permettrait de sécuriser les approvisionnements (gaz, pétrole), ainsi que « la question des grands réseaux d’échange d’énergie dont dispose l’Europe et qu’il faut renforcer, les renouveler et interconnecter ».

Il ajoute qu’une autre grande question à régler par une politique commune l’énergie concerne la « pauvreté énergétique ». D’autres parlent de « précarité énergétique ». Il estime que « l’Europe a su fonctionner sur la base de la concurrence […] Aujourd’hui, il faut qu’elle travaille sur une autre base qui est celle de la solidarité ».

Enfin ! on a envie de dire « merci » de rappeler que l’Europe ne fonctionne pas seulement dans une perspective concurrentielle et libérale, mais qu’elle est également un espace de protection des citoyens européens et doit favoriser la solidarité entre les peuples, selon des critères de nationalité peut être, mais aussi et surtout suivant le clivage riches / pauvres


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7 réactions à cet article    


  • JL JL 5 mai 2011 11:35

    Une politique commune en Europe ? Vous rêvez, cher monsieur : la seule politique commune de cette Europe libérale aux mains des lobbyistes est la concurrence libre et non faussée.

    Le nucléaire, par exemple, est entre les mains de gens qui se foutent éperdument de l’indépendance énergétique des nations européennes, leur seul but étant de faire du profit, au mépris de la sécurité et de l’intérêts des citoyens.


    • beo111 beo111 5 mai 2011 12:53

      Bien d’accord avec JL.

      D’ailleurs ya pas que Fukusima. A l’heure où le gouverne-ment nous gonfle avec le gaz de Schiste on pourrait se demander pourquoi on ne ferait pas une Europe du Gaz, bref un gichet unique européen pour acheter notre gaz sans trop se faire entuber individuellement par les gros vendeurs, tels la Russie.


    • paul 5 mai 2011 13:03

      L’article s’articule autour de la déclaration de Michel Derdevet sur les vertus de l’ex CECA : mais
       autres temps autres mœurs  : l ’Europe du traité de Lisbonne est passée par là .

      M. Derdevet est directeur de com. de RTE, réseau transport électricité, mis en place au sein d’EDF en 2000, pour satisfaire aux exigences européennes de libre concurrence .
      Ce qui nous donne la loi NOME qui entrera en vigueur en juillet prochain , loi dont on sait déjà
       qu’elle ne sera pas en faveur des consommateurs : augmentation des tarifs de 6 à 7 % l’an .

       M.Derdevet fait donc une vertueuse com sur la nécessité d’une politique commune de l’énergie ,
      alors que dans les faits, le consommateur est livré aux exigences des producteurs du privé .


      • zadig 5 mai 2011 13:07

        Bonjour,

        "une politique commune de l’énergie permettrait de sécuriser les approvisionnements (gaz, pétrole), ainsi que « la question des grands réseaux d’échange d’énergie dont dispose l’Europe et qu’il faut renforcer, les renouveler et interconnecter« 

        Je ne crois pas du tout à cette envolée !

        Partager quoi ?               La pénurie !
         »politique commune" Des discours avec plein de traitrises par derrière.

        Nous sommes dans la panade et demain ce sera bien pire.

        Attendons un peu que la bourrasque passe et demain les centrales nucléaires
        vont fleurir comme des champignons (humour involontaire)

        Notre seul espoir, l’économie et la recherche.

        Cordialement


        • zadig 5 mai 2011 13:46


          Clarification 

          remplacer la dernière ligne par :

          Notre seul espoir, économiser l’énergie (férocement) et intensifier la recherche.


        • dogon dogon 5 mai 2011 17:22

          L’interconnectivité des réseaux nationaux est déjà, en grande partie, réalisée mais doit être améliorée. Une véritable politique communautaire devrait pousser en ce sens non seulement pour des raisons d’accroissement de notre indépendance énergétique, mais aussi pour le développement des énergies alternatives.
          Le manque de vent qui est la grande excuse des pourfendeurs de l’éolien ne concerne jamais toute l’Europe, tout comme le manque d’ensoleillement.
          Les hydroliennes sont de moins en moins coûteuses (même si elles le demeurent aujourd’hui) et leur prix est encore appelé à baisser.
          Le recours à la méthanisation et à des procédés tel que celui de Bio Fuel Systems nous permettrait d’amoindrir voire d’éliminer notre dépendance envers les énergies fossiles et le nucléaire, tout en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre (le méthane étant 23X plus toxique que le CO2 dans ce domaine).

          Mais pour cela, il faut lutter contre les consortiums actuels, grands pourvoyeurs de fonds pour toutes les campagnes électorales en Europe et ailleurs.
          Et là, c’est un autre débat.

          Et, comme le dit Zadig, revoir aussi notre façon de dépenser cette énergie et investir dans la recherche.


          • Asp Explorer Asp Explorer 6 mai 2011 07:48

            « Il faut développer »
            « Il faut coopérer »
            « Il faut une solidarité »

            J’ai tendance à me méfier des gens qui me parlent de solidarité. En général, ça veut dire que je vais payer pour les autres. En l’occurrence, le prix unique de l’électricité, ça signifie que moi, consommateur français, je vais payer beaucoup plus cher pour que les tchèques et les slovènes payent un peu moins cher. Pourtant, si je paye aujourd’hui moins cher, c’est parce que mes parents et grand-parents, avec leurs impôts, ont financé la construction de ces fameuses centrales nucléaires.

            La solidarité, c’est ici un mot bien sympathique qui recouvre le pillage du patrimoine national au profit de l’étranger.

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