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Eurotunnel, Europe et crédibilité institutionnelle

La crise permanente d’Eurotunnel est aussi celle de ce l’on appelle pudiquement la « construction européenne ». Avec la course au dumping social des années récentes, elle contribue à mettre à mort le mythe d’une Europe protectrice des citoyens. Elle dévoile les effets pervers d’un système où le conditionnement idéologique se substitue au minimum raisonnable de garanties. Des responsabilités que les institutions devraient assumer dans la transparence, mais qu’elles éludent sciemment par des solutions de facilité.

Le mercredi 2 août, le Tribunal de Commerce de Paris a finalement accepté de lancer une procédure de sauvegarde pour le groupe Eurotunnel. Une procédure considérée par des spécialistes comme tendant à assouplir les licenciements. Il paraît évident que ça se présente très mal, même si un communiqué d’Eurotunnel a immédiatement salué cette décision. Tout comme La Tribune, qui s’en félicite avec le commentaire : "... il y aura des sacrifices et (...) chacun devra en prendre sa - juste ? - part". Bonne question : qui devra payer les pots cassés, et la "solution" sera-t-elle juste ?

Il y a un an, le 15 juin 2005, la CGT réclamait : "une intervention des pouvoirs publics pour que le pillage organisé autour de ce grand équipement public cesse" et ajoutait : "Si l’on n’arrête pas cette curée financière, ce sont plusieurs milliers d’emplois qui sont menacés. Pour la CGT, "l’argent des actionnaires initiaux mais aussi le produit du travail des salariés d’Eurotunnel" avaient été "détournés". Le centrale syndicale constatait que "les ressources dégagées de l’activité Eurotunnel servent avant tout à rembourser les intérêts de la dette", interdisant "tout développement de la société". Elle estimait que "cette situation peut conduire à la faillite de l’entreprise dans un horizon proche". Je ne trouve pas, sur le site de la CGT, des communiqués plus récents concernant Eurotunnel.

Dans un article du 13 juillet dernier, L’Humanité avait écrit : "Douze ans après l’inauguration en fanfare du tunnel sous la Manche par le président de la République François Mitterrand et la reine d’Angleterre Elisabeth II, le vieux rêve de liaison transmanche est en train de virer au fiasco financier." Mais, à différence du juriste cité plus haut, l’auteur de l’article se bornait à écrire à propos de la procédure de sauvegarde : "Ce dispositif, nouvellement créé, permet de placer l’entreprise sous la protection du tribunal de commerce et de nommer un juge médiateur chargé dans un délai de six mois, renouvelable une fois, de concilier la société et ses créanciers". Concilier qui, exactement, et pour quoi faire ?

De son côté, LCI a annoncé mercredi la nouvelle avec le titre : "Eurotunnel sauvé par la justice", écrivant notamment : "Si les intervenants parviennent à s’entendre et si les juges estiment que l’entreprise est "sauvable", un plan de sauvegarde est mis en place et il a dix ans maximum pour porter ses fruits. Ce dispositif s’inspire de la loi sur les faillites américaine qui a permis à des groupes comme la compagnie aérienne United Airlines de se restructurer en évitant une faillite et de continuer à fonctionner malgré ses déboires financiers". Mais il aurait fallu préciser comment United Airlines a "résolu son problème" : notamment, par des dizaines de milliers de licenciements.

Le 2 août, Le Monde rappelait que "quelle que soit la suite du feuilleton judiciaire, le tunnel continuera à fonctionner normalement, étant lui-même déclaré d’intérêt public et propriété des Etats français et britannique. Eurotunnel emploie 2.300 personnes et compte environ 800.000 actionnaires en France". Il se faisait écho d’une déclaration du président de l’ADACTE (Association de Défense des Actionnaires d’Eurotunnel) : "Pourquoi l’Etat est-il intervenu pour « sauver Suez », un groupe privé, et ne fait rien pour Eurotunnel, qui est quand même un ouvrage stratégique pour la France ? ". Dans un communiqué du 21 juin dernier, l’ADACTE a considéré "scandaleux que les entreprises et banquiers étrangers récupèrent et profitent de cet ouvrage pour une somme dérisoire alors que l’actionnaire, en répondant aux trois appels de fonds de 1987 - 1990 - 1994 , a apporté entre 6 et 7 Milliards d’euros sur lesquels il a perdu plus de 95 % de son investissement (en francs constants)". Malheureusement, la réponse à ce cri de colère de l’ADACTE réside sans doute dans la constatation de l’article du Monde que fait également une dépêche AFP. A savoir, que même si des salariés perdent leur emploi et des "petits actionnaires" sont ruinés, le tunnel restera inamovible, paré de ses oripeaux d’intérêt public, et continuera à fonctionner malgré tous les drames personnels que sa triste histoire aura générés.

Les victimes de cette lamentable affaire ont incontestablement de quoi se plaindre. Car, l’intérêt public consisterait-il à laisser ruiner de la sorte des honnêtes gens ? L’article de La Tribune évoque la perspective d’un "grand soulagement ... des gouvernements britannique et surtout français qui n’auront plus à redouter d’être pris à témoin ou sollicités d’intervenir dans une société privée dans laquelle ils se sont, par traité, interdit d’ingérence". Mais dans ce cas, vers qui devront se tourner ceux qui auront perdu leur épargne ou leur emploi ? Rappelons que l’action Eurotunnel avait été introduite à la Bourse de Paris fin 1987, à l’occasion d’une augmentation de capital ouverte au public portant sur un total de 7.7 milliards de francs. Sa valeur initiale de 35 francs était tombée à 27 mais, par la suite, l’action avait atteint un pic historique de 128 francs (un peu moins de 20 euros) en mai 1989. Pourtant, à l’automne 2005, l’action cotait entre 25 et 30 centimes d’Euro avant de remonter quelque peu (autour de 45 centimes) en 2006. Le dernier jour de sa cotation en bourse, le 12 mai 2006, il y a eu plus de 12 millions d’ordres d’achat à un taux autour de 29 centimes, et moins d’un million d’ordres de vente. C’est dire l’incroyable décalage entre la propagande initiale des banques ou les encouragements institutionnels de l’époque, d’une part, et la réalité de l’opération Eurotunnel, de l’autre. 20 ans d’histoire très amers pour ceux qui y avaient cru.

On peut lire dans un historique récent qu’une étude "menée en 1984 par un groupe de banques britanniques et françaises" avait « démontré » la viabilité du projet Eurotunnel. Les dernier guillemets sont de l’auteur de l’historique, et pour cause. Car une plus grande prudence aurait sans doute dû être de mise, vu les antécédents. Une première tentative de creuser un tunnel sous la manche avait eu lieu en 1876-83. La deuxième était toute fraîche : commencés en 1973, les travaux avaient été abandonnés suite à une décision de Harold Wilson "pour des raisons économiques". Mais dans les années 1980, le choix a été fait de désengager les Etats de toute réelle responsabilité. Ce qui, avec la cotation en bourse ultérieure de l’action, revenait à rejeter les risques les plus graves sur les petits investisseurs. Pour la plupart, des épargnants. Quels que soient les déboires de ces derniers, l’histoire allait cette fois-ci "suivre son cours". D’ailleurs, dès 2005, en plein effondrement de l’action Eurotunnel, l’idée d’un deuxième tunnel sous la Manche était envisagée par les deux gouvernements.

Outre les rapports techniques du genre n’y-vois-que-du-feu, plus la publicité des banques auprès de leurs clients, la propagande institutionnelle générale... il y a eu un important facteur idéologique : la deuxième moitié des années 1980 a marqué le début de la montée en force et en prestige des institutions européennes. La convention de Schengen avait été signée en juin 1985. La Communauté Economique Européene s’était renforcée par les adhésions de la Grèce en 1981 et de l’Espagne et du Portugal en 1986. En 1986 avait été signé l’Acte unique européen, etc... Ce que ne manquait pas d’évoquer le nom même d’Eurotunnel faisant allusion à une voie de transport terrestre, non pas entre la Grande-Bretagne et la France, mais entre la première et l’Europe continentale. Telle était l’incantation politique de l’opération Eurotunnel, avec une évidente caution tacite des institutions françaises et européennes, auprès des petits épargnants qui ne s’en sont pas méfiés. La "construction européenne", ça ne pouvait pas rater. L’Europe, c’était trop sérieux...

Mais à présent, "personne" n’y est pour rien. Les banquiers sont des pauvres créanciers malheureux. Les Etats britannique et français "n’ont pas le droit d’intervenir". Quant aux institutions européennes, "ça n’a jamais été de leur ressort". Les gestionnaires d’Eurotunnel "ont fait ce qu’ils ont pu"... Serait-ce encore la faute aux petits actionnaires et aux salariés ? De toute façon, ce n’est pas eux qui rédigeront les manuels d’histoire officiels. L’humanité, c’est bien connu, va toujours de l’avant.


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73 réactions à cet article    


  • Niveleur (---.---.5.29) 3 août 2006 12:18

    Le tunnel est un outil stratégique qui intéresse au plus haut les milieux financiers. C’est pourquoi on parle déjà d’en construire un deuxième. Mais les financiers et les deux Etats concernés ont fait prendre les risques aux petits porteurs à leur place. Egalement aux salariés qui « y ont cru » autant que les petits actionnaires, et qui y ont engagé leurs carrières.

    C’est un effet un bien mauvais usage de l’influence idéologique, du « prestige », du label « Europe », etc... Mais, tout compte fait, on peut malheureusement penser que ça fait partie du « système européen » qui se met en place.


    • CP (---.---.224.72) 3 août 2006 12:49

      « C’est en effet un bien mauvais usage de l’influence idéologique, du »prestige« , du label »Europe« , etc... Mais, tout compte fait, on peut malheureusement penser que ça fait partie du »système européen« qui se met en place. »

      Je dirais surtout que c’est la manifestation d’un mode de gouvernement de plus en plus « élitiste » et qui n’a plus grand-chose à faire des « citoyens lambda ».

      Mais c’est évident que les institutions européennes, étant beaucoup plus récentes et devant « gérer » une population plus vaste, se prêtent tout particulièrement à la formation d’ « élites » fermées et éloignées des peuples. Ce qui se répercute également au niveau des institutions nationales, dirigées par les mêmes groupes dominants que les institutions européennes.

      Ce distancement par rapport aux citoyens, aux deux niveaux (européen et national, de manière interactive), apparaît également dans un autre article d’Isabelle :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11856


      • Monique (---.---.50.131) 3 août 2006 13:16

        Ce genre d’opérations sont lancées avec des objectifs, des contextes, des risques... qui échappent complètement au « petit » citoyen, qu’il soit salarié ou actionnaire.

        Dans l’affaire du Canal de Panama, des dizaines de milliers de travailleurs panaméens sont morts et beaucoup de petits actionnaires européens ont été ruinés.


        • CP (---.---.230.244) 3 août 2006 13:39

          Voir aussi :

          « Eurotunnel - Panama. Deux grands défis de l’histoire », de Guy Fargette, L’Harmattan 1997

          Mais je pense qu’on oublie souvent de souligner le principal trait commun entre les deux affaires. « Défi de l’histoire », c’est du baratin creux.

          La période du Canal de Panama est celle du développement de l’IMPERIALISME PROTECTIONNISTE dont la France fut la puissance initiatrice. La péride d’Eurotunnel est celle de la mise en place de la méga-puissance européenne. Dans les deux cas, on fait appel à toutes sortes de pigeons, on embobine les gens avec le « progrès », l’ « avenir », le « prestige », la « grandeur » et que sais-je encore...


        • CP (---.---.230.244) 3 août 2006 13:45

          « Le tunnel est un outil stratégique qui intéresse au plus haut point les milieux financiers »...

          Justement, tout est là : c’est l’un des éléments indispensables à la mise en place d’une grande voie de commerce terrestre, de Londres jusqu’à Beijing en passant par les Balkans, la Turquie, l’Irak et l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan et le Tadjikistan...

          C’est principalement le petit contribuable qui finance des guerres dont les milieux financiers profitent. Porquoi ne pas faire financer le tunnel, à leurs frais, par les petits épargnants, tant qu’on y est ?


        • Ingrid (---.---.113.245) 3 août 2006 14:09

          Voici le texte complet du communiqué de la CGT du 15 juin 2005, juste après le rejet du Traité Constitutionnel Européen. C’est curieux que par la suite il n’y ait pas eu d’autres communiqués de la CGT sur Eurotunnel.

          CGT

          Déclaration du 15 Juin 2005

          Eurotunnel : ce qui doit primer, c’est l’intérêt des usagers et des salariés

          La Cgt demande une intervention des pouvoirs publics pour que le pillage organisé autour de ce grand équipement public cesse. Si l’on n’arrête pas cette curée financière, ce sont plusieurs milliers d’emplois qui sont menacés.

          Créanciers et actionnaires s’affairent à la veille de l’Assemblée générale de la société Eurotunnel. Ce sont les salariés et les usagers qui risquent de faire les frais de cet affrontement. La Cgt demande une intervention des pouvoirs publics pour que le pillage organisé autour de ce grand équipement public cesse.

          Tout pour les financiers

          Il y a sans doute des comptes à demander aux directions successives de la société. Mais l’essentiel du scandale est ailleurs. Les frais financiers inhérents au montage du chantier ont dépassé le coût total de la construction du tunnel, soit plus de 9 milliards d’euros. C’est l’argent des actionnaires initiaux mais aussi le produit du travail des salariés d’Eurotunnel qui ont été détournés.

          Le scandale continue. Les ressources dégagées de l’activité Eurotunnel servent avant tout à rembourser les intérêts de la dette. Ce qui interdit tout développement de la société et maintient la charge de la dette à un niveau insupportable. Cette situation peut conduire à la faillite de l’entreprise dans un horizon proche.

          Mais, quel que soit le cas de figure, les créanciers détenteurs de la dette principale ont garanti leurs intérêts. Grâce à une disposition juridique, les fonds spéculatifs américains et les réassureurs qui détiennent désormais la dette peuvent exercer un « droit de substitution ». Cela consiste à s’attribuer la totalité des flux de trésorerie de l’entreprise jusqu’à complet remboursement de la dette. Eurotunnel et ses recettes futures sont dans la main des créanciers.

          Une menace pour l’emploi

          Si l’on n’arrête pas cette curée financière, ce sont plusieurs milliers d’emplois qui sont menacés. Plusieurs centaines directement à Eurotunnel ; plus de 2 500 si l’on ajoute les dégâts en cascade dans les entreprises sous-traitantes ou prestataires. La Cgt s’oppose fermement à ces coupes sombres dans les effectifs.

          Pour la Cgt, il est inacceptable que les salariés fassent les frais d’appétits financiers. Il faut donc mettre un terme à cette situation. D’autres perspectives afin de développer autrement Eurotunnel, l’emploi dans une région très durement touchée par le chômage, peuvent être avancées.

          En effet, les perspectives d’évolution des trafics passagers et marchandises sur la façade maritime du Nord-Pas-de-Calais, sont en hausse constante. Pour peu qu’on ne réduise pas ses capacités, le tunnel peut tirer son épingle du jeu, en complémentarité avec les autres modes de transport.

          Pour une intervention des pouvoirs publics

          Les pouvoirs publics ne peuvent rester passifs face à la situation d’Eurotunnel. Laisser faire, c’est se montrer complices de l’une des plus grosses anarques du siècle. Le tunnel sous la Manche est un équipement qui exerce dans les faits une mission de service public. Cela regarde donc les pouvoirs publics français et britanniques.

          Il ne s’agit pas d’apporter de l’argent public pour continuer à rémunérer des créanciers insatiables. Mais, au contraire, de peser pour un effacement significatif de la dette, une relance de l’activité et un développement de l’emploi et des services.


          • Ingrid (---.---.113.245) 3 août 2006 14:31

            Rien, apparemment, à propos de l’évolution récente de l’affaire Eurotunnel sur les sites des principaux partis politiques (UMP, UDF, PS, PC) ni des autres centrales syndicales (CFDT, FO, UNSA, SUD Rail...), ni du MEDEF.

            Ou aurais-je mal cherché ?


          • Ingrid (---.---.113.245) 3 août 2006 14:36

            Et voici le texte complet du communiqué de l’ADACTE du 21 juin :

            http://www.adacte.com/depechesetcommuniques/adacte21062006.htm

            COMMUNIQUE ADACTE DESTINÉ AU SITE ET AUX JOURNALISTES

            Consciente de l’importance des enjeux du plan de restructuration de la dette d’EUROTUNNEL tel qu’il est proposé aujourd’hui et des conséquences dont les actionnaires seront directement victimes,

            1° - l’ADACTE demande à son représentant au Conseil d’Administration d’EUROTUNNEL de reporter l’Assemblée Générale prévue le 27 juillet 2006 à une date ultérieure du denier trimestre.

            2° - L’ADACTE demande également que toutes les solutions alternatives soient étudiées objectivement et que soit fait appel aux compétences et au soutien financier de l’ETAT pour sauver l’actionnaire qui a financé le plus grand ouvrage du XX ème siècle.

            Il est scandaleux que les entreprises et banquiers étrangers récupèrent et profitent de cet ouvrage pour une somme dérisoire alors que l’actionnaire, en répondant aux trois appels de fonds de 1987 - 1990 - 1994 , a apporté entre 6 et 7 Milliards d’euros sur lesquels il a perdu plus de 95 % de son investissement ( en francs constants )

            Qu’attend l’Etat pour enfin s’engager et ainsi de sauvegarder cet ouvrage national dans l’intérêt même du pays et dans celui des 800.000 actionnaires ruinés.

            NOTA : L’actionnaire français représente environ 90 % des fonds propres apportés. ( l’actionnariat anglo-saxon ne représentant que moins de 10% )


          • Ingrid (---.---.114.246) 4 août 2006 11:22

            Et que penser du communiqué d’Eurotunnel ?

            http://www.eurotunnel.com/frcP3Main/frcCorporate/frcMediaCentre/frcNewsRele ases/frcNews2006/frcAugust2006/frpPr0608Protection

            02/08/2006 - Eurotunnel obtient du Tribunal de Commerce de Paris sa mise sous sauvegarde.

            Eurotunnel, sur décision unanime de son conseil d’administration, avait confirmé, le 13 juillet dernier, sa volonté de placer l’entreprise sous la protection de la justice dans le cadre de la procédure de sauvegarde (définie par la loi n° 2005-845 du 26 juillet 2005), compte tenu de l’absence de consensus sur la restructuration financière alors même qu’une procédure d’alerte avait été lancée par les Commissaires aux Comptes depuis le 12 février 2006.

            Par jugement du 2 août 2006, le Tribunal de commerce de Paris a décidé de placer l’entreprise et les 17 sociétés concernées sous procédure de sauvegarde.

            Eurotunnel se félicite de cette décision dont la portée est multiple :

            - l’unicité juridique de l’entreprise exploitant le Tunnel sous la Manche est reconnue ;

            - l’entreprise n’est pas en cessation de paiement ;

            - l’exploitation du Tunnel et la commercialisation des services se poursuivent de manière normale ;

            - cette procédure devrait faciliter la conclusion d’un accord consensuel de restructuration. Les comités de créanciers prévus par la Loi seront constitués dans le mois qui vient.

            L’entreprise, assistée des deux administrateurs judiciaires, va reprendre immédiatement les négociations à partir de sa dernière proposition du 12 juillet 2006. Il existe en effet dorénavant une convergence des principaux créanciers (Comité Ad Hoc et Deutsche Bank) pour considérer que cette proposition constitue la base de la poursuite des négociations permettant d’aboutir à un rapprochement de leurs positions.

            Jacques Gounon, Président - Directeur général d’Eurotunnel, a déclaré : « Le Tribunal de commerce de Paris, dans un contexte difficile, a pris une décision forte qui sauvegarde l’entreprise et le service public qu’elle exploite. La procédure de sauvegarde décidée aujourd’hui est la dernière étape du processus de négociation consensuelle. J’ai la conviction que les conditions sont maintenant réunies pour que la restructuration financière d’Eurotunnel puisse être mise en œuvre dans les délais impartis. »

            (fin du communiqué)

            En ce qui concerne les salariés, on peut lire noitamment :

            http://www.eurotunnel.com/frcP3Main/frcCorporate/frcAboutUs/frcCorporateGov ernance/frpSocialResponsibility.htm

            Eurotunnel est une entreprise authentiquement binationale ; ses effectifs sont essentiellement français et britanniques. La mise en œuvre à travers le Groupe des meilleures pratiques est une priorité, au même titre que le traitement équitable de tous les salariés, dans le respect des lois sociales de chacun des deux pays et des directives européennes.

            (...)

            Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2004, l’effectif total est passé de 3 312 personnes (dont 3 285 contrats à durée indéterminée) à 3 205 (dont 3 187 CDI). Cette baisse est due pour l’essentiel à des départs naturels.

            (...)

            Les structures de représentation du personnel sont nationales, avec un Comité d’Entreprise (CE) en France et un Company Council (CCO) au Royaume-Uni, et mixte avec le Comité d’Entreprise Européen. Le CE et le CCO disposent d’un budget, correspondant à 1% de la masse salariale, pour la gestion des œuvres sociales. Des accords collectifs ont été négociés avec quatre organisations syndicales en France (CFDT, CGT, CFE-CGC, FO) et un syndicat au Royaume-Uni (TGWU).


          • plus robert que Redford (---.---.156.230) 3 août 2006 17:19

            Habituellement, pour la réalisation de ce genre de grands travaux, cest l’Etat qui prend la charge des financements et risques de l’entreprise, ce qui mutualise les pertes sur l’ensemble de la population des contribuables. dans le cas d’Eurotunnel, pour ne pas froisser l’ineffable Mrs Thatcher, il a fallu recourir à l’emprunt, donc aux petits actionnaires. Le nombre étant restreint, la perte s’en est retrouvée amplifiée... Pour sûr, il s’agit d’une gigantesque escroquerie, du niveau de celle des Emprunts Russes.

            Honteux et confus, Le petit investisseur, jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus...


            • jeantho (---.---.51.4) 3 août 2006 21:24

              « On peut lire dans un historique récent qu’une étude »menée en 1984 par un groupe de banques britanniques et françaises« avait « démontré » la viabilité du projet Eurotunnel. »

              Ce qui signifie, en somme, que ce sont les banques qui connaissent les dossiers et les petits investisseurs, les petits épargants... qui prennent les risques !

              C’est dingue.


              • olivier (---.---.229.136) 4 août 2006 13:29

                Je comprends pas tout le foin autour de eurotunnel. Mais j’ai du rater quelque chose puisque je suis apparemement le seul. Alors pour m’aider a comprendre qui peut repondre a mes questions que j’espere tres simple :

                + Les gens qui ont investis ne savaient-il pas qu’il risquait de perdre l’argent ?

                Admettons qu’on indemnise :

                + Vous voulez que l’etat les indemnise avec l’argent du contribuable donc par effet de bord taxer ceux qui n’investissent pas en bourse ?

                + Mais alors si on indemnise les pertes, ne faudrait-il pas reprendre les gains que ces epargnants ont pu gagner en jouant en bourse ? Sinon ca serait avoir le beurre et l’argent du beurre pour rester poli.

                Et la question subsidiaire : quand on utilise l’expression « jouer en bourse », on joue donc par definition. Et quand on veut jouer il faut accepter de perdre, non ?


                • Isabelle Debergue Isabelle Debergue 4 août 2006 14:13

                  « ... quand on utilise l’expression »jouer en bourse« , on joue donc par definition... »

                  Non, certainement pas ! La grande majorité des petits actionnaires qui, à la fin des années 1980, ont confié leurs économies à Eurotunnel n’etendaient pas « jouer en bourse ».

                  C’était des épargnants à la recherche d’un investissement sûr. Souvent pour leur retraite, car déjà à l’époque on entendait qu’il ne fallait pas tout attendre des caisses de retraites, etc...

                  Lorsque ces épargnants allaient voir leurs banques, on leur disait qu’Eurotunnel était excellent, que c’était très fiable et qu’ils n’avaient rien à craindre. C’était un « projet européen », et l’Europe c’était l’avenir, and so on and so forth... Et comment pouvaient-ils vérifier ces dires ? Faudrait-il en arriver à « se méfier de son banquier ? ». D’autant plus que la propagande institutionnelle allait dans le même sens, et celle du monde politique, pareil.

                  Quant aux données techniques, historiques... les petits investisseurs ne les détenaient tout simplement pas. Les banques, les gouvernements, les politiques... OUI.


                • Ingrid (---.---.49.175) 4 août 2006 14:55

                  Comment les gouvernements ont-ils pu ne pas faire preuve en temps utile d’un maximum de transparence quant aux perspectives réelles d’Eurotunnel, s’agissant d’un projet d’intérêt public et alors qu’ils restent propriétaires du tunnel ? Il me semble qu’il y a là un sérieux problème.


                • Ingrid (---.---.2.81) 4 août 2006 17:35

                  Il serait intéressant d’examiner les questions de déontologie institutionnelle que pose l’affaire Eurotunnel sous l’angle de la « théorie des apparences », comme le fait l’auteur dans d’autres articles pour le fonctionnement des tribunaux français et européens, la présence des responsables publics dans des cercles d’influence... Notamment :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11825

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11856

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11958

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12108

                  Par exemple, était-ce bien éthique que, s’agissant d’un projet reconnu d’intérêt public et devant comporter dans un premier temps des dépenses très élevées, l’Etat refuse de s’y impliquer et dès le départ laisse seuls les petits porteurs ? N’aurait-il fallu exiger une participation des Etats au titre de la transparence et de l’ « apparence de bonne gestion et de probité » ?


                  • CP (---.---.177.193) 7 août 2006 11:55

                    C’est juste, d’emblée, sur un point. On peut lire sur le site de Boursilex, à propos de l’augmentation de capital de 1994 :

                    http://www.boursilex.com/VIE%20DES%20AFFAIRES/mai_1994_augmentation_de_capital.htm

                    Patrick Ponsolle devient co-président d’Eurotunnel

                    Il avait été nommé administrateur d’Eurotunnel en novembre 1986 comme représentant de la Compagnie de Suez, dont Indosuez était la filiale à 100%

                    Nommé administrateur d’Indosuez à partir de mai 1991 lorsqu’il devient administrateur directeur directeur général de la Compagnie de Suez, il était devenu à nouveau administrateur de la Compagnie de Suez de septembre 1988 à fin 1993.

                    A cette date il quitte la Compagnie comme directeur général et il est désigné administrateur d’Eurotunnel à titre personnel.

                    Indosuez était

                    · conseil financier d’Eurotunnel

                    · « instructing bank » participante aux prêts junior et Senior

                    · co-dirigeante et garante de l’augmentation de capital.

                    Le choix de M. Ponsolle démontre bien entendu le contrôle des banques sur le projet. Mais plus encore, le choix d’un banquier pour diriger une entreprise de transport qui commence son exploitation et qui fait face à une concurrence redoutable, démontre que la gestion s’effectue dans l’intérêt des banquiers pour essayer d’assurer le paiement d’une dette démesurée.


                  • CP (---.---.177.193) 7 août 2006 12:10

                    Cette note de Boursilex porte le tire :

                    « Le monteur du projet devient le gestionnaire du règlement de la dette »

                    Le site rappelle également :

                    http://www.boursilex.com/VIE%20DES%20AFFAIRES/ponsolle.htm

                    que Patrick Ponsolle avait été :

                    - directeur adjoint du cabinet du ministre du Budget, Laurent Fabius

                    - administrateur directeur général de la Compagnie financière de Suez

                    - président d’Eurotunnel (1996 - 20 février 2001)

                    - vice-chairman et Managing Director de Morgan Stanley International Ltd.


                  • CP (---.---.177.193) 7 août 2006 12:47

                    Dans le Journal des Finances du 30 avril 1999,

                    http://www.jdf.com/data/5813/58133601.htm?ab=&cd=FR0000125379

                    on peut lire :

                    « PATRICK PONSOLLE, 55 ans, normalien, Sciences-po, ENA, a commencé sa carrière au ministère des Finances. Directeur de cabinet de Laurent Fabius au ministère du Budget de 1981 à 1983, il a ensuite rejoint le groupe Suez - directeur général adjoint, puis directeur général -, qu’il a quitté en 1993. Depuis 1994 il est président d’Eurotunnel. Patrick Ponsolle est administrateur de Moulinex et d’Unichem. »


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 août 2006 10:37

                    « Outre les rapports techniques du genre n’y-vois-que-du-feu, plus la publicité des banques auprès de leurs clients, la propagande institutionnelle générale... il y a eu un important facteur idéologique : la deuxième moitié des années 1980 a marqué le début de la montée en force et en prestige des institutions européennes. La convention de Schengen avait été signée en juin 1985. La Communauté Economique Européene s’était renforcée par les adhésions de la Grèce en 1981 et de l’Espagne et du Portugal en 1986. En 1986 avait été signé l’Acte unique européen, etc... Ce que ne manquait pas d’évoquer le nom même d’Eurotunnel faisant allusion à une voie de transport terrestre, non pas entre la Grande-Bretagne et la France, mais entre la première et l’Europe continentale. Telle était l’incantation politique de l’opération Eurotunnel, avec une évidente caution tacite des institutions françaises et européennes, auprès des petits épargnants qui ne s’en sont pas méfiés. La »construction européenne« , ça ne pouvait pas rater. L’Europe, c’était trop sérieux... »

                    Vous continuez votre petit jeu de glissement sémantique pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes : ce n’est pas parce que Eurotunnel fait penser par association homonymique à l’Europe en général (et pourriez vous ajouter à la monnaie euro pour faire bon poids ) dans sa dénomination que l’UE est pour quelquechose dans ce fiasco industriel et politique franco-anglais.

                    Franchement votre pratique de l’amalgame par confusion verbale fait rétrospectivement juger comme sans fondement rationnel nombre de motivations des partisans du non au TCE qui ont pu être trompés par ce type d’argument rhétoriques confusionnels.

                    En ce sens votre article et vos procédés rhétoriques invalident sur le fond la prétendue victoire du non dont on sait aujourd’hui que ses partisans ne peuvent rien en faire, sinon refuser la construction européenne qui se poursuit sans eux et sans qu’ils n’y puissent plus rien. Belle victoire en effet qui perpétue l’aspect bureaucratique et indirect de la construction européenne ; et, plus grave, renforce le camps de ceux qui en ont une vision anti-sociale.

                    Le côté « n’y voit que du feu » n’est pas seulement du côté que vous croyez. Et j’ajoute que le brouillard pour ne pas dire la fumée de vos propos fumeux ajoute encore à la confusion politique. Votre aveuglement passionnel anti-européen vous égare jusqu’au délire ; mais celui-ci a quelque chose de positif : il se dénonce comme tel de lui-même. Et pour cela je vous remercie

                    PS : je vous rappelle au passage que la convention Schengen n’ a pas été acceptée par le Royaume Uni, coresponsable avec l’état français des décisions concernant Eurotunnel sans que les institutions européennes en soient partie prenante...Un petit exemple de votre « désinvolture » argumentaire...


                    • CP (---.---.243.215) 5 août 2006 13:08

                      « Franchement votre pratique de l’amalgame par confusion verbale... »

                      Vous oubliez que les citoyens, très mal renseignés par les banques et les institutions qui, elles, ont bien pratiqué cet « amalgame », avaient toutes raisons d’y croire au vu du cirque Mitterrand - Thatcher lors de l’inauguration.

                      Et la politique un peu dilatoire de la Grande-Bretagne n’a jamais été une opposition sur le fond aux traités européens, mais une tactique afin de « tenir compte » de ses énormes intérêts impérialistes dans le monde.


                    • jantho (---.---.5.220) 5 août 2006 14:12

                      « ... aveuglement passionnel anti-européen... »

                      Pardon, mais celle-là est très bonne ! On est martelés en permanence de pub euronationaliste soutenue par la grande mahorité de la classe politique. Et c’est du véritable nationalisme, sans aucune base réelle autre que les intérêts des grands groupes industriels et financiers.

                      Serait-ce de l’aveuglement passionnel, que de constater par exemple que l’Europe pousse au dumping social ?


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 août 2006 15:28

                      Le rôle d’un commentateur n’est pas d’ajouter la confusion à la confusion mais de la critiquer d’où qu’elle vienne et d’aider chacun à sortir des amalgames fumeux quels que soient leurs finalités. Eurotunnel n’est pas une entreprise européenne et reprendre cette contre-vérité pour critiquer l’Europe, c’est prendre les lecteurs pour des imbéciles que l’on peut manipuler à sa guise, c’est donc précisément mépriser le lecteur comme les banques l’ont fait vis-à-vis des petits actionnaires, en effet grugés dans cette affaire sans que les institutions européennes en soit le moins du monde responsables.

                      Que l’Europe serve de bouc-emmissaire aux gouvernants des états est un fait qui ne permet pas de condamner l’UE mais l’usage rhétorique ambivalent et menteur qu’en font les gouvernants des états pour se dédoiner de leurs responsabilités propres.


                    • Isabelle Debergue Isabelle Debergue 5 août 2006 21:36

                      L’ « Europe » n’est rien d’autre que les dirigeants et les partis politiques des différents Etats, réunis dans des structures qui leur permettent de définir conjointement une politique. Pas forcément pour le bien des citoyens à qui cette stratégie commune est imposée : on a pu le constater à plus d’une reprise. On ne peut donc pas prétendre qu’il y aurait d’un côté l’Europe qui serait la « modernité », et la France qui serait « ringarde ». Un peu partout, c’est la même politique et les mêmes problèmes.

                      Croire que l’Europe va résoudre les problèmes de la France, c’est ne pas comprendre qu’au sommet on a affaire à une véritable politique globale qui s’applique déjà partout. Pas seulement à l’échelle européenne, d’ailleurs.

                      L’ « Europe », c’était en particulier Mitterrand et Thatcher au moment de l’inauguration d’Eurotunnel. Mitterrand était un grand « vendeur » de la « construction européenne » et remplissait les médias de rencontres avec Helmut Kohl. En 1988, Mitterrand et Kohl ont reçu ensemble le prix Charlemagne pour « l’amitié franco-allemande et le futur de l’Europe ».

                      C’est dans ce contexte que les banques on fait un véritable racolage auprès des épargnants pour qu’ils achètent Eurotunnel, avec un encouragement institutionnel évident. On faisait un grand tapage autour de la « disparition des frontières » et l’ « ouverture de l’Angleterre au continent ». Peu importait que le Royaume-Uni n’ait pas signé les accords de Schengen : le « grand espace continental » serait le moteur de l’évolution des rapports entre la Grande Bretagne et le continent. Ce type d’argumentation correspondait bien à la propagande des lobbies « européens ».

                      Suit un extrait, tiré de La Croix du 2 août, d’une chronologie simple de l’affaire Eurotunnel diffusée par l’AFP :

                      http://www.la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2276706&rubId=1306

                      " 12 février 1986 : signature, entre le premier ministre britannique, Margaret Thatcher, et le président François Mitterrand, du traité lançant le chantier du tunnel sous la Manche (traité de Canterbury), aboutissement d’un projet vieux de deux siècles.

                      14 mars 1986 : signature du contrat de concession entre les gouvernements français et britannique pour la construction et la gestion de l’ouvrage.

                      13 août 1986 : constitution du groupe franco-britannique Eurotunnel, le concessionnaire qui perçoit des péages de la part des compagnies ferroviaires qui utilisent le tunnel et exploite directement les navettes fret et passagers.

                      août 1987 : prêt de 50 milliards de francs (7,62 milliards d’euros) accordé par un pool de 217 banques.

                      novembre 1987 : entrée en Bourse d’Eurotunnel, qui lève 7,7 milliards de francs (1,17 milliard d’euros).

                      novembre 1990 : augmentation de capital.

                      6 mai 1994 : inauguration officielle du tunnel sous la Manche par Elizabeth II et François Mitterrand. Deuxième augmentation de capital.

                      1er juin 1994 : passage du premier TGV Eurostar.

                      25 juillet 1994 : ouverture commerciale du service navettes poids lourds, puis en décembre des navettes passagers.

                      septembre 1995 : Eurotunnel suspend les intérêts d’une dette proche de 70 milliards de francs (10,67 milliards d’euros). Début des négociations avec les banques. Le tribunal de commerce de Paris place le groupe sous surveillance...."

                      (fin de citation)

                      Il est intéressant de comparer ces dates avec celles de l’espace de Schengen :

                      - Destinée à entrer en application en 1995, l’accord de Schengen été signé le 18 juin 1985 par l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas.

                      - La convention d’application a ensuite été ratifiée par l’Allemagne, le Benelux, la France (19 juin 1990), l’Italie (27 novembre 1990), l’Espagne, le Portugal (25 juin 1991), la Grèce (6 novembre 1992) et l’Autriche (28 avril 1995).

                      - Se sont ensuite ajoutés le Danemark, la Finlande la Suède, la Norvège et l’Islande en décembre 1996.

                      Voir, pour plus de détails :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Schengen

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurotunnel

                      Lire aussi l’article de Jean-Jacques Jugie paru le 27 juillet dans les Echos judiciaires girondins, dont voici un extrait :

                      http://www.echos-judiciaires.com/echos-bourse,eurotunnel-le-feuilleton-de-l-ete-j790-a3891.html

                      « ... le Tunnel coûta à peine deux fois plus que le budget initial, ce qui constitue un dépassement extrêmement modéré au cas d’espèce. Il suffit de lire le rapport annuel de la Cour des comptes pour vérifier que, chaque année, les grands travaux financés sur deniers publics reviennent assez souvent trois à quatre fois plus cher qu’escompté. Sur la question du financement, en revanche, il y a beaucoup à dire. Et le lecteur assidu se souvient que, dans ces colonnes, le chroniqueur ne cesse d’ironiser sur le sujet depuis des lustres - avant l’époque où le titre Eurotunnel cotait plus de 100 francs, c’est-à-dire, il y a très longtemps... L’évidence d’une sous-capitalisation de l’affaire apparaissait éclairante, dès l’origine, pour un étudiant en première année de finances. Pourtant, avec une rouerie qui ne les honore pas, les dirigeants de l’époque laissèrent accroire qu’il suffisait de remettre un peu d’argent au pot - ce qui fut le cas à plusieurs reprises - pour consacrer la pérennité de l’affaire et assurer les actionnaires d’un jackpot futur. Eu égard à l’implication directe et personnelle, lors de l’introduction en Bourse, de nombreuses personnalités publiques, ainsi que de hauts fonctionnaires, il n’était pas envisageable d’émettre le moindre doute sur la structure financière de la société. Les sceptiques étaient vertement rabroués. Et l’on continua d’établir des prévisionnels enthousiastes, qui supposaient une transhumance permanente entre l’Angleterre et le reste de l’Europe. Londres est une ville charmante, convenons-en ; les Anglais sont de grands voyageurs, c’est vrai. Mais tout cela ne justifiait pas les espérances de trafic avancées par Eurotunnel pour faire souscrire le pékin aux augmentations de capital. »


                    • Ingrid (---.---.51.245) 5 août 2006 22:00

                      « Croire que l’Europe va résoudre les problèmes de la France, c’est ne pas comprendre qu’au sommet on a affaire à une véritable politique globale qui s’applique déjà partout... »

                      Les eurocraties aiment bien, d’ailleurs, toute la panoplie institutionnelle des nomenklaturas françaises. C’est un « excellent » modèle pour une bureaucratie continentale. L’ENA sait ce qu’elle fait lorsqu’elle se rebaptise « Ecole européenne de gouvernance ».

                      Ce qui dérange tout ce beau monde de l’eurocratie, dans les structures de l’Etat français, c’est ce qu’ils considèrent comme un excés de protection sociale et de droits de travailleurs. Pour le reste, les bureaucraties ne les dérangent absolument pas.

                      Bien sûr, il arrive que la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamne la France, mais il faut bien qu’elle fasse de temps à autre. La plupart des recours sont rejetés par la « letre type ».


                    • (---.---.59.170) 6 août 2006 01:03

                      L’Europe n’a rien à voir avec le tunnel sous la manche. Si vous avez cru au baratin des hommes politiques, c’est votre probléme. Depuis quant croyez vous au promesse de l’Etat ?

                      Par ailleur j’aime bien cette idée que l’Etat rembourse les actionnaires, tout les actionnaires qui perdent de l’argent. Ca serait un juste retour des chose par rapport à toutes les taxes payés quant on en gagne. Malheureusement, l’Etat est ruiné, donc il va falloir attendre pour réaliser cette proposition de la CGT (ca évolu vachement la CGT !!).

                      Sinon, on peut dire que grâce aux actionnaires, cette entreprise ne coute rien à l’Etat, ce qui est le principe. Si cette canaille de mitterand nous avait fait un tunnel dans sa période héroico-léniniste de 81-83, c’eut été un service public tout pourri, qui couterait des milliards aux contribuables.

                      Quand à ceux qui ont mit leur argent la dedans pour leur retraite, ils peuvent remercier l’interdiction des fonds de pensions en France qui leur auraient évité cette gabgie.

                      Sinon, toujours tout ramerner au TC, ca fatigue. Les mecs du non peuvent trés bien vouloir conserver l’Europe actuelle.


                    • CP (---.---.179.52) 6 août 2006 05:24

                      A 7.59.170, 01H03 :

                      D’abord, vous oubliez que l’oligarchie du Royaume-Uni est, pour l’essentiel, la seule véritable oligarchie européenne. Celle de l’Allemagne a perdu deux guerres mondiales et celle de la France avait déjà cessé d’être véritablement autonome avec la défaite de Napoléon.

                      Si le Royaume-Uni reste un peu « à part », c’est parce son oligarchie doit également gérer l’empire économique mondial qu’elle contrôle toujours. Mais ça n’enlève rien à son emprise, avec l’oligarchie des USA, sur l’Europe continentale. Une situation de domination issue des deux dernières guerres mondiales.

                      Et Mitterrand n’a jamais été un « léniniste ». Avant la guerre, il était d’extrême-droite. Il a commencé sa carrière politique d’après-guerre avec le soutien d’anciens de Vichy et d’ex-cagoulards. Ensuite, il est devenu l’un des porte-parole du lobby colonial, ministre pendant la guerre d’Algérie. Il a même été témoin de la défense au procès de Salan. Il était très atlantiste. Etc... Voir l’ouvrage « La main droite de Dieu », Seuil 1994, paru en vie de Mitterrand et qu’il n’a jamais attaqué en diffamation.

                      L’évolution de la France dans les années 1970-80 reflète celle du monde occidental. N’oubliez pas par exemple que Tobin, dont ATTAC cherche à présent à récupérer la « taxe », avait été conseiller de Kennedy. C’était une époque où les oligarchies occidentales avaient en face l’URSS, la Chine, les révolutions... Tobin avait proposé l’intervention gouvernementale comme stabilisateur de la production, ayant pour but d’éviter les récessions et des conflits sociaux trop durs. C’était, dans l’ensemble, une idée assez suivie sous des formes diverses. Mais à partir de 1983-84, l’URSS a commencé à battre de l’aile et la stratégie des oligarchies financières est devenue beaucoup plus agressive.

                      C’est également des années 1980 que date le passage à une vitesse supérieure de la politique dite « européenne ».

                      Et c’est dans ce contexte qu’on a commencé à s’en prendre aux acquis sociaux des salariés. Mais les petits épargnants ont également été fragilisés par la montée en force des géants financiers.

                      C’est également dans ce contexte que s’est produite l’affaire Eurotunnel, où il serait en effet équitable de rechercher les responsabilités des banques et de l’Etat, et d’indemniser les petits porteurs.


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 6 août 2006 09:06

                      L’Europe est le reflet des politiques des états et des rapports de forces entre eux (et le « non » au TCE de la France a affaibli la position de la France, au profit du modème anglo-saxon, tous les observateurs en sont d’accord et cela pour un bonne raison : il n’ y a pas d’accord politique possible des partisans du non vis-à-vis de la construction européenne), nous sommes d’accord ; balayons donc devant notre porte avant de accuser à tort et à travers l’UE de tous les maux. Les gouvernements sont issus des urnes chez nous !

                      Ceci dit, parler d’une seule et même politique globale des états, c’est refuser de voir les différences entre par exemple le Danemark, le France , le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande en matière de lutte contre le chômage et autres droits sociaux. L’amalgame (tous pareils, tous pourris !) interdit donc de comprendre ce qui nous est commun et ce qui nous différencie les uns des autres et donc interdit de réfléchir aux stratégies réalistes convergentes possibles les plus efficaces qu’il convient de développer au sein de la globalisation de l’économie -que ni vous ni moi n’avons les moyens de refuser- pour en infléchir le cour dans le sens d’une plus grande solidarité et d’une plus grande justice sociale pas seulement au sein de l’UE mais dans le monde et vis-à-vis des deux géants américains et chinois.

                      Dire non à tout, en disant que tout se vaut , c’est dire oui à rien, sinon refuser la réalité au nom d’une vision poltique idéale inconsistante qui instaurerait la justice parfaite par un coup de baguette magique quasi-miraculeux.

                      Votre commentaire n’est pas politique mais métaphysique (tout est dans tout et réciproquement, car le monde est radicalement mauvais !) et donc impuissant car purement négatif : du ressentiment comme disait Nietzsche, on ne peut rien faire, sinon s’attribuer le rôle absurde de victme d’un complot universel. Rôle imaginairement gratifiant (« je (nous) suis (sommes) le(s) seul(s) moralement pur(s) ») mais qui nous fait à coup sûr, réellement éternelles victimes.

                      Attitude disons, sinon infantile, du moins adolescente : il est temps de penser et d’agir en adulte et de faire la part entre la conviction (principe de plaisir dans l’image gratifiante de soi contre la réalité) et le principe de réalité (agir dans l’exploitation des différences et des contradictions)


                    • (---.---.59.170) 6 août 2006 11:27

                      « D’abord, vous oubliez que l’oligarchie du Royaume-Uni est, »

                      LA gb est un modéle de démocratie.

                      « Et Mitterrand n’a jamais été un »léniniste« . »

                      Programme commun, cette expression ne vous dit rien ? ISF, Nationalisation, embauche massive de fonctionnaire et dette, c’est quoi pour vous ?

                      « Voir l’ouvrage »La main droite de Dieu« , Seuil 1994, paru en vie de Mitterrand et qu’il n’a jamais attaqué en diffamation. »

                      Arf ! Et ? Qu’est-ce que ca prouve « qu’il n’a jamais attaqué en diffamation. » ?

                      « L’évolution de la France dans les années 1970-80 reflète celle du monde occidental. »

                      Certainement pas. La France des année 70 a refusé l’existence même de la crise, et alors que tout les autres pays se reformé, elle à continué tout comme avant. Il faudra attendre 1983 pour que les chocs pétroliers soient enfin « officialisé ».

                      « Mais à partir de 1983-84, l’URSS a commencé à battre de l’aile »

                      Dés les années 70 la CIA estime que l’URSS était en recession de 3/4% par ans.

                      « Et c’est dans ce contexte qu’on a commencé à s’en prendre aux acquis sociaux des salariés. »

                      Il n’y a pas d’acquis sociaux, surtout lorsqu’il sont indu.


                    • Monique (---.---.18.123) 6 août 2006 13:44

                      Sylvain Reboul écrit :

                      « parler d’une seule et même politique globale des états, c’est refuser de voir les différences entre par exemple le Danemark, le France , le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande en matière de lutte contre le chômage et autres droits sociaux. »

                      Il me semble que c’est vous qui refusez de voir le sens de l’évolution des coupoles politiques depuis les années 1970. Je vous conseille vivement d’aller faire un tour sur le site de la Trilatérale : http://www.trilateral.org et vous pourrez même vous procurer la liste de ses membres. C’est cette « gouvernance partagée » des riches de la planète qui se met en place, et ça n’a rien de libéral.

                      Isabelle Debergue en avait également parlé dans un autre article :

                      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11958


                    • Monique (---.---.18.123) 6 août 2006 14:13

                      A l’anonyme de 11h27 :

                      « La Grande Bretagne est un modèle de démocratie ».

                      C’est une affirmation sans argument, qui vaut la même chose que son contraire. Ce n’est que tout récemment que la Grande-Bretagne s’est dotée d’une Cour Suprême, équivalent de l’ensemble formé en France par la Section du Contentieux du Conseil d’Etat et la Cour dre Cassation. Avant, c’était la Chambre des Lords qui jouait ce rôle. Il est également bien connu que dans la galerie de « maçons célèbres » de la United Grand Lodge of England, vous avez à côté de plusieurs rois d’Angleterre le fondateur de l’apartheid Cecil Rhodes.

                      Et quand vous dites que le programme commun était « léniniste », c’est du pur pamphlet. En revanche, C’est vrai que Mitterand provenait de l’extrême-droite, comme le rappellent l’ouvrage « La main droite de Dieu » et d’autres parus à la même époque. Il avait eu dans l’après-guerre et tout au long de sa carrière un certain nombre de conseillers issus de l’extrême-droite, et même un attaché de presse ancien doriotiste condamné à mort à la Libération qui s’en était sorti de justesse. Depuis les années 1960, il recevait le soutien de l’extrême-droite.

                      Mais c’est vrai que dans le panorama actuel, les politiques issus de l’extrême-droite ne manquent pas. Par exemple : Patrick Devedjian, Alain Madelin, Hervé Novelli, Claude Goasguen, Gérard Longuet... tous des anciens d’Occident. Voir, par exemple :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Devedjian

                      Pour le reste, vous nous récitez le crédo de la Trilatérale et, comme je l’ai dit à Sylvain Reboul, vous auriez tout intérêt à aller faire un tour sur le site de cette Commission : http://www.trilateral.org . Cette « gouvernance partagée » des riches de la planète qui se met en place n’a rien de libéral, et c’est ça que vous nous vendez.

                      J’ai déjà rappelé qu’Isabelle Debergue en avait également parlé dans un autre article :

                      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11958

                      mais j’ajouterai ce type de « gouvernements officieux » de la planète qui tuent complètement la démocratie des Etats n’ont rien, non plus, de « libéral ».


                    • Monique (---.---.18.123) 6 août 2006 14:42

                      Et, si on va au fond des choses, la manière dont on a ruiné nombre de petits épargnants dans l’affaire d’Eurotunnel, est-ce vraiment différent des attaques contre les standards sociaux, les salaires, les retraites... ? L’épargne joue un rôle de protection des personnes et des familles.


                    • Bulgroz (---.---.163.102) 6 août 2006 14:44

                      Monique,

                      Nice Matin ce jour : Un homme a tué sa femme à Nice, il a prétexté qu’il avait éré ruiné par Eurotunnel !!! La police ne le croit pas.


                    • (---.---.49.138) 7 août 2006 03:01

                      « Vous continuez votre petit jeu de glissement sémantique pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes : ce n’est pas parce que Eurotunnel fait penser par association homonymique à l’Europe en général (et pourriez vous ajouter à la monnaie euro pour faire bon poids ) dans sa dénomination que l’UE est pour quelquechose dans ce fiasco industriel et politique franco-anglais. » etc...

                      Vu la proximité entre Lille et Bruxelles, je ne vois pas comment on peut sérieusement prétendre que les lobbies européens n’ont été pour rien dans l’opération Eurotunnel. D’ailleurs, l’initiateur de l’opération Pierre Mauroy était Maire de Lille.


                    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 7 août 2006 10:20

                      Vous me semblez confondre les discours idéologiques des participants à la trilatérale, du reste multiples et evolutifs, avec les actions réelles des gouvernements et des états. Cette confusion est idéaliste : les discours, qu’ils soient de droite ou de gauche, ne disent jamais la réalité politique : leur fonction est normative, pas de connaissance.Et il y a loin de cette normativité à leurs applications ou non-applications réelles dans telle ou telle configuration politique ;

                      Je persiste et je signe : de grandes différences dans le cadre du libéralisme existe entre les politique sociales des différents états et de lutte contre le chomâge. Nier ces différences c’est s’interdire de comparer pour mieux agir. Nier ces différences c’est souhaiter sortir du cadre de l’économie libérale sans savoir par quel système le remplacer, sinon par une économie protectioniste administrée par l’état dont nous savons les résultats catastrophiques sur tous les plans économiques, sociaux et politiques. ne pas confondre une économie ultra-capitaliste non régulée (donc monopolistique et anti-libérale ) et une économie libérale régulée (libérale parce que régulée) et c’est à la vue de ces régulations différentes que le débat politique en Europe (et dans le monde) est à la fois possible et nécessaire. Mais, depuis l’effondrement des ex-pays de l’est, dont il faut tirer les leçons politiques, il n’ y a plus aucune sortie possible et souhaitable de l’économie libérale régulée de marché.


                    • CP (---.---.243.215) 5 août 2006 13:03

                      « et pourriez vous ajouter à la monnaie euro pour faire bon poids... »

                      C’est certain, et l’affaire de l’euro est encore plus grave que celle d’Eurotunnel, car c’est un moyen de contrôle des eurolobbies sur les politiques économiques et sociales des Etats.

                      Isabelle a bien raison !


                      • jantho (---.---.5.220) 5 août 2006 14:13

                        Déjà, la politique dite d’austérité de la période Fabius était très largement l’oeuvre du « lobby européen » Delors, Lamy, etc...


                      • (---.---.59.170) 6 août 2006 01:05

                        Gros délires.

                        Personne ne controle l’économie française, parce qu’il n’y à pas d’économie française, mais une économie mondiale et que, de toute façon les individues font ce qui leur plaits.


                      • CP (---.---.179.52) 6 août 2006 04:46

                        « Personne ne controle l’économie française, parce qu’il n’y à pas d’économie française, mais une économie mondiale et que, de toute façon les individus font ce qui leur plaît. »

                        Vous faites de la pure métaphysique. L’économie existe à toutes les échelles : mondiale, continentale, française...

                        Les Etats sont souverains et, s’ils représentent vraiment les citoyens, ils peuvent décider des échanges qu’ils autorisent et de ceux qu’ils n’autorisent pas. Par exemple, il est parfaitement possible d’interdire les fuites de capitaux, les délocalisations...

                        Quant Chirac dit que la France doit « attirer des investissements étrangers », il se moque du monde. Dans la réalité, ce sont les capitaux amassés avec la sueur des Français qui s’en vont à la recherche des plus bas salaires. Il serait tout à fait possible de l’empêcher, mais ni Chirac ni Jospin n’ont jamais voulu le faire. Si ce beau monde envoie des copains à la Trilatérale, à Bilderberg, etc... c’est parce qu’ils roulent pour les grands financiers et pas pour leurs électeurs.

                        D’ailleurs, l’individu n’a AUCUNE LIBERTE dans la société mondalisée, car il cesse même d’être une personne : les seules « personnes » qui intéressent vraiment sont les multinationales.

                        Avez-vous lu la projet de Traité constitutionnel européen qu’on a eu l’excellent réflexe de rejeter il y a un an ? Les « droits fondamentaux » qui comptent dans ce genre de textes sont ceux de l’entreprise. Ceux du citoyen deviennent très marginaux.

                        Les politiques qui de nos jours se disent « libéraux » n’ont rien à voir avec les libéraux du XIX siècle. Ils emploient ce terme parce qu’ils ne savent plus quoi inventer. Mais en réalité, ils défendent un système capitaliste où la libre entreprise a cessé d’exister depuis belle lurette devant la puissance des multinationales, le libre échange a été tué par l’impérialisme protectionniste d’abord et les oligopoles ensuite, et les libertés individuelles ne sont que fiction.


                        • (---.---.59.170) 6 août 2006 11:34

                          «  »Personne ne controle l’économie française, parce qu’il n’y à pas d’économie française, mais une économie mondiale et que, de toute façon les individus font ce qui leur plaît." Vous faites de la pure métaphysique. L’économie existe à toutes les échelles : mondiale, continentale, française..."

                          Non. L’économie est mondiale. La France n’est qu’une de ses zone, et pas franchement le plus importante.

                          « Les Etats sont souverains et, s’ils représentent vraiment les citoyens, ils peuvent décider des échanges qu’ils autorisent et de ceux qu’ils n’autorisent pas »

                          Non, les Etats doivent respecter les Droits de l’Homme, donc la libre circulation des citoyens et de leur biens.

                          « Par exemple, il est parfaitement possible d’interdire les fuites de capitaux, les délocalisations... »

                          Absolument impossible. Et même si c’était fait, les entreprises, qui ne sont pas plus française qu’autres choses, se barreraient avant la promulgation de la Loi.

                          « Dans la réalité, ce sont les capitaux amassés avec la sueur des Français qui s’en vont à la recherche des plus bas salaires. »

                          Pourquoi ? Vous achetez toujours le produit le plus cher vous ?

                          « Les politiques qui de nos jours se disent »libéraux« n’ont rien à voir avec les libéraux du XIX siècle »

                          Comme il n’y en a aucun en france, a part madelin...

                          « Mais en réalité, ils défendent un système capitaliste où la libre entreprise a cessé d’exister depuis belle lurette devant la puissance des multinationales, »

                          Vous délirez. Les exemples sont inonbrable de multinationnale qui se font battre par de nouvelle entreprise.

                          « le libre échange a été tué par l’impérialisme protectionniste d’abord et les oligopoles ensuite, et les libertés individuelles ne sont que fiction. »

                          Qu’est-ce que vous racontez ? La mondialisation, c’est justement la fin du protectionisme !

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