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Accueil du site > Actualités > Europe > Fragiles démocraties ? Vents mauvais sur l’Europe

Fragiles démocraties ? Vents mauvais sur l’Europe

Où chercher, où regarder, vers quel coin de la planète se tourner, pour ne pas s’inquiéter ? Emeutes à Budapest, « populisme » (pour rester dans une terminologie ambiguë) en Pologne, réflexes ultra-droitiers et archéo-nationalistes en Slovaquie, nostalgie soviétique en Transnistrie, cette province moldave qui, à 97,1%, veut son rattachement à la Russie, drôle de cohabitation en Ukraine, poussée des néo-nazis déclarés dans l’Est de l’Allemagne, désinformation d’Etat aux Pays-Bas (sur les déchets toxiques néerlandais en Côte d’ivoire, xénophobie galopante et violente en Russie...Quelle actualité ! 

L’Europe n’est pas dans la situation tragique du Darfour (où le Soudan réduit ce qu’on nomme la communauté internationale en un "club des vœux pieux"). Elle sait (encore) laisser ses armées dans les casernes quand ses dirigeants se rendent à l’ONU : un « coup de Bangkok » semble, heureusement, improbable dans l’espace du Conseil de l’Europe. Mais il faut être malade d’optimisme pour garder un bon moral en cette fin d’été chargée de « vents mauvais » (selon une formule de... Pétain). Et ce ne sont pas les interventions des « grands » à l’ONU qui peuvent nous rassurer. Arrogance chez quelques uns, impuissance chez tous : Chirac en est réduit à une diplomatie des exhortations... Sympathique, intelligent et généreux, mais...

Dans ce contexte, le malaise bruxellois, ou pour être plus précis, l’incapacité chronique de la Commission d’afficher un peu de souffle ajoute de l’inquiétude à l’inquiétude. Ce n’est pas en dénonçant la politique allemande (qualifiée d’anticommunautaire) que Barroso redonne un peu de santé à son collège bien empêtré dans une quotidienneté étouffante. J’ai trop souvent dénoncé les attaques injustes contre une Commission transformée trop souvent en bouc émissaire trop facile pour me permettre aujourd’hui de marquer davantage qu’une réserve...Même si, bien sûr, ce « collège » n’est en rien responsable des conséquences des non français et néerlandais qui sont tout de même à l’origine d’une crise que les « escrocs du plan B », notamment dans les « gauches » françaises, se doivent d’assumer, quoi qu’en disent Fabius et quelques autres.

La Commission est, en revanche, pleinement responsable de bien des dérives actuelles. N’est-elle pas « gardienne des traités » ? Ne devrait-elle pas être là pour publier des données économiques et financières précises ? L’affaire hongroise est, de ce point de vue, révélatrice de défaillances inadmissibles des services bruxellois. Les vieux routiers des affaires communautaires se souviennent de la rigueur qu’affichait jadis (quand Barre était commissaire chargé des affaires économiques, notamment) la Commission dans ses rapports, ses diagnostics et ses recommandations. Les institutions communes avaient pourtant moins de « compétences », de moyens d’investigations et de pouvoir d’influence qu’aujourd’hui...

Ne savait-on pas à Bruxelles que le Premier ministre hongrois et son équipe mentaient et trichaient depuis des mois à des fins électoralistes avec les chiffres, les baromètres et les thermomètres de l’économie hongroise ? Ces anciens communistes ont trop oublié la formule de Lénine : « Les faits sont têtus . »... Et la Commission l’oublie trop aussi.

Cela dit, cette affaire hongroise ferait sourire s’il elle n’avait entraîné des violences et une crise politique et sociale chargée de périls : comme un chef d’Etat peut-il être à la fois aussi menteur et aussi franc ? Le coté ordurier du vocabulaire utilisé par le Premier ministre socialiste hongrois, Ferenc Gyurcsany, confirme un tempérament de battant que connaissent les journalistes qui ont eu l’occasion de le rencontrer... Un morceau d’anthologie, non ? 

« Nous avons merdé, pas un peu, beaucoup. Personne en Europe n’a fait de pareilles conneries, sauf nous (en laissant filer les déficits publics) [...] Il est évident que nous avons menti tout au long des dix-huit derniers mois. Il est clair que ce que nous disions n’était pas vrai. Nous n’avons rien fait depuis quatre ans, rien. Vous ne pouvez pas me citer une seule mesure gouvernementale dont nous pourrions être fiers, à part le fait que nous nous sommes sortis de la merde à la fin (en remportant les élections) ».... Dans la « merde », il y est encore. Et il n’est pas le seul.


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18 réactions à cet article    


  • fred (---.---.79.90) 22 septembre 2006 16:28

    en effet, vent mauvais..

    et un ministre de l’intérieur dans un grand pays démocratique qui en appelle à une « certaine » opinion contre les institutions de cette même démocratie ! oubliant la séparation des pouvoirs... un petit Bonaparte ecoeurant...


    • Morgan Guarantee CEO (---.---.115.112) 22 septembre 2006 16:48

      Lire à nouveau, M. Daniel RIOT, fait la joie ! « L’Europe n’est pas dans la situation tragique du Darfour (où le Soudan réduit ce qu’on nomme la Communauté internationale en un « club des vœux pieux) »(Daniel RIOT). Le dernier ce que le Darfur nécessite est Richard Armitage, l’ancien secrétaire d’État, celui-ci qui a extorqué 9/11 le président du Pakistan avec la force crue et une autre menace des Etats-Unis ou des nations unies. Cela ne sert qu’à la dégradation de la conviction islamique et du Soudan,un pays,où les missionnaires chrétiens essayent imposer tous ceux qui pensent la foi unique et vraie et infaillible. C’est trop bon et sanctifie les entreprises et sociétés chrétiennes et juives « Weltbuch Verlag » et « World Vision » et comme ces chaînes de télévisions s’appellent.Apropos :

      ... à l’étranger on regarde aussi la chaîne de télévision Skyrock.Ce vendredi,la direction de Skyrock(Goldman, Sachs & Co.,Morgan Guarantee ) contre-attaque le CSA:Ses réunions & séances de conspiration sont secrètes.

      Cela vient surtout du fait que les conseillers CSA ne sont pas des _incompétents _notoires _internationales.


      • tomtaddei (---.---.22.231) 23 septembre 2006 05:00

        je ne me permettrai pas de corriger le titre de cet article mais plutot d’apporter une vision qui n’engage que moi... Je vis maintenant depuis plusieurs annees a l’etranger, et je peux vous dire que les mauvais vents ne sont pas que sur l’Europe mais bien presennts dans le monde entier avec une geopolitique instable...qui met un monde en peril tous les jours !!! Pas besoin pour autant d’etre paranos mais pour reprendre ce que montre si bien Daniel Riot, l’Europe n’est pas si stable que cela et aux portes de celles-ci, il existe des zones dites « indecises », dans lesquelles il sera une fois de plus a mon sens difficile de parvenir a un accord sans les armes... C’est bien malheureux mais il en est ainsi...Quand a l’Europe, et a la France une fois de plus, on ferait parfois mieux de tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de proner la liberte des peuples (et en particulier la liberte des echanges commerciaux uni-directionnels cf. article Poutine + Hamas de D. RIOT) et plutot reflechir a comment asseoir une stabilite digne de ce nom en europe et dans chacunes des nations qui la composent. J’en reste la pour ne pas gacher un si bel article. Encore une fois merci Daniel Riot, pour une vision d’un evenement comme je les aime.

        Thomas TADDEI tom@thomastaddei.com N’hesitez pas a m’ecrire pour echanger nos positions.


        • alain (---.---.19.232) 23 septembre 2006 10:01

          je trouve insupportable que vous traitiez d escrocs les tenants du non au referendum sur le tce. serait ce a dire que plus de la moitie de ce pays est stupide. les partisans du oui seraient ils les seuls a detenir la verite. l argumentaire des partisans du oui relevait plus de l incantation que de l explication. je ne voit pas en quoi l europe est essentiele a notre survie. il apparait d ailleurs qu au lendemain du non aucune des catastrophes que l on nous promettait ne c est produite.


          • arturh (---.---.119.98) 23 septembre 2006 11:57

            La démocratie en Europe n’est pas fragile puisqu’il n’y a pas de démocratie en Europe. Il faudrait être vraiment naïf pour croire que, pour reprendre l’exemple que vous citez, la Hongrie serait passé d’un coup de baguette magique de la dictature à la démocratie.

            C’est l’aspiration à la démocratie qui est fragilisée en Europe.


            • Daniel RIOT (---.---.214.21) 23 septembre 2006 12:48

              Merci pour ces commentaires pertinents. Une prcision : je parle des escrocs du plan B non des électeurs du Non.


            • arturh (---.---.119.98) 25 septembre 2006 09:41

              Le traité qui tentait de se faire passer pour une constitution et l’exemple même l’absence de démocratie en Europe.

              L’Europe, plus de deux siècles après les grandes aspirations démocratiques de la fin du 18ème siècle, plus d’un demi-siècle après la fin de la seconde guerre mondiale, butte toujours sur la question de la démocratie.


            • Cassandre (---.---.155.48) 23 septembre 2006 14:47

              Pour limiter le mensonge en politique, je propose une mesure simple : L’INTERDICTION DES PROMESSES ELECTORALES. Qu’est en effet in fine une promesse (ou une mesure annoncée dans un programme électoral), sinon une véritable fraude consistant à acheter les voix de certains électeurs avec l’argent du contribuable ?

              Votons pour des personnes, en fonction de leurs qualités, pas pour des programmes !


              • www.jean-brice.fr (---.---.45.197) 23 septembre 2006 22:05

                Effectivement, il y a de quoi s’inquiéter : néammoins, il faudrait se poser la question des CAUSES de cette situation. Depuis trente ans, la politique menée dans le monde sous la houlette des anglo-saxons ne serait-elle pas responsable de la situation actuelle ? En s’attribuant le privilège EXORBITANT DE BATTRE MONNAIE POUR LE MONDE ENTIER, n’a-t-on ouvert la boite de pandore : il serait peut-être temps de se poser la QUESTION ...


                • Sebastien (---.---.174.4) 25 septembre 2006 17:04

                  Salut a tous, article intéressant, cela va sans dire. Mais je trouve l’utilisation de citations de facon abusive hyper saoulante dans un texte. De plus cela évite a l ’auteur d’avoir une opinion et de conclure. On est plus au lycée, une opinion s’il te plait. A plus Seb


                  • Zéro pour cent de matière grise 27 septembre 2006 11:42

                    Excusez-moi, mais votre analyse est vraiment trop superficielle ! Vous êtes-vous demandé ce qui qui pousse les Européens de l’Est dans les bras des « archéo-nationalistes » ? La plupart des Européens de l’Ouest ne cherchent pas à comprendre ceux de l’Est. C’est parce que, toujours prisonniers des schémas de la guerre froide, ils les méprisent. Lorsqu’ils viennent en Europe de l’Est, ils ne voient rien et n’écoutent rien. Ils se contentent d’y plaquer leurs schémas (démocratie, économie de marché, société civile, que sais-je encore), d’y répandre leur moraline et de vite rentrer chez eux à Paris (Rome, Londres, etc.) pour raconter leurs missions dans les dîners en ville, où l’on entend des propos tels que : « ma chère, les enfants des rues en Roumanie, c’est l’horreur !... » ; « tu verrais tous ces gens dans les églises en Pologne, la laïcité là-bas ce n’est pas pour demain !!, ou encore : »tous ces assassinats racistes en Russie, non mais c’est atavique chez ces gens-là"... J’exagère à peine. Et puis ce sont des blancs, on ne risque pas de se faire traiter de raciste !... A l’occasion de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, discours absolument écoeurant venant de Bruxelles sur la nécessité de juguler la corruption dans ces pays : tout d’abord, le principe de la paille et la poutre ! Ensuite, les bureaucrates de l’UE savent parfaitement que pendant une décennie et demie, les fonds d’assistance européens ont alimenté les caisses et officines privées des dirigeants d’Europe de l’Est : motus, c’était pour la bonne cause... Pas étonnant que les Européens de l’Est aient quelques doutes sur leurs prétendues élites...


                    • blabla (---.---.241.204) 28 septembre 2006 16:27

                      salut politiciens et haut fonctionnaires corompus 10ans de prison ferme pas de sentence bonbon privation de leur retraite et aucun retour en politique...


                      • Héloïm Sinclair 4 octobre 2006 22:49

                        N’en déplaise à certains, l’Europe est partout dans notre quotidien. C’est un projet singulier avec la paix pour ciment, l’intégration économique et politique comme moteurs, et le rêve d’une communauté de destin.

                        Il n’y a pas besoin d’être un fin stratège géopolitique pour savoir qu’à l’heure de la mondialisation, il n’y a point de salut dans le nationalisme. Cette insularité confinerait à la marginalité, incapable d’influer sur les problèmes planétaires et continentaux (effet de serre, immigration, sécurité, économie, ...). Il faudrait d’urgence diffuser se message à toutes les démocraties d’Europe, le buzz du blog peut y participer pour propager ce message de vérité dans une Union plus ou moins intégrée.

                        Alors, oui, il y a eu les escrocs du Plan B, mais il faut faire avec la réalité, « les faits sont tétus », mais comment faire vivre le projet d’Europe ?

                        Car, on le voit bien que la panne ou l’abscence de projet européen, de véritables politiques mobilisatrices (ou projets mobilisateurs pour être plus modeste), laisse un manque, et permet au vents mauvais de redoubler d’effet à nos frontières orientales.

                        Comment mettre en place une gouvernance européenne en phase avec les enjeux du monde, dans le vide institutionnel ?

                        Pourrait-on imaginer une gouvernance ouverte et dynamique, dans l’esprit des traités, mais qui ne passerait pas nécessairement à 25 et bientôt 27) ? Gouvernance des cercles en quelques sortes, à 3, 6, 12, ou 15 pays pouvant initier des intiatives communes, pour relancer la boite à soutien de projets qu’a été la Commission. Sur la base d’initiatives communes, permettre à la société civile, économique, sociale (et in fine politique) de renforcer l’objectif visé par l’action ...

                        Peut être que nous n’empècherons pas les vents mauvais, mais au moins, nous apprendrons à les maîtriser.


                        • Daniel RIOT Daniel RIOT 4 octobre 2006 23:57

                          j’apprécie beaucoup ce commentaire qui reflète un désaroi bien partagé...Merci. Ne désespérons pas. il y a et il y aura des moyens d’actions.Cela dépend des sursauts citoyens que nous saurons ou non déclencher.


                        • www.jean-brice.fr (---.---.19.70) 29 octobre 2006 18:43

                          La démocratie ne peut fonctionner d’une manière normale que dans la NATION. Le fait de vouloir créer une europe supra-nationale est une VUE DE L’ESPRIT qui conduit à une IMPASSE ! Le NON au référendum en est l’illustration probante ...


                          • Job (---.---.131.91) 8 novembre 2006 19:51

                            Bien bien. Votre article est intéressant.

                            Le couplet sur ceux qui ont incité au NON en arguant d’un plan B. Pas terrible. Toutefois, je vous donne raison sur le fond. Cet argument du plan B ne tenait pas la route. D’ailleurs je n’en ai pas tenu compte. C’était une bêtise.

                            J’ai voté NON après avoir lu sans prévention le Traité. Je pense que ce texte était une belle escroquerie techniquement parlant. Et la campagne pour le OUI ne faisait que confirmer ma lecture. On ne devait en aucun cas aborder publiquement les questions de fond. C’est aussi la raison pour laquelle, Chirac a choisi le mode de ratification par voie référendaire. Le sujet était trop grave. Il a eu raison. S’il ne l’avait pas fait. Aujourd’hui, la France serait ingouvernable. Il y a des moments critique dans l’histoire où il faut savoir sortir de sa caste sociale. Je n’entrerai pas dans les détails textuels du Traité, ce n’est pas le lieu.

                            Attention à ne pas penser que cette affaire est clause. Je ne le crois pas. Et remercier plutôt les leaders modérés du non, de ne pas toujours avoir dit les choses crûment. Je me souviens de Chevènement qui a failli donner le pot-aux-roses mais il s’est arrêté juste au point où çà devenait intéressant. Il a eu raison. Les Français auraient voté à 80% pour le NON. Et l’année écoulée aurait été très difficile pour nous tous. Ce qui n’était pas souhaitable.

                            Autrement, vous avez raison d’indiquer les dangers d’extrêmisme. Vous pouvez mettre dans votre décompte : la France avec le FN (en bonne santé en ce moment), l’Italie avec l’alliance qui soutenait Berlusconi (dont La Ligue Lombarde,sécessionniste et fascisante), l’Espagne avec un péril important (l’autonomie des peuples des provinces), la Belgique avec un double risque (sécession des Flamands et extrêmisme de droite flamand), la Hollande avec une montée très nette de la xénophobie, le repli intérieur de presque tous les Etats Scandinaves, le risque d’effondrement des économies Irlandaises ou Portugaises malgré les sirènes positives (leurs take off ont été financés par les subventions de la CE). On voit là un tableau pas très bon. Si l’Europe néo-libérale continue comme çà, les pseudo-élites pensantes vont avoir un réveil difficile. Il faudrait changer de cap. redéfinir un avenir commun sur des critères culturels et sociaux (une harmonisation des régimes sociaux et fiscaux vers le haut serait une bonne chose ; accompagné d’une aide pour ceux qui en ont besoin).

                            Les « gens de l’Est » sont l’image présente du futur de l’Ouest.

                            Trouvez-vous normal que les allemands voient régulièrement défiler dans leurs rues les néo-nazis ?

                            Si tout celà n’est pas un signe du fait que la direction prise est mauvaise, que faut-il de plus ? Un krach boursier majeur et incontrôlable ? Une spéculation sur l’EURO qui en ruine la valeur ? Une coupure de courant et une augmentation drastique du prix qu’on appellera encore « tarif » pour ne pas choquer les consciences ? Ou bien la venue au pouvoir de tous les extrêmistes qui se portent bien grâce à cette ambiance ? Ou un événement auquel personne ne pense...

                            Enfin, ce n’est pas en faisant voter un Traité par des Parlements peu représentatifs des populations européennes que les choses vont s’améliorer. L’Europe se fait aujourd’hui contre les citoyens au nom des citoyens. La représentativité est le noeud du problème. Le référendum est le seul outil juridico-politique qui permettent d’avancer avec le consentement des gens après débat. Le problème est bien que des groupes sociaux font leur « Europe », mais pas l’Europe. Ce qu’ils font sera défait par l’Histoire. Comme vous le dites, les « faits sont têtus ».

                            Et puis cette « Europe » est idiote, nous ne parlons pas les langues les uns des autres. Il n’est pas envisageable à court terme de penser un vaste système de marchés imbriqués avec de tels freins linguistiques. Pour que çà fonctionne, il faut que les gens accèdent à des compétences linguistiques d’un niveau suffisant.

                            Autre problème économique majeur : il n’y a pas de langue véhiculaire traditionnelle en Europe. Cette dimension a été évacuée. C’est une bêtise que nous payons aujourd’hui. Les élites ont souvent pour caractéristiques d’être polyglottes. Elles oublient que pour 95% de la population, ce n’est pas le cas. À force de faire du cas particulier le cas général...nous sommes dans l’impasse. Et s’adapter à toute vitesse, pour bien des gens, une telle injonction sociale n’est rien d’autre qu’une agression directe en bonne et due forme. Demander une chose aux parents, préparés les enfants à la transition et les petits enfants accompliront le projet. Problème de timing et donc de compétence politique.

                            Alors les extrêmismes sont une forme de réponse... smiley


                            • (---.---.46.10) 8 novembre 2006 20:00

                              Le non au référendum ne résulte pas d’une escroquerie, mais tout simplement du fait que ce Traité était mauvais.


                              • Job (---.---.131.91) 8 novembre 2006 20:35

                                J’ai ouvert votre document. Ces arguments, je les connaissais pour la plupart. Ce qui me dérangeait dans le TCE :

                                1/ Le procédé détourné d’établissement d’une Constitution. Pour que des gens s’associent, il faut qu’ils discutent puis qu’ils s’accordent sur la création d’une chambre ad hoc. Qu’ils désignent des représentants et qu’ils aient pour mission d’élaborer un Texte. Les constituants et la Constituante, tels sont leurs noms respectifs. Enfin que le texte soit présentés aux citoyens et expliqués puis voté ou rejeté à l’issue. Si pas bon, on recommence. C’est une affaire grave qui doit être être traité sérieusement au grand jour et non subrepticement.

                                2/ Le fait qu’au sein du dispositif présenté, se trouver un choix économique strictement idéologique. On se privait de tout contrôle monétaire et on s’imposait l’économie de marché avec ses règles de concurrences non faussée...Irréversiblement (du jamais vu) et sans tenir compte des réalités économiques intra et extra communautaires.

                                Pour les autres arguments, la laïcité et toutes ces choses sentimentales qu’on a mis en avant, de toute manière si les citoyens veulent autre chose, on aura autre chose. C’est d’ailleurs entrain d’arriver sous nos yeux et sans le TCE. C’étaient des arguments faibles. On aurait aussi bien pu voter OUI avec.

                                Ce que je dis est bien plus grave : on a voulu confisquer le droit des citoyens à disposer d’eux-mêmes et de manière irréversible sur le plan politique. Et sur le plan économique, on a voulu leur imposer un ordre des choses auxquels déjà de fait la majorité des citoyens européens n’adhérent plus. Et cet ordre était une fois voté, irréversible. La BCE était définitivement indépendante. La commission avait les pleins pouvoirs pour tout déréguler. Bref, on a demandé heureusement et perversement à nos concitiyens de consentir à leur propre aliénation et abdication de co-souveraineté. Dans la démocratie grecque, ce cas était prévu et quiconque aurait présenté un tel texte, quand bien même fût-il voter, aurait été poursuivi (banissement ou cigüe) et le texte annulé.

                                Voilà, quand on arrêtera de tout transformer en question de moeurs et religieuses, on comprendra ce que c’est qu’une escroquerie.

                                Escroquerie :

                                Action d’escroquer ; son résultat.

                                Escroquer :

                                Tirer quelque chose de quelqu’un par fourberie, par manoeuvres frauduleuses.

                                Même si le terme est fort, et donc choquant, je considère qu’en l’occurence l’escroquerie principale a été de tenter d’obtenir du peuple sa propre abdication de souveraineté au moyen du consentement qu’exprime le vote. Les arguments avancés pour l’occasion ayant été principalement un beau catalogues de bons sentiments, demain il fera rose.

                                Une fois le consentement obtenu, au moment de la mise en oeuvre du texte, les intéressés auraient protesté (inévitablement) et on leur aurait rétorqué : vous l’avez voté, vous l’avez voulu, c’est maintenant vôtre Loi Fondamentale ! Nul ne peut se prévaloir de son ignorance et encore moins d’être un citoyen illetré qui vote n’importe quoi. De tout celà, VGE très autosatisfait a eu du mal s’en cacher. Je n’apprécie pas Pasqua mais il y a eu un échange entre eux deux où l’un a fait reconnaître à l’autre qu’il était bien un oligarque et qu’il savait ce qui était bon pour le peuple. Devinez, qui était qui.

                                Comme aurait dit Socrate, le débat suppose à la fois l’attention et la mémoire.

                                Je précise que je suis laïque. Mais c’était un problème secondaire. Les deux points que j’évoque, bien expliqués quant à leurs significations, auraient été suffisants pour faire faire un score terrible au NON. Seuls Chevènement et Pasqua ont approché ces points en évitant soigneusement d’aller au coeur : c’était une manière de dire sans le dire à qui veut : « tenez, regardez-là ».

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