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Glaciations d’une Europe sous perfusion

Quand les grincheux magnifiques se délectent d'inopportunes sornettes tout en s'enivrant d'obscures lettres, les philosophes interculturels placent l'éthique de l'action au cœur du processus de transformation des sociétés européennes.

A la panne de la reprise américaine se superpose la crise européenne de la gouvernance ; à cet égard nul ne songe au renoncement mais le temps n'est plus aux incantations mais à la réorganisation de nos désuets modèles. Affaiblie par de multiples échecs économiques et politiques, désespérée par l'absence d'éthique dans la finance, desséchée par l'euroscepticisme ambiant, l'Europe, sous perfusion, se préoccupe de la spirale paralysante. S'assombrissant à l'aune de l'aggravation de la zone euro, les perspectives s'effondrent malgré la recherche du point d'équilibre ; si de la léthargie devons-nous sortir, tout laisse à penser que l'Europe ne survivra qu’à la condition de se construire autour de l'axe franco-allemand. Entre apocalypse et chemin de croix, les Cassandre s'arc-boutent sur la négation du camp des europhiles pour se livrer à de mortifères batailles. Puisque l'idée fédéraliste intervînt vainement sur la sceptique époque, la boussole européenne perdit le Nord. Sous les feux de la rampe, les jugements des experts vacillent d'intimes convictions. Toute vision sans discernement propose une force chaotique. De think tank bruxellois en laboratoires d'idées parisiens, la mue s'accélère entre les critiques de la rue Guillaume et les esquives de la rue Monceau. De paquebots en tribunes, le politique administre noblement la cité ; face au peuple souverain, les serviteurs du pouvoir dessinent le futur dessein européen.

Au-delà des frontières sociales, humaines et culturelles, le fardeau de l'humanité se charge de la fin des ressources abondantes et peu onéreuses, de la croissance léthargique, de la hausse des prix de l'énergie, du printemps arabe, du tsunami japonais et de la crise de l'euro. Zombies, oligarques, eurosceptiques, fondamentalistes, climatosceptiques sont renvoyés aux calendes grecques. Toutefois, rien n'émousse les grands architectes de l'Union européenne, puisqu' à l'instar de - Mein Mädchen -, du G 20 et des Banques Centrales, n'ayons de cesse de bâtir l'Europe-puissance. L'Europe de l'énergie se passera du pétrole, du gaz et du nucléaire pour miser sur les ressources locales avec un financement local ; l'Europe de l'égalité défendra la notion égalitaire. A la confusion des pouvoirs, les chevaliers blancs estiment que l'illusion d'une unité de façade de l'Union européenne traduit la chronique d'une fin annoncée, tout en plaidant en faveur du dialogue et de la compréhension de la diversité, des langues et des religions de l'Union européenne. De voies étroites en massives recapitalisations, - impossible n'est pas européen - tourne au bel euphémisme. De cris alarmistes en avalanche d'épreuves, - l'autre voie - se situe à la jonction du politique et de la société civile, relayant de nouvelles modélisations comme la transformation des ressources en riches innovations, le développement de la consommation - collaborative - et le renchérissement via la Toile d'une nouvelle économie du partage. De la fragilité de nos structures vieillissantes naîtra l'imagination au pouvoir exprimée par le quatuor pionnier - le ténor porte un regard sur l'avenir, le soprano change le cap, la basse dissipe les doutes pendant que le chef d'orchestre coordonne l'audace créative.

Oser proclamer que d'autres politiques sont possibles ! De prime abord, nul ne songe à renoncer mais à réorganiser nos modèles usés, comme par exemple, l'indépendance énergétique, l'architecture bionique, l'internet physique, la maîtrise des dépenses publiques, l'équivalence entre les individus et la participation des citoyens aux affaires de la cité. A l'énergie créatrice, la colorisation de l'aquarelle se peint à l'aune du rêve promis. Le fédéralisme n'est aucunement la racine mais la matrice de l'Europe. Tout cycle ayant pour vocation de prendre fin, le fédéralisme conduira et construira le chemin de vie pour la communauté de destins.

 

Pierre-Franck HERBINET


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2 réactions à cet article    


  • luluberlu luluberlu 10 octobre 2011 14:18

    Et oui il est indépassable que chaque individu opère lui ossi la mutation migration vers d’autres espaces et maintenant. Tant qu’il y a des grands prix de formule 1 je reste réveur.


    • Asp Explorer Asp Explorer 11 octobre 2011 11:51

      J’ai rien compris. Mais je me rassure en me disant que l’auteur non plus.

      Et pendant ce temps, les Chinois bâtissent sans nous le monde de demain, sans se poser de question philosophique, ils avancent.

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