Il y a un mois à peine, Gordon Brown était l’ennemi public numéro 1 en Grande-Bretagne. Le locataire du 10 Downing Street accumulait les mésaventures jour après jour et les tabloïds britanniques avaient même lancé les paris sur la date de son départ. Le pays avait trouvé la nouvelle relève : David Miliband, le jeune et brillant ministre des Affaires étrangères. Les ministres de Gordon Brown quittaient peu à peu le gouvernement. Lors du congrès du New Labour en septembre, Gordon Brown était même donné sur le départ. Des cadres du parti, regroupés autour d’un groupe appelé "The Rebels" par les journalistes, avaient même menacé de le destituer. En vain. Mais la crise financière est passée par là et, paradoxalement, a sauvé le Premier ministre. En à peine une semaine, Gordon est passé du statut de martyr à celui de héros national (et même international). Récit du fantastique retour de "Flash Gordon".
Son plan de sauvetage a inspiré le monde entier. Il a été le premier à nationaliser partiellement les huit plus grosses banques britanniques en injectant pas moins de 500 milliards de livres sterling soit 640 milliards d’euros. Cette nationalisation a su redonner (certes, durant une période limitée) la confiance au monde de la finance. Il est celui qui a inspiré l’ensemble des mesures prises au niveau européen notamment en ce qui concerne la garantie des prêts interbancaires. S’inspirant directement de Churchill et Roosevelt, il a appelé symboliquement à la tenue d’une nouvelle conférence sur le modèle des accords Bretton Woods, afin de tourner la page d’un capitalisme défaillant, initiative qui a été saluée par l’ensemble des chefs d’Etats du G8.
Au-delà de ses mesures de sauvetage, Gordon Brown a habilement et courageusement rompu avec les fondements structurels, historiques et philosophiques de l’économie libérale. Il a su tourner le dos à prêt de vingt ans de non-interventionnisme. Dénonçant avec passion les parachutes dorés des riches banquiers de la City, il devient un chantre de l’Etat providence en mettant entre parenthèses sa doctrine libérale. La métamorphose s’opère... Le journal Le Monde relève que dorénavant "c’est lui, le magicien du social-libéralisme anglo-saxon, qui donne des leçons d’interventionnisme aux continentaux".
Dans les couloirs feutrés du Parlement à Westminster, il se murmure que la popularité de Gordon Brown atteint des sommets à l’international. On a ainsi appris cette semaine, que Gordon Brown avait un véritable fan-club à Bruxelles. Les groupies du Premier ministre britannique sont ainsi emmenées par le président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. L’éditorialiste du Times énonce même "Après avoir été critiqué d’une manière impardonnable, le temps et l’histoire vont lui offrir une véritable consécration. Gordon Brown est en train de devenir LE sauveur de tout le système financier". Ce qui donne dans le texte : "The man who saved the financial system".
Lui qui avait été durement rejeté par ses collègues chefs d’Etats européens, après son absence remarquée lors de la signature du Traité de Lisbonne, est donc maintenant acclamé par la presse européenne. Le regard a changé. Gordon Brown n’est dorénavant plus le ministre de l’Economie au teint cireux et à la mine grave de Tony Blair, qui avait dû annoncer le refus de la Grande-Bretagne de rejoindre la monnaie unique : l’euro.
Bien au contraire : sa mine grave et son air imposant rassurent. Sa voix grave et ténébreuse berce les Britanniques. Il est devenu un sage de la finance après dix longues années passées en tant que ministre de l’Economie. Il connaît ses dossiers. En véritable capitaine de navire, il sait braver les vents, les vagues et la pluie et tenir le cap dans la tempête. Il a maintenant endossé avec brio le costume du super-héros mondial. Un journaliste en conférence de presse lui lance : "Peut-on maintenant vous considérer comme un super-héros international ? Puis-je vous appeler FLASH GORDON ?" Il répond modestement : "Non, Gordon, seulement Gordon."
La morale de toute cette histoire ? Peut-être cette déclaration faite en début de semaine à un groupe de journalistes, apparemment surpris de son fracassant retour : "Je crois que vous devriez regarder ce qu’on disait de moi il y a quatre semaines. J’ai découvert que la politique était une succession de hauts et de bas, et on doit affronter l’adversité et les périodes de popularité d’une âme égale".

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oui je suis d’acord. Attendons donc que les bons citoyens se rendent compte qu’on (...)
20/10 12:44 - domEt il menace les pays producteurs de pétrole... Il faut que les pays pétroliers continuent à (...)
18/10 19:53 - SerpicoD’accord ! Il faut donc opérer une distinction entre LES IDÉES, et LES POLITIQUES (...)
17/10 23:56 - Benoît CHARVETAi-je pris position sur les mesures que Gordon Brown a prise ? Non, absolument pas. Je (...)
17/10 23:48 - Benoît CHARVETBonsoir l’auteur votre article est risible. Voilà une semaine que à peine que on (...)
17/10 22:22 - wessonJe pense qu’il a été à la hauteur mais il n’a fait en somme que limiter les dégats. (...)
17/10 16:22 - Jean-Paul Doguet
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