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Grèce, Chypre... Croatie... l’Europe

La Commission européenne (CE) va proposer d’ouvrir une procédure de déficit excessif contre la Croatie qui a enregistré en 2012 un déficit public de 5 %. « D’après les plans de son gouvernement et les prévisions d’automne de la CE, explique Bruxelles, il devrait rester très au-dessus du seuil de 3 % au cours de la période 2013-2015, tandis que la dette publique devrait dépasser 60 % en 2014. » La décision sera prise par le Conseil des ministres des Finances de l’UE (Libération16-17/11/13).

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Cela pose, une fois de plus, la question du sérieux des institutions européennes, CE, Parlement européen (PE) et Conseil européen confondus. En effet, les négociations avec la Croatie se sont déroulées de 2005 à 2011. Le PE a donné son accord au Traité d'adhésion signé lors du Conseil européen de décembre 2011. En janvier 2012, la population croate s'est prononcée favorablement à cette adhésion par 67% des suffrages exprimés et, finalement, le 27 mars 2013, la CE a autorisé l'entrée de la Croatie dans l'UE le 1er juillet 2013, considérant que le pays a respecté l'ensemble de ses engagements, même si des efforts restent à faire notamment dans le domaine de la corruption.http://www.touteleurope.eu/les-etats-membres/donnees-de-base-sur-les-etats-membres/detail-pays/croatie.html

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Il a fallu 6 à 8 ans pour que les institutions jugent que la Croatie pouvait adhérer et 5 à 8 mois pour proposer d'ouvrir une procédure de déficit excessif !

Pourtant, il était connu que la Croatie était en récession depuis 2009 que le PIB croate se situait 39 % en dessous de la moyenne européenne, seules la Roumanie et la Bulgarie se plaçant derrière Zagreb, selon l'office des statistiques de l'UE (Le Monde 01/07/13) Le déficit budgétaire était déjà de 5,1% pour 2010 et de 5,2% pour 2011 (Coface) sans cependant arrêter la CE. Le critère d'un déficit de moins de 3% n'était donc pas rempli à l'époque, il dépassait déjà les 5% constatés, aujourd'hui avec inquiétude, par la CE et il n'y avait guère plus d'amélioration en vue qu'aujourd'hui.

Concernant la corruption, des efforts sont à faire : en effet, d'après l'OFCE, la Banque mondiale place la Croatie « en 84e position (sur 185 pays)... derrière l’ensemble des 27 pays de l’UE... La Croatie a présenté des flux financiers illicites de l’ordre de 300 dollars par habitant par an en moyenne au cours de la dernière décennie. Parmi les pays émergents membres de l’UE pour lesquels nous disposons de données, c’est le montant par habitant le plus élevé, notamment plus du double de celui enregistré pour la Bulgarie ou la Hongrie. » 
« Dès lors, on peut s’étonner que l’UE n’ait pas tiré les leçons des cas roumain et bulgare. En d’autres termes, pourquoi les instances européennes ont-elles autorisé l’adhésion de la Croatie avant qu’elle n’ait effectivement résolu son problème de corruption ? », http://geopolis.francetvinfo.fr/plombee-par-la-crise-la-croatie-devient-le-28e-pays-de-lue-18345

Le journal allemand Bild ne se pose pas la question et conclut « Des dettes, de la corruption et un fort taux de chômage, voilà ce qu'est la Croatie comme la prochaine Grèce qui engloutira les milliards de Berlin ».

Bild n'a probablement pas tort sauf que le budget allemand ne sera pas le seul à payer et qu'il ne faut pas oublier les mesures qui toucheront le peuple croate.

A l'occasion de la crise, tout le monde a reconnu que certaines adhésions à l'UE avaient été acceptées en « oubliant » les critères économiques et financiers, d'où les conséquences que l'on sait en Grèce et à Chypre par exemple. On pouvait penser que la leçon avait été comprise et que les mêmes «  erreurs  » ne seraient pas renouvelées pour les adhésions suivantes.

C'est aujourd'hui le tour de la Croatie. Voila que, aussitôt entrée joyeusement dans l'UE, elle est menacée d'une enquête. On peut comprendre que le peuple croate ait voulu, à une large majorité par référendum, adhérer à l'UE : après des années de dictature, après les difficultés dues à a dissolution de la Yougoslavie, après l'aide apportée par l'UE à la démocratisation et à la reconstruction, après la stabilisation des frontières (avec l'Italie et la Slovénie)...

Si la CE a fermé les yeux et mis un bandeau sur ceux du peuple croate, pour l'adhésion, le résultat acquis, il ne lui a fallu que quelques mois pour qu'elle brandisse le fouet. Demandera-t-on par référendum, au peuple croate, s'il accepte d'appliquer la politique que la CE ne manquera pas de lui conseiller dans quelques mois ? Peut -être sera-t-il alors mieux informé de ce que veut dire adhésion ou non à l'UE.

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Comme il n'est pas possible de penser que la CE, le PE, le Conseil européen soient ignorants ou inconscients, il faut se poser la question du pourquoi de ces décisions apparemment contradictoires, prises avec la complicité des gouvernants croates.

Pour le gouvernement croate, les choses sont assez claires. Comme la plupart des gouvernements, il pourra attribuer à l'UE la responsabilité de mesures qu'il pensait devoir prendre, quoi qu'il arrive, et qu’il ne voulait pas assumer directement.

Quant à l'UE, elle est lancée depuis longtemps dans une suite d'élargissements, plus ou moins justifiés, qui la rendent politiquement ingouvernable, sauf par le forces économiques et financières. Qui ainsi élargissent leur emprise.

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Photos de Dubrovnik qui a été reconstruite avec l'aide financière de l'Union européenne.


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5 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 19 novembre 2013 09:33

    Juste le principe de « la fuite en avant » pour tenter de camoufler l’effondrement du système européen.
     Au moins, on ne coulera pas seuls.


    • Jelena XCII 19 novembre 2013 11:16

      Ne pas oublier que seuls 40% des croates ont participé à ce référendum. Pourquoi un si faible taux de participation ? Parce que depuis l’intervention « divine » de l’Otan dans l’ex-Yu, un vote par les urnes, c’est synonyme de résultat truqué.

      Vous parlez de corruption ? Quand la Croatie a fait partie de l’UE, on s’est rendu compte que les 900.000 croates qui ont quitté le pays depuis l’indépendance étaient toujours inscrits sur les listes électorales.

      Vous dites que l’UE a aider la Croatie avant son adhésion ? Ah Bon ?... Suite à l’indépendance, la Croatie n’a connu que privatisation et délocalisation. Le résultat ? De 5 millions de d’habitants, le pays n’en compte plus aujourd’hui que 4,2 millions.


      • Le taulier Le taulier 19 novembre 2013 11:35

        « Peut -être sera-t-il alors mieux informé de ce que veut dire adhésion ou non à l’UE. »

        les Croates ne sont pas plus cons que les autres Européens, ils savent qu’adhérer à l’UE comporte des droits (fonds structurels par exemple) mais aussi des devoirs. Faut arrëter avec ces discours qui font croire qu’on peut avoir le beurre, l’argent de Merkel et le sourire de Bruxelles.


        • BA 19 novembre 2013 15:02

          Vendredi 8 février 2013 : les 27 chefs d’Etat et de gouvernement européens imposent UNE BAISSE de 3,5 % du budget de l’Union Européenne pour la période 2014-2020.

           

          Ils imposent UNE BAISSE, alors que la Commission européenne et le parlement européen avaient demandé une hausse du budget.

           

          Lisez l’article à pleurer de rire qu’écrivait le bisounours européiste Jean Quatremer, toujours aussi aveugle, toujours aussi éloigné du monde réel, le vendredi 8 février 2013 :

           

          Martin Schulz, le résistant.

           

          Mais l’accord péniblement arraché vendredi est peut-être mort-né. Car le président du Parlement européen, le socialiste allemand Martin Schulz, a immédiatement annoncé que l’accord serait rejeté par les eurodéputés. C’est en juillet 2013 que, pour la première fois, le Parlement aura un droit de veto sur le budget pluriannuel de l’UE, en vertu du traité de Lisbonne. Face aux égoïsmes nationaux, l’hémicycle européen se présente comme ultime rempart de l’intérêt général européen, le président de la Commission, José Manuel Barroso, ayant abdiqué face aux gouvernements. Dans un communiqué commun, les leaders des quatre groupes politiques PPE (conservateurs), PSE (socialistes), ALDE (libéraux) et Verts ont donc annoncé leur rejet de ce budget d’austérité.

           

          http://www.liberation.fr/economie/2013/02/08/budget-de-l-ue-peze-perdu-pour-hollande_880574

           

          Vous avez bien lu cet article hilarant : selon le bisounours européiste Jean Quatremer, le Parlement européen allait « résister » !

           

          Le Parlement européen allait dire « non » à la baisse du budget de l’Union Européenne !

           

          Mais ça, c’était dans le monde merveilleux des bisounours européistes.

           

          Et puis, comme d’habitude, le monde réel a détruit les rêves des bisounours européistes :

           

          Mardi 19 novembre 2013 :

           

          Le Parlement européen adopte le budget UE 2014-2020 après une longue bataille.

           

          Le parlement européen a adopté mardi le budget de l’UE pour 2014-2020, raboté pour la première fois par rapport au précédent cadre pluriannuel, épilogue de longues et difficiles négociations au sein de l’Union.

          Le texte a été voté à une large majorité de 537 voix - sur les 682 eurodéputés présents - émanant de la droite et des socialistes. Il prévoit 908 milliards d’euros en crédits de paiement et 960 milliards en crédits d’engagement, soit respectivement 3,7% de moins et 3,5% de moins que pour le budget 2007-2013.



          • BA 20 novembre 2013 06:08
            A propos de l’Union Européenne, Olivier Berruyer écrit : 

            « C’est quand même extraordinaire d’écrire que le Commissaire Barroso, non élu par le peuple, sera un lâche pour avoir “abdiqué” face aux gouvernements élus – forcément égoïstes… Égoïstes, ils le sont, mais peut-être aussi qu’ils ne veulent pas investir dans un machin rejeté par leurs citoyens… »


            Certes.

            Mais d’autres personnes dressent un portrait encore plus négatif de l’Union Européenne.

            D’autres personnes font un bilan encore plus désastreux de l’Union Européenne.

            Lisez cette phrase extraordinaire :

            « Montée des extrêmes droites et des partis eurosceptiques, déficit démocratique, poids des lobbies et éloignement des citoyens, centralisation bruxelloise, bureaucratie et technocratie... l’Union Européenne se meurt. »

            Quel bilan catastrophique !

            40 ans de construction européenne pour arriver à ça !

            Depuis mai 1974, tous les présidents de la République et tous les premiers ministres sont des partisans de la construction européenne, et le résultat est un désastre : désastre économique, désastre financier, désastre social, désastre moral, désastre démocratique, désastre politique.

            Au fait, qui vient d’écrire cette phrase extraordinaire :

            « Montée des extrêmes droites et des partis eurosceptiques, déficit démocratique, poids des lobbies et éloignement des citoyens, centralisation bruxelloise, bureaucratie et technocratie... l’Union Européenne se meurt. »

            C’est le LEAP !

            Le LEAP vient enfin de comprendre !

            Le LEAP vient enfin de voir ce qui est sous nos yeux !

            Après des années d’aveuglement, après des années de soutien aveugle à la construction européenne, après des années de vote « oui » à tous les traités européens, après des années de déni de la réalité, le LEAP commence à comprendre !

            Mieux vaut tard que jamais !



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