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Grèce : ils ne se cachent plus…

Dès juin dernier [1], la formation d’un gouvernement d’« union nationale » avait été évoquée par Georges Papandréou, président de l’Internationale « socialiste ». La fourberie de ce dernier a atteint le sommet de l’Olympe avec l’épisode du référendum. Sa détestable manœuvre a tout d’abord consisté à éteindre la situation prérévolutionnaire qui a suivi la journée du 28 octobre, jour de la fête nationale, voyant le président Papoulias fuir sans prononcer son discours face à la colère du Peuple grec. Cherchant ensuite une issue politique, sa manipulation avait comme objectif de faire pression sur la « Nouvelle Démocratie » (UMP grec) pour amener les dirigeants de ce parti à faire tomber les masques en acceptant ce gouvernement d’« union nationale » dont les deux principaux objectifs sont de maintenir la Grèce dans la zone euro et d’accepter le dernier diktat de la Troïka.

« L'application des décisions du 26 octobre est inévitable » a déclaré cette semaine Antonis Samaras, président de ND et ancien camarade de dortoir de Georges Papandréou durant leurs études communes à Amherst College aux U.S.A . Après la dernière débâcle électorale, il n’a cessé pendant deux ans de s’opposer à la cure d'austérité administrée aux Grecs par le gouvernement « socialiste », l'Union européenne et le FMI. Pur jeu politicien reposant sur l’idée que l’alternance habituelle entre les deux principales formations politiques grecques continuera lors des prochaines échéances électorales… L’un des seuls aspects positifs dans ce jeu indigne et irresponsable, est le fait que dans l’esprit du Peuple grec, le Pasok et la ND ne font plus qu’un…pour ceux qui n’avaient pas encore compris !
 
Progressivement, la perception des Grecs sur l’U.E. se modifie… Comme Sisyphe, condamné à faire rouler une énorme pierre jusqu'en haut d'une montagne, encore et toujours, le Peuple grec subit l’euro. L’U.E., avec à sa tête l’Allemagne, a exercé une énorme pression sur la Grèce pour qu'Athènes instaure rapidement un gouvernement d'« union nationale ». Qu’un retraité grec, dont le montant de la pension mensuelle s’élevant à 360,80 euros, brûle le drapeau de l’U.E., ne relève pas de l’anecdote. Un pas décisif sera franchi lorsque la majorité de la population aura connaissance de l’article 123 du Traité de Lisbonne. Mais, il faut du temps pour quitter le monde des bisounours et comprendre que l’Europe n’est pas un rêve, mais du réel [2]…

Cette triste réalité, à savoir que l’U.E., structure essentielle dans l’organigramme de la mondialisation capitaliste, a été élaborée depuis toujours pour être à la solde des multinationales, des affairistes et des banquiers. La nomination de Lucas Papademos à la tête du nouveau gouvernement grec en est la parfaite illustration. Le C.V. de celui-ci est sans ambiguïté : diplôme d'économiste à l'université du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ; début de sa carrière professionnelle à la Banque de la Réserve fédérale de Boston ; gouverneur de la Banque centrale de Grèce entre 1994 et 2002, principal artisan du passage de la drachme à l'euro ; ancien vice-président de la BCE.

Dans son gouvernement, le « socialiste » Evangélos Vénizelos garde le ministère des Finances, tandis que les Affaires Etrangères échoient à l’un des ténors de la ND, l'ex-Commissaire européen Stavros Dimas qui avait négocié l'entrée du pays dans l'Empire européen. Celui-ci avait commencé sa carrière professionnelle à la Banque Mondiale et connaît donc parfaitement le programme d’« ajustement structurel ».

Fait encore plus marquant et inquiétant, la nouvelle équipe gouvernementale voit l'entrée d’un membre du Laos (Alerte orthodoxe populaire), formation d'extrême-droite, une première depuis la chute de la dictature des colonels. En effet, Makis Voridis, issu de l'organisation de jeunesse du parti juntiste et longtemps proche du Front national de Jean-Marie Le Pen, a été nommé ministre des Transports. La crainte d’une action de l’armée a été ravivée par le changement de tout l’état-major militaire le 1er novembre par Papandréou.

Signalons également l’intervention dimanche dernier dans le débat publique du clergé orthodoxe grec avec son appel à l’« union nationale », demandant aux « forces politiques d'accomplir leur devoir national ». Il s’agit pour celui-ci de conserver ses privilèges exorbitants bien évidemment…

Une partie de la population grecque a parfaitement compris que leur magnifique pays constitue la première étape d’un long processus débouchant à l’asservissement des peuples en Europe. La résistance des communistes et des indignés grecs est héroïque et acharnée, s’inspirant d’une certaine façon de Robespierre et de l’article 29 présent dans son projet de déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Attacher profondément à la souveraineté populaire, le Peuple grec est très loin d’avoir dit son dernier mot.

André Bellon, dans son dernier ouvrage, Ceci n’est pas une dictature, rappelle que pour le philosophe Alain, « Penser, c’est dire non ». Le Peuple grec, avec de plus en plus de courage, clame haut et fort : ΟΧΙ  !



J.G., Primidi 21 Brumaire an CCXX

Article également publié par l'Association pour une Constituante : http://www.pouruneconstituante.fr/

[1] Article de J.G., La Grèce à la recherche de son destin et de sa vérité. Une Assemblée constituante ?, publié par l'Association pour une Constituante le 16/06/11.

[2] Article d'André Bellon, Halte aux bisounours, l’Europe n’est pas un rêve mais du réel !, publié par Le Canard Républicain le 23/05/10.

par Le Canard Républicain (son site) samedi 12 novembre 2011 - 12 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par TyRex (xxx.xxx.xxx.107) 12 novembre 2011 11:18
    TyRex

    Toute cette histoire est d’un ridicule sans nom... on efface 100 milliards de dette (comment peut-on effacer 100 milliards de dette ?? J’aimerais bien connaitre l’astuce pour effacer mes 5 milles euros que je dois à la banque pour mon prêt... ) et de l’autre, on prête 100 milliards d’euros à la Grèce pour remettre son économie à "flot"...
    Et la crème des élites vous diront que ce plan de sauvetage génial vient en aide à la population grec !

    C’est de l’escroquerie à grande échelle.

  • Par kéké02360 (xxx.xxx.xxx.35) 12 novembre 2011 19:51

    pour info, l’anagramme de PAPANDREOU c’est  NAPPADEURO

    çà ne s’invente pas smiley

    PS c’est pas moi qui l’ai trouvé !

  • Par gaspadyin (xxx.xxx.xxx.136) 12 novembre 2011 10:55
    gaspadyin

    à l’auteur : avec toute ma sympathie !

    Pourtant je me demande pourquoi ( quand ?) les Grecs ne vont pas jusqu’au bout.

    Ce ne sont pas les ploutocrates complices de fricnanciers et totalement eurokraturistes qui les sauveront du désastre.

    Je pense qu’ils continueront à subir " le déshonneur et la guerre".

     

    Quant à ce papakatastropoulos qui a essayé de sauver son poste en proposant un référendum sans donner d’indication sur les termes, ce n’est qu’un des avatars des vampires qui dépècent le pays.

    S’il avait été honnête homme, il aurait dû se révolter dès sa nomination, ou au plus tard il-y-a quelques jours, en mettant toute l’UE$$ au pied du mur :

    exiger l’aide européenne ( rupture de relations diplomatiques sérieusement envisagées, et mesures de rétorsions économiques) pour lutter contre la fraude fiscale et l’expatriation des capitaux.

    Il parait que plus de 200 milliards grecs sont planqués en Suisse. Les récupérer serait un bon début pour respecter la population grecque et lui redonner de l’espoir.

    Mais il faudrait aussi attaquer le Lux, la City, l’île de Man, et Jersey.

    Faut avoir des couilles et de l’honnêteté.

    Ce qui manque aux eurokraturistes.

     

  • Par LeSoufflet (xxx.xxx.xxx.106) 12 novembre 2011 15:13
    LeSoufflet

    Le programme du KKE ( PC local ) est critiquable mais fondamentalement les communistes sont du coté du peuple grec même si les cadres du parti ne le sont pas au moins l’immense base du parti l’est ! Et adopter ce point de vue bobo du "ni ultra-gauche ni extrême-droite" mène à la dictature du bipartisme mou.

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