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Grèce laboratoire de l’Europe

Le Chili a été le laboratoire de la mise en œuvre des théories de Friedman, qui ont conduit au développement du libéralisme le plus débridé sur l’ensemble de la planète, en épargnant à l’époque une partie de la « vieille Europe ». La Grèce va servir de phase de test à une nouvelle offensive du capitalisme en Europe, en livrant les économies nationales aux exigences et à la rapacité des marchés financiers.

Au Chili le chaos qui a suivi le coup d’état de Pinochet a permis l’instauration d’une politique ultra libérale. En Grèce c’est la crise de la dette, voulue, entretenue et développée par l’oligarchie financière qui va servir à briser les résistances. Les médias ont soigneusement préparé le terrain, pareils à une véritable propagande de guerre, car c’est bien de cela qu’il s’agit : une guerre contre les peuples, une guerre contre les pauvres, en gros, c’est l’éternelle lutte des classes, à laquelle les classes populaires ont tourné le dos mais que les classes bourgeoises n’ont jamais oubliée. Les médias nous ont présenté les grecs comme fainéants, fraudeurs avec le fisc, vivant au dessus de leurs moyens avec nonchalance dans une oisiveté coupable, bref, si un pays va mal c’est toujours de la faute de ses pauvres.

En Grèce, les capitalistes veulent tester un système entièrement dominé par des intérêts privés, avec la suppression totale des services publics, la remise en cause des acquis sociaux et une diminution drastique des salaires. Les mesures et les sacrifices que l’on demande aux grecs, ce n’est pas pour assainir leurs finances, mais pour pouvoir continuer à rembourser leurs créanciers. Après avoir interdit aux banques nationales et à la BCE la possibilité de prêter de l’argent aux États et imposé le recours à l’emprunt auprès des établissements financiers privés afin de créer la dette, les capitalistes ont spéculé pour en arriver à cette situation, et maintenant qu’ils sentent la mise à mort arriver, ils sont pressés de toucher « les dividendes » de leur turpitude.

Dans la Constitution grecque il est écrit que les plus riches (les armateurs) sont exemptés d’impôts ! L’Église orthodoxe grecque, le plus grand propriétaire foncier de Grèce, dispose d’un privilège fiscal. En pourcentage du PIB, la Grèce est le pays de l’UE qui dépense le plus en armement, La Grèce consacre plus d’argent à sa Défense qu’à l’Éducation pour le grand bonheur des états et des marchands d’armes européens ou américains. L’impôt n’est payé que par ceux que l’État peut contrôler, puisque c’est lui qui les paye : les retraités et les fonctionnaires. Les professions libérales sont épargnées, alors que dans leur écrasante majorité elles fraudent de façon notoire. Les médecins par exemple déclarent en général moins de 20.000 euros par an. On met toujours la faute sur les plus pauvres, alors que ce qui coûte le plus cher à une nation, ce sont ses riches !

Actuellement le peuple grec lutte jour après jour. Bien sûr ces luttes sont très mal relayées par nos médias, qui nous parlent plutôt de la tyrannie du régime syrien, mais dites-vous bien que le bonheur du peuple syrien, grecque ou français, nos dirigeants n’en ont rien à faire, ils ne prennent position que par rapport à leurs intérêts, et non par rapport à un sentiment humaniste ou « des droits de l’homme ». D’ailleurs nos gouvernants se sont toujours bien entendus et ont même soutenus les dictateurs les plus sanguinaires pourvu qu’ils maintiennent dans leur pays un régime conforme à nos intérêts, enfin aux intérêts de la classe capitaliste qui nous gouverne, et cela que ce soit sous un gouvernement de droite ou « dit » de gauche. Aucun gouvernement si tyrannique soit-il n’a rien à craindre tant qu’il ne va pas à l’encontre des intérêts de nos puissantes multinationales, « approuvez le système et nous vous fournirons les moyens pour réprimer votre population ». Ces gens là trouvent justes toutes les mesures prises contre le peuple grec et ensuite, ils voteront les mesures qui seront prises contre vous. Pour eux vous êtes une quantité négligeable, vous êtes juste bon à produire, vous reproduire et à mourir, ne vous faites aucune illusion !

La Grèce est un laboratoire et préfigure ce que sera l’Europe de demain, car ne rêvez pas votre tour viendra, plus ou moins vite mais il viendra, vouloir gagner du temps ne sert a rien, il vaut mieux agir maintenant que réagir demain. Mais si vous ne faites rien et acceptez votre sort, alors faites le dignement et arrêtez de vous plaindre !

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/06/grece-laboratoire-de-l-europe/


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9 réactions à cet article    


  • chapoutier 10 mars 2012 09:03

    Le 2 mars à été signé le traité sur la règle d’or interdisant les déficits, le 27 février Sarkozy écartait tout référendum sur le sujet, se félicitant que ce traité s’appliquera aux gouvernement « de droite , de gauche , du centre , ce que vous voulez » .

    Ceux qui ont signé ce traité déclarent par là-même qu’ils s’acharneront contre les travailleurs pour rembourser à marche forcée la « dette publique », dette créée et creusée année après année par les subventions et les aides aux banques et aux grands patrons.Comme en Grèce !



    • jaja jaja 10 mars 2012 10:05

      La Grèce est aussi le laboratoire de la résistance à cette offensive formidable lancée contre le peuple... Refus de payer la dette, sortie de la BCE et de l’euro, sont les solutions portées par les anticapitalistes Grecs (les seuls à se battre les autres forces politiques de gauche comme de droite ayant toutes collaboré au gouvernement à la politique de rigueur imposée par le FMI et l’UE).....

      La première leçon que l’on doit tirer de la situation grecque c’est la nécessité pour les forces se réclamant de la « gauche de la gauche » de tracer une nette ligne de démarcation entre elles et les partis institutionnels sociaux-libéraux qui sans états d’âmes n’hésitent pas à imposer la rigueur la plus extrême à leurs propres peuples....

      Construire une opposition anticapitaliste basée sur le refus de payer la dette, l’expropriation des banques et les nationalisations sous le contrôle de la population et des travailleurs est la tâche de l’heure et c’est urgent.....


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 10 mars 2012 10:56

          Excellent article.


          Première urgence : sortir de l’Euro et de l’Union européenne.

          Retrouver notre souveraineté.

          Sans cette base, rien n’est possible.


          • jullien 10 mars 2012 12:06

            Cet article a été écrit avant hier soir 20H00.
            Comment le sait-on ? Il ne contient aucune référence aux cris de triomphe braillés par les politiciens et les journalistes des médias dominants qui se félicitent d’avoir « sauvé la Grèce » pile le jour où celle-ci fait défaut sur sa dette (pardon, où elle la « restructure »).
            Le pire, c’est qu’à en juger par les réactions des internautes ça marche. Prenons-nous pour des cons, on en redemande.


            • Mor Aucon Mor Aucon 10 mars 2012 14:51

              M. l’auteur, quelle erreur de perspective vous faites en disant : « La Grèce va servir de phase de test à une nouvelle offensive du capitalisme en Europe, en livrant les économies nationales aux exigences et à la rapacité des marchés financiers. »

              Cette phase de test, comme vous l’appelez, de la doctrine de Friedman sur le sol européen s’est déroulée en Islande dans à partir des années 90. Ce qui se passe en Grèce est post-friedmanien, si je puis dire, le capitalisme néolibéral n’est plus dans la dynamique triomphante des vingt dernières années et tout l’enjeu, dont la situation financière de la Grèce est un des points clés, est de forcer une accalmie sur les marchés pour entreprendre une réforme financière. Le pôle de la résistance néolibérale à cette réforme est clairement situé à Londres, avec ses eurosceptiques protecteurs des privilèges d’une City elle-même tête-de-pont de Wall Street mais le libéralisme, pas nécessairement friedmanien, a ses adeptes sur le continent aussi, notamment au sein des partis conservateurs. Là est la césure, qui empêche une solidarité européenne effective, entre le modèle de l’Europe sociale et celui de la libérale et les acteurs principaux des marchés font tout pour l’entretenir afin de retarder l’échéance de cette réforme financière inévitable.


              • Frabri 10 mars 2012 16:25

                Où est le laboratoire de l’Europe et de la planète pour « sortir du capitalisme » ? ? ?

                http://www.naturavox.fr/Sortir-du-capitalisme-pour-sauver-la-planete.html


                • Alison 10 mars 2012 18:07

                  eJ`en aurait lue et entendue des théories sur la Grèce depuis des mois... Entre ceux qui en on espéré le pétard a mèche du « printemps européens » (tiens ils sont calmé cela), les indignes par qui vous avez espérez que l`homme serait solidaire, les anonymous qui devaient redonner une morale etc... etc... Quelle farce ! Quelle mascarade tant sur le plan des médias conventionnels que sur les forums divers y compris ici sur agoravox.
                  Chacun il y allant de sa verbe terrifiante« L`Euro est mort ! La Grèce va sortir de l`Euro et j`en passe.

                  Le pire c`est qu`il y a encore des gens pour écrire aujourd`hui que ce qui est arrivé a la Grèce va vous arriver. 
                  Je vois qu`ils n`avaient rien compris avant et encore moins maintenant !

                  Il y a quelques jours j`avais un echange avec Wesson ou je lui précisait : » pas plus que de sortie de la zone euro ni même de l`Europe voir de l`OTAN.’ Ça je le maintiens depuis le début car pendant que l`on vous occupe avec ces idées. La réalité ? 

                  La Grèce est toujours dans l`Europe, la Grèce vient de se faire effacer la plus grosse dette de l`histoire... On va l`a sponsoriser encore longtemps et on va pouvoir s`occuper de sa rentabilité avec des investissements massifs et en faire la plus grand pôle économique des Balkans, du proche et moyen orient avec une infrastructure comme le Piree made in China, demain Thessalonique, son armada Greco/Chinois et sa flotte colossale de navire dans le monde, alors elle est ou la faillite de la Grèce ? 

                  Huit entreprises, dont une française, ont répondu à l’appel d’offres international lancé par la Grèce, dans le cadre du lancement d’un programme de forages d’exploration en Mer Ionienne et au sud de la Crète.

                  D’envergures internationales et spécialisées dans les forages d’exploration d’hydrocarbures, les entreprises intéressées sont TGS-NOPEC GEOPHYSICAL COMPANY ASA, DOLPHIN GEOPHYSICAL, ION GEOPHYSICAL CORPORATION, SPEC PARTNERS LTD, CGGVERITAS, PETROLEUM GEO-SERVICES (PGS), SPECTRUM GEO LIMITED, FUGRO MULTICLIENT SERVICES AS. Leurs dossiers seront étudiés par le ministère de l’Environnement et de l’Energie grec début avril, afin que le programme d’exploration soit entrepris rapidement par le ou les candidats sélectionnés. Selon les résultats, un nouvel appel d’offres international concernant l’exploitation des gisements découverts sera lancé, dans la foulée, courant 2012.

                  La Grèce est restée pendant toutes ces décennies le pays il faisait bon vivre dans l`insouciance. Les familles mafieuses en place empêchant tout développement du pays paralysé et gangrené par la corruption, tellement corrompu qu`ils se sont fait prendre a leur propre piège. Les créditeurs ont fait ce que le peuple aurait du faire depuis longtemps, virer ce petit monde !

                  Demain sans ses vampires mais malheureusement sans le peuple ou du moins pendant année, le pays va radicalement changer et devenir une puissance non négligeable dans cette partie du monde.

                  Alors messieurs les écrivains a sensation de scénarios « Demain sera notre tour » , soyez plus créatif, arrêter de répéter ce qu`on vous dit, La France n`est pas Grèce, La crise est virtuelle, elle n`est que le transfert de l`économie du nord au sud etc...

                  Je m`arrête ici car il y aurai tant a dire mais bon continuez de vous masturber le cerveau avec la Syrie, Le nucléaire, le H1N1, les radars sur le route, la tv lobo et maintenant internet intelligence assistee..

                  Poutine est repassé, Sarkozy repassera tout comme Obama, le peuple pleurnichera car il attends que ce soit les autres qui fasse le boulot.
                  Lorsque le peuple sera assez courageux pour reprendre en main le destin de son pays alors il n`aura plus peur en attendant il est servile.


                  • zgrouik zgrouik 11 mars 2012 20:01

                    Globalement d’accord avec l’article, sans aller jusqu’à plusser.

                    Evitons juste de se rater sur la forme en assimilant les pauvres aux fainéants, libéraux et autre entrepreneurs privés. Personne n’a dit ça, pas même les médias.

                    Et à ceux qui croient y voir un lien, le pb grec n’a à voir avec la Finance, la BCE, l’Euro, etc... même si sur ce plan la recette est entièrement à revoir dans l’UE27.

                    Le bourbier grec : c’est une erreur politique interne ( et externe quand à son intégration à l’UE en 81).

                    L’économie en Grèce n’est pas celle de la France. C’est effectivement le système mafieu et la corruption à tous les étages du pouvoir et du privé qui ont gangrenné le pays, et dont nous venons d’effacer la dette avec la caisse commune !

                    Donc ceux qui nous ont baisé sur ce coup, c’est une grande partie du peuple grec (hors nos fameux pauvres) ; bien contents de profiter du système depuis le milieu j’usqu’en haut de la pyramide.

                    Et bien ils me font ch*er ! Je vais donc boycoter les vacances en Grèce, et garder mes Euros (tant qu’il y en a) pour aller les claquer ailleurs cet été...

                    La solidarité et le pseudo humanisme du club des Bisounours pour la Grèce, je leur laisse. On avait pas besoin d’eux au sein de l’UE dans l’état de déprédation avancé et connu où ils étaient depuis des décennies.

                    Il a fallu en arriver là pour s’en rendre compte.

                    Alors, aux minables politoccards et parlementeurs qui nous y ont amené, nous pouvons dire : Efkharisto !!!

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Robert GIL

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