• jeudi 24 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Europe > Grèce : le jour d’après
5%
D'accord avec l'article ?
 
95%
(110 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Grèce : le jour d’après

« Les manifestations et actions violentes ne sont pas dignes d’un pays démocratique », vient de déclarer le premier ministre grec Papadimos. Mais qu’est-ce qui est démocratique dans cette histoire ? Le premier ministre ? Jamais élu à la moindre fonction de la Cité et qui a fait toute sa carrière dans les instances de la finance internationale ? Le gouvernement, formé par le club des caciques responsables de ce désastre ? La moitié du conseil des ministres a farouchement combattu les premières mesures qui ont abouti à celles qu’ils ont voté cette nuit. Leur représentativité ? Avant de « joindre leurs efforts » ils ont été élus sur des programmes diamétralement opposés, et en aucune manière pour voter une convention qui enlève à leur pays toute liberté d’action, toute indépendance, tout recours classique reconnu à tout autre pays. La notion même de « gouvernement d’union nationale » ? Il n’inclut pas les oppositions de gauche qui rassemblent, selon les derniers sondages, plus de quatre électeurs sur dix. Quant à la droite orthodoxe et extrême qui participa au gouvernement, elle l’a quitté votant contre. Les procédures démocratiques ont été respectées quant au vote lui-même ? Présenté comme un texte « urgent », sous l’épée de Damoclès du Marché, du FMI, et de l’UE, il ne fut pas discuté malgré le fait qu’il engage sur le chemin de la dépendance le pays pour au moins quarante ans. Les positions, les débats (qui n’ont pas eu lieu) : manichéens à l’extrême opposant deux manières de traîtrise et un choix unique entre l’aliénation au marché et à la technostructure européenne d’une part, le chaos et la faillite d’autre part. 

La convention elle-même est-elle « démocratique », procède-t-elle des principes de l’égalité, de l’objectivité, de la proportionnalité et de l’attachement à l’objectif énoncé qui sont à la base de tout acte contractuel ? Bien sûr que non. L’objectivité d’abord : ce « contrat » est la continuité conforme du précédent tout en rendant évidente son échec : 169 % de dette publique, alors même que le citoyen grec a été ponctionné à l’extrême. Par contre l’attachement à l’objectif énoncé, réduire le déficit et la dette, s’est transformé dans les faits par une série de mesures permettant le déplacement des ressources et de l’épargne populaires vers le secteur financier qui s’accélère encore plus avec le nouveau « contrat ». La dette était le fait de l’Etat. Les reformes consistant à mettre à mal la fraude fiscale, l’hypertrophie du secteur de l’Etat et sa modernisation, la lutte contre la corruption, étaient conformes au contrat et souhaitables. Mais elles n’ont pas eu lieu, sauf à la marge et à un niveau purement symbolique. Qu’en est-il des monopoles /oligopoles dans la production, la distribution, dans la prédation des ressources naturelles, des services, de l’économie parallèle et/ou parasitaire qui n’ont jamais payé d’impôts : ils sortent renforcés, ne serait-ce qu’à cause de la paupérisation des secteurs de l’Etat sensés les contrôler. Par contre, les mécanismes des privatisation, mis en place à la va-vite, créent de nouveaux prédateurs locaux ou étrangers. Les mesures visaient (but énoncé) la « croissance » : elles ont produit, tout naturellement, une récession durable, la marginalisation de l’économie grecque, l’affaiblissement de sa représentation politique aussi bien à l’intérieur (dépréciation de ses organes politiques, des lois fondamentales, constitution maintes fois bafouée), qu’à l’extérieur par la destruction de ses outils géopolitiques et diplomatiques, la perte des défenses élémentaires en tant qu’Etat, le refus de faire appel à sa propre justice. L’acceptation de la part du premier ministre, d’abandonner pour son propre pays, tout recours à sa propre justice au profit du duché du Luxembourg (par ailleurs paradis fiscal pour les protagonistes du « marché ») ne trouve de similitude que dans des accords signés en Grèce sous l’occupation. Loin de l’objectif énoncé, plus loin des principes d’égalité et d’équité et de ceux de la proportionnalité, encore plus loin des règles élémentaires de la démocratie, les deux contrats, qui s’annonçaient comme réponse à l’inégalité structurelle des richesses de ce pays, n’ont fait que les concentrer, chaque jour un peu plus, vers les plus hautes strates de l’échelle sociale, celles qui de l’aveu même de la troïka avaient la plus grande part de responsabilité dans cette « crise ». 

par Michel Koutouzis (son site) lundi 13 février 2012 - 80 réactions
yahoo
5%
D'accord avec l'article ?
 
95%
(110 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Richard Schneider (xxx.xxx.xxx.208) 13 février 12:26
    Richard Schneider

    Toutes mes félicitations à l’auteur.

    L’article démontre clairement l’arnaque que subissent les Grecs : les prédateurs de l’oligarchie libérale vont finir par tuer un peuple, une nation.
    Toute honte bue, presque toute la classe politique de ce pays martyrisé par les agissements de la "pieuvre libérale" se couche devant Merkozy et le FMI.
    Il est grand-temps que les démocrates de toute l’Europe renverse leurs gouvernements, dont les représentant sont les infâmes valets du Capitalisme mondialisé.
  • Par Ariane Walter (xxx.xxx.xxx.21) 13 février 12:55
    Ariane Walter

    Quand je lis ton article ,je me dis qu’il va falloir appeler un chat un chat....oui, c’est une occupation. une guerre qui rapporte beaucoup et quine coûte pas cher.
    Que la honte soit pour ceux qui, politiques, se soumettent à ce crime contre un pays.

    Hier, dimanche plus avec Lapix, Hollande a dit que le Parlement devait signer.
    ceux qui votent pour lui, ne dites plus que vous êtes de gauche.

  • Par Ariane Walter (xxx.xxx.xxx.21) 13 février 12:59
    Ariane Walter

    Au sujet du mot "démocratie", vous remarquerez que c’est un élément de langage des libéraux. Ils ont pour ordre de l’employer au moins dans chaque phrase. Les Zuniens s’en gargarisent et nos Européens aussi ;
    Car le but du jeu, c’est quand même de faire croire au peuple, le plus longtemps possible, qu’il est en démocratie !

  • Par Marc Viot (xxx.xxx.xxx.234) 13 février 13:11
    Marc Viot

    >« Les manifestations et actions violentes ne sont pas dignes d’un pays démocratique », vient de déclarer le premier ministre grec Papadimos. 

    Qu’il vive au nouveau smic grecque et dorme sur le parvis d’un temple et on pourra commencer à écouter ce clown ...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox