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Accueil du site > Actualités > Europe > Grèce : Tsipras, le FMI et l’UE achètent encore du temps

Grèce : Tsipras, le FMI et l’UE achètent encore du temps

Il est étonnant qu’il n’y ait pas plus de journalistes, qui, suivant les analyses fouillées de Romaric Godin dans la Tribune, soulignent le caractère effarant de ces accords européens sur la question Grecque, feuilleton qui a trop duré depuis 6 ans, démontrant que rien n’est jamais réglé.

 
Une procrastination criminelle
 
Trop de journalistes s’en tiennent à une description au premier degré de ces accords, répétant comme des perroquets les éléments de langage de dirigeants qui en finissent par ressembler à ceux de ces dictatures où le déni de la réalité est devenu un sport national. Le président de l’Eurogroupe a déclaré que « nous sommes parvenus à une vraie avancée sur la Grèce (…) cela va plus loin que ce que j’aurais cru possible il n’y a pas si longtemps  », ce qui permettra d’augmenter encore de 10 milliards d’euros cette dette dont on sait déjà qu’Athènes ne pourra jamais la rembourser intégralement. Comment peut-il répéter pour la énième fois qu’il s’agit d’une vraie avancée, après tant de sommets qui avaient proclamé la même chose, et qui ont pourtant encore nécessité de nouveaux sommets ?
 
Voilà pourquoi il faut remercier Romaric Godin pour son œuvre de salut public qui consiste à remettre en perspective cette immense mascarade dans un papier à lire absolument. Il y rappelle que la promesse de restructurer la dette Grecque a été repoussée à 2018 pour ne pas perturber le calendrier électoral outre-Rhin, que ce qui est écrit dans l’accord est extrêmement limité (cela pourrait n’être qu’un allongement des échéances) et que ce discours avait déjà été tenu fin 2012, sans que rien de concret ne vienne, et encore une fois à l’été 2015, Alexis Tsipras en ayant fait une raison pour se soumettre encore aux tortionnaires de son pays. Mais ce faisant, tous ces dirigeants ont recours à la cavalarie, prêtant pour ne pas reconnaître le défaut de la Grèce et la folie des accords précédents.
 
Le problème est que ces accords ont un prix, colossal. D’abord, une misère sociale dont on peut penser qu’il s’agit d’une forme de crime contre l’humanité, tant cette austérité aveugle et violente a provoqué de ravages dans ce beau pays. Ensuite, un prix politique avec une forme sournoise d’oblitération de la démocratie, où l’on demande aux Grecs de voter et où leurs dirigeants les trahissent, Tsipras ayant violé les vote de janvier 2015, où il promettait souveraineté et fin de l’austérité, et celui de juillet contre le plan de la troïka, accepté peu près, à peine modifié, dans un scénario qui rappelle celui du TCE en France, en ce jour anniversaire du « non » au référendum de 2005... Et aujourd’hui, il continue à accepter des plans d’austérité délirants, dont on sait déjà qu’ils ne pourront pas fonctionner.
 

 

Malheureusement, une telle issue était prévisible. Mais il est tout aussi prévisible que la Grèce ne pourra jamais rembourser les sommes prêtées, dont l’objectif est avant tout de protéger les créanciers, parfois privés, et les dirigeants qui ont choisi ce chemin. Et pendant ce temps, les Grecs trinquent.
 

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12 réactions à cet article    


  • Pascal L 31 mai 12:29

    Tant que des Grecs possèdent encore quelque chose, les créanciers n’ont pas à s’inquiéter. Et ce n’est pas parce que ce n’est pas gagé, qu’il ne le récupèreront pas. Il suffit de monter les impôts fonciers à un niveau insoutenable pour que tout soit bradé.

    On peut parler d’un modèle grec, car ce qui s’y passe se passera aussi dans les autres pays, Allemagne comprise.
    Le coupable est la création monétaire par la dette. Pour qu’un Euro circule, il faut que la banque mette une dette en face en contrepartie. Les billets imprimés par la banque centrale sont devenus largement minoritaire dans la circulation monétaire et de toutes façons, ils sont imprimés sans contrepartie ; leur valeur dépend uniquement de la confiance que l’on peut avoir dans le remboursement de la dette (on peut d’ailleurs se demander au passage à quoi sert la banque centrale).
    La monnaie peut donc circuler grâce à la dette, mais cette circulation est détruite lors du remboursement de cette dette. Le problème aujourd’hui, ce sont les fuites d’un système pas très étanche. Logiquement, il devrait circuler autant de monnaie qu’il y a de dettes à rembourser, mais dans les faits, il n’en circule pas la moitié. Le reste à disparu : déficit du commerce extérieur, prélèvement des intérêts, paradis fiscaux... Ce qui veut dire qu’il ne circulera plus rien avant que nous n’ayons remboursé la moitié des dettes. Cherchez l’erreur.
    La solution passe par le changement de contreparties à la circulation monétaire. Il serait possible de gager notre avenir en créant la monnaie dans les fonds propres des projets de création de richesse. Cette monnaie ne serait pas remboursée avant que le projet ne devienne rentable et il n’y a pas besoin de verser des intérêts. Ainsi la monnaie circule aussi longtemps que nécessaire au développement économique.


    • leypanou 31 mai 18:49

      Grâce à Tsipras, la Grèce n’est plus un pays indépendant, mais une colonie mondiale, en train d’être vendue par pièce détachée : les Allemands, les Chinois et des tas d’autres pays encore.
      Voilà où cela mène quand on veut à tout prix garder l’euro : ils font pitié les Grecs d’avoir élu un type pareil.


      • alinea alinea 31 mai 18:56

        @leypanou
        C’est sûr qu’avant, avec Papandreou, avant encore avec les colonels et avant encore avec l’empire ottoman, ils étaient mieux lotis ! Vous croyez qu’on sort de tout ça en claquant des doigts ?


      • chantecler chantecler 31 mai 19:21

        @alinea ,
        Non Alinea , je ne suis pas d’accord avec toi .
        L’Allemagne , une forte proportion d’Allemands issus de l’ex RFA avec ses riches rentiers , achète ce pays avec la complicité d’ A.Merkel qui les représente et de Tsipras qui dit amen ..
        Pour ces riches allemands rentiers , investir leur plus values dans l’hyper rentable, c’est la seule chose qu’ils savent faire .
        Ils ont fait la même chose quand « le rideau de fer » est tombé : ils ont mis la main avec leur marks sur les immeubles , les usines , les entreprises de la RFA bradés pour une bouchée de pain.
        Et beaucoup d’Allemands habitants l’ex RDA se sont retrouvés à poil : sans travail et sans logement .
        Ils ont certes renaudés , mais TINA , ouallou !.
        Le pognon est roi .
        Aujourd’hui la Grèce est à vendre .
        Elle est vendue ,
        Au capital mondial (Chine) et au capital allemand qui a prêté du flouze pendant des années à des ordures ....
        En attendant le retour sur investissement .
        Et le système politique et économique « libéral » est fait pour la plumer jusqu’au croupion...
        Certes ce n’est pas la violence des armes .
        C’est pas la guerre, c’est pas la dictature des colonels .
        C’est un cran au dessus .
        Systémique .
        Silencieux :
        « Silence, on meurt » !
        Car pour faire une guerre il faut engager aussi des capitaux ...
        De plus la violence est visible et il y a de la casse ...
        Une guerre aussi ça pue .
        Ici c’est soft :
        Au lieu de tuer les poules pour leur piquer leurs places ,et les dévorer , les renards les déplument jusqu’à la mort.
        Nuance !
        *
        Se battre ?
        Tu as vu la violence des banques ?
        Tu temporises : elles ferme les guichets ....
        *
        Tout cela est très violent , pour la majorité qui subit , inique et détestable .


      • leypanou 31 mai 19:36

        @alinea
        On ne sort pas de tout çà en claquant les doigts, mais vu comment les choses se passent, il n’y a aucune chance que la Grèce s’en tire et les Grecs avec.
        Comment peut-on décemment demander aux Grecs s’ils veulent de l’austérité par référendum, ils répondent NON et accepter de diriger un gouvernement pour mettre en place cette austérité ?
        Ce qui est surtout scandaleux c’est le bradage des biens publics  : aéroports, ports, etc, etc. Un pays où tout ce qui est privatisable est privatisé n’est plus indépendant et la régression sociale inéluctable.
        Pour moi, Tsipras ne vaut pas plus cher que le PS en France ; c’est d’ailleurs pour çà que les journalistes perroquets parlent de son parti de gauche radicale pour mieux discréditer une prétendue radicalité. Comme radicalité, il y a mieux.


      • chantecler chantecler 31 mai 21:12

        @leypanou
        Ben oui , ce sont les mêmes enculés appartenant à la bourgeoisie , qu’ils soient de droite ou de gauche .
        Le réflexe de classe qui consiste pour eux à toujours la mettre plus profond ,dans les classes populaires , uniquement pour s’enrichir et affermir leur pouvoir fonctionne .
        Et plein de gens , que ce soit dans notre pays , en UE, aux USA , et dans d’ autres , dont la Grèce , y participent .
        Aucun texte , aucune loi ne les arrête .
        D’ailleurs ce sont eux qui les font .... !!!
        Et ils s’y appliquent pour toujours « gagner plus » .
        Tout est à vendre , tout est objet de spéculation .
        La vie des gens , ils n’en n’ont absolument rien à battre .
        Sauf qu’un jour leur système les mettra dans la m...., comme en 1929 ,encore que , à cette période historique , il y a eu bien peu de ces imbéciles , bourgeois qui se sont suicidés , contrairement à la légende , pour eux la vie des autres est un jeu , mais des millions de gens qui se sont retrouvés dans la m...., la misère , la famine , obligés de nomader (cf les raisin de la colère )....
        Puis ceux-ci ont été envoyés dans les zones de grands carnages...
        Ce qui a permis à cette même classe de continuer à s’enrichir .
        Et de liquider les chômeurs .
        Hein Edmond ?
        T’es pas le seul responsable mais tu y tiens ta place ...


      • alinea alinea 31 mai 21:33

        @leypanou
        Je trouve ça épouvantable aussi bien sûr, juste que l’étau est et était serré ! je rêvais qu’ils sortent de l’UE mais j’en conçois les dangers !
        Comme le dit Mélenchon, ils auraient dû accepter la banqueroute !


      • leypanou 31 mai 22:11

        @alinea
        Je suis 100% d’accord avec la dernière phrase.


      • chantecler chantecler 31 mai 22:59

        @chantecler
        Oups !  smiley
        Lire les immeubles ,les usines , les entreprises de l’ex RDA ...bradés pour une bouchée de pain


      • HELIOS HELIOS 1er juin 10:55

        @chantecler



        Bonjour,...
        je n’ai pas exactement la même analyse que vous, même si j’ai la même demarche intellectuelle.

        Vous parlez de bourgeoisie, de classe... or je pense qu’il n’existe plus de bourgeoisie, pas plus que de classe populaire. La bourgeoisie se base sur des privileges.. or le seul privileges qui existe aujourd’hui est celui de l’argent, lui-même fortement lié a la corruption, directe, indirecte et politique.

        Il n’y a, au moins en France, qu’une seule grande mesure a mettre en place, c’est une justice administrative liée a la representativité (je ne parle pas de justice politique, evidement).

        Dans le cas de la Gréce, Tsipras a « presque » tout bien fait, quasiment un modèle d’execution démocratique, un vrai cas d’école.... dont le point d’orgue a été le référendum.
        Helas, il a cédé ensuite, il est rentré dans le rang, je suppose qu’il l’a fait sous la contrainte, car on n’agit pas comme cela sans une raison.... majeure !!!

        la suite de votre intervention est parfaitement logique, peut-etre pas totalement realiste, mais logique au delà de ses références historiques ou littéraires.

      • zygzornifle zygzornifle 1er juin 10:09

        pauvres grecs , sodomisés jusqu’à l’os pas l’Europe .....


        • HELIOS HELIOS 1er juin 11:01

          @zygzornifle

          ... pas par l’Europe, car l’Europe ce n’est pas cela !

          La Grece se fait « sodomiser » comme vous dites, par la superstructure mise en place a Bruxelles profitant de la délégation de souveraineté que les etats lui ont faite. Regardez qui a récuperé le pouvoir... Viviane Reding, Moscovici... que des gens hors sol et surtout parfaitement inhumain... a se demander s’ils ont eu une « vraie » vie avant leur adoubement.
          On comprend bien pourquoi personne a Bruxelles n’est elu...



          Il est urgent que chaque pays retrouve sa souveraineté, c’est ce qui s’appelle « Europe des nations »

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