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Accueil du site > Actualités > Europe > Grèce : Tsipras va à l’épreuve de force

Grèce : Tsipras va à l’épreuve de force

Certains pensaient peut-être qu’une fois élu, Syriza mettrait rapidement de l’eau dans son vin. Mais les premières déclarations et décisions du nouveau Premier ministre grec et de son équipe montrent au contraire une détermination à appliquer sans faillir le programme pour lequel ils ont été élus.

Panique dans l’Union Européenne
 
Fin des privatisations, remontée du salaire minimum de 20%, réembauche d’un certain nombre de fonctionnaires : les premières annonces d’Alexis Tsipras et de ses ministres ont décoiffé dans les capitales européennes. « Nous ne reconnaissons ni le mémorandum, ni la troïka » dit un ministre ! Résultat : la bourse a perdu plus de 9% mercredi et les taux d’intérêt sur la dette grecque se sont envolés, d’autant plus que le nouveau gouvernement a réaffirmé sa volonté de négocier un allègement de la dette. Mais le 180° politique est cohérent avec le programme de Syriza, pour lequel les Grecs ont voté largement dimanche dernier. Ce faisant, c’est la démocratie qui s’applique.
 
Mais cela fait grincer les dents. Jean-Claude Juncker, président de la Commission, le premier ministre qui a permis aux multinationales de détourner des milliards de profits des autres pays européens, a déclaré : « nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions et les parlementaires du reste de l’Europe ». Et Emmanuel Macron, moins conciliant que les autres dirigeants dits de gauche, a soutenu « il n’y a pas de dérogation spécifique due à la nouvelle situation politique, sinon quel signal enverrions-nous aux autres gouvernements ? (…) La Grèce a des engagements vis-à-vis de la zone euro, et il est normal qu’elle respecte ses engagements ».
 
Tsipras plus fort que les 27 ?

Les dirigeants européens semblent coincés dans une impasse. Est-il possible d’avoir l’accord des pays créditeurs du Nord pour alléger le fardeau qui pèse sur la Grèce depuis 5 ans ? Les premières mesures prises par le nouveau gouvernement risquent de fortement faire tousser l’Allemagne ou la Finlande notamment. Mais en même temps, Tsipras ne peut sans doute pas revenir sur ses promesses, et il dispose de plusieurs atouts dans sa manche, entre le scénario argentin (défaut complet et retour de la drachme) et le recours à l’aide de la Russie, qui ne serait sans doute pas mécontente de mettre un coin dans cette construction européenne si proche des Etats-Unis.

Syriza, s’appuyant sur sa majorité à l’Assemblée, semble déterminé à appliquer son programme. Et il semble que ce sera aux dirigeants européens de choisir s’ils acceptent d’habiller cet état de fait dans un accord qui sauverait leur face ou s’ils vont à une épreuve de force où Alexis Tsipras pourrait bien mettre un pied en-dehors de l’édifice européen, quitte à faire appel à d’autres et s’éloigner de l’UE. Voilà pourquoi, comme pendant la campagne, je pense que le scénario le plus probable à date reste un accord entre Athènes et les autres capitales européennes, qui auront été soumises par la volonté d’un peuple, même si tout sera fait pour préserver les apparences.

 

D’ailleurs, Jean-Claude Juncker affirme que « des arrangements sont possibles », ce qui montre que l’UE pourrait passer du chêne au roseau pour survivre. Mais si les vents Grecs n’en viennent pas à bout, ils pourraient en inspirer d’autres, plus puissants, capables de la déraciner pour de bon…

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11 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 30 janvier 2015 10:47

    Juste un pansement sur une jambe de bois... !


    • fred.foyn Le p’tit Charles 30 janvier 2015 11:01

      La suite me donnera raison et vous passerez pour un enfumeur.. !


    • ZEN ZEN 30 janvier 2015 11:43

      Le bon Mr Juncker l’a dit :
       Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.
      C’est clair.


      • Vipère Vipère 30 janvier 2015 13:38


        Yanis Varoufakis, ministre des Finances du gouvernement d’Alexis Tsipras, à Athènes le 28 janvier 2015 - AFP/Aris Messinis
        Nommé ministre des Finances de la Grèce dans le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, 53 ans, est maintenant l’ « acteur clef de la Grèce dans ses négociations avec ses créanciers »,estime The Guardian. Il a devant lui l’un des plus grands défis de l’Europe.

        Economiste formé au Royaume-Uni, Varoufakis a enseigné à Cambridge, en Australie et plus récemment aux Etats-Unis, avant de revenir se lancer en politique à la demande de Tsipras. « Bien différent de ses prédécesseurs », au dire du Financial Times, l’homme qui a la nationalité grecque et aussi australienne s’est fait connaître pour les textes d’opinion sur la crise financière qu’il publiait régulièrement sur son blog. Ces « post » lui ont fait gagner des milliers d’abonnés sur Twitter et aussi le respect des responsables de Syriza, raconte le Guardian

        Très critique envers l’Europe 

        The Wall Street Journal affirme que « le nouveau gouvernement grec souhaite instaurer une ligne dure – même s’il ne veut pas d’affrontement – avec les créanciers du pays ». Yanis Varoufakis est très critique envers la gestion de la crise par l’Europe, dont il juge « stupide » le dernier plan de sauvetage de 2011, note le journal économique américain. Un plan qui « n’atteindra pas ses buts », selon Varoufakis. En 2011, il a d’ailleurs publié un livre intitulé Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro

        Varoufakis a également été le conseiller de l’ancien Premier ministre grec George Papandréou, entre 2009 et 2011. S’il estime qu’il n’a alors pas eu la chance de mettre ses idées en avant, il fait maintenant partie d’une « équipe de critiques féroces de l’approche économique européenne », soutient The Wall Street Journal – Yanis Varoufakis, ministre des Finances du gouvernement d’Alexis Tsipras, à Athènes le 28 janvier 2015 - AFP/Aris Messinis

        Nommé ministre des Finances de la Grèce dans le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, 53 ans, est maintenant l’ « acteur clef de la Grèce dans ses négociations avec ses créanciers »,estime The Guardian. Il a devant lui l’un des plus grands défis de l’Europe.

        Economiste formé au Royaume-Uni, Varoufakis a enseigné à Cambridge, en Australie et plus récemment aux Etats-Unis, avant de revenir se lancer en politique à la demande de Tsipras. « Bien différent de ses prédécesseurs », au dire du Financial Times, l’homme qui a la nationalité grecque et aussi australienne s’est fait connaître pour les textes d’opinion sur la crise financière qu’il publiait régulièrement sur son blog. Ces « post » lui ont fait gagner des milliers d’abonnés sur Twitter et aussi le respect des responsables de Syriza, raconte le Guardian

        Très critique envers l’Europe 

        The Wall Street Journal affirme que « le nouveau gouvernement grec souhaite instaurer une ligne dure – même s’il ne veut pas d’affrontement – avec les créanciers du pays ». Yanis Varoufakis est très critique envers la gestion de la crise par l’Europe, dont il juge « stupide » le dernier plan de sauvetage de 2011, note le journal économique américain. Un plan qui « n’atteindra pas ses buts », selon Varoufakis. En 2011, il a d’ailleurs publié un livre intitulé Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro

        Varoufakis a également été le conseiller de l’ancien Premier ministre grec George Papandréou, entre 2009 et 2011. S’il estime qu’il n’a alors pas eu la chance de mettre ses idées en avant, il fait maintenant partie d’une « équipe de critiques féroces de l’approche économique européenne », soutient The Wall Street Journal –

          Yanis Varoufakis, ministre des Finances du gouvernement d’Alexis Tsipras, à Athènes le 28 janvier 2015 - AFP/Aris Messinis
          Nommé ministre des Finances de la Grèce dans le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, 53 ans, est maintenant l’ « acteur clef de la Grèce dans ses négociations avec ses créanciers »,estime The Guardian. Il a devant lui l’un des plus grands défis de l’Europe.

          Economiste formé au Royaume-Uni, Varoufakis a enseigné à Cambridge, en Australie et plus récemment aux Etats-Unis, avant de revenir se lancer en politique à la demande de Tsipras. « Bien différent de ses prédécesseurs », au dire du Financial Times, l’homme qui a la nationalité grecque et aussi australienne s’est fait connaître pour les textes d’opinion sur la crise financière qu’il publiait régulièrement sur son blog. Ces « post » lui ont fait gagner des milliers d’abonnés sur Twitter et aussi le respect des responsables de Syriza, raconte le Guardian

          Très critique envers l’Europe 

          The Wall Street Journal affirme que « le nouveau gouvernement grec souhaite instaurer une ligne dure – même s’il ne veut pas d’affrontement – avec les créanciers du pays ». Yanis Varoufakis est très critique envers la gestion de la crise par l’Europe, dont il juge « stupide » le dernier plan de sauvetage de 2011, note le journal économique américain. Un plan qui « n’atteindra pas ses buts », selon Varoufakis. En 2011, il a d’ailleurs publié un livre intitulé Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro

          Varoufakis a également été le conseiller de l’ancien Premier ministre grec George Papandréou, entre 2009 et 2011. S’il estime qu’il n’a alors pas eu la chance de mettre ses idées en avant, il fait maintenant partie d’une « équipe de critiques féroces de l’approche économique européenne », soutient The Wall Street Journal – une équipe qui souhaite sortir la Grèce de la tutelle de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) et en finir avec « les politiques d’austérité ».

           
           . A TERME, LE BUT DES LEADERS GRECS TEND BUT VERS UN SEUL :
            cela ressemble étrangement au bras de fer finlandais et à l’auto- 
            détermination du peuple à recourver sa souveraineté
            
          « une équipe qui souhaite sortir la Grèce de la tutelle de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) et en finir avec »les politiques d’austérité« . »


            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 30 janvier 2015 17:41

              Le problème principal de la Grèce c’est qu’elle vit au dessus de ses moyens et que si elle refuse de payer ses dettes plus aucune banque n’osera lui prêter l’argent ( vu qu’on ne leur rendra pas ) dont elle a besoin ce qui fait que la Grèce sera contrainte de mener une politique d’austérité à moins de sortir de l’Eurozone et de faire marcher sa planche à billets en Drachmes quitte à flirter avec de l’hyperinflation et faire fuir les investisseurs internationaux ce qui sera probablement désastreux pour son économie étant donné qu’elle n’est pas autarcique bien qu’il est possible que les gisements de gaz sous marins qui existent sur son territoire maritime puisse être exploité à brève échéance.


              La Grèce est d’après moi dans un très sale pétrin et j’espère qu’ils pourront exploiter leur gaz sous marin pour s’en sortir le plus vite possible.



              • velosolex velosolex 30 janvier 2015 19:32

                70 % de la dette grecque a déjà tout de même été épuré en 2012.

                Les gens qui défendent mordicus la pauvre Grèce toujours victime des méchants argentiers connaissent ils ces chiffres ?
                En 2013, il y a eut en tout et pour tout 30 contrôles fiscaux nous révèle le canard enchaîne de cette semaine. 

                Révolution...Moi je veux bien, et ne voudrait même que ça, mais ça ne semble par le cas : En clair, il ne semble toujours pas qu’on va faire banquer ce qui ont l’argent dans le pays ( armateurs et clergé) mais la méchante Europe, à qui l’on demanderait un nouvel emprunt tout en demandant de passer l’éponge sur l’ardoise.....
                Un peu fort de café grec, vous trouvez pas.

                • doslu doslu 30 janvier 2015 20:38

                  « En 2013, il y a eut en tout et pour tout 30 contrôles fiscaux »
                  mais ca c’était avant


                • velosolex velosolex 30 janvier 2015 22:42
                   10 millions d’habitants, comptant plus de 300 députés, et s’apprêtant à embaucher 300 000 fonctionnaires de plus...

                  Ce que les armateurs grecs et le clergé ne paieront pas demain, ça fera 40 milliards à la France.
                  Ce qui fera environ 700 euros par français....
                   
                  Ce type qui prend de airs de Che guvara de carnaval s’allie avec un mec de la droite la plus opportuniste, qui a grugé le fisc pour s’acheter un yatch, et a remis en état la maison de sa belle mère avec des fonds européens. https://www.google.fr/url?sa=t&...

                  Au niveau révolution, méfiez vous des imitations, et des chavez en toc !

                • Piotrek Piotrek 31 janvier 2015 03:25

                  T’as rien compris mon petit velosolex...

                  Syriza c’est absolument pas un parti révolutionnaire dans le paysage politique grec (pourtant en Grèce question révolutions, on a le choix le plus vaste)

                  Si le mec s’allie avec un nationaliste béat (mais inoffensif face aux têtes brulées de l’aube dorée) c’est justement pour rassembler les grecs qui par rage se sont ralliés au nationalisme borné. J’y ai vu des nuits de cristal là bas, on y a pas parlé sur ta chaine référée !

                  Et faut arrêter avec l’image conne du 700 Euros par français... Ton petit foyer doit 31.000 Euros (oui trente et un mille) par tête de pipe, dont 18.000 juste grâce au règne de Sarko... Et la France qui cherche à tâtons le moyen de faire des économies sans oser (allocs, professions libérales, APL, Sénat...) tu sens pas le défaut de paiement approcher ? avec ce genre de raisonnement, un allemand doit payer combien pour toi ? C’est de ta faute ? tu te sens coupable ?
                  Bin non t’es juste européen...


                • zygzornifle zygzornifle 31 janvier 2015 08:03

                  Les démons Européens vont torturer les nuits de l’empêcheur d’européneiser en rond , vite un exorciste pour ramener a la raison cette pauvre brebis égarée ...... 

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