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Accueil du site > Actualités > Europe > Hugo Chavez : l’avenir de l’Europe d’après le (...)

Hugo Chavez : l’avenir de l’Europe d’après le néolibéralisme ?

Dimanche, Hugo Chavez a été réélu président du Vénézuela, près de 14 ans après sa première élection. Son image est assez sulfureuse en Europe, où il est souvent abusivement assimilé à un dictateur. Faut-il voir dans son parcours une bande-annonce de ce qui pourrait arriver chez nous ?
 
Un président populaire et social
 
The Economist et Le Monde ont consacré chacun un long dossier au chef de la révolution bolivarienne. S’ils ont un net biais négatif à l’égard d’Hugo Chavez, quelques arguments de la défense sont retenus, comme la tribune « Hugo Chavez, un homme diffamé  » co-signée par Jean-Luc Mélenchon. Ce papier met en avant le recul de la pauvreté et des inégalités, reconnu par l’ONU : « la mortalité infantile a été divisée par deux, l’analphabétisme éradiqué  ». Il dénonce ceux qui évoquent un « régime dictatorial  » en soulignant que les vénézuéliens ont voté 14 fois en 13 ans et que les organisations internationales reconnaissent que les scrutins se passent dans de bonnes conditions.
 
Quand on compare avec d’autres pays qui bénéficient d’une manne de matières premières, on constate que l’ensemble de la population en bénéficie bien plus largement qu’ailleurs. En outre, le fait de vouloir garder le contrôle de l’exploitation des ressources du sous-sol du pays est parfaitement légitime car il s’agit d’un bien public. En fait, les deux auteurs soulignent la mauvaise foi d’une partie des médias, qui viendrait en partie de la remise en cause des dogmes néolibéraux par le régime chaviste.
 
De vrais angles morts
 
Néanmoins, il ne faut pas idéaliser l’expérience chaviste, de même que celle de l’Argentine, comme je l’avais étudié cet été. La tribune de Marc Saint-Upéry souligne les carences du modèle chaviste : l’inflation, la stagnation économique ou les difficultés du secteur privé, parfois malmené. L’économie du pays est extrêmement dépendante de la rente pétrolière et même si elle a le mérite d’être assez justement répartie, le Vénézuela en dépend à 80% pour ses exportations.
 
En outre, comme le souligne Marc Saint-Upéry, si le pays est une démocratie, il souffre d’un manque de dialogue social et de tolérance à l’égard des opinions différentes. Sur les médias, le sujet reste compliqué puisque d’une part, Mélenchon affirme que la liberté d’expression n’est pas bridée, alors que The Economist souligne la criante inégalité de couverture de la campagne ou la publication des noms de ceux qui avaient soutenu le référendum de destitution de 2004.
 
Le futur de l’Europe ?
 
Le Vénézuela rappelle la Russie de Vladimir Poutine ou la Hongrie de Viktor Orban, parfois caricaturée. Comme le souligne bien ce papier de Ragemag, tous ces pays ont le point commun d’être passé par des phases de libéralisation extrême qui ont abouti à beaucoup de casse sociale et où une petite minorité a réussi à en profiter. S’il ne s’agit pas de fermer les yeux sur de vrais problèmes démocratiques (notamment en Russie), il ne faut pas oublier le contexte ni l’actif de ces régimes.
 
Car avec les plans européens d’austérité, la colère grandit dans les peuples européens, à un point qui pourrait justement finir par mener au pouvoir des dirigeants de la veine de Hugo Chavez, pour le meilleur, mais aussi, il faut le reconnaître, pour le pire. Idéalement, on peut espérer que la crise amène au pouvoir des Lula, des hommes d’Etats progressistes parfaitement respectueux de la démocratie, mais à force de torturer les peuples, leur réaction pourrait devenir imprévisible.
 
Hugo Chavez n’est pas un dictateur. C’est un président progressiste à la méthode parfois autoritaire. Malgré tout, il a été élu démocratiquement et a même reconnu une défaite électorale dans le passé. Il ne faut donc pas le caricaturer, ni l’idéaliser, tout en espérant que la crise européenne produise plutôt des Lula.

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13 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 octobre 2012 08:59

    chaque pays a une histoire , des traditions, des sensibilité differentes. Il n’existe aucun modele de société clef en main. Il est bon d’etudier, de regarder et de comprendre ce qui se passe mais c’est difficilement transposable en bloc. Il faut se servir des experiences reussi pour faire avancer et promouvoir un modele alternatif. On est pas obliger non plus de tout approuver en bloc, il est bien de garder un regard critique sur certaines decision ou positionnement, c’est comme cela que nous pourrons aller de l’avant.

    Quand au Venezuela, voici  le point de vue de l’historien Richard GOTT, ex-rédacteur en chef du Guardian :

    http://2ccr.unblog.fr/2012/05/22/les-lecons-deconomie-de-chavez-pour-leurope/


    • frugeky 10 octobre 2012 09:11

      C’est un peu du n’importe quoi votre texte...

      Déjà le titre : Chavez, avenir de l’Europe, même si je comprends l’idée, la formulation est un rien hasardeuse.
      Vous reconnaissez les mérites de Chavez au niveau de la redistribution des richesses nationales et le respect des règles démocratiques puis vous dites que si, à force de désespérance, les pays européens venaient à élire ce genre de politique, ce serait pour le meilleur mais aussi pour le pire. Il est où ce pire ?
      « des hommes d’Etats progressistes parfaitement respectueux de la démocratie, mais à force de torturer les peuples »
      Qu’est-ce que ça veut dire ? Que Chavez à ordonné à Bush Guantanamo ? Que Bush était respectueux de la démocratie ? Ou que Lula et Chavez en faisant un peu de justice sociale torturent le peuple qui les a élu ?
      Bref, du grand n’importe quoi...
      Allez plutôt faire un tour sur l’article de Chems Eddine Chitour.

      • Le péripate Le péripate 10 octobre 2012 11:41

        La Pib de la petite Colombie a dépassé cette année celui de l’Argentine socialiste et celui du Vénezuela bolivarien.

        C’est un fait.


        • mrdawson 10 octobre 2012 14:19

          La désinformation et le mensonge assénés avec l’aplomb de celui qui sait : le lecteur repart convaincu de la véracité de cette petite phrase sans chercher à remettre en question l’affirmation.
          Il devient alors évident que les 2 pays qui ont rejeté les thèses libérales qu’on leur a imposé durant l’historie ont eu tort de le faire...

          1. Le PIB de 2012 n’est pas encore observable.
          2. En 2011, le PIB global ou par habitant du Venezuela comme de l’Argentine est supérieur à celui de la Colombie (cf. http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_%28PPP%29_per_capita).

          Troll à 2 balles.


        • Le péripate Le péripate 10 octobre 2012 16:30

          Source. des derniers chiffres.

          Evolution comparée de l’Argentine, du Venezuela et de la Colombie
          . Remarquez comment cette dernière rattrape régulièrement les deux autres.

          Troll ? Vraiment ?


        • mrdawson 10 octobre 2012 18:10

          Je suis désolé pour le terme troll qui était peut être un peu fort, peut être essayez vous de discuter.
          Quoiqu’il en soit l’affirmation « c’est un fait » est doublement fausse :
          1. Ce n’est pas un fait sur les données observables (cf. votre deuxième lien). Et ça l’est encore moins lorsqu’on rapporte le pib aux habitants. En 2010 (votre lien) et en 2011 (mon lien), la banque mondiale (la source des deux liens) affiche un PIB global et par habitant inférieur pour la Colombie vis à vis du Venezuela et de l’Argentine. Et ça, c’est un fait.
          2. Votre premier lien est une estimation du PIB pour 2013... Les prédictions en économies - surtout émanant de sources officielles - ayant à peu près autant de valeur qu’un slip troué (cf. les prédictions de croissance, les prédictions de fin crise, les prédictions de balance commerciale etc.).


        • Le péripate Le péripate 11 octobre 2012 07:56

           smiley

          Bon. Vous noterez quand même que la Colombie ne dispose d’aucune ressource particulière, ni grandes étendues d’élevage ni pétrole, et qu’il y a depuis des décennies un guerrilla marxiste sur son sol. Et le lien sur les seules données réellement confirmées (2006) montre bien que la Colombie rattrape ses deux voisins mieux dotés.

          On en reparle dans quelques années.


        • alinea Alinea 10 octobre 2012 14:22

          Oh non scwheizer : notre grande Europe n’a pas besoin de chercher des idées ailleurs et surtout pas chez les sous-développés ! Quelle idée !


        • alinea Alinea 10 octobre 2012 15:18

          C’est sûrement par bêtise que je ne les déforme pas mais les répète, et par malhonnêteté que je n’en pense pas moins !


        • alinea Alinea 10 octobre 2012 18:39

          Schweizer :
          mauvais joueur, va !
          "Croyez-vous sérieusement que notre Europe ait besoin d’aller chercher des modèles dans des pays sous-développés ou mal-développés..."


        • paul 10 octobre 2012 15:50

          L’article se veut équilibré, c’est à noter, même si l’on retrouve certaines critiques habituelles sur le chavisme : l’inflation, l’insécurité, la dépendance pétrolière .
          Cette dépendance ne pose pas de problème quand c’est dans les pétromonarchies ...

          Pendant le mois qui a précédé sa réélection, le Chavez-bashing avait cours dans les principaux médias occidentaux, comme ce doc de Caroline du Saint diffusé sur C+ ,et gentiment reçue sur la 5 ( émission 28 minutes ) .
          Après l’élection, annonces très laconiques aux JT, et no comment .
          Il n’est pas question de transposer tel que, un modèle « exotique », mais c’est un exemple pour toute l’Amérique latine ( sauf le Paraguay ) ,qui résiste à l’impérialisme envahissant du grand voisin du Nord, et pour tous les européens qui finiront par se révolter contre ce que la Finance mondiale leur impose .


          • paul 10 octobre 2012 18:56

            erreur : Caroline du Saint a été reçue à Arte et non sur la 5 .


          • curieux curieux 10 octobre 2012 17:40

            si le pays est une démocratie, il souffre d’un manque de dialogue social et de tolérance à l’égard des opinions différentes
            Essayez de parler du 11/9 sur les merdias français, vous verrez la rapidité à laquelle on va vous traiter de « négationniste » et vous couper la parole.

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