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Interculturalité, multiculturalité et religions

Interculturalité, multiculturalité, intégration, immigration, religion(s), etc, etc….On a parfois l’impression que nous faisons tout pour compliquer nos rapports aux autres, à la différence, au droit à penser autrement, à vivre autrement. Il est également consternant de constater la difficulté, quand ce n’est pas carrément du refus, que nous avons à accepter une culture différente, à essayer de la comprendre. Nous n’aimons pas la différence, il faut bien l’admettre et nous avons tendance à rejeter ce que nous n’arrivons pas à comprendre où ce que nous refusons de comprendre. Nous restons figés, crispés sur nos habitudes, nos acquis culturels, nos normes religieuses, ethniques et philosophiques et pourtant cette diversité culturelle est bien présente dans notre société, elle est devenue une réalité visible, omniprésente et irréversible. Donc il faut changer les mentalités, aider les citoyens à évoluer, à changer leur regard sur le monde qui les entoure et qui change.
 
Selon la chancelière allemande, Angela Merkel et le Premier Ministre en Affaires Courantes belge, Yves Leterme, la multiculturalité ça ne fonctionne pas, il leur a fallu tout ce temps, pour se rendre compte qu’il y avait un problème, alors que les symptômes sont visibles, partout : que ce soit dans les médias, aaah les forums sur internet, aaah les commentaires sur les articles des divers journaux, quelle pléthore d’incompréhensions, quel étalage de racisme ordinaire, quels excès de xénophobie, et tout cela sous l’œil impassible des modérateurs qui laissent passer comme si en Belgique il n’existait pas de lois et de règles condamnant les propos xénophobes et/ou racistes  ! Bin oui, la multi culturalité, ça fonctionne pas, surtout quand on ne met pas en place les outils socio-économiques et culturels qui permettraient que ça fonctionne.

Il faut absolument que soient mis en route, des politiques d’emplois, d’enseignement, de culture et de gouvernance.
Nos politiciens en affaires courantes (on a parfois l’impression que affaires mourantes serait mieux adapté), ont mis en route un Comité de pilotage des Assises de l’Interculturalité, qui la semaine dernière a rassemblé 68 recommandations qui devraient nous permettre à plus ou moins brève échéance de mieux vivre ensemble. Faudra quand même avant de se retrouver au paradis de la mixité culturelle, attendre que ces recommandations soient concrétisées par les politiciens. Le problème c’est que ces recommandations ne sont pas exemptes de critiques et non des moindres, des intellectuels ont refusé de continuer à travailler au sein du Comité et l’ont quitté en cours de route car il semblerait que certaines tendances religieuses et conservatrices aient essayé de prendre la main sur les conclusions a apporter au rapport final.

Ce Comité de l’Interculturalité propose donc entre autres de rendre l’école obligatoire avant 6 ans, de façon à ce qu’un maximum d’enfants fréquentent l’école dès le plus jeune âge, des cours de langues, l’enseignement dans les écoles de l’histoire de la colonisation, de l’immigration, et des discriminations, le changement de noms de certains lieux publics qui pourraient heurter la sensibilité de certaines minorités, la réforme du calendrier des jours fériés légaux en incluant dans les 10 jours existants des jours fériés « flottants » en fonction de la culture ou de la religion des personnes concernées ainsi qu’un quota de recrutement de personnes issues de minorités (dispositif légal qui existe déjà d’ailleurs).

Last but not least, interdire le port du voile avant la quatrième secondaire. Décidemment, voila un sujet qui ne cesse de revenir, et dont on est en droit de se demander s’il est bien utile de perdre sont temps à encore discuter en ce qui le concerne, étant donné qu’une règlementation existe déjà au niveau des établissements scolaires. Mais n’est-ce pas une erreur que de placer sur le même plan des propositions de nature à lutter contre le racisme et des revendications d’ordre religieux ? L’école est un lieu ou la religion qui est avant tout une affaire d’ordre privé, doit rester discrète, afin de préserver les acquis qui ont permis de faire évoluer la société ne soient pas remis en question. L’expression publique de la religion s’accompagne souvent de régression vis-à-vis du droit des femmes, d’entraves aux libertés d’ordre sexuel, à l’homosexualité etc, et est donc difficilement gérable dans le cadre d’une législation. Il semble étonnant que ce Comité accorde tant de compromission à des valeurs religieuses conservatrices et ostentatoires.

En ce qui concerne le port du voile chez les enseignants il n’y a pas de recommandations du Comité mais il devrait être autorisé pour les fonctionnaires sauf pour ceux dont le travail est assorti d’une fonction d’autorité. Mais il semblerait pourtant évident que lorsque l’on travaille pour les services publics, pour l’Etat en fin de compte, il faille faire preuve d’une neutralité absolue. C’est pour cette raison que le port de signes religieux apparents doit y être proscrit. 

Il semblerait bien qu’il y ait ici une certaine confusion entre multi culturalité et aspirations de conservatisme religieux, mélange des genres des plus inquiétants et qui ne va pas dans le sens prévu pour un Comité dont les aspirations sont de favoriser le « vivre mieux ensemble ».
 

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3 réactions à cet article    


  • dupont dupont 4 décembre 2010 17:36

    C’est bien toutes ces mesures. Et de plus comme ce sont toujours les mêmes, grosso modo, on est certain que les gens qui les proposent auront encore du travail l’année prochaine. Ils sont rares ceux qui disent :« ça y’est le problème est réglé, vous pouvez me virer »...
    A part ça, si ceux qui viennent s’engageaient à suivre les us et coutumes du pays d’accueil ou à ne pas l’intégrer en cas de désaccord, ça ne serait pas plus simple ? 
    Mais vous avez encore trouvé plus simple :
    « Donc il faut changer les mentalités, aider les citoyens à évoluer, à changer leur regard sur le monde qui les entoure et qui change. »

    Ben, c’est bien sûr...la solution. Rest plus qu’à l’étendre partout, tient, en Lybie, en Arabie...
    Vous vous en chargez ? Dès que c’est fait, promis, je me déculture.


     


    • lecoureur 8 décembre 2010 11:27

      une mauvaise réponse à une mauvaise question
      la société est multiculturelle,c’est un fait d’évidence.Nous ne sommes pas tous blonds aux yeux bleus aimant la choucroute ni bruns dégustant force couscous et piments .. La société est traversée par l’histoire, par les époques qui l’ont façonnée et par la diversité des habitants qui la compose .Et c’est bien ainsi !
      Par contre,revendiquer que la république ( système politique et institutionnel) ne soit que le reflet de la société et non une idée à construire, c’est réduire la politique à n’être qu’une image au lieu d’être une volonté .C’est s’inscrire dans une pensée où les partis politiques par exemple, ne doivent ëtre que l’expression de sondages et non des militants faisant des propositions soumises au libre choix des citoyens.
      La République multiculturelle ou multiculturaliste, c’est l’institutionnalisation du communautarisme, érigé en système de gouvernement.C’est figer les citoyens dans leur contingence au lieu de tenter de les élever à l’idée de leur émancipation .
      S’il faut lutter efficacement contre le racisme et la xénophobie, alors revendiquer une République« multiculturaliste » ou « associationniste »serait ouvrir la voie à la pire des aventures contre la République,la Démocratie et la Laïcité .


      • therasse therasse 15 janvier 2013 15:04

        La différence n’est pas un problème pour autant qu’on reste dans le cadre des droits de l’homme ! On peut même dans une certaine mesure, la considérer comme une richesse.


        La couleur de peau, on s’en fout. Ce n’est qu’une couleur.

        Quant aux religions, c’est une tout autre question. Car la religion implique toujours le respect de textes dits sacrés. 

        Certains tombent doucement en désuétude notamment l’Ancien Testament. Les cathos ont provisoirement oublié (ou fait comme si) que Jésus, ce fantôme de l’histoire est sensé avoir prêché l’Ancien Testament durant son ministère, de 30 à 33 ans ; pour les juifs, il est toujours vivant. 

        L’intégration génère progressivement un oubli de certains prescrits du Coran ; des hadiths sanguinolents sont considérés comme faibles par certains. Mais on sait que les Salafistes, Wahabites en sont encore aux châtiments corporels, tortures, amputations, décapitations et autres crimes rituels. Pas sûr que ce qui est décrété faible par d’autres le soient également par ces derniers.

        Les chrétiens, en particulier leurs prêtres, ont dû avec beaucoup de réticences abandonner leurs moeurs inquisitoriales rendues possibles grâce à leur proximité/complicité avec les monarques de l’Ancien Régime. Mais pour cela, il fallut raccourcir quelques milliers de curés qui s’obstinèrent à refuser la constitution civile du clergé sous la Terreur. Au cours des siècles précédents ils furent eux aussi fort peu tolérants. Rappelons les guerres de religion, l’intolérance qu’elles révélèrent entre deux dogmatismes voisins, le sort fait aux juifs au fil du dernier millénaire, celui réservé aux blasphémateurs (Chevalier de la Barre), aux mécréants (Vanini à qui on arracha la langue et qui fut ensuite étouffé et brûlé) http://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Cesare_Vanini ) , aux sorcières en application d’un verset de l’Ancien Testament :
        Exode 22/18 : « Tu ne laisseras point vivre la magicienne ».
        Ailleurs, il est écrit que les non-circoncis doivent être exterminés. On finit curieusement par faire le contraire, ce sont les circoncis qui eurent à subir la shoah. 

        Tout çe qui précède montre à suffisance que ce qui est dangereux, ce sont les textes et leur manipulation barbare autant que consubstantielle aux pouvoirs théocratiques ou qui, subitement, décident de s’appuyer sur ces superstitions d’un autre âge à des fins électoralistes (rappelons nous le récent chanoine du Latran et le pourcentage énorme de cathos qui votèrent Sarko).

        Car si les hommes changent, les textes restent et sont toujours susceptibles de réapparaître dans leur acception la plus littérale. 

        Ce qui importe donc, c’est de rouvrir le dialogue (et de le maintenir ouvert) sur les religions, l’historicité ou non des prophètes, en particulier du Christ et de Mahomet, des principaux (pseudo-) faits relatés : déluge, exode, le timing qui nie la préhistoire, etc ... et cesser de présenter ces écrits comme des réalités incontestables.

        Car l’histoire a montré que ces histoires à dormir debout ont fait de tous temps d’énormes dégâts et ont libéré des flots d’hémoglobine à défaut de libérer l’humanité.

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