• jeudi 24 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Europe > Irlande : Cent ans plus tard c’est un nouvel exode...
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(16 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Irlande : Cent ans plus tard c’est un nouvel exode...

A la fin du XIX ème siècle et au début du XXème, un certain nombre de pays européens, dont l’Irlande, ont connu des périodes de grande famine qui avaient poussé leurs habitants à s’exiler en masse vers des pays plus prospères dont les Etats-Unis, dont ils ont constitué une partie substantielle de son peuplement. Un peu plus d’une centaine d’années plus tard, le même pays est confronté pour de tout autres raisons à la même fuite poignante de ses habitants partout vers d’autres régions du monde plus riantes économiquement.

Ce n’est plus la famine due à des récoltes désastreuses qui les y pousse mais celles résultant d’une absence de travail de plus en plus criante sur le sol national. Alors que l’Irlande apparaissait jusqu’à encore trois ans comme un des pays et une des économies les plus florissantes de l’Union Européenne et une de celles ayant bénéficié le plus de son intégration à la zone euro. Pas de chance, cette émergence de l’économie irlandaise était basée sur l’incroyable développement du secteur bancaire lui même alimenté par les prêts à risque de l’immobilier local et du subprime américain. C’est simple, juste avant la crise financière, le "PIB" du secteur bancaire était largement plus important que celui du reste de toute l’activité industrielle et commerciale de l’Irlande.

On s’était étonné dans les autres capitales européennes que le gouvernement irlandais sans même prévenir ses collègues se soit porté immédiatement au secours de sa principale banque l’Anglo Irish Bank. C’était pourtant la bonne décision pour éviter un écroulement semblable en importance, à l’échelle locale, à celui de Lehmann Brothers. Depuis, l’Irlande fait face en tachant de maintenir à flot son système bancaire mais les exigences de solvabilité qu’imposent "Bale III" aux banques vont, hélas, dépasser les possibilités de recapitalisation des banques irlandaises.

Le plan d’austérité sera drastique puisqu’il vise à passer d’un déficit actuel de 32 pct du PIB en 2010 (soit 19 milliards d’euros de déficit) à 3pct en 2014. Pour un pays dont le recul du PIB en 2010 a déjà atteint 7 pct, c’est un challenge fou. Ce sera donc 15 milliards d’économies à trouver, 10 sur les dépenses (25 000 fonctionnaires en moins et baisse de leurs salaires) et 5 sur les augmentations d’impôts dont 2 points de plus de TVA. Baisse de leur Smic de 8.65 à 7.65 euros, baisse des charges sociales de 2.8 milliards d’euros.

Rien d’étonnant donc à ce que les Irlandais, -et leurs élites en particulier-, quittent leur pays pour aller s’installer là où ils pensent pouvoir trouver du travail. Facilité linguistique oblige, ce sont vers les pays anglo saxons qu’ils se tournent en priorité, Australie, Canada, Nouvelle Zélande voire Inde ou même Grande Bretagne.En 2009 se sont ainsi 65 000 irlandais qui ont fui leur pays, en 2010 ce pourrait atteindre 120 000 personnes alors que deux ans auparavant dans les années 2006/7 c’était un solde positif de 70 000 personnes que présentait le pays. C’est dire l’ampleur et la brutalité du retournement.

Seule consolation pour ces émigrants, nous n’en sommes plus au temps du départ sur la quai d’un port sans nouvelles pour la famille restée au pays pendant des mois. les Facebook, Twitter et l’email permettent de maintenir le lien familial. Mais quelle terrible épreuve tout de même !

Merci aux politiques (N’est-ce pas Monsieur Clinton ?) qui ont voulu offrir la propriété immobilière à des familles qui n’en avaient pas les moyens, à la FED de Monsieur Greenspan qui les y a poussé en abaissant ses taux à 0 pct et à tous les banquiers cupides, collectivement et individuellement, qui ont voulu leur prouver que Si pour leur seul avantage financier....   

 

Crédit photo : Péchés mignons

par ÇaDérange (son site) mercredi 1er décembre 2010 - 20 réactions
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(16 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par logan (xxx.xxx.xxx.64) 1er décembre 2010 18:14

    "Ce sont les banques qui ont permis l’essort industriel et l’accroissement colossal des richesses depuis la deuxième partie du XIXème siècle"

    Je n’ai jamais lu une ineptie pareille. En france, la période des 30 glorieuses a eu lieu avant la financiarisation de l’économie qui débutta fin années 1960 / début années 1970 et qui s’est inscrite dans le processus de construction européenne et de mise en place de l’euro. La croissance depuis le début de cette financiarisation est passée de 5 - 6% pendant les 30 glorieuses à 2-3% ensuite.
    Donc si on doit lier un effet entre finance et croissance de l’économie, cela ne peut être qu’un effet négatif ...

  • Par Radix (xxx.xxx.xxx.216) 1er décembre 2010 22:56
    Radix

    Bonsoir "monsieur"

    Vos avez avez oublié de dire que dans les deux cas d’immigration massive des irlandais le responsable était le même !

    Les anglais !

    Cela "vousdérangeais" ?

    Radix

  • Par jaja (xxx.xxx.xxx.129) 2 décembre 2010 07:07
    jaja

    Si le crédit est une nécessité absolue aussi bien pour les États que pour les particuliers, c’est à dire pour tous, il faut en conclure que c’est un bien public.

    Donc pour éviter que le crédit soit "basé sur la moyenne de la pluviométrie de Tombouctou corrigée des variations du cours blé à Chicago" comme vous le dites, une seule solution :
    Socialiser toutes les banques, sans exception et les regrouper dans un pôle bancaire unique et de service public placé sous le contrôle de la population.

  • Par Spip (xxx.xxx.xxx.11) 1er décembre 2010 23:10
    Spip

    Aujourd’hui, il ne faut pas confondre le monde économique et le monde financier.

    S’il est vrai que les banques, depuis les débuts du capitalisme, ont joué un rôle moteur, c’était en se mettant au service d’une économie réelle.

    Depuis l’avènement des petits génies de la finance, on est passé à autre chose : à l’économie virtuelle et des banques au service... des banques !

    Cette sorte d’économie ne crée des richesses (hautement évaporables) que pour des spéculateurs professionnels, en aucun cas pour des entrepreneurs.

    Lors de la crise des subprimes, par le biais de la titrisation, on a pu s’apercevoir que les dites banques ne savaient même pas ce qu’elles avaient acheté ! (d’où la crise de confiance dans ce milieu et ce qui a suivi)

    Alors, les banques facteur de progrès, de croissance ? Aujourd’hui NON, évidement.

    Quant à l’Irlande, souvenons nous : le "Tigre Celtique", la dérégulation à fond, c’était l’exemple à suivre. Où sont passés les thuriféraires de cette option ? On ne les entend plus, sauf pour appeler l’Etat au secours...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox