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Accueil du site > Actualités > Europe > Juncker : la parlementarisation des institutions européennes

Juncker : la parlementarisation des institutions européennes

C’est une étape décisive dans la démocratisation de l’Europe : le candidat déclaré du parti le plus important du Parlement Européen sera le prochain Président de la Commission Européenne. Une fois encore, ce sont bien les personnes qui créent les fonctions et pas les fonctions qui créent les personnes : au grand dam des antieuropéens, la démocratie européenne continue à se construire et à progresser.



Après quelques hésitations au sein des chancelleries européennes, c’est donc un acquis définitif : l’ancien Premier Ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui aura 60 ans le 9 décembre prochain, a été officiellement désigné candidat à la Présidence de la Commission Européenne par un vote formel au cours du Sommet de Bruxelles du 27 juin 2014, réunissant les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne, un jour avant le centenaire de l’attentat à Sarajevo. La veille, le 26 juin 2014, le Conseil Européen s’était justement réuni à la Porte Ménin, à Ypres, pour la cérémonie du centenaire de la Premier Guerre mondiale. Il y a cent ans, cinquante mille soldats du Commonwealth y étaient tombés.

En juillet 2013, Jean-Claude Juncker définissait sa conception européenne ainsi : « Pour moi, l’Europe est un mélange d’actions concrètes à mener et de convictions fortes, voire presque ferventes. (…) Mais les convictions fortes n’apportent rien quand on ne fait pas preuve de pragmatisme. ».

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Le Parlement Européen qui se réunit en séance inaugurale pour la 8e législature ce mardi 1er juillet 2014 devrait ratifier ce choix avant qu’il n’entre en fonction le 1er novembre 2014. La nomination de l’ensemble des nouveaux commissaires européens (désignés en principe lors d’un nouveau sommet le 17 juillet 2014) sera, elle aussi, ratifiée par les députés européens. Par ailleurs, Martin Schulz devrait rassembler une majorité pour rester Président du Parlement Européen jusqu’en janvier 2016 puis laisser son siège à l’ancien ministre français Alain Lamassoure.

La plupart des commentateurs ont qualifié la désignation de Jean-Claude Juncker de véritable camouflet pour le Premier Ministre britannique David Cameron qui avait redoublé d’efforts pour éviter une telle issue. Il n’avait pas réussi à convaincre ses partenaires de proposer une autre personnalité. Son opposition était cohérente puisqu’il refuse à l’Europe la démocratie parlementaire, ou plus exactement, des institutions légitimes.

Cette désignation est en fait une victoire exceptionnellement rapide de l’initiative de l’Allemand social-démocrate Martin Schulz, de donner aux institutions européennes une réalité de régime parlementaire. Sa démarche n’avait, au départ, pas reçu beaucoup d’échos optimistes mais avec sa fougue et son énergie, il a réussi à déplacer des lignes.

Il s’était basé sur un constat cruellement vrai : les institutions européennes manquent de démocratie. Tout le monde le reconnaît et l’argument des antieuropéens sur cet aspect est relativement incohérent puisque pour renforcer la démocratie européenne, il faut forcément renforcer la supranationalité des organes institutionnels (or, les mêmes y sont farouchement opposés).

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Martin Schulz pouvait aussi faire appliquer le Traité de Lisbonne en vigueur pour la première fois à l’occasion de ces élections européennes du 25 mai 2014. Le traité a en effet donné aux députés européens un pouvoir non négligeable : celui de pouvoir refuser la désignation d’un Président de la Commission Européenne par le Conseil Européen. Or, le seul moyen de prendre le pouvoir, c’est d’utiliser au mieux les textes en l’état.

Le premier tour de force, comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles, ce fut de rendre incontournable la désignation, par les principaux partis européens, d’un candidat à la tête de la Commission Européenne : PPE (centre droit), PSE (socialistes et démocrates européens, ou S&D), ADLE (centristes), gauche radicale et écologistes. En pratique, l’enjeu se trouvait essentiellement au sein du PPE et du PSE, les deux principaux groupes parlementaires, avec éventuellement, une solution de rassemblement de la part de l’ADLE. Au début de l’année 2014, les sondages indiquaient d’ailleurs une légère avance des sociaux-démocrates par rapport au PPE. Soutenu par Angela Merkel, Jean-Claude Juncker fut désigné candidat du PPE face au commissaire européen sortant français Michel Barnier.

La conséquence a été mécanique : pour la première fois depuis 1979, depuis que l’élection des députés européens est au suffrage universel direct (à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing), l’enjeu de ces élections est passé d’un cadre purement national à un cadre européen (supranational, hou, le vilain mot !).

Concrètement, vu le scandaleux désintérêt des médias français pour les élections européennes, il n’y a eu en France véritablement campagne médiatique que la dernière semaine avec un réel débat européen. Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que les électeurs n’aient pas voté selon des considérations purement nationales (le chômage en particulier).

Si les partis antieuropéens ont gagné beaucoup de sièges au sein du Parlement Européen (en particulier en Grande-Bretagne et en France), ils ne représentent qu’à peine un cinquième des sièges. Il n’y a pas eu de véritable gagnant sinon en nombre de sièges puisque le PPE a devancé (de peu) le PSE pour atteindre la majorité relative, mais les deux grands groupes ont perdu des sièges par rapport à 2009.

Dans une démocratie parlementaire classique (France comprise, par exemple, en mars 1986 ou en juin 1997), c’est le candidat désigné du parti le plus important qui est chargé de former l’organe exécutif. Pour l’Union Européenne, c’est un peu plus compliqué que cela puisque ceux qui ont l’initiative des directives (appellation des lois européennes) sont les chefs d’État et de gouvernement au sein du Conseil Européen qui délèguent à la Commission Européenne l’aspect opérationnel des tâches avant leur ratification par le Parlement Européen.

Mais le précédent de Jacques Delors montre que la personne qui occupe le poste de Président de la Commission Européenne peut avoir, si elle le veut (!), une capacité d’initiative et d’impulsion non négligeable. Le Président sortant, José Manuel Barroso a été l’exemple contraire justement, promettant de ne rien faire, de ne prendre aucune initiative, pour être accommodant avec les chefs d’État et de gouvernement ! Son absence pendant la crise de 2008, son absence pendant la crise des dettes souveraines, ses déclarations complètement contreproductives notamment en France (lors du référendum du 29 mai 2005), et sa tendance très libérale ont fait de la Commission Européenne une sorte de radeau à la dérive qui a renforcé l’euroscepticisme. On peut au moins savoir que Jean-Claude Juncker est nettement moins libéral que José Manuel Barroso et qu’il aura plus de capacité d’initiative.

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On pourra donc toujours critiquer la personnalité ou les options politiques de Jean-Claude Juncker. Daniel Cohn-Bendit (qu’on pourra toujours, lui aussi, critiquer) avait remarqué en juillet 2013 : « Juncker, c’est le chrétien-démocrate le plus socialiste qui existe ! » notamment parce qu’il souhaite accorder plus de place à la dimension sociale de l’Union Européenne (une vieille revendication du PSE). D’ailleurs, à la tête du gouvernement luxembourgeois du 20 janvier 1995 au 4 décembre 2013, il a dirigé presque tout le temps une coalition avec les socialistes.

Si Jean-Claude Juncker recevra probablement, lors du vote de ratification de sa nomination, non seulement les voix des députés européens PPE (son parti) mais aussi celles (en partie) du PSE et de l’ADLE, c’est surtout pour cette innovation majeure (aussi décisive que l’institution des élections européennes en 1979) de la parlementarisation de l’Union Européenne.

Or, depuis ce 27 juin 2014, le plus dur est fait : le Conseil Européen aurait très bien pu, effectivement, désigner une autre personnalité, qui n’avait pas été candidate devant les électeurs européens, devant les peuples européens, et les antieuropéens auraient eu bon dos (avec raison) de fustiger l’absence de démocratie.

Cela s’est même fait en deux temps.
Avant Bruxelles, il y a eu Paris.


Le samedi 21 juin 2014, le Président François Hollande a réuni à l’Élysée un certain nombre des responsables européens socialistes, en particulier le Président du Conseil italien Matteo Renzi (le véritable leader de la gauche européenne, le seul qui a gagné les élections et celui qui préside l’Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre 2014), le Vice-Chancelier allemand Sigmar Gabriel (rappelons que le gouvernement allemand est composé de CDU et de SPD), le Premier Ministre belge (sortant) Elio Di Rupo, le Premier Ministre français Manuel Valls, le Président du Parlement Européen sortant Martin Schulz, etc. et ceux-ci ont annoncé leur soutien à la désignation de Jean-Claude Juncker par simple respect de la démocratie, puisque le PPE est le parti arrivé en tête : « Nous respectons l’esprit qui a présidé aux élections européennes, c’est-à-dire que le parti qui arrive en tête puisse proposer le candidat qui a été présenté, en l’occurrence aujourd’hui monsieur Juncker. » (François Hollande).

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Rappelons que c’est exactement le même raisonnement qui a abouti à la nomination à Matignon de Jacques Chirac (en 1986) et d’Édouard Balladur (en 1993) par François Mitterrand et de Lionel Jospin (en 1997) par Jacques Chirac sans qu’il n’y ait eu de "compromission" ni de "collusion" entre RPR et PS.

Pour la Commission Européenne, la cohésion politique restera cependant fragile puisque c’est chaque État qui désignera "son" commissaire européen, sans qu’il n’y ait de véritable contrainte sur sa tendance politique (on notera que l’ancien ministre Pierre Moscovici, socialiste, serait le candidat pour le siège français).

D’autres postes importants seront à pourvoir dans les semaines prochaines pour la fin de l’année. En particulier, le très important poste de Président du Conseil Européen actuellement détenu par le Belge Herman Van Rompuy. Depuis cinq ans, les partis centristes européens proposent de fusionner ce poste avec celui de Président de la Commission Européenne pour créer une véritable Présidence de l’Europe désignée démocratiquement (directement ou indirectement) et représentant réellement les 500 millions d’Européens. Pour cette fonction, les rumeurs jamais confirmées ont parlé entre autres de l’ancien Premier Ministre français Jean-Marc Ayrault (64 ans), de l’ancien Président du Conseil italien Enrico Letta (47 ans) ou de Helle Thorning-Schmidt (47 ans), la Premier Ministre danoise depuis le 3 octobre 2011 (présente à l’Élysée le 21 juin 2014).

Remarquons d’ailleurs qu’en 2009, Jean-Claude Juncker avait lui-même convoité cette Présidence du Conseil Européen fort de son expérience de Président de l’Eurogroupe (du 1er janvier 2005 au 21 janvier 2013) mais Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’auraient rapidement écarté. Homme de rassemblement, il l’est désormais, notamment en scellant un accord entre la France et l’Allemagne, lui qui n’a pas hésité à reconnaître, avec sa célèbre autodérision : « Quand je veux parler en français, je pense en allemand ; quand je veux parler allemand, je pense en français ; et au final, je suis incompréhensible dans toutes les langues ! ».

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Le 29 juin 2014, Marine Le Pen s’était gaussé de la désignation de Jean-Claude Juncker en pointant du doigt une supposée collusion PPE-PSE. Elle aurait dû aller plus loin et parler de collusion des vingt-huit (ou plutôt vingt-six si l’on enlève la Grande-Bretagne et la Hongrie) États européens qui ont désigné Jean-Claude Juncker : apparemment, Marine Le Pen ne connaît pas très bien le principe du gouvernement qui nécessite de la concertation et des discussions à plusieurs. C’est vrai que les institutions françaises, surtout avec le quinquennat, ne se prête pas vraiment à ce jeu démocratique. Néanmoins, c’est la définition d’un rassemblement que de s’entendre …à plusieurs !

Ce 27 juin 2014 est donc un jour heureux pour la construction européenne : pour la première fois depuis cinquante-sept ans, les pays librement réunis au sein d’un ensemble de 500 millions d’habitants, première puissance économique du monde, se sont dotés d’un chef de l’exécutif démocratiquement élu, directement issu de l’ensemble des peuples européens. Il restera à Jean-Claude Juncker d’être à la hauteur de cette ambition historique : redonner de l’espoir à une Europe fragile et précaire prête à rejouer un très mauvais film


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er juillet 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sarajevo 1914.
Effervescence à Bruxelles.
Résultats des élections européennes du 25 mai 2014.
Déni de démocratie pour le Traité de Lisbonne ?
Pourquoi Guy Verhofstadt ?
La France des Bisounours à l'assaut de l'Europe.

Faut-il avoir peur du Traité transatlantique ?
Le monde ne nous attend pas !

Martin Schulz.
Jean-Claude Juncker.
Guy Verhofstadt.
Jacques Delors.
Jean-Luc Dehaene.
Débat européen entre les (vrais) candidats.
Les centristes en liste.
Innovation européenne.
L’Alternative.
La famille centriste.
Michel Barnier.

Enrico Letta.
Matteo Renzi.
Herman Van Rompuy.
Gaston Thorn.
Borislaw Geremek.
Daniel Cohn-Bendit.

Mario Draghi.
Le budget européen 2014-2020.
Euroscepticisme.
Le syndrome anti-européen.
Pas de nouveau mode de scrutin aux élections européennes, dommage.
Têtes des listes centristes de L’Alternative aux européennes 2014 (à télécharger).
Risque de shutdown européen.
L’Europe des Vingt-huit.
La révolte du Parlement Européen.
La construction européenne.
L’Union Européenne, c’est la paix.
L'écotaxe et l'Europe.

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57 réactions à cet article    


  • xmen-classe4 xmen-classe4 1er juillet 2014 10:14

    il faut un groupe parlementaire, et la haute trahison c’est pour du beurre.


    • JL JL 1er juillet 2014 10:17

      C’est ça ! Faites nous croire que Juncker c’est un homme nouveau dans l’UE !

      Pfff !


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 2 juillet 2014 09:41

        DE L ’INCOMMENSURABLE BETISE OU MAUVAISE FOI DES FASCISTES EUROPEENS  !

        refuser de chanter l ’hymne a la paix europeen ( plus de haine plus de frontières  !!!!)

        ils préfèrent tourner le dos et ne pas chanter cette hymne  !!!

        QUAND LES SOCIALISTES BOBOISES FRANCAIS CHANGERONT ILS CET HYMNE SANGUINAIRE D UN AUTRE TEMPS ?????? ( sang impur......)

        par la « marseillaise  » de gainsbourg 

        on ne demande pas a ces personnes obyues de chanter la « chanson de craonne »
        mais un hymne a la paix

        BIEN SUR SI L UE SERT A PRESERVER LA PAIX MEME EN UKRAINE

        LES FASCISTES PREFRERENT UN HYMNE SANGUINAIRE QU ILS POURRONT CHANTER AVEC LEURS AMIS MARCHANDS DE CANONS COMME
        LES KRUPP EN ALLEMAGNE !!!!!!!!!!

        " !!!! QU UN SANG IMPUR ABREUVE NOS SILLONS !!!!!!!! debile en 2014


      • lsga lsga 1er juillet 2014 10:18

        C’est parfait. Pour qu’une Révolution se déclenche, c’est toujours mieux d’avoir des têtes à couper clairement désigner. 

         
        Junker l’ancien Trotskiste sera parfait, sa tête serait très belle dans un panier. 

        • Anaxandre Anaxandre 1er juillet 2014 12:43

           On avait déjà eu Barroso l’ancien maoïste, et sa tête est toujours bien vissée sur ses épaules...


        • colere48 colere48 1er juillet 2014 17:29

          Hélas Alexandre... mais Isga à raison, la tête dans le panier, cela serait le mieux smiley


        • claude-michel claude-michel 1er juillet 2014 10:21

          Comment faire du neuf avec des vieux... ?

          Merkel l’à fait... !


          • Gil Saint-Gall 1er juillet 2014 10:50

            « ...au grand dam des antieuropéens, la démocratie européenne continue à se construire et à progresser. »

            Au grand dam ? Tout cela n’abuse que ceux qui veulent bien se laisser abuser.

            Parce qu’il n’y a pas de démocratie en U.E. et qu’il n’y en n’aura pas tant que l’alinéa 2 de l’article 157 du Traité de Rome (version 1957 ; art. 213 de la version actguelle) n’aura pas été profondément modifié, afin de retirer, à la Commission, le pouvoir quasi dictatorial dont elle est investie. Tant que ce bouleversement ne sera pas intervenu, la Commission restera cette oligarchie autocratique :

            - formée d’une trentaine de ministres nommés par autant de pays à l’issue de tractations opaques

            - seule habilitée à présenter de nouvelles lois

            - n’acceptant de directives de personne et n’ayant à répondre de ses décisions à personne

            - ayant remplacé la légitimité démocratique et la souveraineté des nations par un nébuleux « intérêt général » qu’il définit lui-même à huis-clos

            - dont le secret des délibérations est assuré par la menace de lourdes sanctions, notamment pécuniaires,

            - décidant collégialement, donc sans vraie responsabilité, du destin de centaines de millions d’individus,

            ...en émettant des « propositions » soumises à des organes réputés décisionnels, mais au pouvoir effectif très limité…

            Si on ajoute à cela que son futur président est un aspirant dictateur qui estime que les gouvernants « doivent poursuivre les bonnes politiques (sic !), même si de nombreux électeurs pensent qu’elles sont mauvaises. »

            Libre à vous, M. Rakotoarison de vous bercer des illusions qui vous rassurent, les peuples, eux, ne sont pas dupes, et je vous affirme que, dans cinq ans, après un lustre supplémantaire de stagnation économique, et d’augmentation du chômage et de la pauvreté, l’euroscepticisme fera un bond en avant qui lui permettra, alors, de bloquer la machine infernale faisant, de Bruxelles, le malheur de la plupart des peuples, en les privant de leur souveraineté sans rien leur offrir de bénéfique en échange. Au point que les eurolâtres en sont réduits à s’annexer les cinquante années de paix intérieure que l’Europe de l’Ouest dut à la Guerre froide, et à elle seule.

            Pour en savoir plus sur les réalités unionesques :
            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-commission-europeenne-une-151654


            • claude-michel claude-michel 1er juillet 2014 11:04

              C’est beau de voir un adulte croire au « Père-Noël ».. !


            • zygzornifle zygzornifle 1er juillet 2014 11:21

              il leur manquait un roi, enfin ils l’ont ......


              • zygzornifle zygzornifle 1er juillet 2014 11:24

                « Une fois encore, ce sont bien les personnes qui créent les fonctions » c’est vrai, les politiques ont créés l’EU pour pouvoir continuer à s’engraisser alors qu’ils n’ont plus de mandats dans leurs pays respectif le tout en faisant croire aux citoyens que c’est pour leur bien....


                • zygzornifle zygzornifle 1er juillet 2014 11:25

                  Juncker est le représentant même de ce qu’il y a de plus hideux en politique.....


                  • Fergus Fergus 1er juillet 2014 11:32

                    Bonjour, Zygzornifle.

                    Oui, mais il était le candidat des droites, et celles-ci, malgré un recul significatif, sont arrivées en tête du scrutin européen. Juncker à la tête de la Commission est donc l’émanation des votes populaires, qu’on le veuille ou non.


                  • Gil Saint-Gall 1er juillet 2014 12:42

                    «  Juncker à la tête de la Commission est donc l’émanation des votes populaires, qu’on le veuille ou non. »

                    Avec une majorité relative de 29,43 % des votants contre 25,43 % à son adversaire-acolyte Martin Schulz, résultats correspondant respectivement à 12,68 % et 10.96 % des inscrits.


                  • Fergus Fergus 1er juillet 2014 13:01

                    Bonjour, Gil.

                    Vous avez raison, mais dans un système électif, les abstentionnistes ont toujours tort et participent même, par leur non-vote, au succès du parti vainqueur. En l’occurrence les abstentionnistes ont bel et bien contribué indirectement à la nomination de Juncker.


                  • Gil Saint-Gall 1er juillet 2014 17:20

                    « Vous avez raison, mais dans un système électif, les abstentionnistes ont toujours tort... »

                    Ce n’est pas la question, en l’occurrence. Ce qu’il faut retenir, c’est l’absence totale d’effet mobilisateur de la désignation d’une tête de liste supranationale. Et encore l’absence tout aussi totale d’illusions de la part de ceux qui étaient censés choisir entre Juncker et Schulz. Ou entre Junclz et Schuker.


                  • colere48 colere48 1er juillet 2014 17:34

                    Oui Fergus, on ne dira jamais assez le risque pour la démocratie qu’est l’abstentionnisme !!
                    On l’a vu au européenne et on le verra encore hélas... smiley


                  • jullien 1er juillet 2014 11:27

                    au grand dam des antieuropéens, la démocratie européenne continue à se construire et à progresser

                    Quand donc admettrez-vous que la démocratie ne se réduit pas à des procédures facilement détournées ? Les sondages montrent que moins de 10% des Européens savent qui est Jüncker et que en principe voter pour un parti signifiait voter pour un candidat à la présidence de la Commission européenne. On peut ajouter que dans une vraie démocratie parlementaire Jüncker aurait été contraint de prouver qu’il a une majorité derrière lui.


                    • Fergus Fergus 1er juillet 2014 11:30

                      Bonjour, Sylvain.

                      Bravo pour cet article lucide et très bien argumenté dont je ne comprends pas pourquoi il est à ce point rejeté par les lecteurs.

                      Certes, Juncker arrive avec de nombreuses casseroles, et notamment celle d’avoir été longtemps à la tête d’un état au statut de paradis fiscal, mais il était le candidat déclaré du PPE et devait donc être nommé à la tête de la Commission comme le veut l’esprit du texte de Lisbonne.

                      Le parlement vient incontestablement de marquer des points face au Conseil européen, et c’est une excellente chose !


                      • Gil Saint-Gall 1er juillet 2014 12:55

                        « ... dont je ne comprends pas pourquoi il est à ce point rejeté par les lecteurs. »

                        Peut-être - on ne peut rien exclure - parce que mes arguments sont plus convaincants et mieux étayés que les siens.

                        De plus en plus de gens ont compris, depuis l’affaire du TCE, qu’une véritable démocratisation signifierait la fin de la construction européenne. On le voit aussi avec l’ersatz non-contraignant de référendum d’initiative citoyenne que les oligarques ont jeté aux peuples pour donner « l’impression de... »


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er juillet 2014 19:14

                        Fergus,
                        C’est toujours un vrai bonheur de voir la Gauche soutenir notre belle UE de la prospérité... L’abstention des électeurs de Gauche ne vous a donc rien appris ?

                        Vous ne comprenez pas qu’ils en ont ras le bol de l’ultralibéralisme européen, et de la mondialisation... Vous allez vous décider quand à les aider à sortir de l’ UE et de l’euro ? Vous préférez vous suicider ?


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 2014 06:15

                        sampiero,
                        Manque de chance pour le FDG, deux économistes, Sapir et Murer, ont planché sur la sortie de l’euro. Scénarii de sortie de l’euro. site ResPublica.

                        Sortir de l’ UE et de l’ euro n’est pas du tout un cataclysme, Murer l’explique dans cette courte vidéo : « La vie après l’euro »

                        Les banques aussi préparent la sortie de l’euro : Natixis par exemple.
                        Mario Draghi aussi, il a informé les journalistes que les emprunts contenaient déjà le risque de conversion...

                        Vous êtes vraiment le dernier rempart qui protège cette Europe des banksters, pas de quoi pavoiser...


                      • Fergus Fergus 2 juillet 2014 09:05

                        Bonjour, Fifi.

                        L’avenir, dans mon esprit, est conforme au vœu de Renzi : aller vers des Etats-Unis d’Europe sur des bases plus solidaires et plus respectueuses des intérêts des peuples. Malgré le lest qu’est en train de lâcher Merkel face à un front progressiste qui grandit (hélas, beaucoup trop lentement !), ce n’est pas le chemin qui est pris actuellement, je vous l’accorde, mais je persiste à penser que c’est de l’intérieur qu’il faudra changer les institutions. Cela prendra du temps, mais cela va dans le sens de l’intérêt de tous, tant ce qui divise les peuples d’Europe est infiniment moins important que ce qui les rapproche.


                        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er juillet 2014 19:18

                          Furax,
                          La seule bonne raison d’aller à Bruxelles, c’est pour y déposer la demande de sortie de l’ UE par l’article 50.
                          Vous n’espérez pas que les crocodiles deviennent végétariens ?


                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juillet 2014 11:45

                          « Ach , Chen Glaude ist eine pon protuit allemand ,seine zurnom ist Stuka » !
                          Angela .


                          • c’est pas grave 1er juillet 2014 12:11

                            aucune importance puisque c’est un Stuka « démocratiquement désigné » , les apparences sont sauves

                            ah ! on n’a pas fini de rire avec cette mascarade létale


                          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juillet 2014 12:18

                            L’important dans le Juncker Stuka est l’appel des sirènes pseudos démocratiques ...
                            http://youtu.be/LCB8ZVxKqyI.
                            ça fait rêver ,non ? smiley


                          • c’est pas grave 1er juillet 2014 16:15


                            merci Aita

                            la commission européenne au grand complet , maintenant  :

                            http://www.youtube.com/watch?v=0bWt81vhIyY


                          • Tall 1er juillet 2014 11:50

                            Apparatchik tchak tchok .... il fait là où on lui dit de faire


                            • Pyrathome Pyrathome 1er juillet 2014 15:14

                              Non, mon Tallbichon, ce n’est pas la patronne, elle est juste la petite télégraphiste de la Deutschbank et consorts....


                            • soi même 1er juillet 2014 12:55

                              Il y a que les grands naïfs qui peuvent dire les jeux sont fait (au grand dam des antieuropéens, la démocratie européenne continue à se construire et à progresser ) non rien n’est fait, il y a toujours un grain de sable dans cette machine à décerveler !


                              • soi même 1er juillet 2014 12:59

                                En même temps, continuer, vous allez vers un brillant avenir !


                              • dup 1er juillet 2014 15:03

                                continuez à vous faire Rakotoriser par cet UERSS_TROLL

                                http://louisdarquier.tumblr.com/tagged/Europe

                                même le ciel peut plus rien pour vous . Continuez à dormir. Vous intéresser qui va mettre le ballon dans le but . Pendant ce temps des ordures vous ont mis en esclavage.

                                 VOUS L’AUREZ VOULU




                                • Pyrathome Pyrathome 1er juillet 2014 15:25

                                  continuez à vous faire Rakotoriser par cet UERSS_TROLL
                                  .
                                  Non, la rakotorisation est aussi efficace que la bave de crapaud...

                                  Pendant que son ex idole est en garde à vue risquant 10 ans d’inéligibilité 1 million d’euros d’amende et 10 de mitard pour trafic d’influence actif, lui il continu comme si de rien n’était....

                                  Il va peut-être finir par nous parler des déboires de son ex gourou de la pègre ? mais pas sûr du tout...

                                  Sauf peut-être à venir nous parler « d’acharnement », de « complot » ou que sais-je encore  ? ah ah ah !!!


                                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er juillet 2014 19:11

                                  Junker est spécialiste des paradis fiscaux au Luxembourg, et grand adepte de l’austérité.

                                  Avant même qu’il ne soit élu « Grand Mamamouchi », Bruxelles a publié début juin, les feuilles de route 2014/2015 pour les 28 pays européens. C’est dire si cette élection change quelque chose à la marche des politiques européennes...

                                  « Les Grandes Orientations de la Politique Economique »
                                  Ce sont des copié/coller des lois Hartz. Un vrai bonheur !


                                • Depositaire 1er juillet 2014 16:16

                                  Juncker président de la commission européenne, « étape décisive dans la démocratisation européenne » ! Ca c’est la blague du jour.

                                  Depuis quand l’Union Européenne est démocratique ? Parce que ce monsieur est membre du parti ayant le plus grand nombre d’élus il est logique qu’il soit nommé à ce poste. Mais depuis quand les partis politiques sont une expression de la démocratie ? Et qui plus est, depuis quand la démocratie existe t-elle quelque part dans le monde d’aujourd’hui ?

                                  Comme si le fait de voter pour certains membres de partis politiques qui, pour ce faire, n’ont absolument aucun scrupules de raconter n’importe quoi, de faire des promesses dont ils savent parfaitement qu’ils ne les tiendront pas et que même ils n’ont en aucune façon l’intention de tenir, était une manifestation évidente de la démocratie !

                                  Rappelons quand même que ce terme signifie « le pouvoir par le peuple » et pour le peuple. Alors question à cent sous : Depuis quand le peuple a son mot à dire sur les grandes décisions qui le concerne ? Et puisqu’il s’agit de l’Europe, aurait-on oublié qu’en France, entre autres, le peuple, par voie référendaire, s’est exprimé de façon claire et manifeste sur son refus du Traité Constitutionnel Européen, et ce malgré un matraquage politico médiatique sans précédent pour le faire voter oui, (pas de doute que, n’eut été ce matraquage, le non l’aurait remporté à plus de70%), et malgré ce refus clair et net, après un changement cosmétique et pour faire en sorte que le peuple ne puisse donner son avis, le grand « démocrate » Sarkozy a fait changer la constitution française pour que dorénavant ce soit le parlement qui décide du vote de ce genre de lois et de traités. Et une fois la constitution modifiée, s’est empressé de faire voter le Traité de Lisbonne, qui n’est que le changement de dénomination après un toilettage cosmétique du TCE, par le parlement qui de toute façon était acquit à son acceptation. Question démocratie, difficile de faire pire !

                                  C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. Il est vrai que nous avions eu un Chirac qui a eu la franchise de dire avec un cynisme remarquable, à propos des promesses politiciennes, que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » !

                                  Quant à Juncker, il faudrait peut-être rappeler que ce monsieur après avoir durant 18 ans été premier ministre du Luxembourg a été contraint de démissionner après qu’il fut démontré qu’il était un agent opératif des services secrets de l’Otan, c’est à dire, en fait, des USA. Ce qui revient à dire que le président de la commission européenne sera un agent secret au service des USA. Bravo pour la « démocratie ». Pas de doute qu’il va agir de la façon la meilleure qui soit pour mettre l’Union Européenne dans les bras des multinationales US et qu’il va tout faire pour démolir dans tous les états membre de l’UE les lois protectrices qui empêchent ces multinationales d’exercer leur prédation dans ces pays.

                                  Vraiment bravo, l’Europe ! Et félicitations pour ce grand moment de démocratie. J’en ai la larme à l’oeil !!!


                                  • périscope 1er juillet 2014 17:50

                                    @ l’auteur, Sylvain
                                    Décidèment, sur deux articles, vous prenez des positions Pan-européennes (j’entends, L’Europe de l’Otan, de Washington jusqu’à Kiev), donc opposée à l’Europe de l’Atlantique à l’Oural que voyait le général.
                                    Certes J.C Juncker émane de la majorité, ayant voté (!) mais il est acquis, d’avance, comme Barroso, au Grand Marché Transatlantique, à la « Guerre Sainte » (pour les multinationales et la Cia), hier en Irak, aujourd’hui en Ukraine, et où, demain ?
                                     Vous avier, également, avant, pris position pour la cour Européenne des droits de l’homme, face à Marine, donc, à tout coup, vous apprécierez que les multinationales, avec le marché Transatlantique, soient au-dessus des lois des états.
                                    Dire que je vous avais, parfois, trouvé bien par le passé !


                                    • logan 1er juillet 2014 19:08

                                      Oser parler de démocratie alors que Juncker ne réprésente personne si ce n’est les banquiers et tous ceux qui cachent et blanchissent de l’argent dans son petit paradis fiscal ...

                                      Comment inverser toute réalité !


                                    • millesime 1er juillet 2014 19:29

                                      Un de mes amis, ancien journaliste luxembourgeois, connaissant très bien Juncker me précise :
                                      que Juncker soit un européen fédéraliste convaincu..entièrement d’accord ! que les eurosceptiques soient de plus en plus nombreux..entièrement d’accord aussi !
                                      Mais pourquoi avons-nous des eurosceptiques ? Parce que le projet européen n’a ni été expliqué, ni même été vendu correctement aux peuples ! bien au contraire, les chefs d’ Etat et de gouvernement ont toujours « utilisé » l’ Europe pour expliquer leurs propres défaillances au niveau national, et en ont fait un bouc-émissaire !

                                      Au temps de la guerre froide, le luxembourg a toujours été la tête de pont du dialogue secret Est-Ouest.(d’ou la taille surdimentionné des ambassades US et russe), d’où l’effectif important de l’escale Aéorfolt au Findel à cette époque alors que l’aéroport était classé « OTAN ».

                                      Le Grand Duché a donc toujours eu un rôle charnière dans les relations Est6Ouest, de même que Juncker a toujours eu un rôle secret de conciliateur lors des Conseils européens difficiles, tel celui de Nice.

                                      Comme par hasard, le Luxembourg de Juncker est le pays où les citoyens se sentent le plus profondément européens...lui qui a toujours dénoncé le double langage de ses 27 collègues !

                                      La cohérence et la justesse du discours pro-européen de l’ancien premier ministre ont emporté l’adhésion de la population et des acteurs économiques et financiers.

                                      Et si la nomination de J-C Juncker était en fait une ultime tentative du Conseil de sauver le projet européen ...nous sommes-nous posé la question ?

                                      http://millesime57.canalblog.com

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