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Accueil du site > Actualités > Europe > Juncker nous parle de la situation en Grèce : tout va très bien, madame la (...)

Juncker nous parle de la situation en Grèce : tout va très bien, madame la marquise !

Ce qui est vraiment épatant avec les technocrates non élus de Bruxelles, c’est qu’on a beau toujours s’attendre au pire quand l’un d’eux décide d’ouvrir la bouche pour nous parler de la crise en Europe, on reste à chaque fois sidéré par la mauvaise foi et le culot affichés, proprement himalayens. Ces grands mamamouchis de l’oligarchie européiste arrivent systématiquement à se surpasser, à nous surprendre, encore et toujours, par leur cynisme, leur aveuglement volontaire, plus encore par l’obscénité absolue de chacune de leurs prises de parole.

Ce mercredi était ainsi présenté devant l’assemblée par le gouvernement grec « Goldman Sachs-compatible » d’Antonis Samaras le énième plan d’austérité imposé au peuple hellène par la troika (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et FMI) pour tenter de sauver le système et l’Euro. Cela en dépit de nouvelles, massives et très spectaculaires manifestations de citoyens hostiles à ces mesures jugées encore une fois non négociables par la Commission Européenne avant le versement de la sempiternelle dernière « tranche d’aide » financière à la Grèce.

Au deuxième jour d’une grève générale qui paralysait l’économie et les administrations du pays, des dizaines de milliers de manifestants avaient ainsi convergé en fin d’après-midi vers la place Syntagma (où est situé le Parlement) à l’appel des syndicats opposés à un plan d’austérité qui encore une fois frappera d’abord de plein fouet les plus pauvres et continuera, comme ses prédécesseurs, de ruiner le peu qui reste de l’économie réelle du pays. Car les remèdes de cheval qui se sont succédés depuis le début de la crise grecque n’ont bien évidemment pas empêché la dette publique -qu’ils étaient pourtant censés réduire- d’exploser. Au contraire : celle-ci devrait ainsi atteindre 189% du PIB en 2013.

« C’est eux ou nous ! », « Arrêtez le massacre ! », proclamaient les banderoles des manifestants, estimés à plus de 100 000 (pour un pays de 10 millions d’habitants) par la majorité des observateurs présents.

« Si les parlementaires votent en faveur de ces mesures, ils auront commis le plus grand crime politique et social jamais commis contre le pays et le peuple », déclara avant le vote Nikos Kioutsoukis, secrétaire général du syndicat GSEE, ajoutant « Nous ne les laisserons pas détruire le pays ».

Pour disperser les manifestants, les forces de l’ordre n’hésitèrent pas à tirer des grenades lacrymogènes tandis que ceux-ci répondaient à coups de cocktails Molotov et de pavés. Bref, la Grèce est aujourd’hui dans une situation pré-insurrectionnelle, qui peut déboucher sur tous les possibles, y compris les plus tragiques.

Devant ce spectacle apocalyptique, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a gardé tout son sang froid, et devrait-on même dire, tout son sens de l’humour… Noir. Très noir. Il a ainsi déclaré devant l’association de la presse étrangère à Singapour, et sans bouger les oreilles : « Nos amis grecs n’ont pas d’autre choix », ajoutant comme une cerise sur le gâteau : « et mon impression est que les réformes qui sont mises en œuvre en Grèce sont de mieux en mieux comprises par les citoyens grecs »… Cela ne s’invente pas.

Pendant que le peuple souffre et gronde partout en Europe, nos nouvelles têtes poudrées, totalement sourdes et aveugles à la réalité, incapables de remettre en cause les dogmes ultralibéraux qui ont présidé à la « déconstruction européenne » de ces vingt dernières années, continuent donc de danser dans leurs palais leur sidérant menuet.

Mais attention, mesdames et messieurs les « marquises » : dans peu de temps, et nous sommes de plus en plus nombreux à l’espérer, c’est une autre danse qui vous sera imposée par les masses sacrifiées sur l’autel de l’Europe fédérale et de la concurrence libre et non faussée. Une Carmagnole nettement plus populaire, certains d’entre vous diront d’ailleurs populiste, mais vous ne nous la ferez plus avec vos excommunications politico-médiatiques de carnaval.

« Ah, ça ira, ça ira, ça ira Les eurocrates à la lanterne… Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Les eurocrates on les pendra ! »

 Marc LEROY – La Plume à Gratter


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7 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 10 novembre 2012 12:04

    secretaire europeen, ca commence a 3800


    • curieux curieux 10 novembre 2012 12:13

      Il faudra bien sûr se débarrasser de tous ces parasites saprophytes et leur faire rendre tout ce qu’ils ont volé aux états. Le plus tôt sera le mieux.


      • xmen-classe4 xmen-classe4 10 novembre 2012 13:13

        tu sais encore ce qu’est le vol, bravo !


      • Aldous Aldous 10 novembre 2012 16:23

        le vote du nouveau train de mesures est passé au parlement grec avec une majorité conservateurs+socialiste de DEUX voix.


        Deux pauvres voix de majorité alors qu’il s’agit de la coalition des deux principaux groupes parlementaires de gauche et de droite c’est pas rassurant pour le gouvernement actuel.

        imaginez en France que l’UMP le Modem et le PS se coalisent pour garder la majorité au parlement et n’y parviennent qu’avec deux malheureuses voix !

        C’est la situation grecque.

        Qui confirme, au passage, que fondamentalement, UMP=PS.


        Cette courte majorité ne tiendra pas 4 ans. un revirement et un décès, et la majorité conservateurs-socialistes n’existe plus.

        Il y aura des législatives anticipées. Avec Soit Siriza soit Aube dorée au pouvoir.

        Comme en 1932.

        • SEPH 10 novembre 2012 19:10

           JUNKER ET LE FMI ONT TOUT FAUX, VOICI L’AVEU « tardif » D’UN EX-MEMBRE DU FMI AU SUJET DE LA GRECE :

          il faut un effacement de dette massif, selon un ex-membre du FMI  10/11/2012
          WASHINGTON - Les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce doivent consentir au plus vite un effacement de dette massif pour combler le trou de financement du pays, a assuré vendredi à l’AFP Arvind Virmani qui vient de quitter ses fonctions de représentant de l’Inde au FMI.

          La dette grecque ne peut pas être supportable sans un effacement de dette massif, qu’on désigne poliment sous le terme de restructuration, quelles que soient les réformes que le gouvernement grec appliquera, a indiqué M. Virmani.

          Au sein de la zone euro, les Etats les plus solides ont refusé de reconnaître cette réalité, même après que le FMI a commencé, peut-être un peu tardivement, à l’admettre, a ajouté M. Virmani, qui a siégé au conseil d’administration du Fonds monétaire international entre 2009 et octobre 2012.

          Selon lui, c’est aux pays européens dont les établissements financiers ont quitté en urgence la Grèce et d’autres pays frappés par la crise de la dette d’assurer la plus grande part de cet effacement.

          La Grèce, qui attend le versement d’une tranche d’aide vitale pour ses finances, fait face à un double problème de financement et de dette abyssale que ses créanciers internationaux (FMI, Union européenne et Banque centrale européenne) peinent à régler.

          Les ministres des Finances de la zone euro pourraient annoncer avoir trouvé un terrain d’entente lundi lors de leur réunion, même si l’Allemagne a affirmé jeudi qu’un accord ne serait pas conclu avant plusieurs semaines.

          Plus on retarde la décision, plus le coût sera grand pour les créanciers et la population grecque, note M. Virmani dans un courriel à l’AFP.

          C’est lié au fait que dans la situation actuelle en Grèce, les nouveaux fonds apportés au pays servent surtout à rembourser des prêteurs imprudents (et les pays qui souffriraient d’une contagion), déplore-t-il, sans donner plus de précisions.

          M. Virmani reproche par ailleurs au FMI d’avoir privilégié la pensée conventionnelle européenne en prônant des plans d’austérité drastiques en Europe, dont le FMI lui-même commence à douter.

          Selon lui, l’institution a négligé les voix non-conformistes qui mettaient en garde contre l’impact négatif d’une réduction immédiate des dépenses sur la croissance et la dette.


          De plus, JUNKER EST UN ÂNE , VOICI POURQUOI :

          Parce-qu’au début de la crise la Grèce avait une dette de 110% du PIB, aujourd’hui après avoir appliqué les recettes miracles du FMI, la dette de la Grèce est passée à 180% du PIB !!!!.

          Le FMI est un instrument pour saigner les peuples au profit des banques et des transnationales.


          • katakakito 10 novembre 2012 22:20

            Dans Juncker il y a junk.

            Junk signifie pacotille, camelote, bazar, sans valeur, nul
             


            • lionel 11 novembre 2012 10:39
              Bonjour, 

              Il se trouve qu’Agoravox à publié des articles qui permettent de comprendre objectivement ce qu’est Junker, qui sont ses complices et comment finalement nous le sommes aussi souvent par ignorance de la nature du mal.


              http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/portrait-robot-du-psychopathe-33661

              Comprendre la problématique posée par la psychopathie nous permet de comprendre notre humanité, ses faiblesses et aussi sa force. 

              Respect


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