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Accueil du site > Actualités > Europe > L’accord du 27 octobre est-il un bon accord ?

L’accord du 27 octobre est-il un bon accord ?

A-t-il toutes les vertus que lui accordent M. SARKOZY ? Permet-il d’éviter le pire, comme nous l’affirme M. HOLLANDE ? Restaure-t-il la confiance dans la zone euro et plus largement dans l’UE elle-même comme le soutient M. BARROSO ?

Pour le savoir, je vous propose d’en étudier les mesures :

**Les chefs d’État et de Gouvernement de la zone euro – qui ne peuvent engager que leur signature personnelle, en aucun cas leur pays respectif, séparation des pouvoirs oblige – ont tout d’abord prévu de faire passer la décote des titres grecs de 21% à 50%.

Une décote – diminution de la valeur nominale d’un titre – semblable avait été prise trois mois plus tôt (en juillet) visant à passer la décote grecs à 21%.

Bien que présentée comme un effort des créanciers privés de la Grèce, cette mesure – qui est donc ici renouvelée – est pourtant plutôt un cadeau fait aux organisations financières.

En effet, en juillet, les membres de la zone euro se sont entendus pour faire acheter par la BCE, des titres grecs (de la dette grecque) pour un montant inférieur à 20% de sa valeur nominale. Le souci, c’est qu’au même moment, la valeur marchande de ces titres (de la dette grecque) était, elle, de 50%. La BCE a donc racheté aux organismes financiers des titres ayant perdu 50% de leur valeur sur le marché au prix que les banques auraient payé si ces titres avaient eu une valeur marchande de 79%.

En français, c’est comme si vous aviez acheté des places de concert pour un prix unitaire de 20 euros, qui en valait 40 à l’origine. (Les organisateurs du concert se voyant obliger de baisser les prix pour remplir les salles). Vous voilà donc détenteurs de places de concert qui vous ont coûté 50% moins chers que la valeur nominale/initiale des places en question (40 euros).

Mais ces places, n’est-ce pas, vous voudriez bien les revendre. Mais personne n’en veut (sinon, pourquoi les organisateurs auraient ils baisser les prix, hein ?) et vous ne pouvez donc vous en séparer sauf à vendre à perte ou à montant équivalent. Rien de catastrophique – vous aviez fait des provisions dans votre comptabilité pour enregistrer cette possible perte ou/et opération blanche (vous vendez pour le montant que vous avez déboursé) donc...

Quand soudain, vous apprenez que, si, quelqu’un veut bien vous les acheter. Et pas à 20 euros, non ! A 31 euros et 60 centimes ! Ce qui équivaut à 79% de la valeur initiale/nominale de votre place de concert (40 euros on le rappelle). Autrement dit, vous allez faire un profit ! Et refiler, à cet investisseur, vos places de concert, qui ne valent plus que la moitié de leur valeur initiale.

Cet investisseur, en la matière, s’appelle ici la BCE. Ou plus exactement – puisque cette dernière n’a pas de fonds propres – les contribuables Allemand et Français (qui prennent à leur charge la plus fort partie du budget européen qui alimente celui de la BCE, entre autre).

Avec l’accord d’octobre, il est désormais prévu que les banques pourront se faire racheter des titres grecs sans valeur... Par la BCE, qui payera donc des titres 5 fois plus chers que leur valeur réelle.

Autrement dit, en compensant moins les banques (50% de la valeur nominale des obligations grecques au lieu de 79%), le contribuable européen va leur faire un don plus grand : 100 milliards d’euros au lieu de 40.

**Autre mesure emblématique de cet accord : la création d’un ‘’véhicule spécial d’investissement’’ parallèle au FESF et destiné à attirer l’épargne des pays émergents, notamment celle de la Chine.

De quoi s’agit-il ? D’un instrument qui a vocation à redonner à la Grèce sa place sur le marché financier. En gros, la Grèce n’ayant pas réussi à restaurer un lien de confiance avec ses créanciers actuels, ses partenaires lui en indiquent d’autres, qu’ils espèrent (apparemment) moins intransigeants. (Ou plus crédules ?)

Si l’idée, en soi, n’est pas forcément mauvaise, on peut cependant s’interroger sur l’efficacité de cette dernière. En effet, nos dirigeants actuels – peut être par méconnaissance des marchés ou parce que conseiller par des personnalités faisant l’objet de fort soupçons de conflit d’intérêt ? A l’image des experts sur la grippe A – semblent croire qu’un investisseur se jettera sur les titres grecs plutôt que de miser sur la pointure allemande (ou à défaut française, pour l’heure) !

Entre un placement ultra risqué - un fonds géré par un emprunteur en défaut partiel (la Grèce) qui prétend avoir perdu le contrôle de son budget pour tout arranger ! – et un placement sûr (une assurance vie par ex) je ne suis pas sur que beaucoup d’investisseurs fassent le choix de la Grèce. Ou s’ils le font, ce sera pour des considérations politiques – fonds souverains – ou spéculatives : si l’on pouvait faire un profit de 16% lors du sommet de juillet en vendant ses titres grecs à la BCE, en octobre on peut obtenir 50% de bénéfices...Les perspectives sont donc très alléchantes ! Même si la prudence voudrait plutôt qu’on investisse dans l’or (mais le Gouvernement vient d’élever des barrières pour transformer ses euros en bel or), la pierre (qui est une valeur refuge, surtout en France), ou que l’on aille rapidement acquérir un compte en Allemagne (En prévision de la perte probable du AAA de la France en janvier) ou en Suisse (si l’on en a les moyens).

A cela s’ajoute, semble-t-il, quelques lacunes de nos dirigeants en matière monétaire. En effet, la monnaie de la Chine n’est pas l’euro mais le yuan. Si ce dernière achète de la dette grecque, via ce mécanisme, que va t il donc se passer ? Sinon un surenchérissement de l’euro par rapport au yuan ?

Si l’euro prend de la valeur par rapport à une monnaie (le yuan), qui s’avère être en plus un instrument de la politique économique de la Chine (les puissances occidentales lui reprochant notamment de maintenir celui ci a un niveau très bas), le premier effet va, évidemment, se faire en matière d’exportations. La balance commerciale de la France va continuer sa chute et l’Allemagne – face à un mouvement général en faveur de l’austérité – va pâtir économiquement de la rigueur, puisque (jusqu’à présent) la plupart de ses exportations se font avec ses partenaires européens. Quant à la France, si le coût de la vie devient plus cher, et sachant que le Gouvernement français n’a pas l’air d’avoir saisi que la France tient sa croissance de la consommation intérieure (contrairement à l’Allemagne), on peut s’attendre à des conséquences économiques et sociales de grande ampleur.

Comment la Grèce – dont l’avenir financier dépend exclusivement du bon vouloir du contribuable européen (Allemand et Français notamment) pourrait elle surnager dans ces conditions ?

**Dernière mesure prévue par l’accord : étendre les capacités du FESF à 1000 milliards au lieu des 250 actuels. (Ou peut être 275...Apparemment les dirigeants européens ne savent pas très bien !)

Comment ? En faisant garantir par les 250 milliards de dettes déjà contractées...Les 750 milliards de dettes futures. Dans une économie où la confiance en maîtresse, un tel jeu de domino – j’utilise de l’argent virtuel qui ne m’appartient pas pour m’endetter plus – pourrait être viable. Dans une économie où la perspective d’un référendum suffit à faire plonger les bourses – et toutes en même temps qui plus est – la chose semble beaucoup moins simple.

En laissant, en 2010, la Grèce faire banqueroute – et non faillite – les dirigeants européens auraient pu, par la suite, lui venir en aide (sans ingérence politique néanmoins) car ils auraient, là, été très forts. Des sanctions auraient été prises contre les dirigeants financiers et politiques puis la Grèce aurait demandé une aide à l’Union Européenne – ou au FMI – voire plus simplement encore à ses citoyens (via une donation déductible des impôts par ex) ou un plan à la française (comme en 1870) pour rapidement payer les principaux créanciers. Et parallèlement, elle aurait entamé des réformes – réelles – avec un mandat clair donné par les citoyens Grecs. (La banqueroute aurait provoqué la tenue d’élections anticipées)

En choisissant de ne pas laisser la Grèce faire banqueroute et en créant une solidarité européenne illégale – car interdite par les traités – et payante (toute les formes de solidarités européennes étaient jusqu’alors gratuites) les États membres de la zone euro (ou plus exactement les exécutifs nationaux car les Parlements nationaux n’ont pas voix au chapitre sauf celui allemand, je ne parle pas des citoyens, privés de toute parole sur le sujet) ont créé une interdépendance financière. Résultat ? Il suffit que la Grèce aille mal...Pour que cela ait des conséquences sur la France et l’Allemagne (via leurs banques respectives)...Et ainsi de suite !

A cela il convient d’ajouter qu’il n’est pas assuré que des investisseurs étrangers préfèrent miser sur une dette publique à risque, garantie à 50% par des États qui ne sont pas en plus grande forme. (En dehors de l’Allemagne) Alors qu’il y a des dettes, sans assurance, mais considérée sans risque : celle de l’Allemagne par ex !

On notera, enfin, que les dirigeants européens oublient (tous) une variable déterminante, lorsque l’on fait un placement : le climat politique ! Il n’y a rien qui irrite plus un investisseur sérieux que le désordre. Entre une Allemagne paisible – bien qu’en surchauffe – et une Grèce où crise politique, crise sociale, crise fiscale, crise économique, crise financière se succèdent ou se juxtaposent les unes sur les autres, il préfèrera à l’évidence la première ! Et s’il n’a le choix qu’entre deux pays aux clignotants rouges – l’Espagne ou l’Italie pour ex – il est probable qu’il orientera son investissement sur celui qui lui paraît, politiquement, le plus solide...A moins que, tout simplement, il ne décide de ne rien faire.

En revanche, un investisseur pourra, lui, flairer la bonne affaire : le spéculateur. Il achètera en grand nombre des titres, suscitera une panique bancaire... Et un nouveau sommet européen de la dernière chance aura lieu. Il n’aura plus qu’à entendre que la BCE les lui rachètent pour un montant double ou triple.

Alors bon accord ? La réponse n’est pas évidence. En fait, la plus juste est peut être : tout dépend pour qui.

L’image vient de unionpresse.fr


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1 réactions à cet article    


  • latortue latortue 18 novembre 2011 11:10

    inutile de jouer les économistes pour comprendre que la Grèce ne se sortira jamais de cette merde qu’est la dette pourquoi me direz vous ??? c’est très simple la dette alimente la dette car les taux d’intérêts élevés payés augmentent les intérêts de la dette et par la même la dette .c’est idem pour tous les pays France comprise .Sarkozy a beau gesticuler dans tous les sens rien n’y fera ,tant que cette lois scélérate ne sera pas abolie autorisant les banques centrale a battre monnaie et a prêter a taux 0000000000 aux pays endetté .OUI je sais on aura un peu d’inflation mais qu’est ce qui est mieux un peu d’inflation et dette contenue avec le maintien de nos acquis ou des peuples saignés et un blocage total de consommation autrement dit une récession .MOI je préfère et de loin faire marcher de manière intelligente la planche a billet .avec les accords a la con de la Sarkosisme et Merkel confondue on va droit dans le mur .Et tout le monde claque du fessier car si nous sommes dégradé avant les élections c’est la cata la vous allez les voir les rigolos de la droite s’affoler pour le moment c’est du pipi de chat après les élections préparez vos mouchoirs ça va saigner !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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anita


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