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Accueil du site > Actualités > Europe > L’affaire « lasagnes », une retombée de la RGPP

L’affaire « lasagnes », une retombée de la RGPP

Depuis le week-end dernier, le monde médiatique est scandalisé par la révélation de la tromperie sur les lasagnes au boeuf surgelés comportant frauduleusement, et dans le seul but lucratif, de la viande de cheval.
Quelle découverte !!!
Cela fait plus de 4 ans que les agents de la DGCCRF# dénoncent le fiasco des politiques de protection du consommateur qui se déclinent au rythme des incapacités programmées ou des incompétences notables des responsables politiques et administratifs.
Depuis plus de 4 ans, ils sont en proie à une destruction systématique de leur outil de travail et de leurs capacités de contrôle : ponction de personnels spécialistes au profit de l’autorité de la concurrence, éclatement des compétences entre les pôles C des DIRECCTE/DIECCTE# et des DDPP/DDCSPP#, refonte au coût moindre de l’administration centrale, désorganisation du réseau des laboratoires avec – cerise sur le gâteau – une diminution drastique des effectifs (600 emplois en 6 ans sur 3.000 aujourd’hui) en vertu des sacro saintes RGPP et RéATE.
Seuls dans un silence médiatique assourdissant, ils luttent au quotidien pour pallier, dans l’étroit périmètre dans lequel on les a restreints et maintenus contre toute logique, leur quasi impuissance à remplir correctement leurs missions, en particulier de contrôler des flux commerciaux complexes et de dimension européenne.
Ils n’ont pourtant pas ménagé leur peine : manifestation, pétitions, interpellation des élus de la nation... Pour l’heure, ils n’ont toujours pas été entendus.
En la matière, la bonne question n’était pas « est ce qu’un problème alimentaire va se déclencher ? »
mais bien « quand est ce qu’un problème alimentaire va se déclencher ? ». C’est fait.
Le diagnostic est donc sans appel : ECHEC total sur toute la ligne, constat aujourd’hui partagé par les agents, leur intersyndicale, les ministres de tutelle et même par leur direction générale (sur les deux dernières années, la baisse d’activité a atteint 20 % contre une perte d’effectifs de 8 %) !
Ce gouvernement doit assumer ses responsabilités : il doit sortir l’administration de la DGCCRF du dispositif RGPP/RéATE.

Il y a urgence :

  • à rassembler les éléments épars de cette administration essentielle pour en refaire une structure réellement opérationnelle,
  • à réorganiser une chaîne de commandement nationale sur tout le territoire français afin d’assurer une
  • véritable coordination des contrôles,
  • à remettre des effectifs sur le terrain par redéploiement, tout d’abord, et par un plan de recrutement structurant sur plusieurs années,
  • à dynamiser le soutien logistique aux contrôles que constitue le réseau des laboratoires de la DGCCRF, laissé en déshérence pour des questions budgétaires.


Petit lexique :

#RGPP : Révision Générale des Politiques Publiques
#RéATE : Réforme de l’Administration Territoriale de l’Etat
#DGCCRF : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes
#DIRECCTE : DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi
#DIECCTE (en départements d’outre mer) : Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi
#DDPP : Direction Départementale de la Protection des Populations
#DDCSPP : Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection de la Population

Source : communiqué de presse FO-CCRF

 

Viande de cheval : les difficultés de la répression des fraudes

 

Pour les syndicats et associations de consommateurs, le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes purs boeufs de la grande distribution souligne la difficulté des services de répression des fraudes, victimes des réductions drastiques de moyens et d'effectifs" à cause de l'austérité budgétaire et de la RGPP.

 Les agents de la répression des fraudes étaient certes dès vendredi chez Spanghero et ce lundi chez Comigel, deux sociétés mises en cause dans le scandale. L'affaire met en lumière le manque de moyens dont dispose les services de la DGCCRF (répression des fraudes) pour lutter contre ce genre de tromperie à grande échelle.

 600 emplois supprimés

 "Les enquêtes de traçabilité, longues et complexes, nécessitent à la fois personnels et compétences techniques (connaissance des produits, des réseaux de distribution, analyse comptable, laboratoires spécialisés...)", a écrit le syndicat Solidaires CCRF&SCL dans un communiqué. Pour ce syndicat, le problème vient du fait que les structures de la DGCCRF ont été "largement rendues inopérantes par la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et la Réorganisation administrative et territoriale de l'Etat".

 600 emplois ont été supprimés ces cinq dernières années au sein de cet organisme, qui ne compte aujourd'hui "plus que 3.000 agents. Il est encore plus indispensable aujourd'hui que des mesures concrètes et rapides soient enfin prises par le gouvernement afin de rétablir, au service de tous, une véritable administration assurant le niveau de protection auquel les consommateurs sont en droit de prétendre", demande le syndicat.

 Un tiers de budget en moins

 De son côté, la CGT de la DGCCRF souligne qu'en "éclatant la DGCCRF en de multiples structures-DIRECCTE, DDPP, DDCSPP- la réforme de ce service de l'Etat a organisé l’inefficacité du service (sur les deux dernières années, la baisse d’activité a atteint 20 % contre une baisse d’effectifs de 8 %). (...) Il y a urgence à doter les laboratoires de la CCRF des moyens financiers et humains suffisants. Rappelons que depuis, 4 ans, il manque aux laboratoires 1/3 du bugdet d’entretien du matériel d’analyse. En effet, l’Etat a choisi de ne pas doter de moyens d’analyse ses laboratoires pour des raisons budgétaires".

 Vigilance européenne

 L'association de consommateurs CLCV va plus loin dans la demande de meilleurs services de répression des fraudes, en appelant à globaliser les efforts au niveau européen. "L'exigence de traçabilité ne suffit pas pour assurer une bonne gestion de crise", selon l'association, qui s'interroge sur le délai entre la détection du problème au Royaume-Uni (15 janvier) et l'identification des acteurs et les retraits de produits en France. "Nos chaînes alimentaires sont vulnérables car une fraude ou une défaillance en un point donné peuvent en cascade concerner des millions de consommateurs à travers l'Europe. Ces points de fragilité devraient être répertoriés et faire l'objet d'une vigilance accrue."

 Intérêt des consommateurs

 L'UFC-Que choisir espère que grâce à cette affaire, l'intérêt du consommateur va reprendre la main sur ceux des professionnels. Malheureusement, cela ne va pas de soi, déplore Alain Bazot, président de l'association :"Tout se passe comme si, parce qu'il n'y a pas de scandale sanitaire, le seul préjudice était celui de l'industrie. Les associations ne sont pas vues comme des acteurs. Mais on voit ce que ça donne quand on les (les industriels) laisse en autorégulation : ce sont bien eux qui pilotent les yeux fermés".

Source : http://www.humanite.fr/social-eco/viande-de-cheval-les-difficultes-de-la-repression-515000

L'article chez lui : L'affaire "lasagnes", une retombée de la RGPP


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21 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 13 février 2013 15:39

    la remier fois que j’ai vu de la viande verte, c’etait en 95 ....................
    cet hyper a eut aucun probleme


    • foufouille foufouille 13 février 2013 15:40

      premiere fois


    • Traroth Traroth 13 février 2013 15:43

      Au nom de la baisse des coups de l’administration, on sabre dans les services de contrôle (inspection du travail, DGCCRF, inspection des impôts, inspection sanitaire et sociale...) alors que ces services sont éminemment RENTABLES, par le biais des amendes payées par les contrevenants. Si on sabre, c’est pour d’autres raisons, et en particulier pour protéger les riches, comme toujours.


      • HELIOS HELIOS 14 février 2013 01:21

        ... pas seulement pour proteger les riches, mais nous avons la preuve que le detricotage de la DGCCRF, comme tous les symboles de l’autonomie et la souveraineté de notre pays continue de plus belle.

        Souveraineté est devenu un gros mot, tout est delegué a l’Europe, a d’autres que nous donc....

        Continuons....


      • leypanou 13 février 2013 16:08

        @auteur :

        Merci d’avoir souligné la cause de cette affaire de viande qui est liée au « rythme des incapacités programmées ou des incompétences notables des responsables politiques et administratifs ».

        Vous auriez pu aussi souligner que c’est dans la ligne du moins d’état, moins de contrôle dans l’idéologie ambiante, par exemple pour l’inspection du travail, le Conseil National Informatique et Libertés car parait-il, trop de contrôle sur les entreprises et leurs activités, est un frein à ...l’emploi et leur compétitivité.

        Car la DGCCRF, comme l’inspection du travail ainsi que le CNIL sont des empêcheurs de « tourner en rond ». Donc, on crée le service mais on ne met pas les moyens suffisants. Ou encore, on les cantonne dans des tâches où il ne risque pas « gêner » les entreprises.

        Qui ne sait que la DGCCRF, la CNIL ou l’inspection du travail sont en sous-effectif depuis très longtemps ? Et qu’est ce qu’on nous bassine à longueur de journée ? Qu’il faut baisser le nombre de fonctionnaires comme si tous les services qu’on est en droit d’attendre d’un état régulateur sont satisfaits.

        A chaque fois qu’il y a un scandale, les politicards font semblant de réagir comme si gouverner n’est pas tout d’abord de prévoir. J’attends toujours les réformes de grande ampleur pour combler les insuffisances et sous-effectifs dans beaucoup de secteurs de la fonction publique.


        • MKT 13 février 2013 17:15

          Vous évoquez la question de la traçabilité alimentaire qui est en effet un point très important.

          Je vous invite dans le même ordre d’idée à vous pencher sur le marquage CE, qui dans l’esprit du grand public, remplace la vielle étiquette NF.

          Voici le lien : http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Le-marquage-CE
          Le plus savoureux sont ces lignes tirées du paragraphe traitant du dossier de conformité : "Ce dossier n’a pas à circuler avec le produit puisqu’il n’a pas à être présenté spontanément. Le client n’a pas à le demander et seules les autorités de contrôle, sur demande motivée, peuvent l’obtenir."

          La réalité dépasse la fiction.

          Bienvenue dans le monde de la libre concurrence où les poules comme les renards sont libre dans la même basse cour


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 13 février 2013 17:24

            C ’est quoi la  DGCCRFCGTDGCCFCigue  ?


            • Chien Guevara Chien Guevara 14 février 2013 00:34

              Il y a un petit lexique entre les deux parties de l’article ...


            • foufouille foufouille 13 février 2013 20:14

              entendu maintenant
              des boulettes de boeuf contenaient du porc !
              ca va couiner


              • Chien Guevara Chien Guevara 14 février 2013 00:41

                Je trouve en effet plus grave de mettre du porc dans de la viande de boeuf, car deux religions non négligeables sont ainsi trompées. De plus le porc est la viande la moins chère du marché, et de loin : la fraude doit être bien plus lucrative.
                La DGCCRF, avant son (discret) démantèlement avait d’ailleurs découvert d’énormes fraudes en Alsace sur des kebab contenant du porc.


              • Robert GIL ROBERT GIL 13 février 2013 22:12

                pour vraiment savoir ce q’est la RGPP, voici un petit PPS humoristique qui l’explique trés bien.

                voir : PPS : LA RGPP POUR LES NULS


                • Gauche Normale Gauche Normale 14 février 2013 11:19

                  Et encore, l’humour ne s’arrête pas là quand on écoute la logique de la RGPP (accrochez-vous) : le but est de réduire le nombre de fonctionnaires pour rembourser l’argent que nous ont prêté les marchés financiers pour financer les fonctionnaires ! 

                  Autrement dit, emprunter sur les marchés revient à plus cher que si nous ne les avions pas sollicités.
                  Mais bon, ça rapporte de l’argent aux banquiers sans prise de risque, alors.
                   smiley

                • Tipol 13 février 2013 22:42

                  Et les Restos du Coeur, et le Secours Populaire... les lasagnes, et le hachis parmentier, c’est clean
                   ? On nous en met dans tous les colis ! les chevaux roumains malades achetés par la Communauté Européenne ne sont pas passés là à la moulinette ?


                  • Chien Guevara Chien Guevara 14 février 2013 01:13

                    N.B : Je réagis ici, car comment interpeller tous les médias qui répètent l’un après l’autre le même fourvoiement.
                    La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes) n’existe plus sous son patronyme ! Elle n’existe plus tout court !
                    Son personnel a été partagé entre les DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection de la Population) et les DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi).
                    Les enquêteurs envoyés sur le terrain dans cette affaire, appartiennent au SNE ( Service National d’Enquêtes"), qui avec le SCL (Service Commun des Laboratoires) sont les seuls rescapés, de l’ex-DGCCRF, restés directement rattachés au ministère de l’économie.
                    Oui, c’est compliqué ; et oui, même les journalistes s’y perdent. Preuve que le démantèlement a ... abouti !

                    Juste pour finir : si ce qu’on appelle encore à tort la DGCCRF comporte encore environ 3000 agents, le SNE, seul assermenté au niveau national, n’en compte même pas une cinquantaine, et le SCL qui réalise toutes les analyses laboratoires, à peine 300.


                    • Aldous Aldous 14 février 2013 11:29

                      Si vous voulez manger sainement arrêtez d’acheter des plats préparés.

                      Mes lasagnes sont au bœuf, j’en suis certain :

                      C’est moi qui les cuisine.

                      Les gens qui crient au scandale devant la TV en mangeant des plats surgelés sont juste... débiles.

                      Leur problème ce n’est pas que l’argoalimentaire fait du fric, c’est que eux ils ont démissionné de leur cuisine.


                      • titi 18 février 2013 00:20

                        « Leur problème ce n’est pas que l’argoalimentaire fait du fric, »

                        Spanghero subit des pertes abyssales depuis des années. Ce ne sont pas les 550 kE qui les auraient sauvés. Alors pour ce qui est de faire du fric...

                        La réalité c’est que l’agro alimentaire subit la dictature des prix. Ce qui conduit à ne plus avoir d’usine, et à concentrer la production de dizaines de marques dans une ou deux usines sur le continent.
                        Cette dictature, c’est le consommateur qui en est l’initiateur.


                      • Chien Guevara Chien Guevara 18 février 2013 01:11

                        @ titi

                        Dommage : jusqu’à la dernière phrase, votre théorie tenait la route ...


                      • titi 18 février 2013 11:07

                        Je maintiens cette théorie.

                        Nous vivons dans une société qui devient « low cost ».
                        Le consommateur achète d’abord un prix.

                        La règle du « moins disant » est la norme. Le « mieux disant » est anecdotique.


                      • titi 18 février 2013 11:23

                        Lu sur un autre sujet, en parlant du panga :

                        « C’est un poisson de culture industrielle intensive. Il est en train d’envahir le marché à cause de son prix. Or le Mékong est l’un des fleuves les plus contaminés de la planète »

                        Le panga s’est pas cher...mais ca n’a aucun gout... autant manger du papier... c’est le degré 0 de la qualité gustative.
                        Et pourtant le Cabillaud par exemple est largement abordable. Mais c’est encore trop cher... faut bien payer l’abonnement à C+.


                      • gegemalaga 17 février 2013 08:32

                        comme repond ChienGuevara à Haddock : « il y a un lexique au millieu de l’article » ...


                        vous avez vu le lexique ? ne pensez vous pas que c’a explique largement mieux les choses que les suppressions de postes ??

                        meme ChienGue nous dit :  « baisse d’effectifs 8% ; baisse d’activité / 20% » 
                        alors c’est quoi ? on a viré les + travailleurs ??

                        et je me demande s’il y a en France beaucoup d’entreprises important 1000 tonnes de viande ?
                        parceque , controler une fraude eventuelle là dessus : c’est 2 clics et 10 minutes ...

                        ce n’est pas un probleme d’effectifs , mais plustot d’organisation et de bon sens !
                        gegemalaga

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