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« L’Allemagne paiera ! » ou l’Europe implosera

Derrière ce titre provocateur[1] se cache une réalité : l’Allemagne est le pays qui a le plus profité (et profite encore) de la construction européenne sans en assumer une part équivalente des coûts. La crise actuelle met en lumière la carence de ce pays en matière de compensation des coûts de l’intégration supportés par ses partenaires. Si l’Allemagne ne veut pas partager les bénéfices cumulés que lui a notamment procuré le « grand marché », il est évident que l’Europe implosera sous l’effet de réactions de repli sur soi, légitimées par la crise financière, économique et sociale. En effet, dans certains pays, les populations refuseront l’application des politiques de rigueur que l’Allemagne entend imposer à l’ensemble de l’Europe. Ce sera alors l’implosion de « l’Empire » et la fin de la prospérité « parasite » de l’Allemagne.
 
La métaphore sportive
L’Allemagne peut être assimilée à un athlète de haut niveau qui a pu s’entraîner, pendant des années, grâce au « sponsoring » de ses partenaires de l’association sportive européenne. L’Allemagne exige maintenant desdits partenaires, pas vraiment athlètes, qu’ils réalisent des performances sportives similaires aux siennes. A défaut, les partenaires seront éventuellement exclus de l’association. Le problème que pose l’exclusion des éléments peu performants est que chaque départ réduit le nombre de sponsors et menace, à terme, les possibilités d’entraînement du sportif de haut niveau, avec pour conséquence une baisse attendue de ses performances. Il s’en suit que dans ses folles exigences, l’Allemagne doit savoir jusqu’où ne pas aller trop loin.
 
Le risque hégémonique de l’intégration régionale
En 1996, à propos d’un regroupement régional africain, j’écrivais : « toute intégration [régionale] génère des gains et des pertes qui peuvent notamment s’apprécier en termes de fiscalité, d’implantation d’unités productives, de parts de marché, de revenu, d’emploi et de niveau des prix. Ces coûts et ces bénéfices possèdent un échelonnement différent dans le temps et affectent de façon différenciée chacun des participants. Un des problèmes majeurs se situe au niveau de l’équité de la répartition des effets de l’intégration entre les [pays] membres du regroupement »[2].
En effet, le pays qui aborde le regroupement en position de leader, dans un ou plusieurs domaines, devrait, au fil du temps, conforter sa position dominante au détriment de ses partenaires, car la libéralisation des échanges intra-régionaux, intensifie les avantages relatifs et la spécialisation initiale de chaque économie nationale.
Il est clair, par exemple, que le pays dont le secteur industriel est, au départ, le plus fort, le plus compétitif, va élargir sa part de marché communautaire au détriment de ses partenaires, incapables de soutenir la concurrence. Progressivement, les partenaires, désarmés par la libéralisation des échanges, se désindustrialiseront. Friedrich List[3], économiste allemand du dix-neuvième siècle, a montré que le libre-échange favorise le pays le plus industrialisé.
Ainsi, à défaut de mécanisme compensatoire efficace, le pays dominant va accaparer une part croissante des avantages liés au processus d’intégration et établir progressivement son hégémonie régionale.
 
L’hégémonie de l’Allemagne en Europe
Un mois avant la signature, le 25 mars 1957, du Traité de Rome instituant la Communauté européenne (CEE), Jean Duret[4] écrivait : « le Marché commun ne peut conduire qu’à une hégémonie de plus en plus écrasante de l’Allemagne ». En effet, « dès les premières étapes, se feront sentir les effets néfastes de la domination des cartels allemands sur l’Europe des Six ». « La suppression des mesures de protection [douanière] à l’intérieur du Marché commun aboutira au triomphe des plus forts et des mieux adaptés », car « si on laisse librement jouer les forces économiques, on arrive fatalement à une aggravation des distorsions existantes ». Dans ce contexte, « si certaines régions s’épanouissent économiquement, cela se fera au détriment d’autres » en dépit des mécanismes de « compensation » prévus « dont l’efficacité sera illusoire ».
La prédiction de Jean Duret s’est réalisée car l’Allemagne n’a cessé de conforter sa position de leader au sein de l’Europe. Elle est même devenue le premier exportateur mondial avant de se faire récemment devancer par la Chine. Ces performances n’auraient pu être réalisées sans l’apport décisif du grand marché européen qui absorbe aujourd’hui plus des trois quarts des exportations allemandes. De plus, l’Allemagne accroît sa part de marché au détriment des autres membres de l’UE. « Entre 1995 et 2009, la part de marché de l’Allemagne à l’intérieur de la zone euro est passée de 25 % à 27 %. En même temps, la part de la France est passée de 18,5 % à 12,9 % et celle de l’Italie de 17 % à 10 % »[5]. Enfin, l’importance de l’excédent commercial allemand vis-à-vis de ses partenaires européens ne saurait occulter une structure des échanges de type néocolonial.
 
L’échange inégal « néocolonial »
Les tenants de la thèse de l’inégalité des échanges Nord-Sud ont montré, dans les années 1960-1970, que les pays industrialisés du Centre « exploitaient » ceux de la Périphérie (le Tiers-Monde) en exportant, vers ces derniers, des biens manufacturés à forte valeur ajoutée et en important, en retour, des produits « bruts » à faible valeur ajoutée. C’était d’ailleurs le schéma caractéristique de l’exploitation par le commerce au sein des empires coloniaux. Arrighi Emmanuel[6] a étendu la notion d’échange inégal à tous les biens fabriqués dans les pays de la périphérie. Pour lui, dès que la production d’un bien est délocalisée vers un pays périphérique (où l’exploitation de la main d’œuvre est plus intense), le commerce de ce bien est touché par l’inégalité de l’échange au profit des pays importateurs du Nord. Ce schéma prévaut aussi en Europe. Le pays « Central » (l’Allemagne) exporte vers ses partenaires de l’Union européenne des produits à forte valeur ajoutée et en importe des produits à plus faible valeur ajoutée[7]. De plus, l’espace de délocalisation de l’industrie allemande se situe principalement chez les « nouveaux entrants » de l’Europe de l’Est, en raison du fort taux d’exploitation de la main d’œuvre dans ces pays. Au sein de l’UE, on observe des relations inégales de type Centre-Périphérie entre l’Allemagne et ses partenaires, à l’instar d’une métropole et de ses colonies dans un Empire.
 
Cercle vertueux pour l’Allemagne et cercle vicieux pour les autres
L’échange inégal génère un processus circulaire ambivalent. Pour le bénéficiaire, le transfert de revenu, attaché à l’échange inégal, engendre un cercle vertueux qui permet l’investissement, les gains de productivité, la croissance… synonymes de prospérité. Pour celui qui en est victime, l’échange inégal conduit au cercle vicieux de l’appauvrissement.
La construction européenne a permis à l’Allemagne de bonifier ses avantages comparatifs pour aboutir à une spécialisation « enrichissante » qui se traduit notamment par un secteur industriel puissant et performant, par une balance commerciale largement excédentaire... Par contre, la dynamique allemande s’est révélée prédatrice pour ses partenaires en imposant une division du travail intra-européenne à son profit. Il en est pour preuve la désindustrialisation de certains pays et l’affectation d’autres dans les productions à faibles coûts salariaux, ce qui les condamne tous à une spécialisation « appauvrissante » : sous-traitance, agriculture, tourisme, folklore… Par l’instrumentalisation du processus d’intégration régionale, l’Allemagne a progressivement structuré son environnement européen pour en faire une sorte d’hinterland.
Au fil du temps, la divergence des trajectoires nationales a creusé inéluctablement le fossé entre le Centre et sa Périphérie. D’autant plus qu’aucune forme, digne de ce nom, de « compensation » des coûts ou de « redistribution » des gains liés à l’intégration régionale n’a été mise en place.
 
Peu de compensation des effets négatifs de l’intégration
L’éventuelle correction des effets négatifs de l’intégration régionale nécessite des moyens financiers qui trouvent leur origine dans le budget européen caractérisé par sa faiblesse relative. Pour 2010, le montant du budget communautaire s’élève à 123 milliards d’euros, ce qui représente seulement 1,04 % du revenu national brut (RNB) de l’union. Pour cette année, « 19,6 % des recettes de l’Union européenne (UE) proviendront de l’Allemagne, suivie par la France avec 18 %, l’Italie avec 13,9 %, le Royaume-Uni avec 10,4 % et l’Espagne avec 9,6 % »[8] Les contributions des principaux pays membres ne révèlent pas un effort particulièrement important du leader allemand. Par exemple, la participation allemande n’est supérieure que d’environ 2 milliards d’euros à celle de la France, alors que, selon les chiffres de 2007, le PIB de l’Allemagne excède de 531 milliards d’euros celui de la France (28 % de plus). On peut aussi se référer aux contributions nettes, c’est-à-dire au solde de ce que chaque État membre transfère à l’UE et de ce qu’il perçoit par le biais des différents fonds européens. En 2007, à l’occasion du cinquantenaire de la signature du traité de Rome, Nicolas-Jean Brehon écrivait : « depuis 1957, la contribution nette [de l’Allemagne] au budget communautaire se monte à... 250 milliards d’euros »[9. Ce montant paraît important dans l’absolu, mais il ne représente guère que 5 milliards[10] par an, peu de chose par rapport au PIB ou encore au montant des exportations intra-communautaires de l’Allemagne. C’est donc à moindre coût que ce pays a établi sa domination en l’Europe. .
Concernant les fonds communautaires destinés à « compenser » les effets négatifs de l’intégration, « depuis 1988, les subventions des fonds structurels sont le principal outil au service du développement économique des régions les moins prospères ou en difficulté : près de 800 milliards d’euros (en euros actualisés) auront été affectés à cette fin entre 1989 et 2013 »[11]. Il convient aussi de relativiser, car cette somme ne représente que 32 milliards d’euros par an, répartis sur de nombreuses zones géographiques. Bien sûr, l’Irlande et l’Espagne ont respectivement reçu 35 milliards et 100 milliards d’euros (actualisés) du budget communautaire depuis leur adhésion en 1973 et 1986, soit une moyenne de 2,5 et 7,1 milliards par an[12]. Mais cela n’a pas permis à ces deux pays de modifier la structure de leur économie pour la rendre moins vulnérable aux chocs conjoncturels comme peut l’être l’économie allemande. En ce sens, la correction des effets négatifs de l’intégration régionale s’est avérée insuffisante et inefficace.
 
L’Allemagne paiera ou l’Empire implosera
En une cinquantaine d’années, l’Allemagne a établi sa puissance et s’est constitué, à moindre coût, un Empire économique en Europe. Grâce à l’imposition de l’ordolibéralisme[13] (‘définitivement’ inscrit dans le traité de Lisbonne), avec notamment le respect de la concurrence « libre et non faussée », les entreprises allemandes ont organisé la division intra-européenne du travail à leur profit ainsi que l’échange inégal avec l’hinterland.
La crise actuelle atteint d’abord les zones de l’Empire les plus fragilisées par les effets négatifs de l’intégration européenne ordolibérale. Le Centre allemand exige l’adoption par ces zones d’une dose supplémentaire de rigueur ordolibérale qui aura inévitablement un effet procyclique, aggravant la dépression. Il est clair que les populations (que l’on a beau jeu de nous présenter comme des cigales) n’accepteront pas cette thérapie et que des troubles sociaux sérieux sont à prévoir. En conséquence, d’une manière ou d’une autre, l’Allemagne devra payer, et, si elle refuse, l’Empire implosera.


[1] Je reprends ici l’expression de Georges Clémenceau à propos des « réparations » qu’était censée payer l’Allemagne après la première guerre mondiale.
[2] Bernard Conte, « CEDEAO : La permanence des dysfonctionnements de l’intégration par les échanges », L’Afrique politique 1996, Paris, Karthala, 1996. p. 15-31.
[3] Friedrich List, Système national d’économie politique, Paris, Capelle, 1857.
[4] Jean Duret, « Le poids de l’Allemagne dans le Marché commun », Cahiers internationaux, Février 1957, n° 83, p. 57-67. Jean Duret était notamment directeur du Centre d’études économiques de la Confédération générale du travail (CGT).
[5] Le Monde, « La stratégie allemande de désinflation compétitive est à son tour attaquée par ses voisins », 19 mars 2010.
[6] Arrighi Emmanuel, L’échange inégal, Paris, Maspéro, 1969
[8] Parlement européen, « Question à 123 milliards d’euros : comment s’y retrouver dans le budget de l’UE ? », http://www.europarl.europa.eu/news/public/focus_page/034-31028-161-06-24-905-20080605FCS31027-09-06-2008-2008/default_p001c005_fr.htm
[9] « En euros actualisés ». Nicolas-Jean Brehon, « 1957-2007 : retour sur 50 ans de finances communautaires », Le Monde, 7 mars 2007.
[10] En euros actualisés.
[11] Idem.
[12] Cf. note 8.
[13] Sur les différentes formes de néolibéralisme voir : Bernard Conte, La Tiers-Mondialisation de la planète, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009.
 
par Bernard Conte (son site) lundi 3 mai 2010 - 49 réactions
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  • Par Odal GOLD (xxx.xxx.xxx.20) 3 mai 2010 14:21
    Odal GOLD


    L’Allemagne est au contraire le pays qui a le plus perdu avec l’Europe et en particulier avec l’Euro. C’est celui qui paye le plus pour l’Europe de Bruxelles, avec le moins de retour (pas du tout le "I want my money back" de l’Angleterre par exemple).

     Il y a 30 ans, en Allemagne, la moindre femme de ménage pouvait déjà se payer une Mercédès (même d’occasion, c’est du vu, c’est pas des chiffres), ce qui n’est plus le cas maintenant. (En France aussi, par exemple, les gens qui n’étaient pas déjà propriétaires avant les années 2000 ont maintenant souvent du mal à simplement se loger.Après l’Allemagne, c’est peut-être en France, à un moindre niveau, que le pouvoir d’achat s’est le plus dégradé. )

    Je pense que Bernard Conte est bien pire qu’un simple germanophobe.

    Je crois que derrière Bernard Conte, économiste de son état, il y a la volonté des banques de toujours saigner les gens - jusqu’au bout.

    D’abord les banques saignent les gens avec la dette publique, du fait qu’il est devenu interdit aux états d’emprunter à leur banque centrale. Et puis elles les saignent aussi en tout déréglementant à leur avantage.

    Au bout d’un moment tout le système s’écroule comme un château de carte, on appelle cela la crise, parce que les vampires ne se suffisent pas à eux-même et que le monde humain fonctionne mal du fait d’être tellement étranglé et sucé. Et un certains nombre de gens commencent à comprendre et à vouloir s’opposer aux banques vampires.

    Alors les banques programment des chiens de garde ensuite promis à l’euthanasie parce qu’ils font aussi peur aux bourgeois, vous comprenez. Ces chiens de garde serviront à la fois de rempart aux banques et de bouc émissaires ensuite à la colère des gens. Dans les années 30, on appelle ces chiens promis ensuite à l’euthanasie : les fascistes et les nazis. Les fascistes n’ont du leur existence qu’à la sauvegarde qu’ils ont permis ponctuellement au capitalisme et aux banques dans l’Allemagne des années 30. Sans eux, à l’époque, l’Allemagne et l’Italie devenaient bolcheviques et le reste de l’Europe n’aurait pas tardé à suivre.

    Je pense que derrière Bernard Conte, économiste et porte parole de toute une lignée de banquiers moraux, il y a l’esprit des pire maîtres saigneurs et retors, des gens ayant peur de tout et dénués de toute pitié, mais possédant immensément d’argent.

    >>> Le capitalisme se nourrit de la crise - même en Irak

  • Par foufouille (xxx.xxx.xxx.180) 3 mai 2010 14:45
    foufouille

    "

    Vous vivrez avec 345 euros par mois si vous habitez à l’Ouest, et avec 331 euros à l’Est. Votre loyer et les charges seront payés si votre appartement est « conforme » aux exigences de la BA (beaucoup ont froid en hiver)…

    Vous devez répondre présent dans les 24 heures suite à une convocation par courrier. Encore un bon moyen de radier, car si la lettre arrive un jour plus tard, vous ne pouvez pas venir à la convocation et c’est fini. (A partir du 1er août 2006, les administrations peuvent appeler les chômeurs de longue durée à la maison pour exiger d’eux des informations.) Vous devez demander l’autorisation si vous voulez partir plus que 24 heures.

    Vous devez vendre votre voiture si elle a une valeur supérieure à 5.000 euros pour en acheter une moins chère, et vous vivrez de la différence, car votre allocation sera suspendue à hauteur de l’excédent. (Ce montant a été augmenté à 7500 euros par la décision du tribunal fédéral du contentieux social en septembre 2007. Les chômeurs doivent cette décision à la plainte d’un soldat de réserve de 49 ans, qui, entre deux missions au Kosovo, demanda l’Alg2 et se heurta à un refus de la BA, qui estimait la valeur de la voiture du militaire à plus de 5000 euros. D’après l’avis du tribunal, un chômeur qui dispose d’une voiture d’une valeur de moins de 5000 euros risque de tomber en panne ou d’avoir des réparations à faire, ce qui ne favorise pas une recherche ou une reprise du travail. Le problème comment on paie une assurance, l’impôt et l’essence d’une voiture avec 345 euros par mois est une autre paire de manche.)

    Vous habitez dans un appartement « trop grand » aux yeux de la BA (environs 45m² pour une personne seule), alors on vous demandera de déménager dans un appartement plus petit au plus tard dans 6 mois. On a vu des aberrations de déménagements payés par la Bundesagentur pour des appartements plus petits, donc conformes aux exigences de superficie, mais plus chers que l’ancien appartement „trop grand“.

    Vous avez économisé pour votre retraite, comme le gouvernement vous le demande depuis des années : on vous laisse vos économies à hauteur de 200 euros par année de vie. Exemple : Vous avez 43 ans et vous avez demandé l’Alg2. De votre capital retraite, vous pouvez garder 43 x 200 = 8.600 euros. Tout capital supérieur à cette somme doit être consommé avant de pouvoir prétendre à une aide financière. Donc si vous aviez un bon emploi et économisé 50.000 euros pour votre retraite, vous devrez dépenser 41.400 euros avant de pouvoir toucher l’Alg2. Certains biens sont exclus de la consommation obligatoire, comme la propriété d’un appartement que l’on habite (s’il n’est pas trop grand…) ou une retraite complémentaire bien spécifique. Mais les assurances vie, bijoux ou d’autres biens de valeur, le livret d’épargne pour les études de vos enfants mineurs !! et d’autres prévoyances financières pour la retraite doivent être consommées.

    Vous avez un petit boulot pour mettre un peu de beurre dans les épinards : vous avez le droit de garder 20% du fruit de votre travail, les 80% restants seront déduits de votre allocation Alg2. Si vous travaillez plus de 15 heures par semaine, vous ne recevrez plus l’Alg2 (peu importe combien vous gagnez) car vous ne serez plus considéré comme demandeur d’emploi !

    Votre conseiller vous demandera d’effectuer job à 1 euro. C’est soi-disant un travail d’intérêt général (qui souvent créé de nouveaux chômeurs, car il remplace le travail qui était auparavant effectué par de vrais salariés) rémunéré 1 euro de l’heure et que vous avez généreusement le droit de garder en complément de votre Alg2. C’est une activité „rémunérée“ qui se trouve en dehors du Code du travail  : Vous n’avez pas le droit de grève, vous n’avez pas de contrat de travail, vous n’avez pas de vacances, et vous n’avez pas le droit de décliner cette « offre » d’activité sous peine de voir vos 345 euros amputés de 10 à 30 %. Vous n’avez pas de supérieur hiérarchique. Si vous êtes malade, vous devez fournir une attestation d’un médecin, et pendant votre absence votre „rémunération“ de 1 euro ne vous sera pas payée. (Depuis 2007 on voie quelques jobs à 1,50 euro, quelle aubaine !)"

    http://allemagne-et-plus.a18t.net/?p=9

  • Par Freebird (xxx.xxx.xxx.130) 3 mai 2010 14:03

    C’est un peu facile d’affirmer que l’Allemagne n’a pas supporté le coût de l’intégration européenne, quand on voit les efforts qui ont été demandés aux allemands sous Schroder et maintenant Merkel. Le plan d’austérité décrété en Grèce ressemble à s’y méprendre à ce qu’à fait Schroder il y a 10 ans : baisse des salaires, notamment dans la fonction publique, assouplissement du marché du travail, mise à plat des retraites et de la Sécu. La seule différence, c’est que les allemands n’ont pas attendu d’être au bord de la faillite pour mener les réformes nécessaires ; au contraire, ils ont eu la bonne idée de faire ces réformes en pleine période de croissance. Bilan des courses : l’Allemagne est "tranquille" pour au moins 10-15 ans et peut paisiblement engranger ses milliards d’euros d’exportations sans se soucier de devoir éviter le mur qui arrive droit devant. Cela devrait servir de leçon à la France.

  • Par Sylvain Reboul (xxx.xxx.xxx.106) 3 mai 2010 16:53
    Sylvain Reboul

    Très intéressant article qui illustre l’adage que la fourmi a un impérieux besoin de la cigale pour prospérer...


    Il faut ajouter que les entreprises allemandes sont les championnes pour utiliser la main-d’oeuvre des compôsants ou éléments en sous-traitance ou par ses filiales, afin de revendre ses produits assemblés au prix fort en euro à ses partenaires dont la France.

    Mais cette logique est à terme suicidaire ; l’Allemagne est en train de s’apercevoir qu’elle a aussi besoin de la Grèce, du Portugal , de l’Espagne et de la ...France ! Elle commence à comprendre qu’il faut qu’elle paie pour préserver ses intérêts à terme, y compris à court terme, ce qui est nouveau.

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