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L’arrogance française à son apogée

La dernière fois que j'ai pris ma plume, c'était en février pour ma "petite promenade athénienne". J'étais tellement subjugué par ce que je voyais que je devais l'écrire.

Aujourd'hui, je suis à nouveau subjugué. Cette fois-ci, c'est l'attitude de la France qui me subjugue. Voici pourquoi.

Hier soir, tranquillement installé dans un fauteuil, je regarde la rediffusion de "C dans l'air" sur la 5. Invités : Elie Cohen, Marc Fiorentino, Christian Chavagneux, Olivier Duha. Cette émission m'a laissé bouche bée, et je vais vous expliquer pourquoi.

Le thème de l'émission était : "Hollande face au mur de Berlin". Un titre plus juste aurait été "L'Allemagne face à l'arrogance française" !

Pendant 2 heures, j'ai assisté à la plus grande supercherie qu'il ne m'ait été donné d'entendre depuis bien longtemps (de la part d'Elie Cohen et de son accolyte) : l'Allemagne est trop intransigeante, on ne peut faire que de l'austérité, il faut accepter de faire de la croissance (non, ne rigolez pas, comme si certains ne voulaient pas de croissance, les Allemands par exemple), bla bla bla... Je passe sur les définitions de la croissance, la bonne, la mauvaise, etc.

Le moment fatidique arrive au moment où M. Cohen nous explique que les Allemands, qui ont vu leurs salaires gelés depuis 20 ans, qui ont réformé leur pays comme jamais la France ne l'a fait, notamment sous le chancelier Schröder, appartenant au peuple de gauche (j'emploie exprès la terminologie si chère à notre élite bien pensante), font de la concurrence déloyale. Accrochez-vous bien : l'Allemagne fait des sacrifices pendant 20 ans, réforme son marché du travail en le rendant flexible (nous on reste accrochés comme des abrutis à notre CDI et à notre code du travail complètement archaïque), gèle les salaires, bref rend en 10 ans son économie ultra-compétitive, et nous, les Français, qui n'avons rien fait pendant tout ce temps, à part quelques réformettes sous Sarko, venons leur faire la leçon ! Pincez-moi, je reve !

Il est temps de remettre les pendules à l'heure. Non, chère élite bien pensante, en ayant réformé son pays l'Allemagne ne fait pas de concurrence déloyale. Par contre, en ayant fait aucun effort depuis 30 ans, noyautée par une pensée unique de gauche dont les meilleurs représentants sont des syndicats hostiles à toute réforme, la France tente de faire avec l'Allemagne ce qu'elle a si bien fait dans son pays : le nivellement par le bas, le choix de la médiocrité. Bien entendu, maintenant que les Français se sont choisi comme président un parfait représentant de cette médiocrité, la seule solution pour tenir les promesses hallucinantes du candidat (toujours plus de dépenses) est de s'endetter toujours plus mais si possible aux frais de l'Allemagne ! Donc pour résumer, voici ce que la France dit aux Allemands : en ayant refusé la médiocrité pendant 20 ans et en ayant préféré l'excellence, vous avez fait de la concurrence déloyale ! C'est énorme !!! Ah je nous savais champions du monde de la rhétorique, mais là ça m'en bouche un coin. Quelle arrogance, mais quelle arrogance !

On pourrait se dire que la ficelle est un peu grosse, que ça ne marchera jamais ? Pensez-vous ! Croyez-vous que nos journalistes débusquent la manoeuvre ? Point du tout ! Au contraire, ils en ajoutent. Ce matin, sur France Info, un chroniqueur nous explique que l'Allemagne va monter ses salaires : après plus de 10 ans de gel, Merkel lache du lest. Immédiatement le chroniqueur met la pression en expliquant que les syndicats français veulent aussi des hausses de salaires... bien entendu ! Que fera Hollande se demande-t-il, avec dans la question un début de réponse : si les salaires augmentent en Allemagne, il n'y a pas de raison qu'ils n'augmentent pas en France... Donc je résume à nouveau : quand les salaires baissent en Allemagne ou que le marché du travail est réformé, il n'y a pas de raison de le faire en France. Par contre, quand les salaires sont augmentés en Allemagne, là il faut le faire en France ! C'est qui perd gagne ! Rappelez-vous : les derniers à avoir scandalisé tout le monde en raisonnant exactement de la meme manière (si on gagne, on gagne, mais si on perd, vous nous remboursez) c'est ... la finance ! L'ennemi de Hollande ! Pincez-moi, je reve...Là il faut oser quand meme. Mais comme disait Audiard dans un de ses films : "les cons ça ose tout, c'est meme à ça qu'on les reconnaît".

Nous approchons de l'heure de vérité. Bien sûr, Hollande fait tout pour faire plier les Allemands, cherchant des alliances improbables auprès de la Grande-Bretagne (qui ne demande qu'une chose c'est que la zone euro les rejoigne avec les USA dans la méthode planche à billets) ou auprès de l'Espagne qui elle n'en peut plus de l'austérité. Mais sachez que pour notre bien à tous, pour ne pas voir notre pays sombrer violemment d'ici quelques années dans les abysses, il est vital que nous le réformions urgeamment. Notre seule chance de le faire est d'avoir en face de nous des partenaires européens intransigeants, qui ne nous laissent pas le choix. Notre meilleur allié pour cela, c'est l'Allemagne.

Vous retrouverez cet article sur mon blog (http://lamatrice.fatalblog.com/l-ar...) ainsi que beaucoup d'autres. Je termine en rappelant ces quelques vers de La Fontaine :

La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau


De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant.




par dimitripas (son site) samedi 26 mai 2012 - 70 réactions
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