Victime d'un capitalisme tout feu tout flamme, ruiné par sa bulle touristico-immobilière et ses équipements pharaoniques, après avoir tant consommé le pays se consume. Faire vivre des millions de touristes en marge d'écosystèmes fragiles et fragilisés ne pouvait que finir par un barbecue géant. 6 millions de chômeurs sur un pays calciné... Combien de banksters, d'aménageurs et de décideurs véreux mais vénérés devraient être traînés devant des tribunaux inexistants ? Au lieu de cela, une fois de plus, les subventions européennes vont pleuvoir.
En ces mois caniculaires et vacanciers, l'Espagne n'a cessé de flamber. Crise économique ? Oh non, il n'y a pas que l’économie qui flambe ! Je sais que l'Espagne n'a pas l'apanage des feux de forêts, ou de ce qui reste du couvert forestier (parce que depuis le temps que ça crame, le feu devrait déjà être éradiqué...), mais si je vous parle de l'Espagne embrasée, c'est parce que les écosystèmes qui partent en fumée, le Vivant dans la fournaise, voire l'habitant en méchoui , cela se passe devant ma porte.
Une seule et unique question vaut la peine d'être posée, parce que tout a déjà été dit, radoté, tous les boucs émissaires et faux pyromanes ont été arrêtés, même avant la moindre flamme... Ici non plus, il n'y a jamais de fumée sans feu. L'ensemble est parfaitement orchestré, réglé, ficelé d'avance. Reste la question qui est : pourquoi ?
Et la seule empathie qui vaille la peine ne concerne ni la pauvre dame qui a perdu sa maison, ni le pauvre pompier qui a perdu la vie, tout cela fait l'évènement des médias et booste l'audience des spots publicitaires ; la seule empathie que je revendique est à l'endroit des espaces et des espèces, des écosystèmes et des animaux, tout particulièrement des animaux, y compris les animalcules, grillés, braisés, cuits. Ce sont là les vrais innocents et c'est finalement la seule injustice. Car nous et nos élus, sombres escrocs, nous méritons cet enfer, et nous en redemandons encore. On peut quand même rêver d'une prochaine incidence en baisse des vacances pyromanes avec ces 25 millions de chômeurs européens qui risquent bien de rester cloués dans leurs clapiers ignifuges.
Les médias n'en parlent jamais, les gens se fichent pas mal du sort animal et oublient même leur chat ou leur chien dans leur fuite, encore davantage s'il s'agit du sauvage, du naturel, des espèces dont c'est pourtant le territoire propre et dont nous occupons indûment, je dirais honteusement, les niches écologiques avec notre anthropie outrancière, imbécile et destructrice.
Destructrice y compris pour nous, éternels apprentis sorciers, toujours et seulement inspirés par le supposé lucre qui engendre cette situation intenable d'une surpopulation d'inspiration récréative et vacancière mitoyenne à des paysages fragiles et fragilisés, notamment en systèmes plutôt arides, victimes de la sempiternelle ruée capitaliste vers le soleil. Fric, baise, bouffe, bruit, soleil...
Et c'est là la vraie question de ces incendies : pourquoi ça brûle ? Parce que c'est sec ? Bien sûr que non, ou pas seulement, ou pas dans une telle démesure ! L'absence de pluie a bon dos pour les gros décideurs et aménageurs, orchestrateurs de cet incommensurable et sempiternel rite estival crématoire.
Ça brûle parce que depuis quelques décennies, depuis qu'il est de rigueur de piquer un maximum de flouze à des foules (sentimentales) inconscientes pour leur faire accroire qu'ils sont en vacances ou en résidence dans un paradis qui de fait est un enfer, de gros ploutocrates investisseurs ont jeté leur dévolu sur des zones (méditerranéennes pour l'Europe) que la moindre étude écologique désigne objectivement comme incompatibles, non seulement avec ce type d'activités désordonnées et risquées, mais surtout avec l'incommensurable surcharge populationnelle induite.
On connaît la chanson... Il y a limites de charge pour un ascenseur, d'occupation pour un autobus ou un avion, etc., mais jamais pour un habitat destiné à regrouper de l'Homo sapiens en foule grégaire. Le capitalisme et ses maniganciers ne peuvent accepter les vraies leçons de la science écologique des écologues , trop gênante. Le système mortifère en vigueur ne soutient que les écologistes serviles, au pied, rentables parce que leur discours appris va dans le sens du poil gouvernemental, encense les vacances de Monsieur Hulot et ne vient nullement contrarier avec radicalité tous les plans d'investissements vertigineux et les projets les plus foireux. Le tapis rouge a toujours été royalement déployé quand il s'agit de projets courtermistes et contre-nature.
C'est ainsi - non pas en toute inconscience - mais en toute compromission et corruption, sans la moindre préoccupation légitime, en se foutant du quart comme du reste, et notamment du proche avenir, que les aménageurs ont bétonné un infini cordon littoral pour le bonheur des congés payés et les loisirs "bien mérités" d'une foule lobotomisée et pour laquelle tout ce qui est vert est naturel, à commencer par un terrain de golf ou le jardin d'un hôtel-usine à touristes.
Il est de toute première instance de mettre sous surveillance ces nouvelles compagnies privées de prévention et d'extinction des incendies, potentiellement pyromanes, chiffre d'affaire oblige ! On observe une hausse effarante des grands incendies chaque fois qu'une région ou un pays sous-traite tout ou partie de sa lutte contre ces feux. Les incendies de la Nature étaient l'exception à l'époque où la prévention et la lutte étaient à 100% du ressort du service public. Enquêtez et vous trouverez d'innombrables actionnaires et partenaires de ces sociétés du lobby incendiaire transfuges de milieux bien placés et détenteurs d'informations privilégiées... Ces entités sont prétendues sans but lucratif mais n'importe quel jeu d'écritures permet évidemment d'en rétribuer les services. Et le parc aérien hautement spécialisé est évidemment d'un coût prohibitif. Nous, peuple dernier, mais boursier !
La Guerre du feu, dernier volet : Prométhée, promettez-le moi !
- 450.000 ans : Homo erectus domestique le feu (sites de Menez-Dregan à Plouhinec en Bretagne, de Bilzingsleben en Allemagne de Terra Amata près de Nice...).
Troisième Millénaire : Homo demens ne maîtrise plus le feu...
(*) Un postulat israélien revendique cette domestication en la faisant remonter à - 790.000 ans (site du Gesher Benot Ya'aqov sur les rives du Jourdain ; des chercheurs nord-américains resituent ces traces à un million d'années (site de la grotte de Wonderwek, la plus ancienne habitation de l'homme).

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