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L’Europe centrale au bord de la faillite

 La gloutonne Europe a-t-elle eu les yeux plus gros que le ventre ? L’addition de l’élargissement coûte que coûte notamment à l’Est risque d’être salée. Si demain ces Etats entraient en faillite l’onde de choc pourrait être terrible pour l’Union et l’ensemble de ses états membres. Dimanche, le sommet de Bruxelles des 27 a rejeté un plan de sauvetage généralisé sans fermer toutefois la porte à des aides au cas par cas.

La confiance. Sans elle le système financier international peut difficilement fonctionner. Aprés l’effondrement de grands établissements financiers les marchés avaient, pensaient-ils, trouvé des partenaires sûrs, les Etats. Aujourd’hui pourtant, face à l’affolement des compteurs et à la valse des milliards, l’inquiétude pointe, notamment sur la capacité de certains pays de l’UE à rembourser leur dette. Les Etats garantissent tout, banques, dépôt des ménages et des entreprises mais, garantissent-ils contre leur propre faillite ? D’ores et déjà, la Lettonie est officiellement au bord de la banqueroute.

Certes, tous les pays de l’UE ne sont pas à ranger dans le même panier mais personne ne peut garantir qu’il n’y ait pas un effet domino. La crête de la crise est loin d’être passée. Sans sombrer dans le catastrophisme, le risque de collapsus ne peut être ignoré.

Face à une telle situation, l’UE est bien désarmée. Le Traité européen ne permet pas a priori de sauver un pays au bord du défaut de paiement. Une solution pourrait consister pour le pays concerné en une sortie de la zone euro afin de profiter des avantages procurés dans un premier temps par une dévaluation. Une autre solution résiderait dans un prêt des États en bonne santé avec le concours financier éventuel du FMI.

Non sans raison il est reproché à la Commission d’avoir permis aux ex pays de l’Est d’intégrer l’Europe alors qu’ils n’étaient pas prêts, avec un décalage en terme de niveau de vie très conséquent.

Comme le souligne The Economist, “si un pays comme la Hongrie ou l’un des trois Etats baltes devait s’effondrer, l’ouest de l’Europe serait l’une des principales victimes de l’onde de choc. Les banques autrichiennes, italiennes et suédoises, qui ont massivement investi et prêté aux nations d’Europe orientale, enregistreraient des pertes colossales si la valeur de leurs avoirs dégringolait subitement. La vague de défauts de paiement qui s’ensuivrait, ajoutée aux réflexes protectionnistes de chacun, pourrait facilement réduire à néant l’une des plus grandes réussites européennes, le marché unique.”

François Lenglet, rédacteur en chef de La Tribune rappelle que, “Dans l’entre-deux guerres, c’est la faillite d’une banque autrichienne, la Kreditanstalt, qui avait déclenché la dépression dans une Europe qui croyait jusqu’alors que la crise n’était qu’américaine. C’était en mai 1931, dix-neuf mois après le krach d’octobre 1929. Nous sommes en mars 2009, dix-neuf mois après le début de la crise des “subprimes”, en août 2007.

Tout en se méfiant des anachronismes, force est de reconnaître, qu’un effondrement financier des “pays de l’Est” signifierait outre la fin de l’expansion de l’UE, de réelles difficultés en interne. Les élargissements successifs se sont construits sur un transfert conséquent de richesses, en période de croissance, des anciens Etats vers les nouveaux entrants. Pas sur un partage de la misère ou de la récession. Le risque de schisme est avéré entre les membres de l’UE de la zone euro, protégés par cette unité monétaire, et les autres. Ce que le premier ministre hongrois, a résumé, hier à Bruxelles dans la formule « nous ne devons pas permettre qu’un nouveau rideau de fer ne divise l’Europe en deux ».

Pour l’éviter, l’UE a déjà mobilisé 50 milliards d’euros, à travers sa facilité de balance de paiements et un plan d’assistance avec trois grandes institutions financières internationales. Pourtant, les opinions publiques des anciens pays du bloc de l’Est doutent. Le clivage entre petits et grands Etats, notamment la France et l’Allemagne refait surface, alimenté par le mépris ouvertement affiché par Paris à l’égard de la présidence Tchèque de l’Union et la brutalité d’Angela Merkel sur le sujet des oléoducs.

Derrière ce risque majeur existe pourtant une folle espérance : faire enfin émerger une Europe politique qui prenne le pas sur l’Europe des marchés. Un beau sujet à méditer à seulement quelques encablures des élections européennes de juin prochain.

 


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19 réactions à cet article    


  • Napakatbra Napakatbra 3 mars 2009 13:46

    Récemment, l’UE a laissé filtrer quelques infos à ce sujet...

    => Confidentiel : L’UE craint la faillite de certains Etats membres


    • LE CHAT LE CHAT 3 mars 2009 14:25

      ceux qui ont préféré cirer les pompes de debeulyou et cracher sur la France et l’Allemagne qui étaient contre la guerre en Irak recoivent maintenant la monnaie de leur pièce !!! bien fait !


      • Booz Booz 3 mars 2009 14:35


        Bonne nouvelle les filles, cet après midi je suis en forme !


        1/ "L’addition de l’élargissement coûte que coûte notamment à l’Est risque d’être salée. Si demain ces États entraient en faillite l’onde de choc pourrait être terrible pour l’Union et l’ensemble de ses états membres."

        Quelle adition ? Est-qu’il est écrit quelque part qu’en cas de faillite de la Hongrie, par exemple, les autres pays de l’union avaient obligation de la renflouée ?

        2/
        "Les Etats garantissent tout, banques, dépôt des ménages et des entreprises mais, garantissent-ils contre leur propre faillite ?"

        Qui t’a dis cela ? En france il y a une garantie de 70.000 euros point barre.

        3/ "la Lettonie est officiellement au bord de la banqueroute." 

        C’est paru au journal officiel du style "le ministre de l’éco écrête que notre république est au bord de la faillite"...mort de rire !

        4/ "Une solution pourrait consister pour le pays concerné en une sortie de la zone euro afin de profiter des avantages procurés dans un premier temps par une dévaluation."

        Seul problème c’est que la caisse de retraite Californienne qui a acheté 5 milliards d’euros de bons du trésor grecque demandera à être remboursé en Euro et pas en Drachme dévalué.

        5/ "
        Une autre solution résiderait dans un prêt des États en bonne santé..."

        Tu peux me citer un état en bonne santé financière...le Luxembourg par exemple, mais c’est pas dans leur habitude de faire la charité, ils facturent assez chers leurs services.

        6/ "
        Non sans raison il est reproché à la Commission d’avoir permis aux ex pays de l’Est d’intégrer l’Europe alors qu’ils n’étaient pas prêts..."

        Si seul les états "prêts" avaient intégré l’UE, l’Espagne, la Grèce ou le Portugal seraient encore sur la liste d’attente ! Justement c’est parce qu’ils sont faibles qu’ils ont besoins d’intégrer l’UE suffit de regarder la Norvège ou la Suisse ne sont pas très chaud pour nous rejoindre.

        7/ "
        Derrière ce risque majeur existe pourtant une folle espérance :.."

        Tu peux développer ta "folle espérance" ? Du genre "tout le monde il est gentil" et que Merkel paie sa tournée générale ?


        • Gabriel Gabriel 3 mars 2009 15:25
          Bonjour,

          L’Europe une belle idée mais un vaste bordel ! Pourquoi un élargissement à 40 alors que l’on n’arrive déjà pas à s’entendre à 25 ? Nos chers décideurs en ont fait un grand supermarché afin de se remplir les poches, et notre avis (référendum) ils s’assoient dessus ! A quand des lois sociales, des impôts, une justice et un gouvernement commun ? L’Europe est un ramassis de vieilles filles aigries ou chacune lorgne sur la richesse de ses voisines tout en protégeant les siennes et je ne parle pas des anglais qui proaméricains ont toujours tout fait pour que cela capote. 

          • eugène wermelinger eugène wermelinger 3 mars 2009 15:59

            La faillite des pays d’Europe de l’Est risque d’avoir des répercussions en chaîne. En effet, les banques d’Europe occidentale ont largement investi dans ces marchés. D’après Les Echos, les banques autrichiennes pourraient perdre jusqu’à 31 milliards d’euros en cas de dégradation de la situation.

            Sur une échelle de probabilité de faillite avant la fin de l’année allant de 1 à 10, les Etats d’Europe de l’Est s’approchent dangereusement du 8. Car qui pourra les empêcher de sombrer ?

            Rien ne prévoit la faillite d’un Etat membre dans les statuts de l’Union européenne. Les Vingt-Sept doivent donc improviser, avec la concorde que nous leur connaissons. Première solution rejetée dimanche dernier lors du sommet européen à Bruxelles : celle d’un plan de soutien global aux pays d’Europe de l’Est. Ce plan avait pourtant été demandé par le premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany.

            Les Vingt-Sept n’ont cependant pas écarté la solution d’une aide au cas par cas. Mais quels pays pourraient supporter financièrement de tels plans de soutien ? Même les pays moteurs économiques de l’Union européenne, comme la France ou l’Allemagne, seront certainement réticents à creuser le gouffre de leur endettement. Le canot des sauveteurs prend lui aussi l’eau de toutes parts...


            • JL JL 3 mars 2009 19:03

              Cette notion d’Etats en faillite c’est de l’idéologie néolibérale qui est répétée comme un mantra. C’est une invention d’idéologues dont les valeurs sont elles-mêmes en faillite. Les banquiers sont les coucous des nations : ils y sont nés, hébergés nourris engraissés, et maintenant ceu-là veulent virer du nid tous les autres rejetons.

              Les menaces de faillites d’Etats ne sont que des prétextes pour ruiner les démocraties, économiquement comme politiquement.


              • plancherDesVaches 3 mars 2009 19:35

                Vous n’êtes pas loin de la vérité, JL.

                En fait, les banques (surtout autrichiennes allemandes et luxembourgeoises) ont profité de la croissance à 2 chiffres de ces pays pour placer des crédits auprés de la population au point qu’ils sont nombreux à rouler en grosses cylindrées.
                Du sub-prime, comme d’habitude.
                Et lorsque la conjoncture se retourne, ça fait mal.

                Même cause, même effet.


              • gnarf 3 mars 2009 22:14

                >>En fait, les banques (surtout autrichiennes allemandes et luxembourgeoises) ont profité de la croissance à 2 chiffres de ces pays pour placer des crédits auprés de la population au point qu’ils sont nombreux à rouler en grosses cylindrées.

                Non, on ne vit pas specialement a credit en Europe de l’Est. On sent bien votre mepris pour ces gens en tout cas. Ca fait longtemps qu’il y a des belles voitures en Europe de l’Est et sans credit. Par contre desole on va devoir abandonner les Peugeot et les Renault, on est sortis du tiers monde.


              • gnarf 3 mars 2009 22:05

                J’adore les commentaires...bien fait pour eux, pourquoi devrait-on les renflouer... ignorance abyssale et habituelle des Francais envers tout ce qui touche l’est. Et en plus mechancete gratuite...petite xenophobie ordinaire, defouloir qui remplace chez les gens politiquement corrects les blagues racistes.
                Le rideau de fer est toujours la dans les tetes.
                La Pologne est plus proche de Strasbourg que Brest.

                Les pays de l’Est sont sortis du communisme avec un appareil productif, educatif, medical....detruit. Environnement le plus pollue du monde, misere, inflation galopante.
                C’est grace aux investissements des banques qu’ils ont pu remonter la pente. S’ils n’avaient du reconstruire sur leurs fonds inexistants, rien n’aurait bouge en 20 ans. Les investissments ont permi d’aller bcp plus vite.

                C’est grace a l’investissement des banques que ces pays se sont reconstruits, et grace aux salaires generes par cette effervescence que les Tcheques, Slovaques, Hongrois, Lettons....se sont equipes en produits (Francais). Eh oui, on les a fait tourner les usines Peugeot et Renault. On a paye des factures de telephone gigantesques a France Telecom qui est toujours monopole en Pologne. Les Polonais ont toujours les tarifs de telephone parmi les plus chers du monde pour renflouer la dette a France Telecom. Mais malheureusement, pour les Francais nous sommes de sales fourbes caniches....etc...la rengaine haineuse habituelle.

                20 ans apres, les pays de l’Est sont toujours immensement IMPORTATEURS de produits Francais et Allemands. Durant ces 20 ans ils ont represente des centaines de milliards d’euros en debouches pour les entreprises de l’ouest....electromenager, voitures, infrastructures, tramways, trains, nourriture Francaise, vetements Francais, parfums Francais....etc

                Il n’y a pas eu de subprimes en Europe de l’Est. Pas eu de credits pourris. Le seul probleme c’est que les banques de l’ouest qui elles ont trempe jusqu’au cou dans les produits pourris ont eu besoin de stopper leurs investissements a l’Est pour utiliser cet argent afin de colmater les gouffres de mauvaise gestion a l’ouest.
                Donc revente massive de monnaies locales contre de l’euro. Donc chute de ces monnaies locales. Donc explosion de la dette des entreprises locales, puisqu’elle est souvent en euro.
                Donc risque de ne plus payer leurs dettes.
                Et ces dettes....ce sont les memes banques de l’ouest qui ont prete l’argent.

                En resume, la crise touche les banques de l’ouest, qui retirent tout de l’est (alors que ca marchait tres tres bien) en panique ->l’est s’effondre -> les banques de l’ouest qui ont prete a l’est se prennent le boomerang dans la figure.

                On a consomme Francais pendant 20 ans tout ca pour s’entendre dire qu’on est pas de vrais europeens, qu’on est des salauds, et quand le vent tourne de la faute des banques de l’ouest, demerdez-vous. Et bien on va se demerder, comme toujours.


                • gnarf 3 mars 2009 22:20

                  precision... si vous avez bien suivi, si les entreprises de l’Est sont incapables de rembourser leurs dettes a cause de la panique des banques de l’Ouest....ce sont les banques de l’Ouest qui sautent.
                  Donc le plan d’aide en question, c’est pour les banques de l’Ouest en premier.

                  Nous on veut pas de plan, on veut juste que les banques continuent a faire leur metier. Parce que faire faillite avec des carnets de commandes pleins c’est stupide, surtout quand notre croissance peut permettre de limiter les degats a l’ouest.


                • 4 mars 2009 09:00

                  L’adage venant de pays de l’Est

                  Le capitalisme c’est une crise de temps en temps (il n’ya pas de systéme parfait sauf evidement chez certains internautes d’AV)

                  mais le communisme c’est la crise permanente


                • faxtronic faxtronic 4 mars 2009 12:08

                  Gnarf, tu melange le prive et le public. Les boites prives, comme renault, ou france telecom, n ont rien a voir avec la France.


                • FYI FYI 4 mars 2009 12:49

                  "C’est grace aux investissements des banques qu’ils ont pu remonter la pente. S’ils n’avaient du reconstruire sur leurs fonds inexistants, rien n’aurait bouge en 20 ans. Les investissments ont permi d’aller bcp plus vite."
                  Les pays de l’Europe de l’Est ne font pas partis de l’euroland à ma connaissance, au lieu de demander des crédits aux banques de l’Ouest, pourquoi ne pas avoir créé votre propre monnaie de crédit, en créant les crédits nécessaires aux investissements que vous dites rentable ?


                • FYI FYI 4 mars 2009 11:44
                  				 				L’UE et l’euro survivront-ils le week-end ? 				 				
                  				 				 				

                  Si le gouvernement français a pu éviter un risque systémique avec le sauvetage in extremis de Natixis cette semaine, la menace de faillite en chaîne qui vient des institutions financières des PECO (Pays de l’Europe Centrale et Orientale) risque de faire éclater aussi bien la zone euro que l’Union européenne elle-même.

                  Le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück vient de le reconnaître à demi-mot lors de la rencontre de Berlin en affirmant que des Etats européens « et pas seulement d’Europe de l’Est » pourraient rencontrer des graves difficultés de refinancement.

                  Interrogé par Le Figaro, l’ancien secrétaire d’Etat allemand aux finances, Thomas Mirow, qui pilote actuellement le plan de soutien financier de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) aux banques de l’Europe centrale, reconnaît que la menace est réelle et confirme que quelque 350 milliards d’euros (200 milliards d’euro pour le refinancement et 150 milliards pour la recapitalisation) sont nécessaires à très court terme pour éviter la catastrophe.

                  « C’est très simple, dit-il, aujourd’hui dix ou douze banques d’Europe occidentale sont fortement engagées en Europe centrale et orientale, notamment des institutions autrichiennes, suédoises, françaises, grecques, italiennes et allemandes. Des faillites de filiales ou de banques à l’Est auraient sans doute un impact en zone euro ».

                  Comme le note Les Echos, « avec environ 1000 milliards d’euros placés dans leurs banques, dans les Peco, les pays de la zone euro n’ont aucun intérêt à voir leurs voisins s’effondrer économiquement. Car ils ne tarderaient pas à suivre le mouvement ».

                  En réalité, l’Europe de l’ouest risque de payer très chère la facture pour avoir créé une « petite Chine » sur sa frontière orientale, en concentrant essentiellement ses investissements sur la production, avec une main d’œuvre sous-payé, de biens de consommation - dont des voitures - destinés à être achetés par les consommateurs « rentables » à l’ouest.

                  Comme en Espagne ou en Irlande, ce « boom » à l’est fut coiffé d’une vaste bulle immobilière et de titrisation à tout va. D’après les calculs de la maison de courtage japonaise Nomura, plus du quart des actifs bancaires dans les Peco pourraient se révéler « pourris ».

                  L’effondrement de la croissance et de la consommation à l’ouest, entraîne la chute de l’est. Cependant, si elle n’est pas enrayée, la zone euro risque l’éclatement sans parler des tensions politiques qui risquent même de disloquer l’UE.

                  Convoqué ce dimanche pour un déjeuner de travail informel en vue de préparer la réunion du G-20 qui doit se tenir début avril à Londres, les 27 chefs d’Etats et de gouvernements se voient rattrapés par la réalité.

                  Car, à l’initiative de la Pologne, et à la grande surprise de la Commission qui veille à la cohésion de l’UE, un « mini-sommet » des Peco aura lieu à Bruxelles, quelques heures avant le sommet de « l’Union ». Si Bruxelles tente de minimiser le caractère exceptionnel de ce mini-sommet, la tension est palpable.

                  La déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant l’obligation des constructeurs automobiles recevant l’aide de l’Etat français de ne pas délocaliser leur production vers la République Tchèque, pays qui préside l’UE, n’est qu’un lapsus prégnant de vérités refoulées.

                  Une fois de plus, il est grand temps de reconnaître que reporter à plus tard la réorganisation du système monétaire international, dans le vain espoir de pouvoir quand même sauver la masse colossale de titres toxiques qui restent dissimulés dans les bilans, est le chemin le plus sûr vers la débâcle.


                  • HELIOS HELIOS 4 mars 2009 12:32

                    Apres avoir lu l’article et les commentaires, je me demande comment on va faire pour sortir de la crise !

                    L’europe de l’est n’est pas en faillite. au contraire, c’est peut etre elle qui va nous sortir dans quelques temps de la merde dans laquelle nous nous sommes mis.

                    L’europe de l’est est en plein développement, avec une population européenne bien formée, volontaire et efficace. Les banques deteinnent des actifs sains, notament des credits qui ont de la valeurs parce qu’ils sont assis sur des vrais marchés (entreprises de production locales et surtout immobilier en pleine croissance vu le taux d’occupation des logements).

                    L’europe de l’est n’a rien a voir avec les USA, par exemple où les actifs immobiliers ne valent plus rien (15% de logements a credit innocupés, et de surcroit de mauvaise qualité - construits a la va vite avec des materiaux de merde-)

                    Le seul risque que court l’Europe de l’est c’est de s’exclure de la zone Euro et de rester sur les places internationales toutes plus ou moins associées au dollars, monnaie qui ne vaut plus un kopeck.
                    La decantation de la crise que nous vivons va probablement creer une europe a deux vitesses, ceux qui resistent... et ceux qui resistent moins bien (pas ceux qui sombrent, il n’y en aura probablement pas).

                    En revenant aux fondamentaux, si aucun petit cochon ne nous mange avant et si surtout aucun Sarkozy ne nous entraine dans une aventure style Iran ou Taiwan ou je ne sais quoi réellement, notre sous-continent, va pouvoir s’appuyer sur les economies agricoles et en retour a la reconstitution de tissus economiques sains grace a ces pays que vous voyez aujourd’hui comme en faillite.

                    L’Europe de l’est est vraiment notre avenir pour au moins les 25 prochaines années (et non pas le club med) Ne vous trompez pas de cible et ne racontez pas n’importe quoi parce que le modèle de Wall street et de la city se casse la gueule. Justement c’est eux qui pensent que l’europe de l’est est en faillite... mais le monde a changé !

                    Dommage que les articles ne restent pas en ligne assez longtemps, j’aimerai qu’on reparle de cela dans quelques mois, disons a la fin de l’annéé, au plus dans 1 an.


                    • FYI FYI 4 mars 2009 15:46
                      				 				La faillite des ménages est-européens menace l’euro 				 				
                      Le 27 février, trois grandes institutions financières internationales – la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne des investissements (BEI) – ont annoncé un plan de sauvetage pour les banques et les entreprises d’Europe de l’Est, s’élevant à 24,5 milliards d’euros sur deux ans, afin d’empêcher la catastrophe.
                      				 				 				

                      La BERD évalue les besoins immédiats à 350 milliards d’euros, dont 200 pour la recapitalisation et 150 pour le refinancement. Ajoutons à cela l’aide de 180 milliards que la Hongrie, un pays déjà en pourparlers avec le FMI, réclame auprès de l’UE. Ce plan a d’ailleurs été rejeté lors du déjeuner de travail des 27 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles le 1er mars.

                      Après la chute du Mur, tandis que les pays est-européens tentaient de se désendetter en cassant les services sociaux, les filiales des banques autrichiennes, suédoises, allemandes, italiennes et autres travaillaient, elles, à l’endettement des ménages. Ces derniers étaient invités à contracter des crédits en devises étrangères (en euros, mais surtout en francs suisses), en jouant sur des taux d’intérêts inférieurs à ceux de leur monnaie nationale. Aujourd’hui, avec l’effondrement de leurs devises, les ménages de l’Europe de l’Est se montrent incapables de rembourser des crédits devenus trop onéreux. Par exemple, la devise roumaine, le leu, a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le début de la crise et la Roumanie envisage de demander l’aide du FMI. La Serbie a également demandé au FMI d’accroître son aide de 520 millions à 2 milliards d’euros.

                      L’Europe occidentale paye aujourd’hui la facture pour avoir voulu créer une « petite Chine » sur sa frontière orientale, ayant limité ses investissements essentiellement à la production, grâce à une main d’œuvre bon marché, de produits de consommation (notamment des voitures), destinés à être vendus sur les marchés « rentables » à l’Ouest. De plus, les banques occidentales n’ont pas hésité à « titriser » la bulle du crédit à la consommation et de l’immobilier à l’Est.

                      D’après le courtier japonais Nomura, près d’un quart des actifs des banques en Europe de l’Est risquent d’être des titres « pourris ». Ce que l’on a interdit aux banques suédoises de pratiquer dans leur pays après le krach de 1990, a été présenté comme le « développement » en Europe de l’Est. Les plus exposées aujourd’hui sont les banques autrichiennes. Leurs pertes potentielles représentent plus de 80% du PIB du pays !

                      L’arrêt brutal de la croissance, donc de la consommation, à l’Ouest accélère presque mécaniquement l’effondrement à l’Est. Si rien n’est fait pour enrayer la faillite dans ces pays, c’est toute l’UE qui sera fortement touchée, autant politiquement que financièrement.

                      Sur fond de ces divisions, de peur de provoquer une panique et la chute de l’euro, le sommet du Conseil de l’UE du 1er mars s’est résolu à écarter toute aide supplémentaire en faveur de l’Est européen provoquant une chute accélérée des devises des pays de la région.


                      • Dolores 4 mars 2009 16:23

                        L’entrée trop rapide des pays de l’est dans l’Europe n’est pas innocente. Tout le monde pouvait comprendre que leur niveau de vie très bas allait générer d’immenses profits.

                        Les industriels ont tout de suite vu l’intérêt de "délocaliser" !
                        En allant fabriquer leur produit dans ces pays, les salaires des ouvriers ne pesaient pas lourds dans le prix de revient. En effet pourquoi payer des ouvriers 1500€ quand on peut avoir leurs équivalants à 200€ et qu’on pourra faire un énorme bénéfice en revendant dans le pays d’origine de l’usine au même prix que s’il avait été produit sur place par un ouvrier payé 7 à 10 fois plus cher.
                        Connaissez-vous l’industrie textile qui a délocalisé sa production et donc le prix de revient d’un produit est de 10€ et qui revend ce produit 100€ en France après avoir juste cousu un petit logo ?
                        Connaissez-vous cette industrie automobile qui prétend fabriquer à l’est et pour l’est de l’Europe des voitures qu’elle vend 5000€ dans ces pays en faisant, n’en doutons pas, des bénéfices mais qui ne peut vendre cette même voiture en France qu’à 8000€ sans autrement perdre de l’argent ?

                        On crée ainsi le chômage dans un pays et ça ne fait pas progresser le niveau de vie dans l’autre puisque toute l’astuce est de maintenir les salaires au niveau le plus bas le plus longtemps possible pour réaliser de super profits.

                        C’est ce que les technocrates appellent la concurrence libre et non faussée !

                        Cette façon de concevoir l’Europe appauvrit le pays le plus riche et n’enrichit pas le pays le plus pauvre.
                        Devinez à qui profite le crime ? Une chose est certaine, pas aux populations.

                        L’europe a été construite pour être mercantile et financière et non pour le bonheur des peuples.
                        Quand la commission européenne pond des lois dites sociales, elles sont toujours "à minima" et font régresser les pays les plus évolués sans faire progresser les autres.
                        Si l’Europe n’exploitait pas les plus pauvres elle aurait aidé les pays de l’est à relever leur niveau de vie avant de les faire entrer. Mais elle n’aurait pas pu profiter de la concurence que ceci engendrait entre l’ouvrier à 1500€ et celui à 200€ ,et en profiter pour faire baisser tous les salaires partout au profit du capital et des actionnaires.
                        On préfère laisser croire que les protestations contre l’exploitation de tous ne relèvent que de la xénophobie et de la haine de l’étranger.

                        Ceux qui sont embrigadés au point de croire que de l’Europe vient le salut vont aller de déceptions en déceptions.
                        L’Europe est en réalité destinée à enrichir le capital en pratiquant l’esclave économique des populations.
                        C’est étalé sous nos yeux : chômage, vie chère sans référence avec les prix réels, dérégulation, flexibilité, mobilité, privatisation bientôt effective de la santé , de l’école ( c’est déjà fait pour l’énergie et les transports).

                        Tout est une marchandise sur laquelle on doit faire des profits et l’homme en fait partie.

                        Nous serons donc soumis au bon vouloir de rapaces qui en veulent toujours plus.
                        Cette Europe-là n’est pas souhaitable pour les peuples,

                        mais c’est l’argent qui impose sa loi.









                        • bek 4 mars 2009 21:17

                          Merci Dolores,
                          excellente analyse .


                        • beardie 4 mars 2009 23:49

                          Les salaires à l’est montent ( ou montaient ! ) rapidement, il y avait beaucoup d’emplois créés, relativement peu de chômage dans les zones en industrialisation , un turn over important , ce qui favorisait les augmentations
                          de salaires... Les habitants à l’est rêvent d’occident , de consommation et de liberté, et ici dans les forums ,je vois que les gens à l’ouest sont nostalgiques de trotsky ,ou de lénine ou de doctrines communistes dont tout le monde connait l’hypocrisie, et le chaos qu’elles entrainent lorsque l’on essait de les appliquer. 

                          La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systemes. (W. Churchill) 

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