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Accueil du site > Actualités > Europe > L’Europe des rêveurs

L’Europe des rêveurs

S’il y a bien un dossier qui devrait préoccuper, bien plus que le défilé « militaire » ou « citoyen » du 14 juillet, c’est celui de l’évolution de la dette dans la zone euro, celui de la crise grecque, voir italienne et portugaise, sans négliger notre propre situation nationale d'endettement ; celui pour parler clair, d'une construction européenne moribonde. Vous avez tout loisir de consulter articles de fond et analyses sur ces sujets qui préoccupent banquiers, agences de notation et exécutifs. L’objet de cette note n’est donc pas de revenir sur ces descriptions ici catastrophiques et là rassurantes. Chacun choisira en fonction de son moral du moment, de ses propres convictions.

Ce qui en revanche me rend très perplexe réside dans l’analyse des argumentaires distillés par les européistes de tout poil, de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs en passant par les Verts européistes convaincus : nous en serions à ce qui ressemble de plus en plus à une grave impasse parce que il n’y a pas assez d’Europe.

A l’image d’un Junker, toujours aussi triomphant et donneur de leçons, ce sera bientôt par la faute des partisans du fameux NON que tous ces maux arrivent. Pas un seul instant vous ne lirez sous la plume de ces fanatiques la moindre ébauche d’une quelconque autocritique. Quand le NON populaire l’emporte ils biaisent et le transforment en un OUI parlementaire, mais c’est encore de la faute du NON !

Depuis le début de la vraie-fausse construction européenne nous assistons ainsi au plus beau bal des faux culs. Fausse construction en effet, puisque fondée sur l’économique et les marchands, alors qu’elle ne peut être solide que d’abord politique. Jacques Delors, le père de Martine, l’un des eurocrates les plus convaincus, a d’ailleurs montré le bout de l’oreille en distillant que l’Europe avait été faite de cette manière pour « forcer » les politiques à suivre. Il pensait naïvement que des contraintes économiques fortes une fois en place, la politique serait bien obligée de suivre. C'est d'ailleurs l'analyse qu'il porte sur la crise actuelle : « Le chaînon manquant, c'est la coopération entre les Seize [pays membres de la zone euro], la coordination des politiques économiques »

Cette ambition de forcer le destin fut crédible un moment, mais la crise rend l'exercice de plus en plus délicat. C’était croire que l’on transforme d’un coup de baguette magique, les cigales en fourmis, que l’on modèle les cultures, que l’on fait fi des peuples, des coutumes, des histoires. De tels bouleversements demandent du temps beaucoup de temps, bien au delà d'une vie humaine.

En élargissant inconsidérément, trop rapidement, le « cercle marchand » après la chute du mur, il s’agissait là encore d’une fuite en avant relevant d'un coupable infantilisme ou d'une condamnable machination supplémentaire. Ne parlons pas, ce serait trop cruel, du choix également inconsidéré d’une monnaie « unique » en lieu et place d’une monnaie commune permettant les réajustements : puisque de monnaie il fallait absolument s’occuper.

Et bien NON, vous n’entendrez aucun de ces fous furieux de la fuite en avant à l'aveugle, venir à confesse et reconnaître que la méthode n’était pas la bonne. Plus fort, ils viennent accuser ceux qui depuis longtemps prédisaient la faiblesse d’une construction sans véritables fondations d’être les responsables d’un éventuel effondrement de l’édifice. L'Europe ne pouvait être solide que bâtie autour de peuples d’accord pour se lier, avant toute chose par des liens démocratiques et politiques. Les apprentis sorciers connaissaient parfaitement la difficulté d’en convaincre ces peuples, ils ont voulu les « enchaîner » par des subterfuges économiques toujours plus faciles à faire gober en phase d’expansion. Ils en récoltent les fruits amers et pourris en phase de crise. Ils voulaient damner le pion à l’histoire des guerres et des régimes autoritaires, louable projet, mais ayant fait les choses à l’envers, ils pourraient se réveiller demain avec des dictatures ou des régimes « forts » aux quatre coin de cette Europe rêvée en dépit du bon sens.

Ayant commencé la note par une allusion au débat débile sur la suppression du défilé militaire du 14 juillet, terminons la sur plus sérieux pour illustrer notre propos. S'il y a un domaine qui peut éventuellement étalonner la volonté d'union des peuples à se lier étroitement et politiquement, c'est bien celui de la défense commune d'un territoire reconnu "commun". Le Royaume-Uni vient pourtant d'opposer un refus définitif à l'idée chère à la France de créer un quartier général militaire permanent pour l'Union européenne. C'est un revers supplémentaire pour une Europe de la défense. Il est tout à fait symptomatique de la virtualité irréelle de cette Europe mythique.

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17 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 20 juillet 2011 08:36

    Pas facile de se reconnaitre responsables d’un tel gigantesque fiasco. Il faut du courage, de l’éthique, de la « grandeur » ... toutes choses dont sont dépourvus nos eurocrates.
    Ne reste donc que la « fuite en avant », comme le souligne l’auteur.

    Et dans un système où la vraie démocratie est confisquée, même si une majorité de citoyens voient le crash inévitable, ils ne peuvent plus rien faire pour l’éviter.


    • Furax Furax 20 juillet 2011 10:46

      Le premier engagement qui doit être EXIGE d’un candidat de gauche est celui de poser de nouveau , par référendum, la question de l’adhésion à l’UE. La démocratie a été bafouée, rien de solide ne peut se construire sans que cela soit réparé.


    • JL JL 20 juillet 2011 09:35

      Le pouvoir et la bêtise ne baissent jamais les bras. Je ne sais depuis quand ces gens-là nous harcèlent :

      Ces ordures au pouvoir appliquent une stratégie claire qui se résume à ces mots attribués à Napoléon : quand on s’est trompé, il faut persister jusqu’à avoir raison. Des shaddocks, en somme.

      http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/comment-on-fabrique-une-fausse-84996#formulaire-forum


      nb. damer le pion.


      • ja.poirier 20 juillet 2011 09:36

        ceux qui ont forcer cette construction hétérogène ont des comptes a rendre .....( Nigel Farage qui as su si bien le dire !)
         


        • rosa luxemburg 20 juillet 2011 17:55

           Nigel Farage veut être calife à la place du calife c’est tout .Certes il gueule contre bruxelles,mais savez vous que la plupart des lois sont concoctées par des avocats de la city de londres et çà Farage n’en parle jamais.

          Si vous allez sur son site ,si vous parlez anglais vous verrez qu’il prône plus de commonwealth c’est à dire plus d’esclavagisme c’est à dire ce que l’on applique aux africains entre autre depuis des années maintenant on nous l’applique.

          La city ,un état supranational,dirige le monde avec l’aide de son empire agricole ,qui se trouve en irlande du nord ,en nouvelle zélandes,en australie ,au canada et avec l’aide de son empire minier le commonwealth qui se trouve en partie en afrique et Farage ne le denonce jamais.

          IL denonce pour faire bien la royautè ,car il ne rêve que de prendre la place mais la city il ne faut rien en dire et c’est plus facilealors que les projecteurs ne sont braquès que sur wall street,qui n’est pas indemme de fautes mais la tragèdie ou plutôt le centre du tremblement de terre systèmique c’est londres.

          Savez vous que la bourse de paris se trouve à londres pas à new york,et que la dette obligataire vient de londres qui est le premier marchè en cette matière .elle est aidée par ses paradis fiscaux:jersey ,guernesey,iles vierges,caimans singapours,hong kong,gibraltar bermudes etc ...

          Le gouvernement de la city c’est la couronne composée de 13 hommes régis par le roi de la city lord mayor la reine et le premier ministre relèvent de lui et lui doivent obeissance,la city n’est ni sous le contrôle de la monarchie ni sous celui du parlement .Ses banques et ses compagnies d’assurance travaillent discrètement et c’est bien pour cela qu’ils n’ont pas accepté l’euro c’est eux qui l’exploite en sous main

          Jamais Farage fait allusion à cela puisqu’il en est complice ,d’ailleurs tout ce qui vient des britaniques ,à part shakespeare,keats ,shelley et thomas more je m’en méfie ce n’est pas pour rien que londres est appelée « la perfide albion » depuis plus de 3 siècles et compte tenue de la crise finançière,et oui les banques anglaises detiennent la majoritè des cds et en font profiter les banques françaises,vous êtes leur esclave et farage à peur que tout s’écroule donc il hurle aux loups contre bruxelles,qui sont plus coupables de laxisme que d’actions predatrices

          C’est un peu le même principe que le pen qui hurle contre les étrangers alors que les coupables c’est à dire les financiers s’appliquent à lui concocter un programme économique,elle n’attaquera jamais les prédateurs de l’agence france trèsor.

          Vous me direz les anglais sont en train de faire un glass steagall et là vous avez encore tout faux une séparation des activitès de banques sous le même toit c’est suspect surtout qu’ils ne s’attaquent pas aux assurances qui comme en france sont bien plus prédatrices que les banques.

          En fait Farage veut rétablir le nouvel ordre mondial à sa manière c’est à dire que londres soitla plus puissante du monde comme par le passé et c’est eux qui donnent les directives la plupart des patrons de l’otan sont britaniques pas américains,mais ces derniers sont tellement bêtes qu’ils ne voient pas qu’ils sont occupés par la city.

          D’après vous pourquoi Hitler ,que je ne porte pas dans mon coeur,alors qu’il était très lié avec le directeur de la banque d’angleterrenvoulait il détruire londres plus que paris ,simplement parce qu’il était leur esclave par l’endettement.

          Je vous conseille d’ecouter les conférences d’ANNIE LACROIX-IRZ et cessez d’idolâtrer farage qui ne propose même pas une république et une constitution pour son pays qui est le seul en occident à ne pas en avoir pourquoi ? parce que çà laisse les mains libres pour la corruption !!!


        • Neos 20 juillet 2011 10:29

          à Jihuss
          "Les apprentis sorciers connaissaient parfaitement la difficulté d’en convaincre ces peuples, ils ont voulu les « enchaîner » par des subterfuges économiques toujours plus faciles à faire gober
          en phase d’expansion."

          Bonjour, vous mettez le doigt sur l’une des explications majeures de l’impopularité de la méthode employée depuis 1995 pour faire avancer le projet européen.

          L’Union européenne d’aujourd’hui (particulièrement avec le récent Traité de Lisbonne) est le projet des Etats et des gouvernements. Elle n’est nullement le projet des peuples, encore moins des citoyens, qui ne se reconnaissent pas dans sa structure et son fonctionnement actuels.

          Les Chefs d’Etat européens pensent que le projet européen doit servir les intérêts des nations, au détriment de celle des citoyens. C’est ainsi la raison pour laquelle ils ont placé quelques personnalités (un casting très critiqué qui finalement leur convient très bien) aux postes clés de Président du Conseil européen, de Président de la Commission européenne et Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité... trois personnes qui brillent par leur dévotion aux Chefs d’Etat et qui se garderont bien, en cas de crise, de lever le petit doigt face à leurs pairs.

          C’est aussi le cas lorsqu’ils décident - autre exemple - de soutenir le développement de certains aspects du marché unique, misant sur un regain de compétitivité gagnant pour leurs économies nationales, au détriment d’une cohérence des politiques industrielles, sans parler des politiques de l’emploi ou de la protection sociale, toutes sacrifiées sur l’autel de cette compétitivité.

          L’Union européenne n’est pas celle des citoyens. C’est à mon sens une profonde erreur historique. Je reviendrai la dessus dans un papier prochainement.

          Or, les Etats ne peuvent plus construire le projet européen seuls. Pour avancer, ils ont besoin du soutien des citoyens, des peuples et que l’ensemble du système devienne légitime et cohérent. Pour tous. On ne peut pas/plus vouloir penser un espace de vie commune...sans mettre en oeuvre des structures et des mécanismes qui permettent à tous les européens d’y trouver leur place et leur compte, de se sentir impliqués, d’y voir un avenir pour les jeunes, un projet qui au final fasse simplement l’unanimité.

          Il y a des voies pour y arriver. Ceci nécessite un recadrage qu’il faudra bientôt débattre et des changements et corrections qu’il faudra présenter et appliquer.


          • ELCHETORIX 20 juillet 2011 10:58

            Bonjour c’est extrêmement simple pour ma part non seulement je veux pas de cette europe mais encore moins d’une europe tout court quand bien même serait-elle vraiment « démocratique » , je souhaite seulement une FRANCE de NAVARRE à AIX LA CHAPELLE , la FRANCE de CHARLEMAGNE en somme !
            RA .


            • Neos 22 juillet 2011 12:29

              @ Elchetorix

              Je vous souhaite bon courage. La France seule, misant sur sa seule détermination nationale pour faire face à la concurrence de ses voisins, mais surtout des géants qui naviguent sur une croissance à deux chiffres (je pense aux BRIC, par exemple), deviendrait bien vite un pays bien peu crédible face à ses interlocuteurs lorsqu’il s’agit, par exemple, de négocier des contrats avec de puissants interlocuteurs..., Elle verrait de facto son influence politique décliner faute de moyens macroéconomiques pour appuyer cette politique (à ce titre, brandir le drapeau européen auprès du drapeau national est bien plus efficace pour convaincre des chinois d’acheter des produits ou programmes européens auxquels participent les français), sans capacité de réponse si ses intérêts nationaux sont menacés, sans moyen pour conduire des politiques de soutien à la culture francophone dans le monde.

              Je pense qu’il faut garder raison et reconnaitre que les petits pays (la France est un petit pays si on le compare à ces géants ’émergeants’) ne peuvent plus jouer dans la cour des grands, s’ils ne s’allient pas ensemble pour défendre des intérêts qui leur sont communs. L’union fait la force et réussir le projet collectif européen constitue un enjeu majeur pour permettre aux européens (dont la France) de maintenir ce haut niveau de vie dont nous bénéficions en Europe, et de garantir en même temps aux générations futures l’héritage d’un ensemble économique pérenne et stable sur le continent européen.

              Ceci étant dit, il y a moult manières de mener les politiques européennes et d’appréhender le projet européen. Et là, il y a beaucoup à dire. Et à faire.


            • PhilVite PhilVite 20 juillet 2011 11:11

              Je vous trouve tout de même de bien mauvaise foi !

              Depuis qu’on a l’Europe, y a-t-il eu un seul tsunami sur les côtes bretonnes ?
              Non !!
              Alors, merci qui ? Merci l’Europe !

              Et j’ai mille autres exemples du même type si celui-ci ne suffit vraiment pas à vous convaincre.

              (Cependant, veuillez noter que si vraiment vous deviez persister à ne pas être convaincu, nous serions dans l’obligation de vous faire interner en application de la directive 6824975-A70-45 bis, relative au manque d’enthousiasme communautaire !)


              • Neos 20 juillet 2011 14:35

                Sans heurter nos plus jeunes lecteurs, je rappelerais quand même - mais beaucoup n’y pensent plus tellement cela semble évident - que grâce à la volonté politique Etats de l’Union européenne depuis 1945, les plus grands pays d’Europe occidentale ne se font non seulement plus la guerre, mais ils travaillent ensemble sur des projets industriels, éducatifs, culturels...etc communs.

                Je pense que nous avons tort de sous-estimer l’impact profond qu’a cette coopération ininterrompue depuis plus de 65 ans. C’est grâce à celle-ci que nous pouvons dire et répéter à l’évidence que « l’état de paix est aujourd’hui tout à fait normal dans l’UE. » Cela n’a pas toujours été le cas en Europe (je pense à l’ex yougoslavie).


              • PhilVite PhilVite 20 juillet 2011 18:36

                Effectivement, il faut bien reconnaitre nous sommes tellement unis et complices dans l’UE que nous en arrivons même à produire nos chômeurs et notre décadence ensemble. C’est un signe qui ne trompe pas...


              • Aureus 20 juillet 2011 15:12

                @Neos

                La paix en Europe n’a RIEN à voir avec l’UE. L’assurance de la destruction mutuelle assurée pendant la guerre froide a TOUT à y voir. Premier point.

                Projets industriels ? Lesquels ? Citez en un qui soit un succès, que l’on rigole un peu. Et pitié, ne citez par Airbus car il s’agit d’une coopération internationale à laquelle participent, entre autres, le Japon et les Etats-Unis et à laquelle plus de la moitié des états de l’UE ne participent pas.
                Vous faites aussi sans doute référence aux fameux « champions industriels européens » que l’UE était censée promouvoir mais qu’en fait, elle interdit ? Les industriels européens, loin de s’allier entre eux, groupent leurs efforts avec les Asiatiques.

                Projets éducatifs ? Vous parlez de la réécriture des manuels scolaires d’histoire qui présente les guerres européennes comme des guerres civiles avant l’heure et en règle générale, font preuve d’un révisionnisme aberrant dans le seul but de promouvoir l’idée fantastique et inévitable de la construction européenne ?

                etc, etc, ...

                L’UE n’a jamais rien promu d’autre que les intérêts des lobbys qui s’exercent sur la commission et tout les traités successifs, en sus de voler les pouvoirs démocratiques des peuples (80% des lois nationales sont aujourd’hui des transpositions de directives européennes), sont autant de camouflets aux valeurs chères aux Français.


                • Neos 20 juillet 2011 16:48

                  La paix en Europe a tout à fait à voir avec l’UE et ce serait une excellente chose qu’on ne l’oublie pas. C’est grâce à la mise en commun des capacités d’armement (industries lourdes du charbon et de l’acier) que la France et l’Allemagne ont bâti en 1951 les prémices d’une coopération qui a beaucoup apporté en terme de stabilité géopolitique. En 1957, l’on mettait en commun les capacités de production de l’uranium (traité EURATOM)... puis 30 ans plus tard un marché commun en 1986 (acte unique entré en vigueur en 1992).... une monnaie unique depuis 2002, et depuis 2009 la construction d’une diplomatie commune.

                  Ces exemples, je pourrais en trouver encore. L’industrie de l’acier il y a 60 ans, l’industrie aéronavale (qui est tout a fait européenne, emploie des salariés européens mais aussi non-européens), au même titre que le projet ITER auquel participent également en effet le Japon, l’Inde ou la Chine... L’UE et son tissus industriel et commercial représente la première économie en volume du monde. Cette force économique permet aux entreprises d’attirer des investisseurs non-européens et d’en faire bénéficier l’ensemble de l’espace industriel européen. Cette force permet à des entrepreneurs, ainsi qu’à nos dirigeants, de négocier moults avantages sur la scène politique et commerciale mondiale, et d’en faire bénéficier tous les salariés européens.

                  Concernant les projets éducatifs, je vous invite à suggérer à vos enfants de participer au programme ERASMUS, certainement l’une des plus belles réussites européennes, sans parler des programmes LEONARDO, TEMPUS, Life long learning... etc. Je vous invite à vous renseigner, c’est très interessant.

                  L’UE a beaucoup de défauts. Selon moi, elle sert beaucoup trop les intérêts des Etats nationaux et je suis d’accord avec vous, certainement pas assez les intérêts des petits citoyens que nous sommes. C’est la raison pour laquelle il faut que ceci change et que les citoyens, petit à petit, s’expriment et exposent la vision de l’Union européenne qui leur conviendra.

                  Enfin, il nous appartient, en tant que citoyen, d’exiger que nos élus locaux, régionaux, nationaux et européens défendent nos intérêts et nous informent de ce qu’ils discutent, votent, débattent au Conseil et au Parlement européen. Peu le font. Peu le leur demandent. Or, à nous d’exiger que l’on porte la voix citoyenne au sein des institutions européennes, puisque c’est ici que sont prises les décisions qui régissent notre vie quotidienne aujourd’hui.


                • Aureus 20 juillet 2011 17:55

                  Cher Neos

                  Je vous poserai simplement les questions suivantes, toutes en rapport avec les sujets que vous soulevez :

                  La France et l’Allemagne ont-elle besoin de l’UE pour décider d’options stratégiques communes ?

                  L’euro nous a t-il offert la stabilité et la prospérité comme l’immense vague de propagande nous l’avait promis au moment de son adoption ?

                  La France perd 800 à 1000 emplois industriels par jour ouvré à cause du taux de change de l’euro et de certains articles des traités européens (je vous les retrouverai si vous me le demandez) qui ont aboli toute régulation des transferts de biens, marchandises et services ; et incitent les entreprises à être compétitives en délocalisant dans les pays à bas coût de salaires. Texto ! L’industrie, contrairement à ce que vous pensez, se porte très mal en France et est en train de mourir à cause de notre appartenance à l’UE et à la zone euro. L’industrie est ce qui fait la richesse d’une nation. Trouvez-vous cette dégringolade si merveilleuse ?

                  Pouvez-vous me dire où est l’intérêt de la France dans les aventures scandaleuses que sont notre présence en Afghanistan et notre ingérence en Lybie ? C’est précisément notre adoption d’une « diplomatie commune » et notre appartenance à la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense) et à l’OTAN qui nous entraînent dans ces guerres aberrantes où nos armées participent à des crimes de guerre. Approuvez-vous ce choix ?

                  Bien sûr, il y a l’usine à gaz Erasmus qui a ses mérites. Et Leonardo, et Tempus ; dont je serais bien incapable de parler car j’en ignore presque tout. Mais encore une fois, a t-on besoin de l’UE pour mettre en place de telles structures ? ITER, au passage, n’est pas un projet européen mais une coopération internationale ; deux concepts qui sont très différents, autant dans leur mise en place que dans leur efficacité.

                  Pour finir, je voudrais insister sur le caractère illusoire d’un changement « citoyen » de l’UE.
                  Passons sur les vols de pouvoirs dont ont été victimes les peuples européens au profit de la seule commission européenne, proie de tout les lobbys industriels et financiers ; sujet pourtant capital...
                  Voyez par vous-même avec quel mépris sont considérés les référendums et la parole des citoyens (référendum de 2005 devenu traité de Lisbonne).
                  Voyez par vous-même le peu de pouvoirs dont dispose le parlement européen, seul organe démocratiquement élu de l’UE.

                  Sachez que toute ma vie, jusqu’à récemment, j’ai été un européiste convaincu. Mais il est temps de dresser le bilan de ce bricolage avec cohérence et sérieux.
                  Je vous invite à lire ce simple document : http://www.u-p-r.fr/charte-fondatrice

                  Amicalement


                • Neos 22 juillet 2011 12:45

                  @ Aureus

                  1) La France et l’Allemagne ont-elle besoin de l’UE pour décider d’options stratégiques communes ?

                  OUI. Je vous donne un exemple. Il concerne la politique industrielle du textile. En 1995, l’UE a pesé de tout son poids pour négocier avec la Chine un report de l’ouverture du marché européen aux produits du textile chinois jusqu’en 2005.
                  Cet accord, qui n’a pu être signé que parce que l’UE avait la puissance économique de retenir la vague chinoise, le temps pour son industrie de préparer l’inévitable (qui a eu lieu en 2005), montre à quel point la France, mais aussi l’Allemagne, ne sont pas - seuls - suffisamment forts pour défendre certains intérêts nationaux dans des contextes où l’influence et la puissance de nouveaux acteurs mondiaux dépassent les capacités nationales de nos pays.

                  L’UE est un parapluie qui préserve beaucoup de nos intérêts politiques et économiques des attaques de toute nature venant de l’extérieur.

                  2) L’euro nous a t-il offert la stabilité et la prospérité comme l’immense vague de propagande nous l’avait promis au moment de son adoption ?

                  OUI. Sans la monnaie unique, nos économies nationales seraient écrasées par la pression financière et économiques des acteurs extérieurs. Prenez pas exemple le cas de cette Grèce en grande difficulté. Si la Grèce avait décidé de ne pas être membre de la zone Euro, elle n’aurait pas pu compter sur l’aide des autres membres de la zone. La Grèce serait aujourd’hui en défaut total de payement et les grecs seraient dans l’obligation de se ruer vers leur banque pour retirer ce qu’ils peuvent de leurs économies. J’ajoute que sortir de l’Euro est un risque majeur pour chaque Etat membre de la zone Euro, en ce qu’il excluerait les entreprises et sociétés du pays qui se retire de la protection de l’Union monétaire... ce qui aurait un premier et terrible effet de faire chuter de façon dramatique la valeur boursière des actions de ces sociétés sur les places financières. Autant dire que les entreprises concernées feraient face à de telles difficultés économiques qu’elle seraient dans l’obligation de revoir leurs plans de gestion et de faire (je n’en doute pas une seconde) des coupes drastiques dans les budgets de personnel (plans de redressement et autre de licenciements massifs). Vous voyez bien que le retrait de la zone Euro aurait des incidences sociales majeures que chaque Etat aujourd’hui cherche bien naturellement à éviter coûte que coûte.


                • Aureus 22 juillet 2011 21:25

                  1) C’est l’union douanière -entièrement gérée par la commission- et la dérèglementation des échanges des marchandises, des biens et des services avec les pays tiers (en l’occurrence la Chine) imposées justement par les traités européens qui ont permis à l’ « inévitable » de se produire. Il s’agit d’une décision entièrement politique et non d’une fatalité, comme vous l’affirmez. Du reste, la Chine ou les Etats-Unis, eux, ne se privent pas pour refouler à leurs frontières ou taxer lourdement les importations qu’ils jugent néfastes pour leurs économies. La Chine est très souvent montrée du doigt par l’OMC ou l’UE pour ses mesures protectionnistes et loin de moi l’idée de lui reprocher d’agir pour ses intérêts, tout au contraire.
                  Il est aberrant, tout de même, de prétendre que la France, 6ème puissance économique mondiale, ne pourrait s’en sortir sans l’appui de l’UE. De tout petits pays comme la République de Singapour se portent très bien et que je sache, elle ne fait pas partie d’un ensemble comparable à l’UE. Union européenne qui, au passage, n’est imitée nulle part dans le monde alors qu’on la présente comme la panacée à tout les problèmes économiques, sociaux, environnementaux,etc...

                  Vous me semblez être quelqu’un de très averti mais il aura échappé à votre vigilance les points suivants, qui sont explicitement décrits dans les articles des traités européens :
                  -l’union INTERDIT toute restriction aux échanges de biens, de marchandises et de services (ainsi que des capitaux, si pratiques pour les délocalisations) entre les pays membres et les pays tiers. La vague de textiles chinois, que vous jugez « inévitable » et qui a contribué à la destruction de notre industrie, est une CONSEQUENCE directe de ces articles.
                  - La BCE doit maintenir le taux de change de l’euro ; taux de change qui est actuellement beaucoup trop cher pour l’économie française et qui lamine notre industrie. La seule préparation que pouvait faire la France en prévision de la vague de textiles chinois était de fermer ses usines.

                  2) Ce qui m’amène au second point. L’euro est trop cher pour l’économie française et c’est encore plus vrai pour les pays du sud de l’Europe. Quelles que
                  soient les gesticulations des dirigeants et des instances européennes, l’économie grècque ne redémarrera pas. D’ailleurs, le but n’est pas de sauver la
                  Grèce mais de sauver l’euro, ce qui n’est absolument pas la même chose. Vous prétendez encore que l’euro nous a apporté stabilité et prospérité ? C’est une
                  position assez singulière, surtout à la lumière des évènements derniers qui ont démontré l’échec cuisant de cette monnaie. On ne peut avoir une seule monnaie
                   pour 17 économies différentes, dixit les nombreux économistes que l’on n’entend jamais à la radio, que l’on ne voit jamais à la télé ; car il faut à toute
                  force maintenir le dogme, sans jamais le remettre en question.

                  Mais il existe tellement de vérités scandaleuses sur cette prétendue construction européenne dont personne ne pipe jamais mot... Je préfère m’arrêter là et
                  vous conseiller de regarder les conférences de F. Asselineau dont tout les chiffres et citations sont faciles d’accès sur internet.


                • Antoine Diederick 20 juillet 2011 22:43

                  Demain grosse réunion européenne pour l’avenir des Grecs.....(ferais pas de jeu de mots).

                  A propos de Delors, il a fait quelques déclarations il y a peu, sorti de sa retraite pour vanter encore une fois les mérite du projet européen et de la monnaie unique.

                  Qui vivra verra.....

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