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Accueil du site > Actualités > Europe > L’Europe du rêve à la déception

L’Europe du rêve à la déception

Qu’il est loin, le temps où les motivations des pères fondateurs de l’Europe étaient clairement intelligibles pour les citoyens d’une Europe limitée à six pays membres, en droite ligne d’un Aristide Briand d’avant-guerre.

Je suis consterné par l’indifférence quasi générale avec laquelle nous avons accueilli la Roumanie et la Bulgarie le 1er janvier 2007, comme si nous étions las d’élargissements à répétition. Il faut dire qu’entre-temps le no n’a pas eu besoin du yes pour gagner contre le yes, lors du référendum sur le traité constitutionnel qui aurait indéniablement donné un nouvel élan à une Europe en panne d’inspiration. L’Europe finirait-elle par faire peur par un gigantisme qui l’éloignerait de plus en plus des Européens ?

Pour comprendre le présent, faisons un grand retour en arrière. Lorsque qu’entra en vigueur le Traité de Rome, l’objectif était clair : renforcer les liens entre les pays sur le plan économique pour que des antagonismes dans ce domaine ne débouchent plus sur une confrontation comme ce fut le cas de la Deuxième Guerre mondiale qui suivit la grande dépression de 1929 avec ses conséquences néfastes (par exemple, l’instauration de la préférence impériale pour le Royaume-Uni et son empire). Mais à ce moment-là, seuls six pays aux structures relativement proches sont concernés. Il faudra ensuite attendre quinze ans pour que l’ « Europe » compte trois nouveaux membres ! Mais là aussi, ces pays ont de nombreux points communs avec les membres fondateurs, excepté peut-être l’Irlande qui souffrait alors d’un grand retard économique. Les élargissements qui se sont succédé entre 1981 et 1995 ont été « raisonnables » par le nombre de pays concernés et facilement (ou presque) digérés par les institutions existantes d’une communauté devenue entre-temps union. En 2004, les choses sont devenues énormes, presque effrayantes.

Bien évidemment, je ne déclare pas que nous ne devons point incorporer les PECO*  ! Ces nations ont tout autant le droit de faire partie de "l’Europe" que nous. Oui, mais de quelle Europe ? Est-ce simplement une accumulation de populations, de PIB et autre données macro-économiques pour donner plus de poids à l’UE sur le plan international et notamment face aux Etats-Unis ? A-t-on perdu de vue qu’en 1958, si la coopération a été lancée sur le plan économique, la finalité était clairement à terme une union politique ? Près de cinquante ans plus tard, il n’en est rien, hormis l’embryon d’armée européenne avec l’Eurocorps (et encore celle-ci dépend de l’UEO** et non de l’UE depuis le 19 mai 1993) et l’instauration d’une sorte de ministre des Affaires étrangères de l’EU (après nos déboires dans les Balkans).

Je le dis clairement : mettons un moratoire sur les élargissements futurs et posons-nous la question suivante : quelle Europe voulons-nous, nous, les citoyens de cette Union ? Pour quoi faire, et selon quelles modalités ? Devons-nous rester une simple association d’Etats plus ou moins souverains dans tel ou tel domaine, ou bien une véritable fédération, voire une confédération ? L’exemple des Etats-Unis ou de la Confédération helvétique viendra alors à la plupart des esprits. L’instauration des institutions de ces deux pays ne s’est pas faite en un jour. La guerre de sécession, de 1861 à 1865, confirma que les Etats-Unis ne se composaient pas d’États semi-indépendants mais formaient une nation une et indivisible. Pour la Suisse, la guerre du Sonderbund a vu s’affronter en 1847 les cantons libéraux et catholiques. L’année suivante, une nouvelle constitution mit un terme à la quasi-indépendance des cantons et transforma la Suisse en un État fédéral. Nous ne sommes plus au XIXe siècle et une guerre est bien évidemment impensable pour régler nos problèmes qui finalement ne sont pas si éloignés que cela de ces deux exemples : l’instauration d’institutions fédérales se fait dans la douleur, et avec énormément de patience.

Le non français et néerlandais au référendum de 2005 sonne comme une contestation. D’accord ! Mais ne soyons pas défaitistes ! Sachons tirer les leçons de cet échec pour donner une nouvelle impulsion, comme ce fut le cas pour les Etats-Unis et la Suisse, afin d’éviter que notre Union n’implose. Une étude du groupe Open Europe déclare que 60% des chefs d’entreprise britanniques estiment que leur gouvernement devrait renégocier leur appartenance à l’UE ! Nous devons impérativement - politiques et citoyens - (re)définir où nous voulons aller ensemble, les outils et les étapes pour y parvenir.

L’Europe que nous connaissons s’enferme dans sa tour de Babel par son gigantisme et des institutions rigides, parfois vides de sens : qui fait la loi ? Des commissaires désignés, ou des parlementaires élus démocratiquement ? Elle s’éloigne à mon sens de son esprit et de ses citoyens. Pour garantir notre avenir en tant que citoyens européens dans un monde où le gigantisme l’emporte de plus en plus, nous devons faire entendre notre voix et convaincre les plus eurosceptiques que l’Europe n’est pas seulement à Bruxelles mais aussi à Glasgow, à Larnaca, à Ivalo et à Faro. Il est temps de relire le mémorandum sur « l’organisation d’un régime d’union fédérale européenne »***ƒ d’Aristide Briand (ou plutôt d’Alexis Leger) de... mai 1930 !

Nous devons nous réapproprier le projet Europe. J’espère simplement que ceux qui désirent ardemment que tous les Européens vivent ensemble se feront le plus entendre...

* PECO : Pays d’Europe centrale et orientale
** UEO : Union de l’Europe occidentale
***ƒ Je vous renvoie à ce site si vous souhaitez avoir plus d’informations à ce sujet : http://www.ellopos.net/politics/leger-memorandum.htm


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35 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 10 janvier 2007 11:12

    Ce texte ne contient pas d’information nouvelle, mais rappelle l’historique d’une manière pondérée et positive. Ce n’est pas inutile.

    Comme l’a bien souligné Johan dans un historique récent, le tort a été d’utiliser l’UE comme un outil de politique étrangère, en particulier vis à vis de l’est, avant qu’elle n’ait une nature et une substance définies. Nos gouvernements, et en particulier le gouvernement allemand, l’ont donc déjà dépensée à crédit. Il est effectivement plus que temps de commencer à se demander ce que l’on veut en faire.


    • Johan Johan 10 janvier 2007 14:20

      Merci Forest.

      Pour ceux que ça intéresse :

      http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=15709

      http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=15711

      Et je copie colle deux commentaires d’un article de S. Reboul.

      par Johan (IP:xxx.x3.178.10) le 21 décembre 2006 à 22H40 « penser que le non à l’économie de marché libre et non faussé (donc pour une économie non libre et faussée) »

      Sophisme. On peut vouloir une Europe qui assume la nécessité de réguler un marché correctement, qui n’incite pas aussi ouvertement au dumping notamment fiscal, social...

      Vous voulez réconcilier les français avec l’Europe ? Quelques propositions...

      Cesser de se cacher derrière l’Europe pour toutes les réformes impopulaires, et se moquer de ses directives quand ça nous arrange (OGM). Mais on s’en fout : les décideurs ne sont pas les payeurs. Et qui c’est qui paie, qui paie, qui paie ? c’est la France qui paie.

      Couvrir correctement l’activité de ses institutions, notamment dans les medias. L’Europe est imperméable aux français, ce qui n’est pas le cas dans d’autres Etats membres.

      Revenir sur l’abandon en 94 de la clause de préférence communautaire, l’Europe est ouverte aux 4 vents quand les autres zones économiques savent jouer avec le protectionnisme (qui n’est pas interdit par l’OMC du moment qu’il n’y a pas de différent traitement des parties aux douanes) : les USA ont protégé leurs acieries le temps de se moderniser, afin d’éviter la casse sociale, et de former leurs équipes aux nouvelles méthodes de production. Nous sommes passés de plus de 4% de droits de douanes à moins de 1,4% aujourd’hui. Nos entreprises ne PEUVENT PAS etre compétitives face aux esclaves chinois, et autres Etats manufactures qui organisent en leur sein des zones franches de taxes, de droits sociaux, et qui de surcroit mettent la police et l’armée a disposition pour mater les émeutes.

      Créer des syndicats européens forts, comme contre-pouvoirs indispensables aux firmes trans nationales.

      « La résurrection du TCE parce que, après comme avant le 29 mai 2005, celui-ci est une nécessité pour réguler la mondialisation, s’impose donc comme une réalité incontournable contre tous les rêves nationalistes obsolètes. »

      Le TCE ne garantissait rien de cela, il favorisait les coopérations renforcées, mais surtout les free riders qui n’avaient pas intérêt à y participer, tout en continuant à profiter de l’espace de libre échange de biens, de capitaux, de services. L’Europe du TCE n’oppose pas de limite aux exès de la mondialisation mais en est le cheval de Troie.

      Offrons un avenir aux peuples de l’Est, qui ont mérité mieux après 40 annnées de dicature communiste qu’une vie misérable dans leur pays et l’obligation de s’expatrier loin de leur pays, de leur famille, de leurs amis, pour gagner un salaire décent.

      Aucun des candidats ne propose de projet ambitieux, àla hauteur des espérences des europhiles, dont je suis, qui espèrent un avenir meilleur pour nos peuples.

      Il faut fermer les frontières économiques de l’UE aux produits faits par des esclaves, en instaurant une barrière anti dumping social. Nous avons la possibilité de bâtir un espace économique polyvalent, avec des aspirations politiques convergentes, et nous sommes en train de rater le coche.

      Pendant ce temps, la Russie et les USA jubilent.

      http://www.agoravox.fr/tb_rece...

      http://www.agoravox.fr/tb_rece...

      Et la qualité de la main d’oeuvre de l’Est leur est inutile : leurs jeunes avec qui j’ai partagé un été à Londres, quittent leurs pays à la recherche d’un avenir que nous ne leur offrons pas.

      Ce n’est ni du souverainisme, ni du socialisme marxisant, encore moins du social nationalisme, nous devons créer les conditions qui rendront possible un modèle économique et social européen. Si les courants cités ci dessus que nous combattons de deux voix discordantes mais avec la même conviction gagnent du terrain, c’est qu’aucune VISION n’est offerte aux peuples d’Europe. Il faut être ambitieux, ou nous ferons exploser l’Europe et elle prendra comme issue de secours le fascisme.

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      commentaire constructif ? 5

      > Chronique d’un retour annoncé du TCE par Johan (IP:xxx.x3.178.10) le 21 décembre 2006 à 22H55 Sinon, je ne vois pas de problème a parler d’un marché non faussé tant qu’il s’agit de Droit de la concurrence (je n’aurais pas suivi les éudes que j’ai fait autrement).

      En ce qui concerne le marché libre, il faut voir.

      Si libre signifie laisser profiter des infrastructures mises en place par la France, et avec l’argent des français, afin que l’on ait tous ou presque dans ce pays des services publics aussi indispensables que les routes, les chemins de fer, l’électricité, le gaz,... même si ce n’était pas rentable, et dans le but d’assurer l’égalité des citoyens...

      Résorber ce que l’on appelle les marchés incomplets a un coût, tout comme pallier à l’insuffisance d’un bien public (nourriture, médicaments...), tout comme garantir un sécurité d’appovisionnement et de réparation, tout comme résorber les asymétries d’information, tout comme assurer des services gratuits pour tous, payés par la collectivité, tout comme assurer la méritocratie par le biais de concours de la fonction publique etc.

      Tout ceci a un coût qui NE PEUT PAS être supporté par une entreprise publique en concurrence avec d’autres entreprises qui n’ont pour seul but que le profit. Non que ces dernières n’ont pas leur place, mais elles ne sauraient entraver les services publics par une concurrence déloyale, et en profitant des infrastructures qu’il a bien fallu entreprendre, et qu’il faut bien amortir.

      Eh, pas compliqué de faire une ligne TGV Paris Marseille, plus rentable que la SNCF en général, mais on accepte que le reste de la France ne soit plus autant desservie.

      Si libre signifie que l’on peut entreprendre librement, oui, oui et re oui ! Ca doit rester le principe dans un Pays libre. Mais il ne faut pas tout sacrifier pour celà : on aurait une victoire à la Phyrrus.


    • (---.---.229.236) 10 janvier 2007 20:08

      « Nos entreprises ne PEUVENT PAS etre compétitives face aux esclaves chinois, et autres Etats manufactures qui organisent en leur sein des zones franches de taxes, de droits sociaux, et qui de surcroit mettent la police et l’armée a disposition pour mater les émeutes. »

      Tiens, un flot de connerie !

      C’est dur, l’économie, hein ?

      Alors voyons un peu parmis cet ama de bêtise :

      -Les chinois seraient plus productifs que les occidentaux

      Un ouvrier Américain est 28 fois plus rentable qu’un ouvrier chinois.

      -Faut pas laisser entrer ceux qui viennent d’un pays mieux gérer que le notre

      Donc, interdiction pour les entreprises « françaises » d’exporter vers les USA, la RFA, la GB, le Japon, etc, etc ??

      Ah Ah Ah AH !!!!

      Lepéniste, va !


    • Johan Johan 10 janvier 2007 22:19

      Salut Adolphos,

      « Tiens un flot de conneries »

      Au passage, tiens ta langue quand même, on a évité les injures jusqu’à présent, ce serait dommage.

      « Un ouvrier Américain est 28 fois plus rentable qu’un ouvrier chinois. »

      Coût de la main d’oeuvre dans l’industrie manufacturière en dollar par heure, charges sociales incluses Pays

      1990 1995 2000 2001

      Etats-Unis 14,9 17,2 19,7 20,3

      Japon 12,8 23,8 22,0 19,6

      Europe des 15 17,2 21,8 18,5 18,4

      Allemagne
      -  30,3 23,0 22,9

      Royaume-Uni 12,7 13,8 16,4 16,1

      France 15,5 19,4 15,7 15,9

      Italie 17,5 16,2 14,0 13,8

      Espagne 11,4 12,8 10,8 10,9

      Pologne
      -  2,8 4,1

      Hongrie
      -  2,6 3,4

      République tchèque
      -  2,2 3,0

      Corée 3,7 7,3 8,5 8,1

      Hong Kong 3,2 4,9 5,6 6,0

      Taiwan 3,9 5,9 5,9 5,7

      Chine

      -  0,5 0,4

      Inde

      -  0,3 0,3

      Brésil

      -  3,6 3,0

      Mexique 1,6 1,7 2,1 2,3

      source : Ministère américain du Travail

      Ok donc tu vas m’expliquer pourquoi, s’il est 28 fois plus rentable qu’un ouvrier chinois, le travailleur américain voit son boulot délocalisé en Chine, ou dans une zone franche mexicaine.

      Tu vas aussi m’expliquer comment garder sur son territoire l’activité quand les économies sur les coûts de production sont largement plus grandes que celles sur la qualité, sur l’absence de frais de douane (1,4% seulement aux frontières de l’Europe).

      « Faut pas laisser entrer ceux qui viennent d’un pays mieux gérer que le notre »

      Je n’ai pas dit ça. Il y a une concurrence loyale, et une concurrence déloyale. La concurrence déloyale est à bannir. Or le dumping est une concurrence déloyale, qui d’ailleurs ne profite pas au consommateur puiqu’alors que les importations croîssent chaque année, les prix des biens manfacturés ne baissent plus.

      « LePéniste va ! »

      Non. Pas du tout. A la limite, Chevènementiste ça me va pas trop mal en ce qui concerne l’Europe, quoique je suis plus europhile qu’il n’en donne l’air.

      L’Economie, c’est pas si compliqué. Tu as entendu parler de l’échange de similitudes ?

      L’OMC n’interdit pas non plus le protectionnisme ? C’est du zèle qu’à fait l’UE en renonçant à la clause de préférence communautaire.


    • (---.---.229.236) 11 janvier 2007 07:40

      « Ok donc tu vas m’expliquer pourquoi, s’il est 28 fois plus rentable qu’un ouvrier chinois »

      Parce qu’aux USA, il y a des riches, donc du capital.

      « Or le dumping est une concurrence déloyale, »

      Dumping ? Dumping c’est vendre à perte. Les ouvriers chinois sont payé, les entreprises chinoise gagne de l’argent, il n’y a pas de dumping, seulement de la concurence, qui secout les types qui pressuraient les clients.

      « les prix des biens manfacturés ne baissent plus. »

      Bien, et vérifis ca sur le prix des écran plats depuis 10 ans, on verra aprés..

      « L’Economie, c’est pas si compliqué. »

      Avantage comparatif ? Par ailleur, lire « Made in monde », ca change du baratin fumeux de l’idéologie sur la « mondialisation qui va tous nous tuer ».

      « L’OMC n’interdit pas non plus le protectionnisme ? »

      L’OMC colle des amendes en cas de protectionisme, Bush en sait quelque chose..


    • Johan Johan 11 janvier 2007 08:23

      A Adolphos,

      « Parce qu’aux USA, il y a des riches, donc du capital. »

      Justement, grâce au dumping (monétaire, social, fiscal...) maintenant du capital en Chine, il y en un paquet. On peut presque parler de situation de surinvestissement.

      « Dumping ? Dumping c’est vendre à perte. Les ouvriers chinois sont payé, les entreprises chinoise gagne de l’argent, il n’y a pas de dumping, seulement de la concurence, qui secout les types qui pressuraient les clients. »

      En réalité le dumping recouvre des situations diverses. Il s’agit de vendre à perte, ou defaire payer plus cher ses compatriotes que les étrangers. Par exemple quand l’Etat français subventionne une entreprise pour qu’elle se maintienne, c’est du dumping : on transfert des coûts à la communauté (comme si elle payait plus cher ses produits, via les taxes en l’occurence). De même, la sous évaluation du Yuan est une forme de dumping : on va payer les ouvriers en monnaie de singe juste pour attirer encore d’avantage les investissements (au point que ça peut devenir rentable). En France, on pratique couramment le dumping judiciaire : il n’y a pas d’action de groupe, donc une quantité importante de petits dommages causés par les entreprises ne sont pas réparés. Le dumping peut également être écologique : on va ignorer la nécessité de limiter les émissions polluantes qui touchent l’athmosphère que nous avons en commun pour ne pas entraver les entreprises. Autre exemple de dumping fiscal au sein même de la France : les collectivités locales réduisent leurs taxes pro et augmentent leurs taxes d’habitation pour attirer les entreprises, au point que la taxe pro est tirée partout par le bas. C’est le contribuable qui paie les charges de l’entreprise, et c’est ce qu’on appelle aussi du dumping.

      La définition de ce mot s’est élargie avec le temps. Pour t’en convaincre, écoute l’édito de JM Sylvestre sur Inter de lundi (en podcast). Je veux bien être critiqué, mais il connaît son métier ! Et on ne va pas le suspecter de gauchisme ou de Lepenisme à qui mieux mieux ;)

      « Bien, et vérifis ca sur le prix des écran plats depuis 10 ans, on verra aprés. »

      On peut aussi parler de l’informatique qui semble hyper concurrentielle. Il faut dire que les technologies ont été distillées au compte goutte pour maximiser le profit tellement longtemps.

      Les produits audiovisuels ont divisé leurs prix par deux (leur durée de vie est aussi nettement moindre, mais bon c’est un autre sujet), mais la tendance, je te confirme, est à la stagnation des prix des biens manufacturés depuis 2 ans. Quand SEB délocalise, tu paies moins cher ton autocuiseur, toi ?

      Je connais la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, et celle des avantages absolus de Smith. Les deux tendent à une division internationale du travail.

      Il y a plusieurs précisions à y apporter. L’expérience a montré que ce sont les échanges de similitudes qui apportent une concurrence saine. La libre circulation des capitaux et l’abaissement des douanes conduit à un dumping effreiné aux dépends du citoyen et du consommateur.

      Pourquoi être europhile ? Parceque nous pouvons créer une zone économique dynamique, avec un marché intégré, et une forte compétition interne, avec des normes fiscales, sociales et environnementales efficaces et uniformes.

      Les Etats Européens dont certains ont connu les horreurs du communisme, du fascisme et du nazisme, ont un idéal de développement comun, et un soclede valeurs partagé. Le dumping en Europe sera forcément limité, sauf s’il est intrinsèquement incité.


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 10 janvier 2007 11:40

      Il ne faut pas être consterné, si on avait demandé aux peuples d’Europe s’ils voulaient de cette entrée, tout le monde l’aurait refusé.

      Il faudrait plutot être content.


      • Bill Bill 10 janvier 2007 12:31

        L’euroland c’est la négation des différences et de la culture européenne. L’euroland n’a de sens que s’il opère au niveau économique, et encore ! Tout le reste peut et doit se faire entre ètat, comme c’est déjà le cas pour la recherche.

        Bill


        • ZEN zen 10 janvier 2007 12:45

          Le problème était là dès l’origine : absence de projet.Monet, Schuman, De Gaspéri visaient une unification par le seul moyen économique, avec les objectifs d’après-guerre : rendre les économies interdépendantes pour que surgissent du fait même des institutions politiques, comme par génération spontanée.. ; puis les seules lois du marché ont fini par s’imposer, et maintenant Mme Merkel veut ressérer les liens avec les Usa...


          • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 13:01

            @ Zen

            « rendre les économies interdépendantes pour que surgissent du fait même des institutions politiques »...

            N’oublions pas qu’ils voulaient surtout rendre les économies interdépendantes pour éviter de nouvelles guerres européennes. Ils ont provisoirement réussi, mais il est vrai que l’Europe n’est plus qu’un hypermarché sans âme qui ne fait plus bander personne sinon les pays nouveaux arrivants qui rêvent des fonds structurels de l’UE pour se développer alors qu’ils vont se faire bouffer par l’hypercapitalisme financier et actionnarial mondialisé.

            Je remets un lien sur Maurice Allais et l’Europe.


          • ZEN zen 10 janvier 2007 13:37

            @Marsu

            Je me demande comment un économiste comme Allais peut tenir un tel discours, alors qu’il est un disciple de Walras, un monétariste pur et dur..C’est pour moi un mystère. J’espère qu’un brillant économiste pourra m’éclairer...et éclaicir ce paradoxe.


          • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 14:26

            @ Zen

            Faut dire que Maurice Allais ne recule devant aucun paradoxe dans tous les domaines qu’il aborde...

            Et puis après tout le réel est paradoxal...


          • Bill Bill 10 janvier 2007 18:57

            Marsupilami

            Ton lien sur Maurice Allais et l’Europe ne fonctionne pas ! Peux tu le replacer ?

            Merci

            Bill


          • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 19:22

            @ Bill

            Pour moi mon lien fonctionne (j’ai vérifié). Mais ça dépend peut-être des navigateurs ?


          • Bill Bill 10 janvier 2007 19:38

            Décidément je n’arrive pas à l’ouvrir ! Tu pourrais mettre l’adresse en ligne ?

            Merci

            Bill


          • Forest Ent Forest Ent 10 janvier 2007 22:06

            Les divagations d’Allais sur la physique sont effectivement bien navrantes. smiley


          • LaEr (---.---.126.214) 10 janvier 2007 13:33

            Quand j’étais enfant, on parlait beaucoup de l’Europe des 12. On pouvait alors très bien s’imaginer, même à 9 ou 10 ans, ce que cela représentait : des pays « frêres », très proches de nous, et on les connaissait tous (bien souvent pour leur avoir fait la guerre, mais bon :D ). Maintenant que mes 26 printemps sont presques passés, on se retrouve à une Europe de .... combien déja ???? :D.

            Je suis peut-être quelque peu réducteur, mais les derniers élargissements ont surtout permis d’introduire dans nos frontières Européennes des régions de travailleurs « à pas cher », pour faciliter encore un peu la délocalisation qui restera alors intra-européenne... L’Europe a voulut grandir trop vite, et montre déja ses limites... Les espoirs des premiers projets Européens sont morts avant d’avoir pu se concrétiser...


            • Michael (---.---.65.73) 10 janvier 2007 13:58

              Pour complément d’info accédez au lien ci-dessous...(vraiment indispensable).

              Et après ça vous m’en direz des nouvelles de votre si belle EU de m...

              Titre : Un ancien dissident soviétique met en garde contre une dictature de l’Union Européenne

              http://fr.altermedia.info/general/un-ancien-dissident-sovietique-met-en-garde-contre-une-dictature-de-lunion-europeenne_10064.html

              Bonjour à vous tous dans votre vortex 1984 en formation.


              • ZEN zen 10 janvier 2007 14:18

                @Michael

                Trés drôle, ton lien.Cela ferait rire Mme Merkel...Un extrait :

                « Ces documents confirment l’existence d’une « conspiration » pour transformer l’Union Européenne en une organisation socialiste. »


              • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 14:37

                Ouaf !

                Excellent lien, oui. Tellement drôle que n’en fais un autre dans le même genre.

                Damned ! Nous sommes donc en Europe dans un hypermarché socialiste au bord du goulag ?


              • Bill Bill 10 janvier 2007 19:06

                @ Marsupilami

                Ce qui est intéressant dans ce lien, c’est qu’il fait une comparaison qui n’est pas si loufoque ! Les racines de l’euroland sont-elles viables à long terme ?

                Tu connais surement mon scepticisme sur l’euroland... Je crois que l’euroland ne peut pas accoucher de quelque chose de vraiment bon, sauf par une modification franche de sa façon de fonctionner !

                C’est une bonne expérience, mais dans l’état et si nous continuons ainsi, cette expérience deviendra un véritable cauchemar. La nation est un cadre naturel, pas cette formation économique artificielle, qui ne remplacera pas la nation. C’est comme un mariage d’argent, quand les intérets ne sont plus là, on divorce et on se dispute, violemment parfois !

                Bon, voila, bien à toi et merci pour le lien sur Allais...

                Bill


              • (---.---.230.191) 10 janvier 2007 15:12

                « Je suis consterné par l’indifférence quasi générale avec laquelle nous avons accueilli la Roumanie et la Bulgarie le 1er janvier 2007, comme si nous étions las d’élargissements à répétition »

                NOUS SOMMES LAS !

                - Vive une Europe dynamique et unie
                - Non à un gros tas mou
                - Vive une Europe qui aurait une capacité de leadership
                - Non à une usine à gaz sans avenir

                IL FAUT UNE REALITE POLITIQUE A L’EUROPE


                • ZEN zen 10 janvier 2007 16:31

                  Une Europe sans projet ?

                  Un récent débat sur la question :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17217


                • Alexian (---.---.150.51) 10 janvier 2007 17:01

                  Tu oublies de préciser que ce n’est pas l’Europe qui a décidé d’intégrer la Roumanie et la Bulgarie, mais, unilatéralement la commission Européenne ! Et si l’on avait demandé aux peuples Européens, je crains que la réponse ait été : NON ...Donc, il est normal que personne ne parle de ces 2 dernières « intégration » ... ou plutôt devrais-je dire « désintégration ». Le Rêve, c’est comme la Démocratie cela ne s’impose pas aux Peuples ...cela se sucite ...J’ai l’impression que ce que l’on reproche à l’Amérique, nos Politiques Européens agissent de la même sorte ... L’eUrope va finir par devenir un « cauchemard » pour ceux qui y resteront ...


                  • panama (---.---.198.59) 10 janvier 2007 17:38

                    Le projet européen actuel est-il dominé par les questions politiques (la « grande » Europe) ou économiques (le « low cost » de l’est) ?

                    L’Europe financière est faite, quant à elle, depuis longtemps.

                    Peut-être une question de flux et de reflux entre les deux points de vue. Je pense par exemple, que l’intégration de la Turquie à l’UE est purement économique.

                    Je pense également que le tour de vis actuel de l’immigration en général prépare largement l’espace européen à de grands mouvements migratoires intra-UE.


                    • Citoyen ordinaire 10 janvier 2007 22:47

                      « Deception » en anglais signifie tromperie. C’est dans ce sens que je comprends le sens de votre article, « L’Europe du rêve à la duperie »


                      • Francki (---.---.230.156) 10 janvier 2007 23:25

                        Reprenons le pouvoir avec NEWROPEANS aux prochaines élections européennes ! http://www.newropeans.eu


                        • ZEN zen 11 janvier 2007 08:22

                          NEWEUROPEANS

                          Je suis allé sur votre site. Quelques propositions intéressantes sur le plan politique et institutionnel, mais étrange silence sur les grands choix économiques...Si j’ai bien lu.


                        • www.jean-brice.fr (---.---.148.182) 11 janvier 2007 09:20

                          L’Europe de Jean MONNET et Robert SCUMANN en a pris un coup le 29 Mai 2005 : en fait, c’était à prévoir depuis la chute du mur. Cette Europe technocratique était en conflit permanent avec l’HISTOIRE ... On ne peut faire un super état avec des NATIONS qui, pour certaines ont mille ans d’Histoire et d’autres à peine deux cents ans ! Nous ne sommes pas aux USA sur un territoire vierge ou presque ... La seule manière de faire un commencement d’action commune est d’avoir des dirigeants qui aient UNE CULTURE HISTORIQUE, ce qui n’est pas le cas actuellement ; donc, il nous faut commencer par renouveler les classes dirigeantes européennes qui sont actuellement les descendants du vichysme pour la France, du nazisme pour l’Allemagne, du fascisme pour l’italie, etc : lourde tache qui ne se fera pas sans douleur. La France a heureusement le GAULLISME qui est bien vivant dans la mémoire collective des Français, n’en déplaise à M. René REMOND !!!


                          • krokodilo (---.---.209.141) 11 janvier 2007 18:36

                            Comme l’autre article d’aujourd’hui sur l’Europe, vous oubliez le problème de la langue. Si à sa création et dans les années qui ont suivi, il était (relativement) imaginable que le problème du barrage linguistique entre européens se voie réglé une fois tous les européens devenus trilingues, cette illusion a vite montré ses limites dans l’Europe des 25.

                            Une analogie : que serait la France si tous les français ne pouvaient se comprendre ? Si le parlement était truffé d’interprètes et si, lorsque manqueraient des interprètes corse-breton, on passait par une langue pivot, corse-occitan suivie d’une retraduction occitant-breton ? parce que le fonctionnement de l’UE, c’est ça ! Ou plutôt c’est ce qu’on veut nous faire croire, car en réalité, c’est l’anglais, de plus en plus.

                            La vraie question est : voulons-nous de l’anglais comme lingua franca de l’Europe ? Car c’est vers ça que nous conduisent nos dirigeants sans oser nous le dire, avec la complicité de nos « élites » françaises qui, pour la plupart, ont abandonné toute idée de défense de la langue française, et vont jusqu’à accepter silencieusement (honteusement ?) qu’on finance France 24, une télé en anglais. Tout article qui traiterait du fonctionnement de l’UE sans évoquer ce difficile problème de la barrière des langues occulte une difficulté majeure.

                            On lit toujours que l’Europe n’a pas d’âme, qu’il manque un projet fédérateur, etc. Le projet, le voilà : pour donner une âme à l’Europe, donnons-lui une langue auxiliaire commune : l’espéranto, dans un vrai respect de la diversité des langues et des peuples, ou chacun fait un pas vers l’autre, alors qu’avec l’anglais, les non-natifs seront toujours en situation d’infériorité, aussi bien dans un contexte professionnel que dans une simple conversation. Sinon, ce sera l’anglais, prochainement commencé au cours préparatoire à un âge où le français est très loin d’être acquis...

                            On court vers notre perte tout en marchant sur la tête, ce qui n’est pas facile, avouons-le !


                            • www.jean-brice.fr (---.---.240.80) 13 janvier 2007 21:49

                              Ce n« est pas seulement l’anglais que nos »élites" veulent nous imposer, c’est carrémént la CIVILISATION ANGLO-SAXONNE, faite actuellement de FLEXIBILITE, c’est à dire de PRECARITE et de PAUVRETE pour que quelques elites WASP puissent s’enrichir avec leurs affidés ...


                              • petra klingbeil (---.---.161.213) 14 janvier 2007 21:15

                                j’aimerais savoir quelque chose sur l’identité de l’auteur de cet article. Qui se cache derrière Esteban ? Merci, Petra Klingbeil


                                • Esteban 13 (---.---.154.216) 14 janvier 2007 22:47

                                  Bonjour Petra, Je suis l’auteur de cet article. Que voulez-vous savoir à mon sujet ?


                                • (---.---.155.19) 6 février 2007 20:37

                                  La Roumanie et la Bulgarie sont des pays qui ont connu bien des vicissitudes : le voisin ottoman les a martyrisé 5 siècles en les pillant, les réduisant à l’esclavage, pratiquant la conversion forcée, l’ enlèvement des enfants masculins pour le corps des janissaires, des filles pour les harems, en pratiquant un génocide culturel. Après le joug inhumain ottoman, ils ont connu la désespérance communiste. Il est temps que l’UE leur offre un peu d’espoir. Amicalement


                                  • draggi (---.---.11.110) 10 février 2007 00:29

                                    La Roumanie et la Bulgarie sont des pays qui ont connu bien des vicissitudes le voisin ottoman les a martyrisé 5 siècles en les pillant....

                                    Oui mais il y a eu aussi :
                                    - La serbie
                                    - La macedoine
                                    - L’albanie
                                    - Une bonne moitié de l’espagne, et tous les pays nord africain.

                                    Pour moi la seule bonne raison de l’entrée de la bulgarie et de la roumanie, sans pour autant y etre hostile, loin de là, est le fameux pipeline qui va être mis en service en 2010, et qui va donner une bonne garantie que le petrole et le gaz affluerons sans trop de soucis jusqu’à chez nous, en même temps les gros groupe profierons d’une main d’oeuvre pas chère et pas trop loin.

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