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Accueil du site > Actualités > Europe > L’Europe ne marche pas ? C’est parce qu’il n’y a (...)

L’Europe ne marche pas ? C’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe !

En osant comparer les méthodes de l’Union européenne avec celles de l’URSS, comme l’avait déjà fait avant lui l’ancien dissident soviétique Vladimir Boukovsky, le président tchèque Vaclav Klaus a essuyé les insultes et les huées d’eurodéputés majoritairement hostiles.

Pourtant, la comparaison n’est pas idiote. Bien au contraire, si elle suscite l’agacement, c’est qu’elle est cruellement vraie.
Dans leur façon de faire face aux difficultés, qui confine au déni de réalité, les dirigeants de l’Europe de Bruxelles empruntent en effet de plus en plus à leurs homologues de l’ex-Union soviétique.

Si le communisme ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de communisme, disait-on hier.
Si l’Europe ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez d’Europe, dit-on aujourd’hui avec la même conviction.

Suivant ce raisonnement, l’échec de l’euro ne doit pas amener à réfléchir à l’opportunité de conserver une monnaie unique, mais s’explique forcément par le manque d’Europe.
Que la zone euro soit la première du monde à être entrée en récession, avant les pays européens hors euro, qu’elle connaisse la dépression la plus forte du monde, avant même les Etats-Unis, et qu’elle sorte de 10 ans de croissance la plus faible du monde tient forcément au MANQUE d’Europe.

Même réponse aux objections pourtant construites d’un Prix Nobel d’économie Paul Krugman.

Le premier ministre luxembourgeois, l’inénarrable Jean-Claude Junker, excelle dans cette fuite en avant. Il a une solution à l’échec de la monnaie unique : la mise en commun d’une partie des dettes des Etats membres de la zone euro, gérées par une nouvelle agence, qui émettrait des "eurobligations"...
L’Allemagne ajoute une couche en affirmant la main sur le coeur qu’elle "se montrerait en capacité d’agir pour stabiliser les pays de la zone euro qui rencontreraient des difficultés avec leurs dettes".
Embrassons-nous, Folleville ! L’Allemagne n’a plus un sou en poche, son commerce extérieur plonge lui-aussi, ses entreprises s’effondrent (25 000 suppressions de postes viennent d’être annoncées chez Opel), ses banques sont exsangues, mais tout est préférable, même les promesses les plus intenables, à l’idée qu’on aurait pu se tromper.

Et si la solution raisonnable était plutôt de revenir au réel, de détricoter le tricot européen, mal fichu, percé de toutes parts, qui gratte et qui est plutôt vilain ?
Pourquoi toujours chercher à aller plus loin quand tout indique qu’on se trouve sur la mauvaise direction ?
Si le problème numéro 1 de l’euro, c’était l’euro ? Des Prix Nobel le disent, des économistes de plus en plus nombreux l’écrivent, à l’instar de Jacques Sapir ou de Jean-Luc Gréau, une monnaie unique pour tant de pays si différents n’est pas viable. Paul Krugman a encore tout récemment prévenu : en restant dans l’euro, les pays qui souffrent le plus n’auront pas d’autres choix que de réduire fortement les salaires pour éviter une explosion du chômage.

Mais non, tout cela ne compte pas. La seule faiblesse de l’Europe, c’est le manque d’Europe.
Demain ça ira mieux, promis. Et si ça ne va pas mieux, c’est qu’on ne sera pas encore allé assez loin. Après-demain alors, promis, ça ira mieux. Enfin, normalement...

http://www.levraidebat.com


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33 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 24 février 2009 11:18

    Je suis bien d’accord avec vous sur le fait que l’UE soit une nouvelle URSS mais pas pour les mêmes raisons. Elle est une nouvelle URSS car on y applique le Centralisme Démocratique, c’est à dire une pyramide d’élections et de nominations qui font qu’au sommet se trouve une petite nomenklatura intouchable qui s’auto-alimente par cooptation. Ce système est inévitable car ils veulent mettre en place un gouvernement supranational gérant aussi bien des Maltais que des Lettons tout en donnant une illusion démocratique. Il n’y a qu’une dictaure pour tenir de telles différences dans un même cadre législatif.

    Nous arrive sur la gueule des contraintes en séries pour lesquelles nous n’avons jamais été consultés. Dans quel programme politique a-t-on annoncé l’ouverture de l’UE à n’importe qui, à l’Ukraine, à la Turquie et à l’Israël ? Dans quel programme politique a-t-on annoncé la réécriture des codes civils pour arriver à uniformiser les peuples d’Europe ? Dans quel programme politique a-t-on vanté les bienfaits d’une immigration massive et l’interdiction pour les européens de défendre leurs intérêts chez eux ? Dans quel programme politique a-t-on expliqué qu’on allait mettre en concurrence libre et non faussée les travailleurs européens avec ceux du Lesotho, du Congo ou de Chine ? Citez-moi le nom d’une seule personne s’étant présenté à un élection avec ce programme ?

    Sur toutes ces questions fondamentales, les peuples n’ont jamais été consultés. Au mieux on a posé une seule question qui ne veut rien dire : Etes-vous pour ou contre l’Europe ?


    Cette Europe de merde nous détruit tous les jours un peu plus et il faut espérer que la crise économique actuelle, bien qu’on va le payer trés cher, provoquera son éclatement.


    Le seul point positif de l’UE d’aujourd’hui est l’existence de l’Euro. Sans cela, avec les guignols qui nous gouvernent, nous aurions déjà 25% d’inflation en France.


    • beubeuh 24 février 2009 14:36

      Dans quel programme politique a-t-on annoncé l’ouverture de l’UE à n’importe qui, à l’Ukraine, à la Turquie et à l’Israël ? => aucun, mais comme un seul de ces trois pays (la Turquie) a entamé des négotiations d’adhésion (il y a plus 40 ans, et pourtant il n’est toujours pas dit qu’elle rentrera dans l’Europe), difficile de hurler à l’arnaque.

      Dans quel programme politique a-t-on annoncé la réécriture des codes civils pour arriver à uniformiser les peuples d’Europe ?=> Cette réécriture n’existant que dans vos fantasmes, aucun programme politique n’y a bien sûr fait allussion. Pour l’instant il n’existe qu’une proposition sur le droit des contrats...il y a des arguments pour et des arguments contre, on verra ce que ça donne mais les chances qu’elle soit acceptée sont bien minces.

      Dans quel programme politique a-t-on vanté les bienfaits d’une immigration massive et l’interdiction pour les européens de défendre leurs intérêts chez eux ? => La politique migratoire et le droit des étrangers sont des champs législatifs qui n’entrent pas dans le cadre de la compétence communautaire, la souveraineté est totale dans ce domaine. Reste la libre circulation des travailleurs dans l’UE, mais quand la France a réclamé des restrictions dans ce domaine (pour les Polonais, notamment), elle les a obtenu sans difficulté.

      Dans quel programme politique a-t-on expliqué qu’on allait mettre en concurrence libre et non faussée les travailleurs européens avec ceux du Lesotho, du Congo ou de Chine ? => dans celui de Sarkozy, élu par 53% des Français.

      Citez-moi le nom d’une seule personne s’étant présenté à un élection avec ce programme ? Difficile à dire, mais dites-moi, vous imaginez sans doute que les hommes politiques qui font le contraire de ce qu’il disent sont une exclusivité européenne. Tout cela n’arriverait bien sûr jamais si la France n’était pas membre de l’UE...


    • Internaute Internaute 24 février 2009 15:36

      Je vous renvoie au TCE, repris dans le Traité de Lisbonne, Partie III, Chapitre IV, Section 2 « Politiques relatives aux contrôles aux frontières, à l’asile et à l’immigration » qui vise à faciliter celle-ci. Plus particulièrement l’article III-266 alinéas 1 « L’Union développe une politique commune en matière d’asile, de protection subsidiaire et de protection temporaire visant à offrir un statut approprié à tout ressortissant d’un pays tiers nécessitant une protection internationale et à assurer le respect du principe de non-refoulement.... »

      Bien avant cela, l’immigration massive avec interdiction de se défendre était prévue dés 2003.

      ===========================
      Bruxelles, le 3.6.2003
      COM (2003) 336 final
      http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/dpi/cnc/doc/2003/com2003_0336fr01.doc
       
      COMMUNICATION DE LA COMMISSION
      AU CONSEIL, AU PARLEMENT EUROPEEN,
      AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN
      ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

      sur l’immigration, l’intégration et l’emploi

      4.7 Lutter contre la discrimination
      Les immigrés sont trop souvent exposés au risque de discrimination. La Commission estime qu’il est non seulement important de soutenir les États membres dans la mise en œuvre des deux directives antidiscrimination susmentionnées, mais aussi de renforcer la lutte contre la discrimination, en :


      - sensibilisant le public aux législations communautaires et nationales interdisant la discrimination. À cette fin, une campagne d’information majeure, spécialement axée sur les employeurs et les travailleurs, sera lancée en 2003. La Commission rédigera par ailleurs un premier rapport sur l’égalité des sexes et la discrimination dans l’UE, en 2003 ;


      - impliquant les entreprises dans les pratiques non discriminatoires : outre la publication du Livre vert de la Commission sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) , la nécessité de promouvoir la diversité et des pratiques de recrutement responsables et de lutter contre la discrimination au travail sera approfondie dans le cadre du nouveau forum multipartite sur la RSE ;
      =======

      Vous remarquerez que les mesures gouvernementales récentes sur la "diversité" dans l’entreprise n’ont rien de française mais ne sont qu’une application de la directive européenne sus-citée.

      Quand au Code Civil je l’utilise comme terme générique de nos lois qui sont réécrites pour satisfaire au principe d’uniformité dans la médiocrité. Par exemple, les cyclistes doivent maintenant porter la chemise jaune partout en Europe. Les plaques des autos doivent supprimer tout signe national distinctif etc.



    • beubeuh 25 février 2009 00:32

      Avoir une politique commune ne signifie pas favoriser. D’ailleurs je vous signale que c’est bien l’Europe (et non la France) qui a voté des directives allongeant les durées de rétention des sans-papier, a instauré des fichiers de contrôles (le SIS) etc.

      Par ailleurs le fait que pour vous la discrimination soit nécessaire pour contrôler l’immigration est révélateur de votre état d’esprit.


    • Dolores 27 février 2009 07:33

      Personne non plus n’ a expliqué l’intérêt de la globalisation. On veut nous faire croire que le monde s’ en portera mieux.
      En fait cela cache la prise de pouvoir par les grandes industries par leurs dipersion dans le monde : Monsanto
      impose ses OGM et son Roundup partout, les industries pharmaceutiques peuvent faire des procès à des états afin qu’ils laissent mourir les gens faute de soins appropriés parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer.
      Et la misère croît partout

      L’Europe a les mêmes idéaux, d’ailleurs elle obéit aux incitations du seul état avec lequelle elle devrait être en concurrence : les USA l’ont fortement poussée à déreglementer, flexibiliser, délocaliser et rendre mobile au maximum.
      Et la misère croît chez nous et ailleurs.

      Malheureusement, l’endoctrinement a bien marché et un certains nombre de gogos est persuadé qu’il faut "plus d’Europe" pour que tout aille mieux.

      On est en train de mettre en place une dictature économiquequi sera bien plus cruelle que les dictatature auxquelles nous pourrions nous référer.


    • plancherDesVaches 24 février 2009 11:31

      Eternel débat... la perte de "souverainneté", qui vous gène.. ?

      P.Krugman a complètement raison : des pays qui sont indépendants depuis 4000 ans fonctionnent différemment.
      Mais, maintenant qu’ils sont sous une même monnaie, ils ne peuvent plus "laisser tomber" un autre pays.
      Et ça les empêche de faire n’importe quoi au niveau monétaire, notez. Parce qu’il y aurait des sacrés dégats.

      http://www.lesechos.fr/info/inter/4827951-l-etrange-debat-sur-l-eclatement-de-la-zone-euro.htm

      La Californie vient de licencier 20.000 fonctionnaires. Personne n’a baissé les salaires....
      Suivez bien ce qui va se passer au Royaume-Uni. Et demandez-vous pourquoi certains dans ce pays commençaient à parler de passer à l’Euro... smiley

      Vous êtes toujours Eurosceptique.. ? Dans pas longtemps, vous le serez moins.


      • plancherDesVaches 24 février 2009 15:00

        Puisque mon commentaire a l’air de ne pas plaire, développez, contrez-moi, argumentez... je n’attends que ça.


      • Gzorg 24 février 2009 15:25

        L’euro peu bien nous apporter quelques forces dans la tourmente financière, et je ne lui dirais pas merci car depuis 10 ans il n’a cessé de m’appauvrir.

        Le problème c’est les gens comme moi, qui ont connu le Franc et qui savent très bien ce qu’ils payaient à l’époque pour se loger , se nourrir, s’habiller...après 10 années ou le passage a l’euro nous a spolié d’environ 20 a 30% de nos finances , par une inflation déguisée en "nouvelle monnaie", il va nous aider un peu aujourd’hui ?

        Et quoi faut qu’on dise merci en plus ?

        Et venez pas me dire que l’euro n’y est pour rien dans l’appauvrissement des Français, j’y etais , je l’ai vu comme beaucoup de ma génération, c’est le passage a cette monnaie qui nous a fait perdre du pouvoir d’achat...et je ne parle pas de la porte ouverte a l’ultra libéralisme qu’il a contribué à ouvrir.

        J’ai voté oui a Maastricht , car à l’époque je croyais ce que l’on me disais sur l’Europe...aujourd’hui je m’en mord les doigts , j’ai vu la mise à mort de notre pouvoir d’achat par l’Euro, la mise à mal de notre démocratie après le référendum, j’ai vu aussi la perte de souveraineté qui fais qu’aujourd’hui l’Europe n’est même pas capable de nous protéger contre les OGM , bref j’ai vu naitre un monstre.

        Aujourd’hui je n’ai plus qu’une envie : Sortir de l’Europe , vite, très très vite avant que cette dictature ne finisse par tous nous mettre en cage.


      • plancherDesVaches 24 février 2009 15:52

        Gzorg, je ne suis pas encore trop vieux, et j’ai donc bonne mémoire.
        Sur l’aspect économique :
        Vous me parlez en ancien, ou nouveau franc... ?
        En effet, vous oubliez la perte de pouvoir d’achat de cette époque.... (sans dire qu’il a été réduit de 100, mais il s’agissait de diminuer le nombre de zéros, ce que n’ont pas fait les Italiens...)
        ET, il ne faudrait pas confondre les trentes glorieuses et les 15 "années de mise en place des circuits mondiaux de concentration de richesse" avec ce qui s’est passé par la suite.
        Ainsi, vous voyez bien que Notre Président a eu raison d’appuyer en partie sa campagne sur le pouvoir d’achat.... Puisqu’il ne fait que baisser.
        La crise vient un peu perturber le message, je reconnais.

        Sur la Démocratie :
        Là, bug.
        Bug car vu la diversité de fonctionnement des pays, un traité se doit d’être tellement général, qu’il en devient incompréhensible.
        Les arcanes de l’organisation interne aussi. Si ce n’est que le vote au 2/3 est encore quelque chose que j’ai défendu récemment et qui est ce qu’il y a de plus démocratique au monde. Et le plus difficile à obtenir, j’ai testé.
        Je remarque juste une chose : en Allemagne, lorsqu’une route ou un pont sont créés, les panneaux indiquant les subventions apportées notent l’Europe et le Land dans la même taille de caractères...
        En France, si l’Europe est notée, on a du bol. Cocorico !!!!!


      • dezanneau 24 février 2009 11:33

         A cause du titre, j’ai cru à un article de propagande...je m’époumone alors sur une Marseillaise vribante mais...mais non...
        L’Europe institutionnelle touche à l’influx nerveux des peuples, ça ne peut pas marcher...Juste un détail qui n’en est pas un :
        lors de la campagne de promotion de l’Euro, je regardais les cartes nous présentant les pays adhérant à ce système...quelle surprise de constater qu’on avait rayé de la carte certains pays n’adhérant pas, purement et simplement !...Il se trouve que j’ai fait des études de géographie et d’histoire, il existe maintes techniques graphiques pour représenter les choses, mais la forme rejoignant le fond ils ont choisi celle-là !Ca ne sentait pas très bon...(regardez vos pièces de monnaie, je parle depuis de "débandaison scandinave"...)
        Quelques années plus tard, le peuple français souverain vote contre un traité dit "de portée constitutionnelle", on a nié son vote, on nie donc son existence ! Il y a donc un danger énorme pour les populations !
        A rapprocher des dossiers de l’Otan, libéralisation de l’énergie, ogm (un fameux maïs rendrait stérile les souris à la 3em génération ?) etc...

        Les solutions à cette adresse http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com/


        • beubeuh 24 février 2009 14:00

          A rapprocher des dossiers de l’Otan, libéralisation de l’énergie, ogm (un fameux maïs rendrait stérile les souris à la 3em génération ?) etc.

          L’OTAN : Sarkozy a pris la décision d’y réintégrer la France tout seul comme un grand. Or il a été élu par les Français, que je sache.
          Libéralisation de l’énergie:et oui, quand ce sont des libéraux qui sont au pouvoir (en Europe comme dans la grande majorité des Etats membres, France comprise), ils libéralise. Parlez-en aux gens qui ont voté pour eux.
          OGM : Notre représentation nationale s’est avérée encore plus servile et soumise au lobby Monsanto que le Parlement européen.

          Mais c’est bien connu, tous les problèmes viennent de l’Europe, il faut vite en sortir et donner toutes les clés à notre classe politique si vertueuse !


        • Traroth Traroth 24 février 2009 12:11

          Le problème de l’Europe n’est pas un manque d’Europe, mais un manque de démocratie. Les décisions économiques engageant les états membres se prennent dans les institutions européennes, c’est à dire tout simplement hors de portée du contrôle démocratique. L’Union européenne est ainsi devenu un moyende court-circuiter la démocratie, en s’asseyant sur l’avis des citoyens. 

          Personnellement, j’adhère totalement à la vision des pères fondateurs : une fédération européenne, libre et démocratique, de l’Atlantique à l’Oural. Et ce n’est pas ce qui est en train de se construire.


          • beubeuh 24 février 2009 14:20

            Les décisions économiques engageant les états membres se prennent dans les institutions européennes, c’est à dire tout simplement hors de portée du contrôle démocratique.

            Et pourtant, les 5 années de présidence Barroso ont été des années d’affaiblissement considérable de la Commission Européenne,au bénéfice du Conseil. Ce dernier étant composé, je le rappelle, des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres, qui, jusqu’à preuve du contraitre, sont élus démocratiquement.
            Par ailleurs il faudrait aussi se poser la question de l’absence d’alternance politique au Parlement Européen (où la droite est majoritaire de manière continue depuis la création de cette institution il y a 30 ans). Ce dernier est pourtant bien élu au suffrage universel, non ?
            Reste bien sûr la question de la Banque Centrale Européenne, qui n’est soumise à aucun contrôle politique. Pour rappel lors de la présidentielle 2007, Royal s’était prononcée en faveur de l’instauration d’un tel contrôle, mais les Français ont voté pour Sarkozy (qui avait également clairement annoncé son intention de faire ratifier le traité de Lisbonne par le Parlement, élu quelque semaines après lui).
            Donc je m’interroge sur cette absence de contrôle démocratique...tout cela se passe quand même avec la bénédiction des électeurs.


          • Traroth Traroth 24 février 2009 14:25

            Ca reste à démontrer. Déjà, tous les dirigeants ne sont pas directement désignés par élection. Regardez le premier ministre britannique. Ensuite, les décisions du conseil européen se prennent également dans une certaine opacité, et surtout relèverait souvent du pouvoir législatif. L’executif s’arroge donc le pouvoir législatif, les parlements nationaux devenant de simples chambres d’enregistrement de ce qui a été "décidé à Bruxelles".


          • beubeuh 24 février 2009 14:46

            Ensuite, les décisions du conseil européen se prennent également dans une certaine opacité,

            Dites plutôt qu’elle n’intéressent pas les journaliste. Pour le reste, les décisions du Conseil sont rendues publiques sur internet et traduites dans toutes les langues.

            et surtout relèverait souvent du pouvoir législatif


            Vous soulevez là un vrai point, celui de la séparation des pouvoirs dans l’UE (où il n’y a guère que le pouvoir judiciaire qui soit réellement indépendant). Mais est-ce très différent au niveau national ? L’Assemblée Nationale et le Sénat sont-ils autre chose que des chambres d’enregistrement des décisions prises dans les cabinets Elyséens ? Pour le reste je souligne que le Traité de Lisbonne répond en partie à cette question en renforçant le contrôle exercé par le Parlement Européen et les Parlements nationaux.


          • Traroth Traroth 24 février 2009 23:01

            "Dites plutôt qu’elle n’intéressent pas les journaliste" : je ne dis pas non.

            "
            L’Assemblée Nationale et le Sénat sont-ils autre chose que des chambres d’enregistrement des décisions prises dans les cabinets Elyséens ?" : Elles en ont le pouvoir. Est-ce qu’elles l’exercent, c’est une autre question. A l’occasion, ça arrive, je dirais. Concernant l’Unio européenne, il n’y a tout simplement rien, le Parlement européen ayant un rôle symbolique.


          • beubeuh 25 février 2009 00:28

            Non le Parlement n’a pas un rôle symbolique, il a d’ailleurs le dernier mot dans les procédures qui relèvent de la codécision (qui impliquent à la fois le Parlement et le Conseil). Exemple le paquet télécom où le Parlement est en conflit avec le Conseil. Par contre la majorité qui y a été reconduite depuis 1979 (date de la première élection du Parlement au suffrage universel) a toujours été dans la ligne ultralibérale qui est défendue par la Commission et le Conseil...


          • Sébastien Ticavet 24 février 2009 12:38

            Merci à vous d’avoir poussé la lecture de l’article jusqu’au bout malgré un titre volontairement trompeur...


            • antyreac 24 février 2009 13:57

              L’Europe fonctionnera ,on a pas vraiment le choix de faire autrement.

              Maintenant tout est question de temps et d’evolution de l’Eurode et des Européens.

               Patience et longueur de temps font plus....


              • Philou017 Philou017 24 février 2009 14:30

                C’est ca. On commencera à réfléchir dans 50 ans...
                Cette Europe , c’est l’Europe des financiers, avant tout et surtout. Le reste n’est là que pour donner le change.
                N’attendons pas pour la rejeter.


              • plancherDesVaches 24 février 2009 14:59

                Hhmm.. Philou017...

                L’Europe des financiers... alors que la comission de la concurrence fait payer de TRES lourdes amendes lorsqu’il y a entente pour tromper la concurrence...
                La loi anti-trust n’est plus appliquée depuis longtemps, aux US.

                Cela nous permet d’avoir des prix bas sur un paquet de choses, néanmoins.


              • antyreac 24 février 2009 16:03

                Et pourquoi pas !


              • Philou017 Philou017 24 février 2009 18:24

                "L’Europe des financiers... alors que la comission de la concurrence fait payer de TRES lourdes amendes lorsqu’il y a entente pour tromper la concurrence... "
                Il y a une apparence de concurrence. Néabmoins les amendes sont rares. Il a fallu vraiment que microsoft dépasse toutes les bornes pour être sanctionné.
                L’Europe des financiers, c’est celle qui planque ses avoirs en suisse ou dans les paradis fiscaux, qui bénéficie de plus en plus de baisses d’impots, qui peut licencier et delocaliser à tout va pour augmenter les bénéfices.
                Le nombre de riches augmente, vous n’êtes pas au courant ?

                La loi anti-trust n’est plus appliquée depuis longtemps, aux US.

                Quel rapport ?

                Cela nous permet d’avoir des prix bas sur un paquet de choses, néanmoins.
                C’est de la blague. Vous payez pas cher de la camelote qui ne dure pas, de la nouriiture pourrie de conservateurs, colorants et autres edulcorants. De la camelote importée de Chine ou d’ailleurs où les gens travaillent 70h par semaine pour des salaires misérables.
                Pendant ce temps, vous payez des cotisations en plus pour indemniser les chomeurs, vous payez plus d’impot (les chomeurs n’en paient pas), vous payez pour installer des cameras de surveillance et des alarmes, parce que la délinquance augmente (plus de pauvreté), vous payez pour la pub et pas rien qu’un peu (les budgets pubs sont classés secrets), vous payez des mutuelles et d’autres choses pour compenser ce que les services publics ne font plus, vous envoyez vos enfants dans des écoles privées(les écoles publiques ca craint), vous angoissez pour l’avenir car n’importe qui peut perdre son emploi.

                Et pendant ce temps vous consommez de la camelote pas chere. Content ?


              • Le péripate Le péripate 24 février 2009 20:59

                 Une réflexion assez étonnante : le nombre de riches augmentent. Et ce, pour le déplorer. 

                On devrait s’en réjouir. A moins que l’on ne préfère la pauvreté, pourvu quelle soit partagée. 

                Le langage a de ces raccourcis.


              • Le péripate Le péripate 24 février 2009 21:07

                 Une réflexion assez étonnante : le nombre de riches augmentent. Et ce, pour le déplorer. 

                On devrait s’en réjouir. A moins que l’on ne préfère les pauvres, pourvu que nous le soyons tous.

                Le langage a de ces raccourcis.


              • beubeuh 24 février 2009 14:06

                L’Allemagne n’a plus un sou en poche, son commerce extérieur plonge lui-aussi, ses entreprises s’effondrent (25 000 suppressions de postes viennent d’être annoncées chez Opel), ses banques sont exsangues, mais tout est préférable, même les promesses les plus intenables, à l’idée qu’on aurait pu se tromper.

                L’Europe Centrale, c’est là où l’Allemagne a investi ses capitaux et trouve ses débouchés commerciaux. En venant au secours de ces économies, elles défend les intérêts de ses banques, de ses entreprises, des ses emplois... C’est parfaitement rationnel.

                Mais vous préférez faire le raisonnement inverse, à savoir qu’il vaut mieux laisser crever son voisin pour mieux vivre soi-même.


                • JL JL 24 février 2009 14:52

                  ""en restant dans l’euro, les pays qui souffrent le plus n’auront pas d’autres choix que de réduire fortement les salaires pour éviter une explosion du chômage.""

                  Entre des salaires bas et le chômage, ils choisissent les salaires bas ? Ils auront les salaires bas et le chômage !


                  • faxtronic faxtronic 24 février 2009 16:44

                    Par exemple prenez l actualite recente, les plans de relances. Il est clair que pour qu ils soient efficaces, ils faut qu ils soient coordonnes. Soit, donc l UE condamne les plans de relance nationaux, ce qui je trouve est bon. Mais l UE est incapable de de mettre en place un plan de relance, pour moult raison (les temps sont durs, nous allons vers les extremes politiques a grands pas, le fat natioanl est plus important). Donc pas de plans de relance.
                    L UE c est bien, les nations souveraines aussi (c est notre mode normal, la nation). Mais pour l instant nous sommes entre les deux, au milieu du guet.... Et la l eau monte et nous allons etre emportes, alosr que la Chine est les US ont deja mis en place des politiques efficaces de sorties de crise. Nous rien.

                    conclusion, la crise provient du couple US-Chine, et se sont eux qui vont tirer les marrons du feux. Nous, nous allons nous faire enculer. C est prevu, il y a rien a faire contre cela, la seule chose est de sy preparer.


                    • Bigre Bigre 25 février 2009 16:24

                      Relancer quoi, vers où ?

                      Relancer la même chose ? Vers l’infini ?

                      Il y a plusieurs réformes structurelles à faire sur la monnaie. Après avoir lu "Etat, qu’as tu fait de notre monnaie" , je pesne qu’il est trop tard pour de simpels plans de relance ... la crise est encore sous estimée par les politiciens. Mais prennent-ils le temps de lire ? de s’informer ?

                      Bigre !

                      Sur la page http://www.scribd.com/doc/11452701/Etat-quastu-fait-de-notre-monnaie
                      on peut télécharger le livre "Etat, qu’as-tu fait de notre maonnie ?"
                      en pdf.


                    • millesime 24 février 2009 20:11

                      savez-vous qu’un parti politique "européen" est interdit par les lois électorales nationales .. ! n’est-ce-pas étrange... ! il va y avoir en juin des élections pour le Parlement européen pourtant.. !
                      Les procédures d’harmonisation sont systématiques dans le domaine du droit civil, droit des entreprises, droit pénal, droit financier...etc, les états membres doivent les adapter au droit européen....sauf en politique.. ;que l’on en vienne à l’élection législative européenne et tout est parfait, acceptable ...
                      il existe pourtant un parti politique trans-européen : NEWROPEANS
                      Voir le site : www.newropeans.org


                      • phiconvers phiconvers 24 février 2009 21:33

                        Un bon article, auquel je souscris pleinement. Cela étant dit, si l’euro est bel et bien un problème, ce n’est pas le seul. Le problème avec l’Europe est conceptuel et tient au rejet de l’idée nationale. Tout le reste, fâcheux, découle de cette posture.


                        • Dolores 27 février 2009 08:43

                          J’ai voté "non" à Maastricht et j’ai voté "non" au traité constitutionnel parce que j’ai toujours pensé que l’europe telle qu’elle se présentait était une erreur.
                          On veut bâtir une Europe sur le modèle des états américains sans tenir compte de l’ Histoire des peuples, et ça ne peut pas marcher.
                          Les USA ont 250 ans d’Histoire, ils n’ont connu que 2 guerres sur leur territoire : la guerre d’indépendance contre les soldats de sa majesté et la guerre (civile) de Sécession, sans parler du génocide des Indiens par trop facile.
                          On n’ y parles officiellement que la langue des premiers envahisseurs, l’anglais et les nouveaux émigrants doivent s’ y plier.

                          Nous avons plus de 2000 ans d’ Histoire et des milliers de batailles contre nos voisins qui ont forgées des identités fortes et différentes, nous parlons des langues différentes (latines, germaniques, slaves) auxquelles sont associés de caractères très différents. Nous parlons "nos" langues sur "notre" sol.

                          Pour remédier à ces langues porteuses de différences, on fait de la propagande pour que tout le monde parle anglais, la langue des affaires, afin sans doute que nous devenions tous des enfants abatardis des USA pour globaliser à l’aise et "unifier" les récalcitrants..

                          De plus l’Europe s’est constituéé en marge des peuples depuis le début, les politiques l’ont concoctée entre eux .
                          Depuis 1947, on n’a demandé l’approbation du peuple qu’en 1992, soit 45 ans après le début de sa construction.
                          De simples traités commerciaux de partenariat, ou industriels auraient été largement suffisants et n’auraient pas contraint les peuples par des lois supra nationnales qui vont à l’encontre de leurs aspirations.
                          Ses oukases ont provoqué un accroissement de la misère.


                          • phiconvers phiconvers 27 février 2009 22:13
                            Un article vieux de quelques mois, qu’Agoravox en son temps avait rejeté, et qui garde toute son actualité :

                            Message à l’Européen de 60 ans :
                            « Tu appartiens à une génération qui s’est bercée dans l’illusion que l’Europe était la solution miracle. L’Europe tampon, l’Europe qui engraisse, l’Europe qui invente ce que les nations n’arrivent pas à trouver, l’Europe qui montre ses biscotos, enfin, aux puissances archaïques ! En fait de construction géniale, nous avons récolté un nain militaire, gras de ses juristes doctrinaires et de sa haine des nations, ces vieilles constructions des dizaines de générations précédentes qui, comme chacun sait, étaient beaucoup plus bêtes que la vôtre.

                            L’Europe de 2008, c’est une erreur initiale de gens de bonne volonté traitée aux hormones des baby-boomers matérialistes, jouisseurs et décadents.

                            Alors, il faut que toi et tous ceux qui insultent les Irlandais après avoir subverti la volonté des peuples se mettent dans la tête qu’on n’achète pas la souveraineté à coups de subvention. L’Irlande a empoché et vous emmerde. Elle a bien raison. »
                             
                            Pourquoi l’Europe est dans l’impasse.
                             
                            Dans des temps normaux, une personne qui répondrait complètement à cette question s’enrichirait rapidement, son opus s’arrachant à prix d’or dans les chancelleries et dans les couloirs impersonnels des cubes de verre et béton qui donnent à Bruxelles l’impression qu’elle est une capitale internationale. En ces lendemains de claque irlandaise bien sentie, il ne faut pourtant avoir aucune illusion, l’ordinateur de nos « zélites » est verrouillé et leurs oreilles bien remplies de cérumen pilé.
                             
                            Pas la peine donc, de s’acharner à être complet. Voici simplement quelques raisons que j’identifie et qui demeurent, depuis l’éveil de ma conscience politique, quand on nous vendait Mastricht avec des trémolos dans la voix :
                            - L’Europe associe des nations solides, à la puissance relative déclinante (le Royaume-Uni et la France), des petits pays qui n’ont jamais eu de puissance et qui n’en rêvent point et des nations contestées à l’intérieur ou émasculées par l’histoire (Belgique pour la première catégorie, Espagne ou Allemagne pour la seconde) ;
                            - Par un curieux concours de circonstance, les mythiques pères fondateurs, des hommes ayant pris leurs traumatismes personnels consécutifs à la guerre comme une raison suffisante pour abolir l’ordre ancien, ont réuni autour de leur chimère des intérêts différents mais momentanément convergents : celui de De Gaulle, fossoyeur de l’Empire français au nom d’un France petite mais puissante, celui d’une Allemagne souhaitant échapper à l’opprobre frappant ce pays à l’origine de trois guerres en moins d’un siècle, celui d’une Hollande marchande et mercenaire, celui d’une Belgique se haïssant, celui de l’improbable mais très banquier Luxembourg et, enfin, celui d’une Italie n’en pouvait mais de son interminable décadence.
                            - Par la suite, se sont agglomérés sur cette improbable molécule 21 Etats supplémentaires, attirés par l’opulence qui doit sans doute plus à la conjoncture et aux (beaux) restes de l’Histoire qu’au génie des institutions européennes. Chacun de ces 21 Etats a une histoire propre et des motivations particulières. Certains coïncident avec de vieilles nations déterminées par leur propre culture, leur environnement et leur volonté collective.
                            - L’un des avatars de la démocratie en Europe est la nécessité du mouvement perpétuel ou, plutôt, de la sensation de ce mouvement. Il faut aller de rupture en rupture, d’initiative en initiative, faire des lois, des règlements, innover. Cette caractéristique est bien connue des Français, ces derniers mois. Et d’ailleurs, moins les idées sont nombreuses et innovantes, plus la frénésie doit couvrir la réalité. C’est ainsi que l’Europe n’échappe pas à cette dictature du mouvement. Nous avons eu une zone de libre-échange puis une union douanière, mais c’était faire preuve d’une hallucinante naïveté que de penser que les responsables politiques sauraient en tirer les bénéfices sans vouloir pondre une nouvelle étape chaque jour. A cet égard, les « pères fondateurs », eux, avaient fait preuve d’une diabolique prescience.
                            - Nous voilà donc avec une Europe politique sur les bras, larguée par un mélange harmonieux d’enfants de la guerre mondiale, de repentants post-coloniaux, de baby-boomers sans repères, sans valeurs et sans enfants et d’élites biberonnées au lait tiède de l’universalisme confortable. Nous y sommes encore.
                             
                            SAUF QUE…
                            - pendant que nous dépensons les derniers deniers de la prospérité construite en mille ans, une vaste partie du monde crève plus ou moins la dalle et que, sur ces terres, l’Europe ne suscite guère plus de pitié que les autres puissances qui, elles, se protègent et avancent, immoralement peut-être, mais non sans une certaine efficacité ;
                            - notre idée post-nationale prétendument géniale n’intéresse guère le reste de l’Humanité (merci de vous abstenir de me parler du Mercosur, de l’ALENA ou de l’ASEAN…) ;
                            - nous parlons plus de vingt langues différentes et que nous avons une histoire différente. Cela ne nous condamne pas à la guerre ou à l’absence de coopération, mais cela ne s’effacera pas avec Erasmus (et c’est tant mieux, soit dit en passant, j’aurais horreur de me sentir dans mon pays quand je prends la peine d’aller en Espagne, en Italie ou en Angleterre !) ;
                            - nos voisins ont des motivations très différentes de celles qui ont présidé à « notre » choix européen : certains sont européens parce qu’ils veulent démanteler l’Etat central, vécu comme une contrainte (et cela n’a pas toujours grand-chose à voir avec les politiques libérales ou socialistes dudit Etat) : c’est typiquement le cas de l’Espagne, où les communautés autonomes voient en Bruxelles l’allié objectif contre Madrid ; d’autres voient l’Europe, à juste titre, comme un formidable accélérateur de mondialisation : c’est le cas des nations marchandes de la péninsule européenne, d’autres encore espèrent naïvement que l’Europe les protègera de la vieille nation de tutelle (même s’ils ont quand même la lucidité de privilégier l’OTAN) : welcome Pologne, Estonie & co. Restent enfin la France et l’Allemagne. La première a cru que l’Europe serait un démultiplicateur de sa puissance, un empire de substitution après l’aventure coloniale. L’Allemagne, de son côté, a vu l’Europe comme un investissement. Elle a (beaucoup) mis la main à la caisse et pense que le moment est venu d’encaisser les dividendes. Et elle le fait. Je suis frappé par l’affirmation allemande depuis la guerre des Balkans. Berlin n’est plus disposé à laisser le leadership diplomatique continental à Paris, ce qui était le deal initial. Avez-vous vu comme nous devons céder sur à peu près tous les sujets avec la mère Merkel. Quel est, dans cette Europe fidèle à la loi de la spécialisation, l’avantage comparatif de la France ???
                             
                            ALORS, de ce qui précède, je tire les conclusions suivantes :
                            - notre destin nous appartient : nous sommes condamnés à sombrer ou à continuer comme la vieille nation que nous sommes ; il ne faut compter ni sur Madrid, ni sur Bruxelles, ni sur Berlin ni (évidemment !) sur Londres pour nous sortir de l’ornière ;
                            - nous avons bien sûr vocation à coopérer étroitement avec nos voisins, sur notre petit sous-continent européen, mais nous avons parfois des intérêts divergents et nous serions bêtes de ne pas défendre les nôtres ;
                            - la France ne sera sans doute plus jamais ce qu’elle fût au XVIIe s. ou, même, en 1914, la première puissance mondiale. La bonne nouvelle est que ce n’est pas grave ! Nombre de « petits » pays sont très heureux de leur situation et ne cherchent pas à faire nombre pour pouvoir enfler leurs jabots.
                            - Petits que nous sommes, nous conservons une position objective extrêmement privilégiée, qu’il faut s’attacher à maintenir et conforter.
                            - C’est en nous et chez nous que nous trouverons les clés de l’avenir. C’est difficile, mais nous n’avons pas le choix.
                             
                            C’est ce à quoi je m’attelle. Et je vous promets que quand je prends le RER ou que j’ouvre la télé, je doute. Pas longtemps, heureusement !

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