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L’Europe selon les euro-béats : du sang et une démocratie entre parenthèses

Après la pensée magique d’Anne-Laure Delatte, qui soutient encore l’euro, le papier d’Alexandre Delaigue, « L’euro est un formidable succès  », à défaut de faire un bon papier d’humour, révèle ce que pensent de nombreux euro-béats. Une révélation des plus glaçantes, à conserver et diffuser précieusement.

L’euro, c’est le recul de la démocratie
 
Pour lui « ce n’est pas parce qu’elle est peu démocratique que l’Europe est impopulaire ; en réalité, c’est parce qu’il est impopulaire que le processus de construction européenne ne peut pas être démocratique  ». De facto, cela revient à dire que les peuples sont trop bêtes pour comprendre l’intérêt de la construction européenne, et que, par conséquent, on il ne faut pas hésiter à aller contre la démocratie pour avancer ! Une justification effarante et d’une suffisance toute aristocratique de l’autoritarisme, pour ne pas dire d’une forme de dictature. Pire, pour lui, « l’essentiel n’est pas de construire des choses qui fonctionnent, mais de transférer autant de pouvoir que possible en dehors des gouvernements nationaux. La prochaine crise qui résultera de ce mécanisme incomplet sera l’occasion de nouveaux transferts de compétences, parce qu’il n’y aura pas de choix  » ! Et tant pis pour les victimes collatérales  !
 
D’ailleurs, pour lui, « le niveau de souffrance subi par les pays périphériques de la zone euro montrent que les populations nationales, vieillissantes, ne feront jamais le saut dans l’inconnu qu’impliquerait le démantèlement de la construction européenne et de l’euro  ». Un jugement extrêmement hâtif. En effet, les élections grecques de 2012 n’ont pas été loin de donner une majorité hostile aux plans de l’UE. Et la dernière élection italienne a vu les partis critiques à l’égard de l’UE largement devancer les UE-béats. Et comment ne pas voir que le divorce des peuples d’avec l’UE est en marche, comme le mesurent tous les sondages ? Mais c’est peut-être aussi pour cela que les euro-béats envisagent des solutions autoritaires, puisqu’ils comprennent que la démocratie s’opposera à leurs desseins.
 
L’euro et l’UE, c’est la souffrance

Il poursuit : « les crises ne sont pas des défauts du système qui peuvent être corrigés techniquement ; elles sont au contraire consubstantielles au processus de construction européenne, qui ne saurait avancer sans cela  ». Les dizaines de millions de chômeurs et la hausse de la pauvreté seraient donc nécessaires à cette construction masochiste et inhumaine. Ce faisant, il nous révèle la réalité de ce qu’est l’Union Européenne, un monstre qui dévore ses enfants pour pouvoir grandir, et qui ne semble même pas chagriné par cela. Tout cela montre que certains partisans de l’UE ont construit une véritable pensée malade, malsaine, aux relents totalitaires et morbides. Car en arriver jusqu’à théoriser et justifier les souffrances de dizaines de millions de personnes pour construire l’UE confine à la folie ou au sadisme.

Delaigue trouve un moyen d’incriminer les nations : « vous pouvez trouver ce processus non démocratique, mais il faut constater que les créations de nations se sont toujours faites dans la douleur  ». Pour lui « la réaction en chaine de Monnet est probablement préférable à la conquête violente ou aux constructions de frontières qui ont le drame du 20ème siècle (…) l’Europe se construit dans la douleur et les crises, mais on ne construit pas de nation sans douleur  ». D’abord, il est délirant de vouloir créer cette pseudo nation européenne, hors sol, fantasme d’intellectuels dans leur bulle. Ensuite, il tombe dans une contradiction : il dénonce la violence des nations pour justifier la construction européenne, tout en ayant recours à une forme de violence pour créer une nouvelle nation. Mais pourquoi vouloir créer une nouvelle nation, si cela doit se faire dans la douleur et si toutes les nations poussent à la violence ?
 
Merci Alexandre Delaigue pour cette tribune qui revient à écrire ce que certains pensent mais n’osent pas dire publiquement. Ce faisant, cela révèle le fond malade du projet européen qui a menée à l’UE, une pensée violente et anti-démocratique, contre laquelle il faut absolument se battre.

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12 réactions à cet article    


  • jako jako 7 mai 2014 13:02

    Ils ne se cachent même pas, encore un nom à retenir.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 mai 2014 13:31

      Il est difficile de penser ce qui n’a pas de nom ,et nous en sommes toujours à l’opposition démocratie vs dictature ou totalitarisme . Olivier Berruyer pour sortir de ce carcan parle de l’ UE en tant que « non démocratie » qui reste libérale .
      Le « cause toujours » de Coluche ...
      Peut être un nom existe déjà pour ce genre de régime ... ?


      • jako jako 7 mai 2014 13:36

        oui totalitarisme


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 8 mai 2014 14:03

        Plus compliqué ...


      • foufouille foufouille 7 mai 2014 15:04

        Il poursuit : « les crises ne sont pas des défauts du système qui peuvent être corrigés techniquement ; elles sont au contraire consubstantielles au processus de construction européenne, qui ne saurait avancer sans cela  ». Les dizaines de millions de chômeurs et la hausse de la pauvreté seraient donc nécessaires

        ben oui
        c’est pour une europe d’esclave


        • jako jako 7 mai 2014 15:09

          Il enseigne l’économie à St Cyr c’est tout dire.


        • Furax Furax 7 mai 2014 17:08

          L’Europe, c’est la paix !
          Il faut traduire Hollande, Fabius (et aussi, Barroso Ashton, etc. ) devant un tribunal international de type Nüremberg pour avoir, par leur action et EN NOTRE NOM  permis ça :
          http://reseauinternational.net/odes...

          Les « pro-européens » à l’oeuvre !

          Et Hollande veut « faire pression » sur les Russes ! Ces gens doivent payer...


          • zygzornifle zygzornifle 7 mai 2014 17:36

            « L’euro est un formidable succès  » Demandons rien qu’en France ce qu’en pensent les 8,4 millions de citoyens sous le seuil de pauvreté....


            • scylax 7 mai 2014 20:26

              Avec un type comme Delaigue prof à Saint-Cyr, on a tout à craindre de l’Armée française dans quelques années.


              • eau-du-robinet eau-du-robinet 7 mai 2014 21:17

                Bonjour Laurent,

                L’austérité européenne à commence à frapper, avec force, la France.

                Des nombreux contribuables sont désagréablement surpris de la forte augmentation des impôts, à payer en ce moment. Les salaires restent gelée et le pouvoir d’achat des travailleurs et de la classe moyenne est continuellement en baisse.

                Je tiens à rappeler, et c’est en France ou sa ce passe, que les restos du cœur ont distribué plus d’un million de repas l’hiver dernier. La semaine dernière à été organise une n’ème collecté de dons alimentaires, par une association chrétienne dans notre magasin Carrefour ...

                Le nombre des ventes des maison secondaires est en baisse de 25% !

                Partout je vois des panneaux des maisons à vendre à apparaitre !!!

                Sans parler de la fermeture des usines, etc.....

                ET encore, « le meilleur » est devant nous, le programme approuve la semaine dernière par une courte majorité des parlementaires français ... le programme qui envisage de réduire le budget des prestations sociales, régionales et communales, c’est à dire une cure d’austérité impose par la troïka à l’hauteur de 50 milliards d’euros d’ici 2016 !!!

                C’est un génocide financier pur et dur de la classe moyenne, des travailleur pauvres, des démunis, et certainement des nombreuses entreprises.

                Il est grand temps de fermer la boutique européenne et de mettre un terme avec programme d’austérité et l’asservissement des peuples européens par les dettes publiques qui sont un moyen pour l’oligarchie financière de nous faire saigner et de sucer notre sang !

                Après la Grèce, l’Italy, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, c’est la France qui est mise sous tutelle de la Troïka.

                Rendons à ses Euro-traitres leur monnaie et avec des intérêt, SVP, en votent pour l’UPR le 25 mai 2014.

                Programme de libération UPR


                • Gandalf Claude Simon 8 mai 2014 08:17

                  L’euro est inspiré du bancor de Keynes nous dit-on.

                  Sauf que le bancor prévoyait de revoir la parité fixe des monnaies annuellement.

                  L’euro est donc une erreur titanesque. Et le diktat de convergence (qui ne s’est traduit que par des divergences sur l’économie réelle) que Bruxelles nous impose est tout sauf certain de donner quelconque fruit à terme.

                  • zygzornifle zygzornifle 8 mai 2014 09:03

                    La moindre trace d’humanité déserté la boite crânienne des politiques qui croient encore encore à cette Europe , il s’en servent pour leurs propres intérêts car elle paye bien, on n’y travaille peu ou pas et il n’y a aucunes sanctions et contrôles en plus les lobbys tournent autour des euros-Députés comme des mouches autour d’une merde bien grasse leurs distribuant des fortunes en catimini ....Ces politiques ne vont quand même pas cracher dans leur soupe....N’avez vous jamais remarqué que c’est leur Europe pas la notre ..... 

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