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Accueil du site > Actualités > Europe > L’inquiétante dépendance énergétique européenne

L’inquiétante dépendance énergétique européenne

La Commission européenne a rendu public le 10 janvier une série de propositions visant à améliorer le fonctionnement du secteur de l’énergie. Au moment où le Kremlin n’arrête pas de se rappeler au bon souvenir des Européens en n’hésitant pas à fermer ses pipes-lines, les eurocrates ont choisi de donner la priorité à la libéralisation du secteur énergétique, loin devant la sécurisation des approvisionnements.

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C’est à croire que la Commission a été frappée par le syndrome byzantin. Alors que l’on assiste depuis un an à un bras de fer entre Moscou et ses anciens satellites dans lesquels transitent oléoducs et gazoducs, les Européens pourtant situés “tout au bout du tuyau” préfèrent s’inquiéter de la libéralisation d’un secteur qui a, jusqu’à présent, fait la preuve de son efficacité.

Le contexte est pourtant inquiétant. L’Union européenne apparaît comme un colosse aux pieds d’argile face au géant russe premier producteur mondial de gaz et deuxième producteur de pétrole. Cette faiblesse est renforcée par une absence de stratégie énergétique commune, chaque Etat membre privilégiant des sources différentes (gaz, pétrole, charbon ou nucléaire), et il est peu vraisemblable que la libéralisation concourre à clarifier la situation.

Quatre Etats membres de l’Union (Allemagne, Pologne, Hongrie et Slovaquie) ont déjà concrètement subi, avec des baisses d’approvisionnement, les conséquences des divergences entre la Russie et ses voisins sur le contrôle de l’acheminement des hydrocarbures. Que se passerait-il demain en cas de situation nettement plus tendue et que vaudraient alors les accords commerciaux passés avec la Russie ? Personne n’ose l’imaginer. Les schémas permettant de diminuer la dépendance aux hydrocarbures russes ne sont pas légion. Selon Angela Merkel, la chancelière allemande, il conviendrait “d’économiser l’énergie, de se tourner vers les énergies renouvelables, et naturellement aussi de réfléchir aux conséquences de la sortie du nucléaire”. Intéressant, mais insuffisant. Une solution plus concrète a été envisagée. Son nom : Nabucco. Un pipeline de 3400 kilomètres, destiné à acheminer le gaz dans un premier temps, d’Asie centrale et plus tard, d’Iran, jusqu’en Autriche. Le projet est concurrent de celui mené par le gazier russe Gazprom (le Nord Stream), qui doit passer sous la Baltique pour livrer le gaz de Sibérie à l’Europe en évitant la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne, mais aussi au Sud avec un tracé très proche de celui de Nabucco. Pas sûr, pourtant, que Nabucco voie le jour. Avec un coût de réalisation de 4,6 milliards d’euros, les investisseurs attendent des garanties sur le niveau des réserves de la région de la Caspienne et sur le raccordement futur de l’Iran.

Autre piste : la perspective de signature d’un nouvel accord de coopération entre l’Union européenne et la Russie, dans lequel l’énergie tiendrait une place centrale. Un pari sur le niveau de crédit que l’on peut accorder à la signature russe, question essentielle quand elle concerne un producteur qui contribue actuellement au quart des approvisionnements en gaz de l’Union.


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9 réactions à cet article    


  • Bourricot Zerth 10 janvier 2007 13:46

    A mon avis, il est primordial surtout de se dégager de cette dépendance envers le gazier russe Gazprom. Une question qui n’est pas d’ordre économique mais bien politique. En effet, de cette dépendance insupportable découle toute la politique étrangère et la diplomatie envers la Russie. Ainsi est étouffé largement la guerre en Tchétchénie, les pratiques du pouvoir du Kremlin plus qu’obscures. C’est un vrai problème éthique qui se pose.

    Gazprom est en passe de devenir le premier interlocuteur concernant le gaz pour l’Europe de l’Ouest, cette évidence doit être à tout prix écartée et combattue.

    Le confort individuel doit-il primer sur une question d’ordre éthique et collective qui masquée et brouillée nous laisse finalement indifférent face à des situations plus qu’alarmantes. Je n’ai jamais apprécié la vassalité d’un pays envers un autres mais ici elle ne fait qu’être évidente au risque d’être pleinement injuste.


    • Dominique Larchey-Wendling 10 janvier 2007 15:26

      Ah oui et vous allez vous adresser à qui pour le gaz, s’il n’est pas Russe ? Les choix sont maigres ... il reste l’Iran. Toute la politique énergétique Russe à l’égard des Européens a un objectif CLAIR : faire comprendre aux imbéciles de la commission et à d’autres atlantistes béats qu’on ne peut pas en même temps soutenir l’action US contre l’Iran et se chauffer au gaz ou au pétrole Russe.

      C’est une menace directe contre laquelle nous n’avons pas d’échappatoire. Les Russes ne veulent pas voir les Américains poser le pieds plus encore ou MO et nous serions bien inspirés de le comprendre et d’en faire notre parti plutôt que de jouer les laquais en espérant que les USA nous laisseront quelques miettes de leurs conquêtes.


    • T.B. T.B. 10 janvier 2007 16:26

      Arrêtez de faire le jeu des lobbies pétroliers, gaziers et nucléaires et leur cortège de guerre au détriment des populations. SAns oublier toutes les polutions ...

      Renseignez-vous. Le web est fait pour ça.

      Toute l’Europe pourrait se passer de cette saloperie en développant, par petites unités, solaires éoliens et des dizaines d’autres sources d’énergie propres et renouvelables à souhait. L’ensemble pour un moindre coût financier pour chaque foyer qui pourrait enfin devenir totalement autonome au point de vue énergétique.

      Ca va être long à faire comprendre, aussi long que faire comprendre la démocratie directe aux français (j’en suis un).


    • Ar Brezonneg (---.---.228.19) 10 janvier 2007 13:52

      Heureusement que le Général avait été lui visionnaire en son temps en préparant la construction des centrales nucléaires... Ce qui est le gage de notre indépendance énergétique. L’oligarchie bruxelloise dans des buts qui lui sont propres : désintégration de la Nation francaise entre autres, ne fait que rechercher le démentèlement des filières nationales pour les remplacer par rien-du-tout ! Quand ces oligarques crèveront de froid et qu ils marcheront à pied ils se rendront compte qu il ne sont rien : N’ayant pas d énergie, ils trouveront des grâces à M. Poutine rien que pour avoir chaud dans leur immeuble de verre bruxellois..


      • louis mandrin (---.---.36.85) 10 janvier 2007 18:39

        il serait grand temps de se rendre compte en très haut lieu que nous dépendons essentiellement de l’étranger en matière énergétique. Et par voie de conséquence, garantir à notre pays, à la fois les sources d’approvisionnement (ce que font très bien les américains) et développer industriellement et techniquement des nouvelles sources d’énergies, si possibles renouvelables.

        Force est de constater que notre pays brade des pans entiers de son industrie énergétique aux multinationales (le projet Suez GDF en est le dernier épisode), se montre incapable d’inciter la recherche française dans ce domaine, il suffit pour cela de regarder le budget consacré à la recherche en général dans notre pays, et à celui consacré particulièrement aux énergies nouvelles. Certes, Iter peut sembler un projet répondant à nos futures attentes dans ce domaine, mais il est loin d’avoir fait ses preuves, y compris sur le papier, et ne garantit aucunement une réponse acceptable dans un avenir très proche.

        Que se passera-t-il le jour ou Moscou décidera d’interrompre ses livraisons à l’Europe pour un motif ou un autre, ou que cette livraison soit compromise par un confit d’envergure sur la route du gazoduc ? Qu’adviendra-t-il de notre superbe, le jour ou les américains décideront qu’ils sont les seuls à avoir le droit de bénéficier des ressources pétrolières du moyen orient, de l’afrique et de l’amérique (latine y compris) ? Nous, pays de nains économiques, aurons nous les moyens nécessaires à garantir ces livraisons, ses approvisionnements ? Les haras nationaux pourront fournir alors à nos armées les canassons et les bourricots nécessaires aux déplacements de nos troupes vers nos frontières, les méharis suppléeront dans les terres désertiques, les coches garantiront nos déplacements sur tout le territoire, à la condition que les postes soient suffisamment pourvus de chevaux frais...bref, un retour en arrière de presque deux siècles, avec les conséquences économiques encore pas mesurées. J’imagine que l’industrialisation reprendra de plus belle, que la lorraine retrouvera ses mineurs de fond tant pour le fer que pour le charbon, matières essentielles à notre survie, les ouvriers se rendront dans leurs usines à bicyclettes ou à cheval, et n’auront plus des heures de bouchons autoroutiers à supporter...les travaux agraires reprendront, nos villes, nouvellement équipées de trams électriques (que nous avions abandonnés en masse dans les années 50-60-70) fourmilleront d’une joyeuse populace alors que les cheminées embaumeront l’atmosphère d’odeurs de charbon et de bois mêlés...

        Si on ne prend garde à conserver une vision quinquennale de la vie politique et des orientations de notre pays, si le seul avenir que l’on propose à nos concitoyens va de mandat électif en mandat électif, il est certain que nous allons droit dans le mur des désillusions et des grandes catastrophes. Il faut, en matière énergétique comme dans d’autres domaines, avoir une vision stratégique sur le long terme (entre 75 et 100 ans), or, le mot « stratégique » semble avoir disparu pour de bon dans le langage et la vision de nos politiques depuis bien longtemps, remplacé par « profit immédiat », « parachute dorée », « pantouflage électoral ».

        Un bon conseil, remettez vous au tricot et au jardinage, à la maçonnerie et au bucheronage, les temps à venir vont peut être voir venir ces compétences oubliées , non pas comme une mode, mais comme une nécessité impérative de survie.


        • ZeusIrae (---.---.209.130) 10 janvier 2007 18:49

          Le probleme c’est la dependance au gaz tout court,j’ai personnelement du mal à comprendre comment l’Allmagne a pu decider de se passer du nucleaire.Il est tres possible de diminuer l’importantce du gaz,il faut investir dans le nucleaire et les energies renouvelables.

          Ce qui est tres agaçant c’est de voir les etats europeens agir comme si ils etaient dans une position de faiblesse.Les sovieHHHmm les russes ne peuvent pas non plus se passer de l’argent europeen.Et si Putin s’amusait à menacer directement les européens,il aurait je crois un retour de flamme assez spectaculaire. Mais pour l’instant on a la desagrable impression que les europeen se « finlandisent » progressivement à cause de leur dependance.


          • U.S. Air Force (---.---.113.30) 10 janvier 2007 21:33

            North European Gas Pipeline Company((NEGPC)NEGPC = GAZPROME ) Siege Principal[en Allemand :« Hauptsitz » Baar-Zug, Canton en Suisse] = Post Office Box Unique[ = Boite aux Lettres Unique] Conseil d’Administration Alexej[FSB & KGB], Gerry[Chancellier Allemand « a.D. »(hors service)) et Matt[Dresdner Bank].


            • (---.---.206.156) 10 janvier 2007 23:22

              Effectivement il faudrait prendre des mesures pour que chaque nouvelle maison dispose des le départ de panneaux solaires pour la simple et bonne raison que l’installation à la construction coute moins cher qu’une installation ultérieure. Mais en attendant, c’est le nucléaire qui doit être privilégié car contrairement au pétrole/gaz/charbon il n’émet pas de CO2. Avant de sortir du nucléaire il faudrait déjà sortir du pétrole.


              • Bourricot Zerth 10 janvier 2007 23:35

                Si l’on veut se donner les moyens de construire une politique énergétique indépendante d’envergure, dégagée du lobbying. Enfin, en faire un modèle de volonté en matière d’écologie mais aussi je le crois en matière de responsabilité, il faut alors travailler à ce que chaque foyer, chaque immeuble soit en capacité de produire sa propre énergie.

                Un pari fou certes mais qui apporterait une garantie indéniable d’indépendance. En liant un tel programme pour les particuliers et enfin en réfélchissant à un projet de décentralisation d’intelligence de l’énergie où alors chaque collectivité serait en mesure de réfléchir à sa propre ressource énergétique pour ses équipements. L’Etat aurait une fonction d’arbitre en fixant les grandes règles du programme et continuerait à être évidemment maître sur le parc nucléaire qui suppose une puissance politique forte.

                Mais si déjà, la piste poursuivie serait à l’équipement collectif raisonnable et à terme l’équipement individuel, un ca irait dans le sens naturel des choses. En plus avec le réseau existant rien n’interdit à ce que une surproduction d’un côté soit transférée sur un autre lieu et vice versa, conservant ainsi un modèle de répartition, équitable. mais surtout un tel déploiement démontrerait une volonté politique hors du commun. En terme de financement, il ne coûte pas plus cher que la construction de nouvelles centrales nucléaires, lourdes financièrement en recherche, investissement et en fonctionnement. Surtout si un programme suppose évidemment une participation directe ou indirecte, la finalité étant que l’énergie sorte du domaine économique et soit le fruit d’une activité gratuite, renouvelable et indéfinie : solaire, vent, géothermie, hydraulique. Enfin un tel programme serait un formidable facteur de relancement économique pour tout le pays, l’ouverture de nouvelles perspectives d’emploi dans le domaine du service.

                Utopique ? Oui mais qui est à la portée de celui ou celle qui possède une volonté et qui arrive encore à imaginer un autre lendemain.

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