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L’Italie à l’avant-garde ? Élections italiennes, élections européennes

Les résultats des élections en Italie sont une réponse claire et nette à Angela Merkel et à tous les eurocrates européens qui avaient mis en selle et soutenaient le seul Monti, technocrate certifié.

Quand ils le peuvent les peuples de l'UE disent leur opposition à la politique suivie en Europe. Ils l'ont dit quand ils ont été consultés par référendum. On n'en a pas tenu compte. Ils le disent lors de toutes les élections en votant pour l'opposition qui, arrivée au gouvernement, fait, malheureusement, la même politique que la majorité sortie. Ou s'en éloigne peu.

C'est Viviane Reding, commissaire à la justice, eux droits fondamentaux et à la citoyenneté qui constate :« Plus de la moitié des Européens (68%) estiment que leur voix ne compte pas en Europe – cela doit changer.  » (Toute l'Europe 10/01/13).

Mais cela ne change pas. Dans tous les résultats des différentes consultations, les eurocrates ne veulent voir que l'expression d'un vote contre l'Europe alors qu'il s'agit surtout d'un vote contre la politique européenne. Et ils persistent dans cette politique, néolibérale qui sévit d'ailleurs à l'échelle mondiale, ils vont droit vers une explosion sociale généralisée qui aboutira à l'explosion de l'Union européenne.

 

C'est cette cécité des « compétents » de droite ou de gauche, qui conduit les électeurs à donner leur voix, quand c'est possible, à des candidats hors système tandis que le taux d’abstentions augmente : de 5 points lors des dernières élections italiennes. Le taux de participation diminue de façon constante à l'échelle de l'UE, lors des élections européennes.

La participation aux élections de 2014 sera probablement plus élevée, étant donné le degré d'exaspération sociale dans tous les pays, et le nombre d'eurosceptiques, pour rester modéré, au futur parlement.

L'alliance des eurocrates et des néolibéraux risque de défaire la belle idée d'Union européenne.

 

Taux de participation aux élections au PE, en moyenne, sur l'UE et %

1979

1984

1989

1994

1999

2004

2009

63

61

58,5

56,9

49,8

45,6

43

Alter éco Hors série 2° trimestre 2013

 

En Italie, aux dernières élections, s'il n'y a pas de vainqueur qui puisse exercer, seul, le pouvoir, il est un vaincu indiscutable : le sérieux Mario Monti avec 9,13% des voix aux élections sénatoriales et 10,53 aux élections à la Chambre (1).


Le M 5 Stelle de Beppe Grillo fait une percée remarquée : premier à la Chambre, devant le Parti démocrate, et deuxième au Sénat, derrière ce même parti, pour le nombre de voix : finalement battu à la Chambre et au Sénat par les deux coalitions de gauche (Bersani) et de droite (Berlusconi).

Mais faute d'une majorité absolue au Sénat, la coalition de gauche ne pourra former qu'un gouvernement minoritaire et devra, pour gouverner, avoir l'appui de sénateurs d'autres organisations. Cela vaut la peine d'aller voir le programme de ce mouvement « populiste » (2).

 

Devant cette situation, certains parlent de probables nouvelles élections dans les mois qui viennent, après une réforme du mode de scrutin (3), et même d'une possible mise sous tutelle (Corriere della Sera) de la part de la troïka UE-BCE-FMI (Sole 24 Ore) de ce peuple ingouvernable. Comme si Mario Monti n'avait pas été mis là, déjà, comme « tuteur » probablement pour une durée trop brève.

Comme si les tutelles rencontraient ailleurs des succès incontestables comme au Portugal... La troïka évalue, pour la 7e fois, les efforts de réforme entrepris par le Portugal alors que le quotidien libéral Público estime qu'il faut réajuster un programme qui « a lamentablement échoué… » (Eurotopics 26/02/13).

Comme si l'austérité forcenée imposée à la Grèce depuis 4ans était un succès :« sa dette publique est passée de 239 milliard d'euros en 2007 à 348 milliards en 2012, soit de 107% à 188% du PIB grec. En dépit de l'annulation de quelques 100 milliards d'euros de dette en 2012 ! De même, la dette espagnole s'est accrue de 146 milliards d'euros l'an dernier, plus 17 points de PIB par rapport à 2011 ! » (Alter éco mars 2013.). Sans parler des effets de ces mesures sur l'ensemble de la population.

 

Bien entendu, les « compétents  » s'empressent de dénoncer comme « populistes » tous ceux qui n'acceptent pas « tina  » (there is not alternative, il n'y a pas d'alternative). Ils mettent en place les anciens de Godman Sachs (en Grèce comme en Italie) qui, bien évidemment, donnent satisfaction aux marchés. Et apportent l'austérité aux peuples.

Mais ce sont les électeurs qui, encore, votent pour leur gouvernement, ils répondent comme ils peuvent face au « diktat austéritaire européen ». L'essayiste Stefano Casertano traduit la réponse du peuple italien : « Le principe est simple : que détestent les Italiens ? L'austérité. Qu'a promis Berlusconi ? La fin de l'austérité. … Voter pour Berlusconi, c'est s'exprimer contre l'Allemagne… Vous nous avez apporté l'austérité, nous vous apportons Berlusconi ». (The European (26/02/13) et Beppe Grillo, aurait-il pu ajouter.

 

Les choses sont dites clairement : "la méfiance à l’égard de la monnaie unique et à l’égard des sacrifices imposés par l’UE (ou par l’Allemagne ?) a produit une nouveauté sans précédent dans notre histoire politique : un Parlement dans lequel le sentiment anti-européen devient pour la 1ère fois majoritaire. (..). Cette convergence singulière sous le signe d’une autre Europe est possible’ est très significative. Parce que, en attendant de trouver cette autre Europe, elle se traduit en hostilité à l’égard des institutions communautaires actuelles" (Sole 24 Ore)

Croire que ce désamour de l'Union européenne et de sa politique, est un phénomène réservé à quelques pays du sud de l'Union serait une erreur. Aucun gouvernement de l'Union européenne ne peut aujourd’hui lancer un référendum sur l'Union ou sur l'euro. Ils le perdraient dans probablement tous. Parce que la politique de l'Union est mauvaise.

Et les gouvernements eux-mêmes ont d'ailleurs voté "non" au dernier sommet de Bruxelles avec, pour la première fois, un budget en retrait. Avec une réunion de chefs d’État ou de gouvernement qui n'ont pensé qu'à défendre ce qu'ils appellent leurs « intérêts nationaux », qui ne sont que les intérêts de certains. La défense par la France de la PAC (politique agricole commune) est elle la défense des agriculteurs ou de certains agriculteurs ? Nul n'a fait entendre la voix de l'Europe. Nul n'a montré la voie européenne.

L'euro est le plus fort. Le marché européen est le plus important. Mais l'idée européenne s'affaiblit de jour en jour. Le scrutin italien est le dernier avertissement en date, venant du plus européophile des peuples de l'Union.

 

1 – Résultat des élections italiennes

Chambre (assemblée nationale)

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 29, 54 % (340 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 25, 4 % (292 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3, 2 % (37 sièges) Centre démocrate : 0, 5 % (6 sièges) Parti populaire du Tyrol du Sud (SVP, conservateur et régionaliste) : 0, 4 % (5 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 29, 18 % (124 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 21, 6 % (97 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 1 % (18 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 95 % (9 sièges) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 25, 55 % (108 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 10, 56 % (45 sièges) Choix civique avec Mario Monti pour l’Italie : 8, 3 % (37 sièges) Union du Centre (UDC) : 1, 8 % (8 sièges) Futur et Liberté (FIL) : 0, 46 % (0 siège)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 2, 24 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 1, 1 % (0 siège)

Sénat (315 sièges)

Coalition de droite de Silvio Berlusconi : 30, 72 % (116 sièges) Peuple de la Liberté (PdL, conservateur) : 22, 3 % (98 sièges) Ligue du Nord (LN, extrême droite, régionaliste) : 4, 33 % (17 sièges) Frères d’Italie (issu d’une scission du PdL) : 1, 92 % (0 siège) Le Grand Sud (autonomistes) : 0, 39 % (1 siège) Les autres formations de la coalition n’ont pas obtenu suffisamment de votes pour prétendre à un siège.

Coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani : 31, 63 % (113 sièges) Parti démocrate (PD, social démocrate) : 27, 43 % (105 sièges) Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche radicale) : 3 % (7 sièges) Centre démocrate : 0, 53 % (0 siège) Le mégaphone - Liste Crocetta : 0, 45 % (1 siège) Parti socialiste italien : 0, 18 % (0 siège) Moderati : 0, 04 % (0 siège)

Mouvement 5 étoiles de Giuseppe Piero Grillo : 23, 79 % (54 sièges)

Coalition de centre droit de Mario Monti : 9, 13 % (18 sièges)

Révolution civile d’Antonio Ingroia (centre gauche) : 1, 79 % (0 siège). Agir pour arrêter le déclin (libéraux) : 0, 90 % (0 siège) Les autres listes n’ont pas obtenu suffisamment
Source : http://www.euractiv.fr/institutions/elections-italie-resultats-monti-berlusconi-grillo-bersani-18236.html

 

2 - Les vingt propositions principales du programme des grillini.
L'introduction d'un revenu de citoyenneté.
Des mesures immédiates pour les PME et les TPE.
Une loi anti-corruption plus forte.
La numérisation et la simplification de l’État
L'abolition du financement public des partis politiques.
L'introduction d'un "polito-mètre",
pour mesurer les éventuels détournements d'argent des hommes politiques pendant les 20 dernières années.
L'introduction du référendum propositif et sans quorum nécessaire. Les Italiens ne peuvent proposer que des référendums pour abroger une loi existante.
Un référendum sur la sortie de l'euro.
L'obligation de discuter et de voter au parlement toute loi proposée par les citoyens.
La création d'une seule chaîne télévisée publique, sans publicité et indépendante du gouvernement.

L'élection directe des parlementaires à la Chambre des députés et au Sénat.
L'introduction d'une limite maximum de deux mandats pour les élus. L'interdiction d'exercer une autre profession durant le mandat électoral et de cumuler plusieurs charges. Tout citoyen qui a été condamné civilement ou pénalement ne peut pas être élu.
Une loi sur le conflit d'intérêts.
La réintroduction des financements des secteurs de la Santé et de l’Éducation publique.
L'abolition des financements publics de la presse.
L'accès gratuit à Internet.
L'abolition de l'impôt foncier (IMU) sur la première maison de propriété.
L'interdiction de recours à l'hypothèque de la maison principale pour garantir un prêt.
La suppression des provinces, les 110 départements italiens et la fusion des municipalités limitrophes de moins de 5 000 habitants. 
L'abolition d'Equitalia, la société publique et chargée de percevoir les impôts et taxes.

http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/etats-membres/italie/actualite/actualite-vue-detaillee/afficher/fiche/6273/t/99832/from/4783/breve/les-vingt-idees-de-beppe-grillo.html?cHash=59f70ea97f

 

3 - Le mode de scrutin : La coalition de gauche est arrivée en tête, en voix, au Sénat et à la Chambre des députés. Mais la loi électorale du Sénat attribue les sièges sur une base régionale. La liste qui arrive en tête dans les régions dotées d’un grand nombre de sièges y obtient plus d’élus, même si, à l’échelle nationale, elle n’a pas la majorité des votes.
La coalition de gauche a la majorité absolue à la Chambre (340 élus sur 630, grâce à la prime de majorité) mais seulement 113 sénateurs alors que la majorité est de 158.

La coalition de droite n’a que 124 élus à la Chambre des députés et 116 sénateurs. Elle n’a aucune chance de réaliser une alliance qui puisse lui donner la majorité au Sénat et ni à la chambre. Mediapart 28/02/13.http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270213/en-italie-la-gauche-tout-fait-pour-ne-pas-gagner

 


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2 réactions à cet article    


  • olfe olfe 4 mars 2013 11:11

    Sachant qu’au élections Européennes, les électeur votent selon leurs convictions, et donc que le vote utile n’existe pas :
    Je fais le pari que le front de gauche passera devant le PS et EELV et qu’il en sera de même dans beaucoup de pays.
    Il risque d’en être de même pour le FN vis à vis de l’UMP.
    Un sacré coup de pied dans la fourmilière de la commission européenne


    • bernard29 bernard29 4 mars 2013 11:34

      vous indiquez ; « Révolution civile » d’Antonio Ingroia, équivalent à (centre gauche)

      de fait « révolution civile » ou « citoyenne »,  c’est « la gauche de la gauche » qui a reçu le soutien du Front de Gauche et de Jean luc Mélenchon. 

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