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Accueil du site > Actualités > Europe > L’Italie a toujours le Berlu

L’Italie a toujours le Berlu

medium_romano_prodi_ap.jpgTrois jours après le scrutin, ce n’est pas la dolce vita en Italie. Romano Prodi affirme sa courte victoire sur Silvio Berlusconi à la Chambre des députés, mais, au Sénat, le leader de Forza Italia conteste sa défaite. Il demande une vérification de quelques 40 000 bulletins.

Pour ajouter à la confusion, le ministère de l’Intérieur confirmait, mardi, l’avantage de L’unione pour l’élection des sénateurs (à une voix près), mais son site affichait toujours, aujourd’hui, une suprématie pour le président du Conseil sortant qui répugne à quitter facilement le pouvoir.

Quoi qu’il en soit, le paysage politique italien se révèle clivé : derrière il professore, le Sud, en majorité des salariés du public ou du privé, plutôt jeunes, urbains et instruits. Il cavaliere draine derrière lui une préférence du Nord, rurale, des petits commerçants et artisans, des chefs d’entreprises séduits par un libéralisme affiché et des retraités inquiets de tout changement.

Aussi la tâche de l’ancien président de la Commission européenne ne se révèlera-t-elle pas aisée pour réunifier le pays, d’autant qu’il devra faire cohabiter, dans son gouvernement, une étrange coalition qui, chez nous, irait d’Olivier Besancenot à François Bayrou, en passant par José Bové.

Le populisme de Berlusconi a encore de beaux jours et le pourfendeur des coglioni compte, en tout état de cause, jouer un rôle déterminant dans l’opposition.

Cela dit, les fractures de l’Italie sont loin de lui être propres. La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France n’y échappent pas non plus. A la base, et nous avons eu ici déjà l’occasion d’en parler, il y a cette fausse conviction que le progrès social se confond avec le succès et la compétition économique.

L’époque est révolue où un Sartre, dans le premier numéro des Temps modernes, écrivait « vouloir changer l’ordre des choses. » Il est assez paradoxal de se réclamer des Lumières et de célébrer une vision du monde où la liberté est, avant tout, celle des marchés. A défaut d’un grand dessein politique qui transcende les ambitions personnelles, et les cours de la Bourse, nous sommes condamnés à générer des individualismes et des antagonismes communautaires.

Au siècle où nous vénérons la communication, l’incommunicabilité entre les êtres est devenue la règle. Reconstruire le lien social est une priorité qui, pourtant, semble une mission impossible.

Il n’est pas sûr que Romano Prodi puisse réconcilier les Italiens avec eux-mêmes, comme il n’est pas certain que les prochaines élections, qui se profilent en 2007, soient en mesure de vaincre le désarroi des Français.

Photo : Associated Press


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4 réactions à cet article    


  • Basta (---.---.216.70) 13 avril 2006 20:19

    Berlusconi et Prodi formaient un couple d’adversaires on ne peut plus dissemblables. Je ne connaissais du Cavaliere que les clichés à sens unique que nos moyens d’information (?) délivrent à longueur d’année. De Prodi j’avais retenu son bail à la tête de la Commission européenne, qui lui valut d’être vilipendé en permanence par les mêmes...

    Eh bien dans cette campagne qu’Internet permettait de suivre très bien, j’ai vu un grand communicateur bourré d’énergie dans la forme, mesquin sur le fond (des promesses à rire), très habile pour déstabiliser l’adversaire sur ses points faibles (les taxes), c’était Berlusconi ; et en face un curé de campagne bonasse, chaleureux avec affectation, très vague voire confus dans ses propositions, c’était Prodi. Sa médiocre campagne lui a fait accomplir l’exploit de réduire à zéro une avance initiale de 20 points !

    Si l’on ajoute qu’il n’a aucune force politique propre et que l’extrême-gauche détient un quart des nouveaux élus de l’Unione, on peut prévoir sans risque que les prochaines élections n’attendront pas 2011. Déjà en 1996, Rifondazione comunista avait fait chuter le premier gouvernement Prodi en lui retirant son appui.

    Berlusconi devrait garder longtemps son record : cinq ans à Palazzo Chigi sans discontinuer.


    • jean (---.---.98.28) 14 avril 2006 10:33

      éhh oui voila l’eloge d’un berlusconi le cavaliere l’homme providentiel pour les italiens pauvre italie pauvre planete ou il faut plus etre honnete ca rapporte plus l’honneteté cé pareil partout dans le monde a peu prés plus en tue plus les gens vous aime plus en vous vole plus les gens vous aime plus en magouille plus les gens sont fiere de l’eurs dirigeant le principe des gens maintenant c’est de dire bahhh ca va rien changer autant tenir le plus mauvais !!!!


    • livre (---.---.204.157) 15 avril 2006 12:09

      L’auteur écrit :

      « Il est assez paradoxal de se réclamer des Lumières et de célébrer une vision du monde où la liberté est, avant tout, celle des marchés. »

      Il n’est pas certain du tout que ceci soit un paradoxe, loin de là.

      Les lumières ont introduit une conception de la liberté différente de celle des périodes précédantes, dont l’aboutissement et la dégradation ont conduit logiquement à à la « liberté » que nous connaissons aujourd’hui.

      L’affaissement progressif de toute hiérarchie dans les préoccupations de l’homme a réduit progressivement la liberté à une « abscence de contrainte » envisagée à des niveaux de plus en plus similaires, pour en arriver au dernier de l’échelle, le plus matériel qui soit. Et quoi qu’on dise des lumières, ce sont bien elles qui ont entamé ce mouvement descendant.


      • brigetoun (---.---.69.126) 15 avril 2006 12:51

        en dehors de son caractère, Prodi avait un handicap pour être incisif, mordant, il représentait un amalgame de gens tellement divers que chacun de ses mots pouvait choquer une partie de ses électeurs potentiels et il ne pouvait que s’en tenir scrupuleusement au projet sur lequel il avait obtenu un accord de l’ensemble

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